Les poids lourds de la majorité sont catégoriques : Bernard Accoyer, Jean François Copé, David Douillet… tous dénoncent un monde politico-médiatique qui, selon Frédéric Lefebvre, a pour unique but « de détruire le Président ».
Nicolas Sarkozy lui même s'est prononcé sur le sujet mardi dernier :
« Bah les commentateurs, y commentent. Moi j'suis du côté des acteurs, j'agis. Leur façon d'agir, c'est de commenter, c'est nécessaire. Ma façon d'agir, c'est d'agir, c'est indispensable, on fait pas le même travail. » (Voir la vidéo)
Dans sa chronique « L'incendie médiatique » du mercredi 21 octobre sur France Inter, Caroline Cartier rappelle les propos de Nicolas Sarkozy en pleine campagne présidentielle, esquissant un monde heureux, ou Président et journalistes travailleraient main dans la main :
« Je voudrais que chaque année nous ayons au moins deux ou trois occasions de se rencontrer (…) J'aurai l'occasion de refaire des conférences de presse parce que c'est un exercice auquel doit se prêter un président de la République responsable. » (Ecouter le son)
Audio placeholder
Au moins deux ou trois fois par année, ça ferait au minimum quatre conférences de presse pour Nicolas Sarkozy depuis son élection le 7 mai 2007. Mais voilà, notre Président ne s'est prêté au jeu qu'une fois le 8 janvier 2008, favorisant par la suite les interviews sur plateaux télévisés.
Les autres chefs d'Etat n'hésitent pas à affronter la presse
Une seule conférence depuis près de deux ans et demi, c'est peu. Et ça paraît encore plus dérisoire quand on le compare à ses homologues étrangers.
Seule Angela Merkel, avec une conférence par an, ne fait pas beaucoup mieux. Une seule conférence en 2008, et pareil en 2009, quelques jours avant le sommet de Pittsburgh, délaissant ainsi la politique intérieure au profit des évènements internationaux.
José Luis Rodriguez Zapatero, quant à lui, comparaît deux fois par an devant la presse, en juin et décembre, et cela depuis son arrivée au pouvoir en 2004.
40% des Américains estiment qu'Obama en fait trop
Depuis le début de son mandat, il y moins d'un an, Barack Obama a donné au moins quatre conférences de presse en prime time d'une durée d'une heure. En moyenne donc une toutes les huit semaines. Cependant, les Américains estiment à 40% que celles-ci sont trop nombreuses.
Même les diffuseurs commencent à râler : lors de sa conférence du 29 avril, Fox News en a eu assez, préférant laisser sa programmation habituelle et ne pas perdre des millions de revenus publicitaires. Il faut dire aussi que la chaine républicaine ne porte pas le Président démocrate dans son cœur.
Clé de sa victoire aux présidentielles, Obama est tout de même bien décidé à devenir un « Web President » en donnant des conférences de presse par tchat, où les citoyens sont invités à poser leurs questions sur le site de la Maison-Blanche, les plus posées étant soumises au chef d'Etat. (Voir la vidéo, en anglais)
Quant à Tony Blair, dont Nicolas Sarkozy revendique pourtant une partie de l'héritage politique, c'était chaque mois qu'il se présentait face aux journalistes britanniques qui sont réputés bien plus féroces que leurs homologues français.





















7
De Xhi_
Gre-citoyen | 12H01 | 27/10/2009 |
Marre des infos sur le Président !
L'autre gauche se structure, et pas une info ! Ou alors du n'importe quoi.
On s'étonnera par la suite que les partis sans couverture médiatique fassent des scores ridicules, et qu'il n'y est pas de renouvellement politique.
De le soudanais
ici et là | 12H14 | 27/10/2009 |
C'est la conception même du journalisme qu'il faut remettre en cause. En France, bien trop souvent la collusion entre journalistes et interviewés est bien trop importante, il me parait inconcevable dans pas mal de pays d'avoir des journalistes vedettes sur des chaines publiques mariés avec des hommes ou femmes politiques en vue, en France, ça ne choque personne.
De plus en France on pratique la langue de bois à tous les niveaux, rarement les hommes et femmes politiques acceptent ne serait ce que d'être véritablement interrogés par des journalistes, on estime que ça ne se fait pas. Je me souviens de ce journaliste anglais qui a posé la même question 10 ou 15 fois à Tony Blair parce que celui ci répondait à côté... En France c'est tout simplement inconcevable.
Demandez donc à Denis Robert ce qui lui a rapporté son entêtement... Le Monde le descend honteusement en flamme et son collectif de soutien doit organiser des concerts pour l'aider à financer les frais judiciaires de Clearstream (pas cette affaire, l'autre).
Je loue l'action de médias tels que rue89, mais s'ils osaient poser els vraies questions, je doute qu'ils puissent approcher les hommes politiques qui n'aiment pas leur façon d'agir.
Tant qu'on considérera une interview comme un endroit pour un politique d'asséner les pires conneries sans risque d'être contredit, c'est pas gagné. C'est tout de même symptomatique que les vidéos où on voit les hommes ou femmes politiques se faire remettre à leur place par un journaliste quand ces premiers sortent des conneries plus grosses qu'eux soient célèbres sur le net, ça devrait être la norme, pas l'exception.
C'est en découvrant Hard Talk avec Tim Sebastian sur la BBC que j'ai compris ce qu'était le travail d'un journaliste, je n'avais comme exemple que la servilité d'une caste qui en France accepte sans aucun problème qu'un mec comme PPDA qui a produit au moins 1 fausse interview de Castro soit encore en place 20 ans après une telle forfaiture...
Je ne parle même pas de la PQR qui est dépendante à 100% des recettes publicitaires des annonceurs locaux..
De AlfredoGarcia
Rien | 12H33 | 27/10/2009 |
La tactique des petites phrases, et du brouillard des contre-vérités ne marcherait pas sous la rafale de questions d'une conférences de presse.
La parole y doit être imposée et non pas questionnée
De papy55
prof. en province | 13H23 | 27/10/2009 |
Sarko est avare en conférences de presse, cela peut s'expliquer très simplement par le style imposé !
Un entretien devant 2 journalistes aux ordres qui ne relèvent aucune contradiction dans les affirmations présidentielles et qui posent les seules questions autorisées et préparées longuement à l'avance, c'est simple et peu risqué !
Un jeu "questions-réponses" (même bien préparé) devant plusieurs dizaines de journalistes (même triés sur le volet et dûment accrédités), le risque de dérapage n'est pas négligeable et finalement l'exercice est trop "démocratique".....!
De Thorgal46
Informaticien dans le Lot | 13H36 | 27/10/2009 |
Sarkozy craint il les médias ?
Je vais répondre par un exemple que les plus jeunes d'entre vous ne connaissent sans doute pas.
Vous souvenez vous de l'emission animée par Patrick Sabatier , dans les années 80 je crois, "le Jeu de la Vérité" ?
Et particulièrement de celle avec la chanteuse Chantal Goya, qui cultivait à l'époque le style "j'adore les enfants" et "petite fille modèle".
Lors de cette émission, les téléspectateurs pouvaient appeler, poser des questions et dialoguer en direct avec l'invité(e).
Ce soir là, suite à l'intervention d'une telespectatrice qui ne lui a pas plu, Chantal Goya a "pété un câble" et s'est montrée particulièrement agressive, odieuse et intolérante.
Médiatiquement, elle ne s'est jamais vraiment remise de cette soirée.
Et bien pour moi, vu le profil psychologique du Roi Je, il ne fait aucun doute que s'il osait jouer le jeu de la vérité face aux journalistes, il "exploserait en vol" ; il dynamiterait le vernis d'éducation et de respectabilité que son staff de communiquants peinent à faire tenir sur sa personne !!
En un mot, son naturel reviendrait au galop et sa méchanceté eclabousserait tous les écrans du pays !
De Pictulo 23785
16H40 | 27/10/2009 |
Bien sûr que Sarkozy a peur. Pourtant, comme le dit l'article, les journalistes français ne sont pas précisément des pitbulls. La question de Joffrin sur la monarchie républicaine à la Sarko lui avait valu une volée de bois vert du président, sous l'oeil goguenard des confrères, tous heureux que le boulet présidentiel atterrisse loin d'eux.
Mais même avec des journalistes dociles, le président a les miquettes. C'est fou.
De Tremeur Denigot
flâneur | 19H27 | 27/10/2009 |
Très intéressant cet article. Je pense en effet que la conférence de presse est un excellent indicateur politique du degré de transparence d'un exécutif et de sa propension à se frotter à la contradiction, donc aux journalistes, libres de leur parole. On peut certes rétorquer que c'est aussi l'occasion pour les plus habiles des communiquants, tendance Blair ou Clinton, de briller ou embobiner un peu plus. N'empêche, aux journaliste de faire leur travail et d'acculer leur vis à vis à devoir se justifier et d'être capables de leur tenir la dragée haute, ce qui implique de maîtriser son sujet. L'exercice est très sain, pour les élus comme pour les journalistes !
La France est en effet un peu en retard sur cette question, et je crois me souvenir que Chirac fut un président particulièrement peu enclin à la pratique de la conférence de presse, surtout nationale, puisqu'il ne pouvait pas échapper à certaines qui avaient lieu au niveau international et en particulier au niveau européen.
C'est significatif, qu'on le veuille ou non.