A débattre 29/10/2009 à 16h39

Les médecins responsables du viol du petit Enis ?



Mustafa Kocacurt, père d'Enis, et l'avocat de son grand-père devant les caméras à Douai lundi (Pascal Rossignol/Reuters)

Francis Evrard, délinquant sexuel multirécidiviste, a été interpellé avec du Viagra dans la poche après qu'il a fait vivre onze heures de calvaire, viol inclus, au petit Enis, 5 ans, un jour de braderie à Roubaix en 2007.

Le Viagra en question lui avait été prescrit durant son séjour en prison, par le médecin de la maison d'arrêt de Caen. Qui assume n'avoir pas pris connaissance du dossier pénal de son patient avant de le lui prescrire.

Le docteur Philippe Guivarch est loin d'être un cas isolé parmi les professionnels de santé en milieu carcéral lorsqu'il déclare au sujet de ce dossier pénal :

« Je ne veux pas le connaître (...), ce n'est pas pour cela que je me suis engagé dans la médecine pénitentiaire. Le détenu est un patient comme les autres. »

Depuis une loi de 1994, prise en charge médicale et parcours pénal sont clairement dissociés en France. Au point que ce sont même deux ministères distincts qui sont compétents : la Santé d'un côté, la Justice, de l'autre. Aucun texte n'oblige un soignant à prendre connaissance du parcours judiciaire du détenu.

Pour l'Observatoire international des prisons, s'abstenir de consulter le dossier pénal est même « une position majoritaire ». Francois Bès est spécialiste de la santé en milieu pénitentiaire à l'OIP :

« On instrumentalise le Viagra de façon scabreuse alors qu'on sait bien qu'avec ou sans, une agression sexuelle pouvait avoir lieu. Pour de nombreux médecins, en prescrire relève aussi de l'égalité des soins entre détenus et patients lambda.

Un grand nombre refuse aussi d'avoir accès au dossier pénal, parce qu'ils refusent de transmettre des informations médicales à l'Administration pénitentiaire, de plus en plus en demande depuis la loi de 2008 sur la prévention de la récidive. »

De fait, il est bon de faire la part des choses entre la présence de Viagra, spectaculaire mais moins décisive qu'il n'y parait, et le débat sur le dossier du détenu. Car tous les spécialistes s'accordent à dire que la pédophilie a peu à voir avec l'érection. En l'occurence, on a appris qu'Enis avait été abusé autrement.

« Je refuse de prescrire du Viagra »

Quand on interroge Michel Fix, médecin à Fleury-Mérogis, il est évident que tous les médecins n'ont pas la même pratique. Ainsi, alors que Philippe Guivarch, à Caen, revendique le droit de prescrire du Viagra et de faire fi du dossier au nom de l'égalité des soins, lui qui se trouve depuis 1996 dans la plus grande prison d'Europe a une tout autre pratique. Sur le Viagra, d'abord :

« En ce qui me concerne, je refuse de prescrire du Viagra par exemple, car je considère que cela ne relève pas de ma pratique de médecine carcérale. Je leur conseille d'en parler avec leur médecin traitant voire leur thérapeute (en cas d'obligation de soins). Mais chaque médecin reste responsable de sa prescription et de son choix thérapeutique selon ses propres convictions médicales. »

En matière d'accès au dossier, Michel Fix confirme que certains services médicaux préfèrent ne pas savoir :

« Alors qu'en psychiatrie c'est systématique, certains praticiens de médecine générale ne souhaitent pas savoir lorsqu'il ne s'agit pas de services spécialisés en psychiatrie : on peut avoir affaire à des profils difficiles, par exemple des actes de barbarie, et savoir ne rend pas le travail des personnels de santé toujours serein.

Mais il faut bien comprendre qu'on sait grosso modo à qui on a affaire en fonction de l'âge, du profil, de la durée de la peine, quand ce n'est pas par les confidences du détenu. Personnellement, dès que l'on évoque des questions de prescriptions médicales touchant à la sexualité, je m'informe du dossier. Par vigilance. »

L'avocat du père d'Enis a annoncé ce jeudi 29 octobre qu'il attaquera l'Etat pour « la carence de services ». En ligne de mire : ce que la famille regarde comme une faille dans l'articulation entre le médical et judiciaire.

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  • TienTien
    TienTien
    très très sceptique...
    • Posté à 16h52 le 29/10/2009
    • Internaute
      très très sceptique...

    Prescrire du viagra à un détenu ? Je voudrais que l'on m'explique ! Voulait-on qu'il sodomise ses co-détenus ?

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à TienTien
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 16h58 le 29/10/2009
        rédacteur

      Une précision n'est visiblement pas inutile : le contexte de cette ordonnance, c'est bien sûr la sortie imminente de prison. Les médecins que j'ai interrogés m'ont confirmé que c'etait une demande fréquente des détenus avant de retrouver dehors. Le debat, c'est de savoir si c'est opportun en cas de crimes sexuels...

      • unpticon
        • Posté à 17h10 le 29/10/2009

        Non le débat c'est est-il opportun qu'un médecin face à des patients qui ne peuvent pas le choisir sache qui est qui et qui a fait quoi ?
        Alors viendra un jour où le médecin plein de sa morale et de sa bourgeoisie dira que « non vraiment celui-ci ce qu'il a fait est trop horrible alors je ne lui prescrirais pas tel ou tel médicament qui coûte très cher à la Sécu ». Ou bien faudra t-il des centaines d'articles de loi pour légiférer sur la prescription de chaque médicament en fonction de chaque délit ?
        Ca n'a pas de sens et le titre de l'article écorche vraiment les yeux !

         
        • Marotte
          Marotte répond à unpticon
          Poupée de chiffon
          • Posté à 18h55 le 29/10/2009
          • Internaute
            Poupée de chiffon

          Le Viagra n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale !

        • shillom
          shillom répond à unpticon
          • Posté à 13h25 le 30/10/2009
          • Internaute

          Au sujet du titre de l'article, c'est clair qu'il y a dérive. De plus en plus de sujets sont présentés sous un titre tape à l'oeil qui n'a pas grand chose à voir avec le contenu, mais n'en est qu'une extrapolation alléchante. Digne de TF1 !

          Pour le reste, le serment d'Hippocrate et le serment de l'ordre français des médecins sont là pour éviter une différence de traitement entre patients : « Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité. »

        2 autres commentaires
      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à Chloé Leprince
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 02h24 le 30/10/2009
        • Internaute
          http://www.nouvellesociete.org

        @ L'Auteur

        Quand va-t-on aborder le vrai débat ? Il n'y a pas de place en liberté dans une société pour des criminels sexuels violents multirécidivistes. Trouvez les, mettez les à l'écart et ne les relâchez plus. Je mets l'État au défi de faire un référendum national sur cette question.

        Lien

        Pierre JC Allard

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 10h01 le 30/10/2009

          J'aime bien les sentences définitives comme ça, oeuvres souvent de grands démocrates.

          Dans le genre j'apprécie particulièrement « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».
          En général, après, c'est un massacre bien sanglant (sans gland ? ).

        • samivel51
          • Posté à 10h59 le 30/10/2009

          Pas d'accord. Tout doit pouvoir payer sa dette envers la société et retrouver ensuite la liberté. Quitte à ce que la société se protège par d'autres moyens. (traitements médicaux obligatoires sous peine de retour en prison, bracelet électronique... puis, après un nouveau délai, plus rien. Même si le processus doit prendre 40 ans au total.
          La justice punit des crimes, pas des hommes.

          • shillom
            shillom répond à samivel51
            • Posté à 13h28 le 30/10/2009
            • Internaute

            Exact, les avancées scientifiques permettent de trouver des solutions plus pertinentes que la réclusion à perpétuité en ce début de 21ème siècle.
            Ce qui est possible aujourd'hui ne l'était pas il y a 20 ans, même si il y a encore des avancées à faire, en terme de fiabilité tout particulièrement.

        4 autres commentaires
    • Okhin
      Okhin répond à TienTien
      • Posté à 17h01 le 29/10/2009

      Ou peut-être qu'il voudrait tout simplement s'en servir dans un cadre légitime lors d'un aménagement de peine. Si le médecin ne connait pas la raison de l'incarcération, il ne connaît pas forcément non plus les éventuels aménagements de peine.

      Okhin

    • Emerka
      Emerka répond à TienTien
      jmenfoutiste
      • Posté à 17h33 le 29/10/2009
      • Internaute
        jmenfoutiste

      C'est très simple...
      Il n'y a qu'une taille de pantalon et certains détenus les perdent. Vu que la ceinture est interdite, il préscrivent du viagra pour la remplacer .
      Il faut bien faire tenir les pantalons de tous ces prisonniers

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h57 le 29/10/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Filer du Viagra à un taulard ? Mais à quoi ça sert, vu que justement il est en taule et que s'il se tape Raoul sous la douche c'est juste pour pas que ce soit Raoul qui l'enfile ?

    Enfin encore une fois on va inventer plein de coupables, pour surtout ne pas trucider le seul et unique coupable.
    Y'a combien de gens sur Terre qui prennent du Viagra ? Et combien qui violent et tuent des chtites nenfants ?

    On peut faire une enquête histoire de vérifier où a a chié et si c'est une erreur du toubib, et ensuite avertir tous les toubibs sur ce qu'il faut faire et ne pas faire. Mais l'accuser, jamais, il a fait son boulot sans chercher à nuire.

    Si le père a vraiment la haine, il a qu'à s'en prendre au seul et unique coupable, genre en vidant son PEL pour le transformer en une superbe prime sur la tête de ce psychopathe.

    • Sabate
      Sabate répond à Keldan
      • Posté à 17h19 le 29/10/2009
      • Internaute

      Sous-traiter les responsabilités est en effet une activité à la mode en ce moment.
      C'est la faute aux commentateurs si jean sarkozy n'a pas eut l'EPAD.
      C'est la faute à Sarko si 53% des Français ont votés pour lui.

      « C'est la faute aux médecins et au viagra si un pédophile a pédophiler » ne me choque même plus, merci le conditionnement.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 18h02 le 29/10/2009

      « Si le père a vraiment la haine, il a qu'à s'en prendre au seul et unique coupable, genre en vidant son PEL pour le transformer en une superbe prime sur la tête de ce psychopathe. »

      En principe, le système judiciaire a été inventé justement pour éviter ce genre de barbarie. Le père a le droit de porter plainte contre qui il veut, et c'est à la justice d'étudier la question puis de trancher. Si un pédophile multirécidiviste peut se faire prescrire du viagra par un médecin pénitentiaire qui « ne veut pas savoir » (à la prison de Caen, il y a 75% de criminels sexuels), pour recommencer à violer un enfant à peine ressorti, le père est parfaitement en droit d'estimer que le système a gravement failli et de poser des questions.

      Prescrire du viagra à un criminel sexuel récidiviste ? Et pourquoi pas offrir un pistolet chargé à un tueur en série ?

      • morlar
        morlar répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        nouvelle nuit du 4 aout
        • Posté à 18h43 le 29/10/2009
        • Internaute
          nouvelle nuit du 4 aout

        attention ,monsieur, le medecin appartient au ch de Caen et non pas à la pénitentiaire

      • Tita
        • Posté à 18h48 le 29/10/2009
        • Internaute
          oiseau

        Mais ça se fait !

        Durant la WW2, l'armée américaine en Siciles installa dans l'administration des mafieux notoires avec l'aide de chefs de la Mafia américaine recrutés dans les prisons des Etats-Unis. Tout ça parce qu'ils étaient des anti-communistes notoires... mais ils étaient bien criminels quand même.

         2 autres commentaires
      • leconcombrevert
        • Posté à 19h48 le 29/10/2009

        Sauf que pédophilie (comme tous les crimes sexuels) n'a rien à voir avec la question si la « méchanique » est en état de fonctionner. Un pédophile (ou autre violeur) qui ne peut plus .... se servira d'autres façons de pénétration, si c'est ça qui le stimule (avec les mains, avec des objets ...).

        La plainte du père part simplement d'une fausse représentation du « violeur » . L'article l'explique à juste titre.

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 20h01 le 29/10/2009

          Dire que ça n'a « rien » à voir est abusif. Ca n'a pas « tout » à voir, c'est exact, puisque même certains eunuques s'amusaient avec les dames du harem. Mais il est absurde de prétendre que ça n'a pas au moins un effet incitatif, c'est d'ailleurs bien pour ça qu'il en a demandé !

          Je veux bien qu'on me réponde qu'il aurait pu s'en procurer sur internet, mais au moins un médecin n'aurait pas fait l'erreur monumentale de lui en fournir. Je trouve que le père a entièrement raison.

          • leconcombrevert
            • Posté à 00h38 le 30/10/2009

            Apparament il s'agit d'un domaine dont vous savez beaucoup moins que vous croyez.

            Un petit resumé en 13 planches :

            Lien

          • Terence
            • Posté à 09h32 le 30/10/2009

            Par délire, on se trompe sur la qualification des faits, leur importance et on se laisse à une fascination qui n'a aucun sens.

            C'est évidemment l'enlèvement et la séquestration qui sont graves (l'enfant qui est évidemment moins bête comme dans le conte d'Andersen voit bien que le roi était nu et qu'il était non pas celui qui l'a violé, mais celui qui l'a volé...,)
            moins les tentatives d'un homme que la prison a rendu impuissant (jusqu'où cela aurait été si les policiers n'étaient pas intervenus ? Sans doute pas beaucoup plus loin à savoir ce qu'on sait de son profil).

            Ce qui est terrible c'est qu'il s'est hyper habitué à la prison et qu'il n'y a plus rien d'autre.
            Le vrai viagra de cette histoire c'est la prison, et cela, on ne veut surtout pas le voir.

            Ce qui me semble significatif, c'est le rejet, la certitude qui entoure la parole de tous ces gens.

            Un jour on finira par se dire, mais finalement, le seul humain là-dedans, c'était lui, malgré ce qu'il a fait.

            Cette histoire annonce des temps de totalitarisme, de vindicte, qui me semblent aussi énormes qu'en 1933, même s'ils ne sont pas de même nature.

            La télévision haute définition nous rend fous comme la radio a rendu fous les Rwandais hutus.

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 09h58 le 30/10/2009

              Je ne suis pas certain d'être d'accord avec vous (pour tout dire je n'ai pas d'opinion), mais votre conclusion par contre emporte toute mon adhésion.

        4 autres commentaires
      • Keldan
        Keldan répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
        Now future & karpe diem
        • Posté à 10h57 le 30/10/2009
        • Internaute
          Now future & karpe diem

        Non, le médecin fait juste son boulot : filer des médocs à un patient.

        On pourrait aussi dire la même chose d'un toubib qui sauve la vie d'un gars, ce mec allant ensuite tuer une fille. Il serait abusé d'en vouloir au toubib qui en le laissant crever aurait sauvé la vie de la fille.
        En soi, le toubib n'a commis aucune faute, bien au contraire il a accomplit son devoir, comme l'en oblige son serment d'Hippocrate et les diverses lois régissant son métier.

        Sinon il faudrait aussi accuser un éventuel chauffeur de bus qui a conduit le psychopathe à sa destination, la serveuse qui lui a servi à manger ou encore le père qui n'a pas assez bien surveillé son mioche.
        Bref, on en sort pas et on tombe dans le délire de certains accusant la société toute entière.

        Alors que le seul coupable dans l'histoire c'est l'autre dégénéré à qui il faudrait arracher les burnes pour lui faire bouffer.

  • Fred24
    Fred24
    Rural
    • Posté à 16h57 le 29/10/2009
    • Internaute
      Rural

    C'est du grand n'importe quoi. Du viagra il en aurait trouvé ailleurs en sortant, et je ne suis pas sûr que cela ait un rapport avec les pulsions pédophile. Pendant ce temps là, on ne parle pas de l'absence de suivi, du manque total de soin ou de structure pour éviter les récidives. C'est simple c'est de la faute au médecin circulez y a plus rien à voir.

  • unpticon
    • Posté à 17h04 le 29/10/2009

    c'est bizarre cette manie de chercher le responsable, de croire qu'un ou plusieurs individus DOIVENT être RESPONSABLES : comme ça plus de responsabilité collective.
    On ne remet pas en cause la politique carcérale, on donne à broyer quelque médecin ou juge et l'on oublie sereinement le rôle de l'état, de la société, des médias...des choses qui comptent quoi.
    Non, plutôt accuser les médecins hospitaliers, sans doute des gens qui se plaignent eux-aussi de l'état des prisons, pour pouvoir annoncer à terme « le changement de modèle de la santé en prison », payant, sans aucune garantie ni d'anonymat ni d'égalité de traitement, et bien sûr sous contrat avec des « fournisseurs extérieurs ».

    Quel drôle de titre cet article vraiment !

  • Denlor
    • Posté à 17h06 le 29/10/2009
    • Internaute

    Mlle Leprince, depuis quand le Viagra donne des pulsions pédophiles ?
    On peut effectivement se demander pourquoi un détenu (quel qu'il soit, en fait) a accès au Viagra (sauf, peut-être, juste avant une visite conjugale), mais Evrard aurait, Viagra ou pas, violé et torturé Enis.

    Il n'y a aucun rapport entre les deux faits/problèmes.

    • argiope
      argiope répond à Denlor
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 17h29 le 29/10/2009
      • Internaute
        chatouille ou pique, c'est selon

       »...le citrate de Sildenafil (...) permet aux vaisseaux sanguins dans le pénis de se dilater (...) ce qui produit une érection qui est plus dure et plus forte qu'une érection sans l'aide du médicament... » (source : prima-med)

      Le petit garçon n'est peut-être pas tout à fait de votre avis...

      • xavier-xavier
        xavier-xavier répond à argiope
        muntagnolu
        • Posté à 17h43 le 29/10/2009
        • Internaute
          muntagnolu

        Le citrate de Sildenafil n'a guère joué de rôle dans ce cas : relisez l'article où Chloé Leprince indique « En l'occurence, on a appris qu'Enis avait été abusé autrement ». (voir aussi Lien).

         
        • Chloé Leprince
          Chloé Leprince répond à xavier-xavier
          Auteur(e) de l'article
          • Posté à 18h46 le 29/10/2009
            rédacteur

          D'ailleurs, des spécialistes comme Roland Coutanceau, pour ne citer que lui, précisent bien que c'est une des limites (pragmatiques et pas éthiques, cette fois) de la castration physique dont Michèle Alliot-Marie a suggéré la semaine dernière qu'il était opportun que les députés débattent. En clair les experts sont formels : l'erection ne fait pas le viol, qu'on parle pédophilie ou pas.

          • Bardamu
            • Posté à 22h32 le 29/10/2009

            « Les experts sont formels : l'érection ne fait pas le viol »

            Un peu jésuitique...

            On peut aussi penser que l'érection favorise plus le viol que la détumescence, non ?

            Sans avoir besoin d'être un « expert » !

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 10h05 le 30/10/2009

              Donc à vous lire, le viol est exclusivement masculin ?

              Documentez-vous et vous trouverez, nettement plus rarement certe, des violeuses.

              • Bardamu
                • Posté à 10h54 le 30/10/2009

                Ce n'est pas du tout la question.

                La question est : donner du viagra a un violeur, est-ce favoriser le viol plus que le défavoriser ?

                La réponse est clairement oui.

                Après, qu'il y ait viol d'homme à femme, de femme à homme, d'homme à chèvre ou de berger allemand à femme, ça n'a rien à voir avec le sujet.

                • Adéménagé le 3 janvier 2011
                  • Posté à 11h28 le 30/10/2009

                  Je répondais à ceci, de vous :

                  « On peut aussi penser que l'érection favorise plus le viol que la détumescence, non ? »

                  Pour le reste, quand j'ai appris que l'on avait donné du viagra à un pédophile en instance de sortie de prison, sans être expert moi-même, je dois dire que l'incrédulité l'a disputé à la colère.

        5 autres commentaires
    • Tyrian
      Tyrian répond à Denlor
      • Posté à 17h35 le 29/10/2009

      Et Chloé LePrince (vous connaissez son statut marital vous ? ) ne donne aucun jugement dans l'article. Elle présente les 2 hypothèses sans donner de jugement (du moins au premier abord). Elle insiste même sur le fait que le viagra ne serait pas en cause dans cette histoire.

  • fdrebin
    • Posté à 17h16 le 29/10/2009

    Chère Chloé,

    Votre article ne met pas assez en lumière le fait que le médecin ne connait pas forcément le motif d'incarcération du détenu qu'il reçoit en consultation.

    Et voilà, toutes les réactions du genre « Ô mon Dieu, du Viagra à un criminel sexuel ! ? ». Et bien oui, si le détenu se plaint de troubles de l'érection et que le médecin ne sait pas pourquoi il est incarcéré, une telle prescription est possible...

    Quant au titre de cet article, plus racoleur tu meurs ! Les médecins (lesquels d'ailleurs, tous les médecins de la Terre ? ) « responsables » ?

    En droit, la responsabilité pénale c'est ça :

    Lien

    Code Pénal Article 121-3
    Modifié par Loi n°2000-647 du 10 juillet 2000 - art. 1 JORF 11 juillet 2000

    « Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre.

    Toutefois, lorsque la loi le prévoit, il y a délit en cas de mise en danger délibérée de la personne d'autrui.

    Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait.

    Dans le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer. »

    Alors, de quoi les médecins sont-ils « responsables » compte tenu, comme le dit le code pénal « du pouvoir et des moyens dont il[s] dispos[ent] » ?

    • Tuderzt
      Tuderzt répond à fdrebin
      • Posté à 17h22 le 29/10/2009
      • Internaute

      Il me semble au contraire que c'est un des objets majeur de l'article que de mettre en lumière le fait que les médecins pénitentiaires ne connaissent pas forcément la peine du détenu et même qu'ils ne cherchent généralement pas à la connaitre, au nom de leur éthique vis à vis de leurs patients.

      Ou alors, je n'ai rien compris à ce paragraphe :
      « Depuis une loi de 1994, prise en charge médicale et parcours pénal sont clairement dissociés en France. Au point que ce sont même deux ministères distincts qui sont compétents : la Santé d'un côté, la Justice, de l'autre. Aucun texte n'oblige un soignant à prendre connaissance du parcours judiciaire du détenu. “

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à fdrebin
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 18h43 le 29/10/2009
        rédacteur

      Bonjour

      En fait, hors le titre, il ne s'agit nullement de préjuger de la responsabilité pénale des médecins en la matiere. Mais l'essentiel du débat depuis l'audition de Philippe Guivarche hier tourne justement autour d'une responsabilité morale. Et, comme le montrent de nombreux commentaires, le grand public etait avant cette affaire completement ignorant du fait qu'un médecin puisse assumer ne pas avoir lu le dossier. Voire le revendiquer comme on peut le lire dans la reaction de l'OIP.

      Reste, dans un deuxieme temps, que les pratiques varient en réalité enormément d'un praticien à l'autre. C'est l'objet de cet article.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 17h21 le 29/10/2009
    • Internaute
      oiseau

    responsables du viol ?
    Pas du tout !

    Le responsable du viol, c'est pleinement Francis Evrard.

    Prenons un peu de recul.
    1) Il est tout à fait légitime pour un médecin de ne pas vouloir connaitre le passé criminel ou délinquant de ses patients. Cela lui permet de prodiguer des soins d'une qualité –a-priori– identique (et donc éthique) indépendamment du fait que ce patient soit un assassin ou un voleur de pain.

    2) Peut-il refuser à un délinquant sexuel du viagra s'il en donne aux autres au moment de leur sortie ? Si oui, :
    - n'est-ce pas une peine supplémentaire pour le patient, à l'instar de la fameuse loi de sureté de notre bien aimé président ?
    - n'est-ce pas faire du délit d'intention (penser qu'il va récidiver) et donc le condamner à l'avance.
    - n'est-ce pas diminuer la responsabilité du patient ? Quand il sort de prison, il est sensé avoir payé ses crimes, être responsable de lui-même et donc de ces choix et de ses actes.

    Si on trouve que les récidivistes ne sont pas assez punis, qu'on augmente les peines suites aux récidives ; mais on n'a pas le droit de punir par avance quelqu'un pour un acte qu'il n'a pas encore commis.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 18h08 le 29/10/2009

      « Si on trouve que les récidivistes ne sont pas assez punis, qu'on augmente les peines suites aux récidives ; mais on n'a pas le droit de punir par avance quelqu'un pour un acte qu'il n'a pas encore commis. »

      Je serais entièrement d'accord avec vous si votre phrase concernait la « rétention de sûreté » qui est une abomination judiciaire. Mais considérer le fait de refuser du viagra à un ciminel sexuel multirécidiviste - considéré comme « dangereux » et susceptible de repasser à l'acte à la première occasion (c'est ce qui figure, paraît-il, dans son dossier) - comme une « punition » c'est vraiment trop fort. Le principe de précaution minimum aurait voulu que ce type ne puisse pas y avoir accès au contraire.

      • Tita
        • Posté à 18h31 le 29/10/2009
        • Internaute
          oiseau

        Alors ce principe de précaution minimum doit être pris en conséquence des récidives passées mais non d'un futur possible.
        Cela revient donc bien à aggraver la punition pour les récidives. C'est différent du délit d'intention. C'est différent de punir pour un acte qui au moment de la punition n'est pas encore fait.

         
        • Marotte
          Marotte répond à Tita
          Poupée de chiffon
          • Posté à 18h57 le 29/10/2009
          • Internaute
            Poupée de chiffon

          Oui, c'est vrai : il faut attendre une nouvelle victime pour agir !

          • Tita
            Tita répond à Marotte
            oiseau
            • Posté à 19h10 le 29/10/2009
            • Internaute
              oiseau

            Afin de réduire le nombre de nos 8000 morts sur la route par an en france, par décision de la justice, il vous a été retiré le permis de conduire car il existe une probabilité d'engendrer un accident mortel.

            C'est bien la même logique !

            Si agir, c'est réduire la liberté de tous pour réduire celle de quelques criminels, alors agir, c'est bien ça.

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 20h07 le 29/10/2009

              Quand je pense qu'on interdit les OGM pour beaucoup moins que ça !

              On interdit bien aux pédophiles récidivistes de travailler avec des enfants ou dans des écoles : pourquoi pas les envoyer dans des crèches, tant que vous y êtes, s'il s'agit d'une punition injuste...

              • Tita
                • Posté à 07h25 le 30/10/2009
                • Internaute
                  oiseau

                Votre comparaison avec les OGM est scabreuse. ; -)

                En effet, jusqu'à preuve du contraire, une graine de « Soja Roundup Ready » aura les mêmes effets qu'une autre graine de « Soja Roundup Ready ». Par contre, le taux de récidives en ce qui concerne les homicides est de 0,5 %, et pour les agressions sexuelles sur mineur, c'est 1 %. (ref Lien) Il y a donc là des comportements différenciés rappelant ainsi qu'un individu (même criminel) peut faire des choix et qu'il est responsable de ses choix.

                Enfin, quant à votre diatribe sur les crèches et les punitions injustes, vous répondez admirablement à côté. Alors rien que pour vous, je reformule ce que j'ai déjà écrit :

                empêcher aux pédophiles récidivistes de travailler avec des enfants, dans des écoles, ou même dans des crèches :
                - ne me gène pas si cet interdit est pris en fonction des récidives passées (c'est à dire des FAITS dont l'individu s'est déjà rendu coupable).
                - me gène si cet interdit est pris en fonction des récidives futures (c'est à dire des INTENTIONS que nous prêtons à cet individu).

                • Compte supprimé le 4 janvier 3
                  • Posté à 11h00 le 30/10/2009

                  « empêcher aux pédophiles récidivistes de travailler avec des enfants, dans des écoles, ou même dans des crèches :
                  - ne me gène pas si cet interdit est pris en fonction des récidives passées (c'est à dire des FAITS dont l'individu s'est déjà rendu coupable).
                  - me gène si cet interdit est pris en fonction des récidives futures (c'est à dire des INTENTIONS que nous prêtons à cet individu). »

                  Quelle différence avec la prescription de viagra à un criminel sexuel multirécidiviste ?

                  Êtes-vous donc d'accord avec la pratique du Vatican consistant à déplacer les prêtres pédophiles dans d'autres paroisses où ils recommençaient à violer des enfants sitôt arrivés, avant d'être de nouveau déplacés, etc.. ?

                  • Tita
                    • Posté à 12h18 le 30/10/2009
                    • Internaute
                      oiseau

                    Visiblement, chère béatrice1, répéter mes mots mais ne pas les comprendre est plutôt ennuyeux.

                    Si je vous dis que je préfère prendre un bain à prendre une douche, pourquoi m'accuser d'être sale ?

                    • Compte supprimé le 4 janvier 3
                      • Posté à 15h24 le 30/10/2009

                      Donc vous seriez d'accord avec ceci :

                      empêcher de prescrire du viagra - ou tout stimulant sexuel, hormonal ou pas - aux pédophiles récidivistes :
                      - ne me gène pas si cet interdit est pris en fonction des récidives passées (c'est à dire des FAITS dont l'individu s'est déjà rendu coupable).
                      - me gène si cet interdit est pris en fonction des récidives futures (c'est à dire des INTENTIONS que nous prêtons à cet individu).

                      Donc, dans le cas de ce pédophile multirécidiviste, le fait de refuser de lui prescrire du viagra ne vous gêne pas ?

                      C'est ce que j'aimerais bien vous « entendre » dire. Auquel cas, le médecin qui lui en a prescrit, sans se préoccuper de son dossier, ni pénitentiaire ni même PSYCHIATRIQUE, dans une prison où 75% des détenus sont des criminels sexuels, a fait preuve d'une irresponsabilité criminelle, et je trouve normal qu'il doive en répondre devant un tribunal. (Ce qui ne veut pas dire que je sois favorable à ce qu'il soit pendu ni haut ni court - qu'il en réponde, c'est très bien).

                      C'est très facile d'avoir les mains propres quand on n'a pas de mains.

                      • Numerosix
                        Numerosix répond à Compte supprimé le 4 janvier 3
                        Prisonnier dans le village (...)
                        • Posté à 15h33 le 30/10/2009
                        • Internaute
                          Prisonnier dans le village (...)

                        Ca vous passionne, tous les moindres détails de ces histoires horribles de viols pédophiles, hein , Béatrice, décidément..

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