Suites aux violences ayant éclaté dimanche à Marseille dans la foulée de l'annulation du match OM-PSG pour cause de grippe A, le Premier ministre a proposé lundi un délai minimum de 24 heures pour l'annulation d'un match, désavouant ainsi la Ligue. Les violences ont fait une dizaine de blessés et 16 arrestations ont eu lieu dans la ville, tous Marseillais.

Les événements sont-ils liés au report du match ?
Non et oui. Une frange des supporters parisiens avait décidé de se rendre de manière indépendante à Marseille pour en découdre. Des incidents auraient vraisemblablement eu lieu même si le match avait été maintenu. Mais le report a rendu la situation plus difficile à gérer pour les forces de l'ordre puisque les flux de supporters n'ont pas été concentrés là où les policiers l'avaient prévu.
Les Parisiens impliqués dans les incidents sont-ils tous du Kop de Boulogne ?
Pas seulement, et c'est justement l'un des éléments qui a posé problème à la police. Celle-ci a relativement bien réussi à encadrer les hooligans parisiens (issus du kop de Boulogne et des Karsud d'Auteuil), dont elle attendait la venue, et à limiter les incidents aux abords du bar où ceux-ci s'étaient regroupés.
En revanche, l'arrivée de supporters du virage Auteuil en milieu d'après-midi à la gare n'était manifestement pas prévue. Ce deuxième front a multiplié les points sensibles en ville. Depuis quelques mois, on assiste à une radicalisation d'une partie des ultras d'Auteuil, comme le prouve notamment leur défilé aux abords du stade de la Mosson cet été avant Montpellier-PSG.
A-t-on assisté à des scènes classiques de hooliganisme ?
Non. Pour cela, il aurait fallu que les affrontements opposent deux groupes habitués des incidents autour des matches, ayant chacun prémédité ces violences et partageant les mêmes codes. Dimanche 25 octobre à Marseille, les incidents avaient plus des allures d'émeute urbaine.
Toutes proportions gardées, ils rappellent ceux autour du match du Mondial 98 Angleterre-Tunisie, quand des jeunes Marseillais s'en étaient pris aux supporters anglais perçus comme exagérément agressifs. Du côté marseillais, il y avait des ultras habitués du Vélodrome mais aussi des habitants des quartiers souhaitant défendre leur ville face à l'arrivée de supporters parisiens. D'ailleurs, les affrontements directs entre supporters ont été heureusement limités. Il y a surtout eu des jets de projectiles.
Les médias ont-ils pris conscience de la gravité de ces incidents ?
Pas tous. Certes, ces événements ont fait la une des journaux. Mais les analyses se sont d'abord focalisées sur le report du match, perçu comme la cause directe des violences. Celles-ci n'ont pour l'instant pas reçu une couverture médiatique plus importante que les jets de fumigènes à Grenoble en septembre ou la fameuse banderole ant-Ch'tis alors que les incidents de Marseille sont autrement plus graves et auraient pu avoir des conséquences dramatiques.
La LFP est-elle responsable ?
La LFP s'est trompée de priorité. Le timing de la décision, qui n'aurait pas posé problème pour un match classique, s'est avéré désastreux avant la rencontre la plus à risques du championnat français. Le principe de précaution aurait dû s'appliquer à la gestion des milliers de supporters et non à celle des 22 joueurs et des quelques membres de l'encadrement. Il aurait fallu annuler le match dès le samedi avant que les supporters parisiens ne commencent à partir de la capitale.




















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De Propergol
à bord du Head Hunter | 13H31 | 27/10/2009 |
Simple remarque qui n'a rien à voir avec le fond de l'article.
Deux mots m'ont fait tiquer:
"émeute urbaine"
et
"Le principe de précaution"
Pour le premier, c'est visiblement une dérive sémantique de notre société actuelle : on hyperbolise des violences entre hooligans ou supporters et cela donne des émeutes urbaines de quartiers entiers...
Typique des politiciens.
Pour le second, la pauvreté du langage me fait rire: pour le simple terme de "prudence", on va chercher deux mots de plus, car c'est une expression à la mode (un écueil de journalistes?).
De bastadeboludos
commentjecomprendspas | 13H35 | 27/10/2009 |
Facile de refaire le match, la vérité est tout autre. On n'a jamais vu de telles embrouilles et comme par hasard c'est lors du seul match annulé CQFD.
Que les responsables assument leurs erreurs.
De Newt
Chômeuse en CDD | 14H07 | 27/10/2009 |
Je me suis toujours demandé pourquoi le football était autant prétexte à l'expression de la violence. et pourquoi pas d'autre sport? pourquoi pas le basket, le rugby, le tir à l'arc ou la pêche à la ligne? Y a t'il déjà eu une étude là-dessus?
Je trouve que la FFF est un peu "mou du genou" sur le sujet!
De Yvon le Zébulon
Retraité | 14H46 | 27/10/2009 |
Faites comme moi, Evoluez !
Gardez votre fric dans vos poches et regardez plutôt les millions évoluer sur le terrain grâce à votre écran télévision...
° Comme ça, la canette de bière...au lieu de la recevoir en tir tendu - et à grand fracas en travers de la mâchoire, vous en aurez juste bu le contenu !
De Enki 9562
Alchimiste | 15H16 | 27/10/2009 |
Il y a une quinzaine d'années de cela (déja!)...
Je descendais à Marseille avec la délégation Nord pas de Calais d'un art martial mineur, pour faire des images de la compétition nationale.
Arrivés à la gare, j'aurais dû remarquer que tout était bleu et blanc, mais je m'occupais surtout de mes précieuses et encombrantes valises.
Une fois dûment installés mes pieds, mes VHS et mes téléobjectifs, je constate que j'ai oublié ma peloche N/B, ce qui m'ennuyait beaucoup, ayant l'intention de sortir une petite expo de mon labo photo.
Me voila donc tracer un sprint jusque la canebière toute proche, en quète d'un photographe susceptible de me fournir en Ilford.
Je n'avais pas fait 100 mètres que déja le doute était en moi.
"Pédé", "enculé", "fils de pute" et autres... Etaient-ce mes cheveux longs qui me valaient les injures homophobes des passants, ou la connotation politique de ma vêture?
Je ne connaissais pas bien Marseille, bien qu'ayant des potes issus des quartiers nord, était-il possible que l'engeance locale fût si extraordinairement aggressive? Le ch'ti doutait en moi.
Jusqu'à ce que je revienne à la salle, inespérement sain et sauf.
Me voyant arriver, la sécu de la salle m'apostrophe: "êtes vous donc fou de sortir seul comme ça?"
En doutant moi même, je m'enquis de plus d'explications.
Je portais un T-Shirt noir avec une étoile rouge, et l'OM rencontrait l'étoile rouge de Belgrade.