Au lendemain de la réelection du président Ben Ali, deux journalistes tunisiens font les frais de la répression lourde qui frappe la presse dans ce pays.
Ce jeudi, Taoufik Ben Brick, journaliste et opposant déclaré au régime, a été arrêté alors qu'il était convoqué pour une prétendue affaire d'agression. Il a ensuite été transferé à la prison de Bouchoucha, à Tunis.
Interviewé la semaine dernière par Rue89, Taoufik Ben Brick a raconté le traquenard qui lui a été tendu par la police tunisienne et qui lui vaut aujourd'hui son emprisonnement.
Le 22 novembre, en allant chercher sa fille à l'école, sa voiture a été emboutie par un autre véhicule, dont la conductrice a cherché à le provoquer. Selon le journaliste, la conductrice était de la police et voulait l'amener à user de la violence pour pouvoir l'inculper d'agression. (Ecouter le son)
Selon RSF, l'arrestation de Taoufik Ben Brick serait liée à ses déclarations tenues sur Rue89 et dans lesquelles il dénoncait à la fois le piège que lui a tendu la police et le régime dictatorial du président Ben Ali. (Ecouter le son)
La veille, un autre journaliste indépendant, Slim Boukhdhir, a été agressé par cinq hommes en civil alors qu'il venait de dénoncer au micro de la BBC les conditions de travail désastreuses des journalistes indépendants.
RSF a condamné ces deux agressions et réclamé la libération de Taoufik Ben Brick.
Zineb Dryef




















15
(Pour réagir, connectez-vous)
De Wicem Souissi
Journaliste | 22H22 | 29/10/2009 |
L'arrestation de TBB est assurément lié au fait qu'il n'a pas su jusqu'où faut-il ne pas aller trop loin : c'est dans sa nature. Pour autant, la solidarité confraternelle s'applique. Aussi faut-il soutenir sa libération.
à Wicem Souissi
De Chibani 55
retraité | 07H58 | 30/10/2009 |
Aller trop loin? C'est de l'ironie ou du cynisme?
à Wicem Souissi
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
09H55 | 30/10/2009 |
Un journaliste doit dire la vérité, sinon, il rend sa carte de presse. Point.
http://allainjules.wordpress.com/
De tweesty
Né 1jour ferié | 23H14 | 29/10/2009 |
J'avais trouvé que son article était d'un réalisme et d'une qualité littéraire rare. J'espère que Ben Brik retrouvera vite la liberté. Dans "Envoyé Spécial", était diffusé ce soir un reportage sur le tourisme en Tunisie. A part dans un discours de Sarkozy, je n'ai jamais entendu prononcer autant de fois les mots "sécurité" et "police" et aussi peu le mot "liberté".
Mais je ne parle pas l'Arabe et ne comprends pas les discours de Ben Ali, même si je pense savoir ce qu'ils contiennent.
Bah oui, on a le même en plus petit....
De Mizaanoun
00H11 | 30/10/2009 |
C'est bien triste de constater à quel point le monde regarde faire un dictateur sans broncher.Un dirigeant politique se fait tabasser en plein aéroport international, un jeune étudiant est arrêté et envoyé sans contemplation en taule, un journaliste subit le même sort et à présent c'est l'appréhension du pauvre Ben Brik qui se concrétise. Alors qu'en même temps les membres du clan de Carthage, sans s'inquiéter le moindre du monde, continuent dans leur besogne,faisant main basse sur tout le pays. Donc au lendemain de sa mise à jour, la dictature décide d'épingler Ben Brik et d'étouffer ses "cris". C'est un signe qui ne trompe plus. La décomposition du régime a finalement commencé. Probablement avec cette dernière arrestation de Ben Brik, un tournant est entamé, le tournant tant attendu par tout un peuple.C'est sûr que Ben Brik aurait préféré assister à l'écroulement du régime de sa maison et libre, mais le destin l'a voulu autrement. Il sera celui qui est à l'origine du déclic final.
à Mizaanoun
De Chibani 55
retraité | 08H14 | 30/10/2009 |
C'est en effet consternant. Et sans doute un peu plus pour les Français que pour tous les autres, car penser que Philippe Seguin, le grand pourfendeur de la morale et de la bonne gestion dans les collectivités locales assume sa grande amitié pour Bel Ali, cela me fait honte. On est bien au delà de le neutralité bienveillante, c'est un soutien affiché qui dévalorise totalement ce qu'il peut éventuellement faire de bien au niveau de la cour des comptes.
De Tita
oiseau | 08H59 | 30/10/2009 |
Petite question : Votre dernière phrase est "RSF a condamné ces deux agressions et réclamé la libération de Taoufik Ben Brick."
Ne serait-il pas mieux d'écrire "RSF et Rue89 ont condamné ces deux agressions et réclamé la libération de Taoufik Ben Brick." ?
Si effectivement Monsieur Taoufik Ben Brick est arrêté en raison de ses affirmations sur Rue89, il serait légitime que Rue89 prenne position de manière plus explicite. OU ne le faites-vous pas afin de ne pas aggraver de près ou de loin sa situation ?
à Tita
De amonhumbleavis
ne trainera plus dans la rue | 20H14 | 30/10/2009 |
Je vous ai topé ce matin et j'attendais aussi une prise de position plus franche de Rue89 ou du moins une réponse de l'auteur ...
De Chibani 55
retraité | 10H52 | 30/10/2009 |
A propos des joies de la liberté d'expression dans le Maghreb, ce n'est pas aujourd'hui le procès de Khalid Gueddar à Casa?
Si quelqu'un a des nouvelles...
De alangaja
L´axe du bien est de retour ! | 12H07 | 30/10/2009 |
avec des pays comme la Tunisie, on a de quoi faire une belle Union Méditerrannéenne... ce truc de Sarkozy qui n´a jamais fonctionné, comme tant d´autres.Rappelons que Taoufik Ben Brick a une santé fragile, sa vie peut être en danger !
De getzo
Jazz | 12H09 | 30/10/2009 |
Pour Gueddar, il n'y aura pas de miracle : la palais n'a jamais digéré sa série "le roi qui ne voulait pas être roi" sur Bakchich.info
Verdict vers 14h.
Au Maghreb et en Afrique, la France hypocrite protège ses intérêts économiques et ferme les yeux sur le reste.
Le colon est parti mais il a laissé des serviteurs zélés pour partager le gâteau.
Qui souffre ? La population locale.
De déluge
menuisier | 12H38 | 30/10/2009 |
Ben Ali est un dictateur de la pire espèce.
Et ses soutients en France (du PS et de l'UMP) sont ses complices. J'y inclu ceux y possédant une résidence de luxe, bien évidemment.
De Chibani 55
retraité | 18H22 | 30/10/2009 |
11 commentaires sur un tel sujet...
Bonne chance la Tunisie!
à Chibani 55
De amonhumbleavis
ne trainera plus dans la rue | 20H12 | 30/10/2009 |
J'ai lu mais je n'ai pas commenté... parce que ça me laisse sans voix !
De Mizaanoun
23H37 | 30/10/2009 |
"L'Europe étudie le cas de Ben Brik" ou l'Hypocrisie et la Complicité.
On est toujours sous le choc et la douleur. C'est inacceptable de priver un homme de sa liberté. Ben Brik n'est - malheureusement pas le premier et on espère qu'il soit le dernier. Il y a des milliers de citoyens qui souffrent des calvaires indicibles pour avoir un jour exprimé, d'une manière ou d'une autre leur mécontentement, leur colère, leur désespoir et leur désapprobation sur ce qui se passe dans leur propre pays.
Tous le font avec raison, car leur pays ne leur appartient plus. Il appartient à un clan. Un clan d'une féroce voracité qui ne laisse à l'écrasante majorité que des miettes. Des miettes sur le plan matériel ainsi que moral.
En effet ce clan qui tourne dans le giron du dictateur n'a aucune chance d'exister sans l'appui des "grandes démocraties occidentales" et européennes en particulier.
Monsieur Sarkozy, par exemple, jugeait l'Iran "un grand pays qui mériterait un autre président" qu'Ahmadineajed qui a été élu à plus de 60% du suffrage et trouve le moyen de teléphoner au dictateur de Carthage pour le féliciter pour son score habituel de presque 90%. Sans rougir!
L'hypocrisie est claire.Sinon comment ça se fait que "l'Europe étudie le cas" de Ben Brik et jamais le cas de milliers d'autres citoyens en Tunisie dans la même situation ou pire?
La Complicité est aussi claire, car sans le feu vert de l'Occident ni la dictature en Tunisie ni celles d'ailleurs n'auraient jamais duré tant d'annnées.
À ce titre on est en droit de responsabiliser les autorités occidentales de ce qui se passe aujourd'hui dans nos pays, à travers ces dictateurs qui veillent scrupuleusement sur leurs intérêts. Des intérêts occidentaux plus que discutables d'ailleurs. Et dans ce cas particulier de Taoufik Ben Brik la responsabilité est de la France qui doit tout faire pour libérer Taoufik Ben Brik et tout de suite. Elle en a les moyens.
Que M. Sarkozy, doué comme il est pour aller en personne au bout du monde libérer des français, prennne l'avion et aille délivrer le pauvre Ben Brik des griffes de son ami Ben Ali. Peut être lui saurait-on reconnaissant pour une fois.