
Francis Evrard, délinquant sexuel multirécidiviste, a été interpellé avec du Viagra dans la poche après qu'il a fait vivre onze heures de calvaire, viol inclus, au petit Enis, 5 ans, un jour de braderie à Roubaix en 2007.
Le Viagra en question lui avait été prescrit durant son séjour en prison, par le médecin de la maison d'arrêt de Caen. Qui assume n'avoir pas pris connaissance du dossier pénal de son patient avant de le lui prescrire.
Le docteur Philippe Guivarch est loin d'être un cas isolé parmi les professionnels de santé en milieu carcéral lorsqu'il déclare au sujet de ce dossier pénal :
« Je ne veux pas le connaître (…), ce n'est pas pour cela que je me suis engagé dans la médecine pénitentiaire. Le détenu est un patient comme les autres. »
Depuis une loi de 1994, prise en charge médicale et parcours pénal sont clairement dissociés en France. Au point que ce sont même deux ministères distincts qui sont compétents : la Santé d'un côté, la Justice, de l'autre. Aucun texte n'oblige un soignant à prendre connaissance du parcours judiciaire du détenu.
Pour l'Observatoire international des prisons, s'abstenir de consulter le dossier pénal est même « une position majoritaire ». Francois Bès est spécialiste de la santé en milieu pénitentiaire à l'OIP :
« On instrumentalise le Viagra de façon scabreuse alors qu'on sait bien qu'avec ou sans, une agression sexuelle pouvait avoir lieu. Pour de nombreux médecins, en prescrire relève aussi de l'égalité des soins entre détenus et patients lambda.
Un grand nombre refuse aussi d'avoir accès au dossier pénal, parce qu'ils refusent de transmettre des informations médicales à l'Administration pénitentiaire, de plus en plus en demande depuis la loi de 2008 sur la prévention de la récidive. »
De fait, il est bon de faire la part des choses entre la présence de Viagra, spectaculaire mais moins décisive qu'il n'y parait, et le débat sur le dossier du détenu. Car tous les spécialistes s'accordent à dire que la pédophilie a peu à voir avec l'érection. En l'occurence, on a appris qu'Enis avait été abusé autrement.
« Je refuse de prescrire du Viagra »
Quand on interroge Michel Fix, médecin à Fleury-Mérogis, il est évident que tous les médecins n'ont pas la même pratique. Ainsi, alors que Philippe Guivarch, à Caen, revendique le droit de prescrire du Viagra et de faire fi du dossier au nom de l'égalité des soins, lui qui se trouve depuis 1996 dans la plus grande prison d'Europe a une tout autre pratique. Sur le Viagra, d'abord :
« En ce qui me concerne, je refuse de prescrire du Viagra par exemple, car je considère que cela ne relève pas de ma pratique de médecine carcérale. Je leur conseille d'en parler avec leur médecin traitant voire leur thérapeute (en cas d'obligation de soins). Mais chaque médecin reste responsable de sa prescription et de son choix thérapeutique selon ses propres convictions médicales. »
En matière d'accès au dossier, Michel Fix confirme que certains services médicaux préfèrent ne pas savoir :
« Alors qu'en psychiatrie c'est systématique, certains praticiens de médecine générale ne souhaitent pas savoir lorsqu'il ne s'agit pas de services spécialisés en psychiatrie : on peut avoir affaire à des profils difficiles, par exemple des actes de barbarie, et savoir ne rend pas le travail des personnels de santé toujours serein.
Mais il faut bien comprendre qu'on sait grosso modo à qui on a affaire en fonction de l'âge, du profil, de la durée de la peine, quand ce n'est pas par les confidences du détenu. Personnellement, dès que l'on évoque des questions de prescriptions médicales touchant à la sexualité, je m'informe du dossier. Par vigilance. »
L'avocat du père d'Enis a annoncé ce jeudi 29 octobre qu'il attaquera l'Etat pour « la carence de services ». En ligne de mire : ce que la famille regarde comme une faille dans l'articulation entre le médical et judiciaire.




















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De TienTien
Navigateur et rêveur | 16H52 | 29/10/2009 |
Prescrire du viagra à un détenu ? Je voudrais que l'on m'explique ! Voulait-on qu'il sodomise ses co-détenus ?
à TienTien
De Chloé Leprince
(auteur)
Rue89 | 16H58 | 29/10/2009 |
Une précision n'est visiblement pas inutile : le contexte de cette ordonnance, c'est bien sûr la sortie imminente de prison. Les médecins que j'ai interrogés m'ont confirmé que c'etait une demande fréquente des détenus avant de retrouver dehors. Le debat, c'est de savoir si c'est opportun en cas de crimes sexuels...
à Chloé Leprince
De unpticon
passant | 17H10 | 29/10/2009 |
Non le débat c'est est-il opportun qu'un médecin face à des patients qui ne peuvent pas le choisir sache qui est qui et qui a fait quoi ?
Alors viendra un jour où le médecin plein de sa morale et de sa bourgeoisie dira que "non vraiment celui-ci ce qu'il a fait est trop horrible alors je ne lui prescrirais pas tel ou tel médicament qui coûte très cher à la Sécu". Ou bien faudra t-il des centaines d'articles de loi pour légiférer sur la prescription de chaque médicament en fonction de chaque délit ?
Ca n'a pas de sens et le titre de l'article écorche vraiment les yeux !
à unpticon
De Marotte
Poupée de chiffon | 18H55 | 29/10/2009 |
Le Viagra n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale !
à unpticon
De shillom
13H25 | 30/10/2009 |
Au sujet du titre de l'article, c'est clair qu'il y a dérive. De plus en plus de sujets sont présentés sous un titre tape à l'oeil qui n'a pas grand chose à voir avec le contenu, mais n'en est qu'une extrapolation alléchante. Digne de TF1 !
Pour le reste, le serment d'Hippocrate et le serment de l'ordre français des médecins sont là pour éviter une différence de traitement entre patients : "Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité."
à Chloé Leprince
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 02H24 | 30/10/2009 |
@ L'Auteur
Quand va-t-on aborder le vrai débat ? Il n'y a pas de place en liberté dans une société pour des criminels sexuels violents multirécidivistes. Trouvez les, mettez les à l'écart et ne les relâchez plus. Je mets l'État au défi de faire un référendum national sur cette question.
http://nouvellesociete.wordpress.com/2007/10/15/25-les-violents-recidivi...
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De déluge
menuisier | 10H01 | 30/10/2009 |
J'aime bien les sentences définitives comme ça, oeuvres souvent de grands démocrates.
Dans le genre j'apprécie particulièrement "pas de liberté pour les ennemis de la liberté".
En général, après, c'est un massacre bien sanglant (sans gland?).
à déluge
De guerzit
Incomprenant majeur | 11H01 | 30/10/2009 |
La plus terrible :
"la liberté d'autrui finit là ou commence celle des autres"
Et d'instituer le nivellement par le bas...
à pierrejcallard
De samivel51
Jeune insolent | 10H59 | 30/10/2009 |
Pas d'accord. Tout doit pouvoir payer sa dette envers la société et retrouver ensuite la liberté. Quitte à ce que la société se protège par d'autres moyens. (traitements médicaux obligatoires sous peine de retour en prison, bracelet électronique... puis, après un nouveau délai, plus rien. Même si le processus doit prendre 40 ans au total.
La justice punit des crimes, pas des hommes.
à samivel51
De shillom
13H28 | 30/10/2009 |
Exact, les avancées scientifiques permettent de trouver des solutions plus pertinentes que la réclusion à perpétuité en ce début de 21ème siècle.
Ce qui est possible aujourd'hui ne l'était pas il y a 20 ans, même si il y a encore des avancées à faire, en terme de fiabilité tout particulièrement.
à TienTien
De Okhin
Administrateur Système | 17H01 | 29/10/2009 |
Ou peut-être qu'il voudrait tout simplement s'en servir dans un cadre légitime lors d'un aménagement de peine. Si le médecin ne connait pas la raison de l'incarcération, il ne connaît pas forcément non plus les éventuels aménagements de peine.
Okhin
à TienTien
De Emerka
jmenfoutiste | 17H33 | 29/10/2009 |
C'est très simple...
Il n'y a qu'une taille de pantalon et certains détenus les perdent. Vu que la ceinture est interdite, il préscrivent du viagra pour la remplacer .
Il faut bien faire tenir les pantalons de tous ces prisonniers
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H57 | 29/10/2009 |
Filer du Viagra à un taulard ? Mais à quoi ça sert, vu que justement il est en taule et que s'il se tape Raoul sous la douche c'est juste pour pas que ce soit Raoul qui l'enfile ?
Enfin encore une fois on va inventer plein de coupables, pour surtout ne pas trucider le seul et unique coupable.
Y'a combien de gens sur Terre qui prennent du Viagra ? Et combien qui violent et tuent des chtites nenfants ?
On peut faire une enquête histoire de vérifier où a a chié et si c'est une erreur du toubib, et ensuite avertir tous les toubibs sur ce qu'il faut faire et ne pas faire. Mais l'accuser, jamais, il a fait son boulot sans chercher à nuire.
Si le père a vraiment la haine, il a qu'à s'en prendre au seul et unique coupable, genre en vidant son PEL pour le transformer en une superbe prime sur la tête de ce psychopathe.
à Keldan
De Sabate
Etudiant | 17H19 | 29/10/2009 |
Sous-traiter les responsabilités est en effet une activité à la mode en ce moment.
C'est la faute aux commentateurs si jean sarkozy n'a pas eut l'EPAD.
C'est la faute à Sarko si 53% des Français ont votés pour lui.
"C'est la faute aux médecins et au viagra si un pédophile a pédophiler" ne me choque même plus, merci le conditionnement.
à Keldan
De Béatrice1
| 18H02 | 29/10/2009 |
"Si le père a vraiment la haine, il a qu'à s'en prendre au seul et unique coupable, genre en vidant son PEL pour le transformer en une superbe prime sur la tête de ce psychopathe."
En principe, le système judiciaire a été inventé justement pour éviter ce genre de barbarie. Le père a le droit de porter plainte contre qui il veut, et c'est à la justice d'étudier la question puis de trancher. Si un pédophile multirécidiviste peut se faire prescrire du viagra par un médecin pénitentiaire qui "ne veut pas savoir" (à la prison de Caen, il y a 75% de criminels sexuels), pour recommencer à violer un enfant à peine ressorti, le père est parfaitement en droit d'estimer que le système a gravement failli et de poser des questions.
Prescrire du viagra à un criminel sexuel récidiviste ? Et pourquoi pas offrir un pistolet chargé à un tueur en série ?
à Béatrice1
De morlar
nouvelle nuit du 4 aout | 18H43 | 29/10/2009 |
attention ,monsieur, le medecin appartient au ch de Caen et non pas à la pénitentiaire
à Béatrice1
De Tita
oiseau | 18H48 | 29/10/2009 |
Mais ça se fait !
Durant la WW2, l'armée américaine en Siciles installa dans l'administration des mafieux notoires avec l'aide de chefs de la Mafia américaine recrutés dans les prisons des Etats-Unis. Tout ça parce qu'ils étaient des anti-communistes notoires... mais ils étaient bien criminels quand même.
à Tita
De Béatrice1
| 22H21 | 29/10/2009 |
La comparaison est vraiment scabreuse.
à Béatrice1
De Tita
oiseau | 07H00 | 30/10/2009 |
Merci de le reconnaître...
surtout que je n'ai fait qu'illustrer une comparaison que vous avez faite deux commentaires plus haut. ;-)
à Béatrice1
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 19H48 | 29/10/2009 |
Sauf que pédophilie (comme tous les crimes sexuels) n'a rien à voir avec la question si la "méchanique" est en état de fonctionner. Un pédophile (ou autre violeur) qui ne peut plus .... se servira d'autres façons de pénétration, si c'est ça qui le stimule (avec les mains, avec des objets ...).
La plainte du père part simplement d'une fausse représentation du "violeur" . L'article l'explique à juste titre.
à leconcombrevert
De Béatrice1
| 20H01 | 29/10/2009 |
Dire que ça n'a "rien" à voir est abusif. Ca n'a pas "tout" à voir, c'est exact, puisque même certains eunuques s'amusaient avec les dames du harem. Mais il est absurde de prétendre que ça n'a pas au moins un effet incitatif, c'est d'ailleurs bien pour ça qu'il en a demandé !
Je veux bien qu'on me réponde qu'il aurait pu s'en procurer sur internet, mais au moins un médecin n'aurait pas fait l'erreur monumentale de lui en fournir. Je trouve que le père a entièrement raison.
à Béatrice1
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H38 | 30/10/2009 |
Apparament il s'agit d'un domaine dont vous savez beaucoup moins que vous croyez.
Un petit resumé en 13 planches:
http://www.gfmer.ch/Presentations_Fr/Pdf/Paraphilie_2006.pdf
à Béatrice1
De Terence
09H32 | 30/10/2009 |
Par délire, on se trompe sur la qualification des faits, leur importance et on se laisse à une fascination qui n'a aucun sens.
C'est évidemment l'enlèvement et la séquestration qui sont graves (l'enfant qui est évidemment moins bête comme dans le conte d'Andersen voit bien que le roi était nu et qu'il était non pas celui qui l'a violé, mais celui qui l'a volé...,)
moins les tentatives d'un homme que la prison a rendu impuissant (jusqu'où cela aurait été si les policiers n'étaient pas intervenus ? Sans doute pas beaucoup plus loin à savoir ce qu'on sait de son profil).
Ce qui est terrible c'est qu'il s'est hyper habitué à la prison et qu'il n'y a plus rien d'autre.
Le vrai viagra de cette histoire c'est la prison, et cela, on ne veut surtout pas le voir.
Ce qui me semble significatif, c'est le rejet, la certitude qui entoure la parole de tous ces gens.
Un jour on finira par se dire, mais finalement, le seul humain là-dedans, c'était lui, malgré ce qu'il a fait.
Cette histoire annonce des temps de totalitarisme, de vindicte, qui me semblent aussi énormes qu'en 1933, même s'ils ne sont pas de même nature.
La télévision haute définition nous rend fous comme la radio a rendu fous les Rwandais hutus.
à Terence
De déluge
menuisier | 09H58 | 30/10/2009 |
Je ne suis pas certain d'être d'accord avec vous (pour tout dire je n'ai pas d'opinion), mais votre conclusion par contre emporte toute mon adhésion.
à Béatrice1
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 10H57 | 30/10/2009 |
Non, le médecin fait juste son boulot : filer des médocs à un patient.
On pourrait aussi dire la même chose d'un toubib qui sauve la vie d'un gars, ce mec allant ensuite tuer une fille. Il serait abusé d'en vouloir au toubib qui en le laissant crever aurait sauvé la vie de la fille.
En soi, le toubib n'a commis aucune faute, bien au contraire il a accomplit son devoir, comme l'en oblige son serment d'Hippocrate et les diverses lois régissant son métier.
Sinon il faudrait aussi accuser un éventuel chauffeur de bus qui a conduit le psychopathe à sa destination, la serveuse qui lui a servi à manger ou encore le père qui n'a pas assez bien surveillé son mioche.
Bref, on en sort pas et on tombe dans le délire de certains accusant la société toute entière.
Alors que le seul coupable dans l'histoire c'est l'autre dégénéré à qui il faudrait arracher les burnes pour lui faire bouffer.
De Fred24
Rural | 16H57 | 29/10/2009 |
C'est du grand n'importe quoi. Du viagra il en aurait trouvé ailleurs en sortant, et je ne suis pas sûr que cela ait un rapport avec les pulsions pédophile. Pendant ce temps là, on ne parle pas de l'absence de suivi, du manque total de soin ou de structure pour éviter les récidives. C'est simple c'est de la faute au médecin circulez y a plus rien à voir.
De unpticon
passant | 17H04 | 29/10/2009 |
c'est bizarre cette manie de chercher le responsable, de croire qu'un ou plusieurs individus DOIVENT être RESPONSABLES : comme ça plus de responsabilité collective.
On ne remet pas en cause la politique carcérale, on donne à broyer quelque médecin ou juge et l'on oublie sereinement le rôle de l'état, de la société, des médias...des choses qui comptent quoi.
Non, plutôt accuser les médecins hospitaliers, sans doute des gens qui se plaignent eux-aussi de l'état des prisons, pour pouvoir annoncer à terme "le changement de modèle de la santé en prison", payant, sans aucune garantie ni d'anonymat ni d'égalité de traitement, et bien sûr sous contrat avec des "fournisseurs extérieurs".
Quel drôle de titre cet article vraiment !
De Denlor
| 17H06 | 29/10/2009 |
Mlle Leprince, depuis quand le Viagra donne des pulsions pédophiles ?
On peut effectivement se demander pourquoi un détenu (quel qu'il soit, en fait) a accès au Viagra (sauf, peut-être, juste avant une visite conjugale), mais Evrard aurait, Viagra ou pas, violé et torturé Enis.
Il n'y a aucun rapport entre les deux faits/problèmes.
à Denlor
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 17H29 | 29/10/2009 |
"...le citrate de Sildenafil (...) permet aux vaisseaux sanguins dans le pénis de se dilater (...) ce qui produit une érection qui est plus dure et plus forte qu'une érection sans l'aide du médicament..." (source: prima-med)
Le petit garçon n'est peut-être pas tout à fait de votre avis...
à argiope
De xavier-xavier
muntagnolu | 17H43 | 29/10/2009 |
Le citrate de Sildenafil n'a guère joué de rôle dans ce cas : relisez l'article où Chloé Leprince indique " En l'occurence, on a appris qu'Enis avait été abusé autrement". (voir aussi http://www.bakchich.info/Du-Viagra-pour-un-pedophile,09117.html).