(De Montréal) Peut-être savez-vous que Nicolas Sarkozy et moi ne sommes pas toujours sur la même longueur d'onde. Le président de la France a dit des souverainistes québécois et du projet indépendantiste un certain nombre d'idioties -desquelles il s'est à demi rétracté dans une jolie lettre à Pauline Marois et à Gilles Duceppe.
Cependant, à le voir aller depuis le début de la crise mondiale, je ne peux que constater une chose : le chef de la droite française est aujourd'hui (attention : propos surprenants imminents) le chef d'Etat le plus progressiste en Occident.
Oui, on a accueilli avec une saine dose de scepticisme sa déclaration du début de la crise, dans laquelle il souhaitait « refonder le capitalisme ». Venant d'un homme qui avait eu comme priorité, dès après son élection, de récompenser ses amis de la haute en réduisant leurs impôts, au prix de l'aggravation du déficit français, c'était un peu loufoque.
Il faut cependant reconnaître aujourd'hui que c'est lui qui a convaincu l'Allemagne, puis le Royaume-Uni (pourtant dirigé par les travaillistes), et enfin l'Europe et le G20 de d'endiguer, au moins partiellement, le fléau que constitue les paradis fiscaux.
On peut, avec raison, considérer comme trop timide l'encadrement imposé aux mirobolantes primes des banquiers. Eux qui, hier, étaient récompensés aussi bien pendant les années de pertes que pendant les années de profits ne pourront plus, désormais, empocher de primes quand ça ira mal.
Ils pourraient même devoir les rembourser en cas de dégringolade boursière. Le but est de les entraîner à privilégier les investissements à moyen et à long terme, plutôt que de jouer à la roulette.
Fin septembre, à Pittsburgh, le G20 s'est entendu sur ces grandes lignes. On aurait préféré plus de mordant. Mais ce résultat en demi-teintes n'existerait même pas sans la pugnacité de Nicolas Sarkozy.
Sarkozy le plus rapide
Quelqu'un d'autre, peut-être, aurait porté le projet de faire de la réunion du G20, plutôt que du seul G7, le comité de pilotage des économies mondiales. Un changement majeur et bienvenu dans la distribution du pouvoir, que les pays occidentaux partagent ainsi avec d'autres, notamment la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Mexique.
Force est d'admettre que Nicolas Sarkozy fut le plus rapide et le plus insistant, dès l'automne 2008, devant George Bush et Stephen Harper [le premier ministre canadien, ndlr], qui n'y tenaient pas. Le président de la France est le premier artisan de ce progrès historique.
Alors qu'on se désole de voir l'Organisation mondiale du commerce (OMC) être le seul vrai tribunal mondial. Sarkozy propose que l'Organisation internationale du travail et qu'une nouvelle organisation mondiale de l'environnement aient autant de poids que l'OMC dans les décisions, via la technique de la saisine préjudicielle. Ce serait une révolution… française.
Les écologistes français enragent lorsqu'ils entendent leur président affirmer, comme il vient de le (re)faire, que « le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d'ozone ». Le carbone n'a pourtant rien à voir avec la couche d'ozone.
Reste que Sarkozy vient d'imposer (au 1er janvier) en France une « taxe anticarbone », remboursée aux citoyens par ailleurs. L'objectif, semblable à celui du Plan vert proposé par l'an dernier par les libéraux canadiens et aujourd'hui rejeté par leur chef Michael Ignatieff, est de modifier les habitudes pour réduire les gaz à effet de serre.
Comme les Canadiens, les Français sont contre : à 70 %. Ils craignent l'arnaque et sont réfractaires à toute nouvelle taxe. Sarkozy fonce quand même, faisant le pari que les bienfaits de la mesure apparaîtront d'ici la présidentielle de 2012. Cela s'appelle du courage politique vert.
Plus prudent de ne rien faire … comme au Canada !
Il aurait été plus prudent de ne rien faire : comme au Canada, et comme sans doute aux Etats-Unis, où la timide législation anticarbone pourrait ne pas survivre au vote du Sénat d'ici Noël.
Sarkozy était pressé de faire adopter sa mesure (contre l'opposition complètement démagogique des socialistes français) pour se présenter en position de force à la Conférence de l'ONU sur le changement climatique, à Copenhague, en décembre, et à un présommet qu'il veut organiser en novembre.
En position de force pour quoi ? Pour augmenter les possibilités d'une entente sur un nouveau traité, car l'échec de ces discussions est de plus en plus probable. Interrogé au sujet de Barack Obama, le président de la France donne cette lecture, malheureusement lucide : « Disons qu'il est en avance sur son pays. »
Nicolas Sarkozy, lui aussi, est en avance sur le sien. Mais il a l'avantage de ne pas se faire diaboliser par la droite. C'est la gauche qui a un peu de peine à le suivre. Notamment lorsqu'il tient, comme en juin, un discours dont cet extrait est représentatif de l'ensemble :
« Ce qui est chimérique et ce qui est irresponsable, c'est de croire que ce système de spéculation, de rentes et de dumpings qui a enfermé la mondialisation dans l'impasse dans laquelle elle se trouve va pouvoir continuer indéfiniment, que l'on va pouvoir continuer de tout donner au capital financier et rien au travail. […] Je le dis en pesant mes mots : ou nous aurons la justice ou nous aurons la violence. »
Le jour où Stephen Harper tiendra des propos comme ceux-là, j'aurai moins honte du Canada.
Et encore…




















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De flixp
13H05 | 26/10/2009 |
Y a t-il une expression pour "joueur de pipeau" en québécois ?
à flixp
De déluge
menuisier | 13H44 | 26/10/2009 |
"Se foutre de la gueule du monde" ?
à flixp
De trobador
15H59 | 26/10/2009 |
Je crois qu'il est en service commandé...
Encore un qui se dit libéral de gauche...
à flixp
De supertiti
en galere | 16H12 | 26/10/2009 |
c'est de l'humour québécois
à flixp
De trobador
23H44 | 26/10/2009 |
Pas vraiment. On dira surtout "bullshit" ou bien, si vous ne voulez pas d'anglicisme, il y a "blabla"...
De SB68
13H24 | 26/10/2009 |
Rien à cirer, le Canada est devenu un pays à la limite du fascisme, alors, l'avis des ultra droites...
à SB68
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 18H27 | 26/10/2009 |
-"Rien à cirer, le Canada est devenu un pays à la limite du fascisme..."
Peut être pas fasciste, mais franchement réac, oui !
J'ai été estomaqué de voir au Québec des affiches (12m2) le long des routes invitant la population à dénoncer ses concitoyens qui commettent des actes illégaux ou simplement suspects, avec N°Vert de la Police et garantie de l'anonymat.
On est loin de l'image cool et frondeuse de Charlebois (admirateur de Chirac) et des grands espaces sentant bon le sirop d'érable et les pins sous la neige...
( Un beau pays quand même, heureusement, il y a Diane Dufresne et Richard Desjardins ! )
à SB68
De trobador
00H05 | 27/10/2009 |
Se balader dans les rues de Montréal est un plaisir. Il n'y a pas des flics partout.
Qui vit dans un pays fasciste?
à trobador
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 12H52 | 27/10/2009 |
-"Il n'y a pas des flics partout."
- Avec des mouchards, plus besoin de flics !
De Chris.A
Ni pour,ni contre,bien au contraire | 13H31 | 26/10/2009 |
Oui il a dit...
Qu'ont-ils tous faits ?
P.S : minimoi prix nobel déco après barack, homme de paix.
De Tassin
Inquiet | 13H33 | 26/10/2009 |
"le chef de la droite française est aujourd'hui le chef d'Etat le plus progressiste en Occident"
Si on entend par progrès le fait de détruire le système Français, d'exacerber le communautarisme et d'augmenter les inégalités, alors oui, il est à la pointe du progrès!!
De déluge
menuisier | 13H43 | 26/10/2009 |
"Vu du Québec, Nicolas Sarkozy est un grand progressiste"
Et vu du Turkménistan, c'est un démocrate irréprochable, un janséniste de l'éthique républicaine..
De poppa
qui?dam-un pékin | 14H04 | 26/10/2009 |
"Le jour où Stephen Harper tiendra des propos comme ceux-là, j'aurai moins honte du Canada".
Monsieur Jean François Lisée,
La difficulté n'est pas de "tenir des propos", c'est de "tenir sa parole".
NS prononce toujours les mots que ses auditeurs souhaitent entendre.
Une fois seulement il s'est égaré, bon, mais à un salon paysan (:-).
De Alexad
14H10 | 26/10/2009 |
Monsieur 1er lit tout ce qu'on lui donne à lire devant un micro. Avez-vous remarqué qu'en même temps qu'il lit ses déclarations il semble être ailleurs ? Il y a toujours un temps de décalage entre posture et mots prononcés..... Regardez bien la prochaine fois !...
Il pourrait vous lire du Jaurès, du Verlaine, du Marx, des chansons, il s'en fout pas mal !...
à Alexad
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 15H22 | 26/10/2009 |
Il pense
"Est-ce que que ce que je suis en train de faire va epater Carla ? La rolex, il faut que je la montre un peu plus ou un peu moins ? Comment faire pour etre sur la photo avec Barack ? Comment faire pour que le cadrage nous fasse apparaitre de la meme taille ?"
De Lugi
14H11 | 26/10/2009 |
Vu du Québec, vous n'avez certainement pas pu voir ça :
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=84389
L'interview d'Eva Joly et de Pascal Canfin, sur le sujet des paradis fiscaux.
Ce qui vous aurait permis de relativiser (peut-être) vos admirations pour le nabot.
De padiran
Chroniqueur mondain | 14H27 | 26/10/2009 |
Cet article montrant un Sarkozy entreprenant, dynamique, chef de file d'un G7 puis d'un G20 conquis par tant d'audace, oublie de montrer l'autre face du personnage.
Il faut noter, au passage, pour nos amis Québécois que le plan de sortie de crise n'est pas de Sarkosy, mais de Gordon Brown.
Sarkozy à le don d'emettre des idées généreuses (je serais le Président du pouvoir d'achat) ou prometteuses (le grenelle de l'environnement) ou personne ne s'y retrouve
A d'autres occasions, il supprime la taxe professionnelle, assèchant les budgets des collectivités locales, sans en avoir parlé, discuté ou négocié la moindre parcelle avec celles et ceux qui auront le "privilège" de mettre en oeuvre son diktat.
Le nombre de ces oukases ne se compte plus, du législateur jusqu'au citoyen, la surprise est totale (lois mille feuille sur la repression de la délinquance, suppression des tribunaux, hopitaux,casernes,.....) sans aucune concertation.
Si progressiste pour un Québécois c'est de prendre le parlement pour une chambre d'enregistrement, de remplacer les lois par des décrets, de cours circuiter toutes les instances législatives, juridiques, financières pour mener un pays vers une destination incompréhensible pour tous, y compris pour lui même, au nom d'une "rupture mythique", alors, effectivement, nous avons le Président le plus progressiste du monde.
à padiran
De LeLapin
Infopigiste | 22H44 | 26/10/2009 |
"Sarkozy à le don d'emettre des idées généreuses (je serais le Président du pouvoir d'achat)"
Voilà, vous avez tout compris. Je seraiS ! Si... si quoi ? La nuance ne s'entend pas mais une fois écrite elle est évidente.
à LeLapin
De padiran
Chroniqueur mondain | 23H07 | 26/10/2009 |
Si la crise n'était pas passé par là, si les lobbys du pétroles ne m'empêchait pas d'être plus sévères avec les pétroliers voyous et si les socialios-gauchos-syndicalos-communistes ne m'emmerdaient pas avec leurs journalistes fouineurs.
De Chipek
14H23 | 26/10/2009 |
Si vous en êtes si admiratif, peut-être peut-on vous l'envoyer !!!!!
Un pays où le génie de NS sera enfin compris !!!!!!
Vous jugerez sur pièces et nous .................................
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 14H44 | 26/10/2009 |
J'admets que l'herbe paraît souvent meilleure dans le champ d'à côté, mais vous ne seriez pas en train de "servir la poutine" à notre Président Nicolas?
Mais je ne vous jette pas la pierre: au fond, le pire est bien que Sarkozy, qui n'a rien d'un progressiste, puisse avoir l'air d'en être un. Ça ne donne guère de raisons d'être optimiste sur les gouvernants de cette planète... :-(
Cela dit, bonne poutine. Ma préférée est la fuckée, elle me rappelle notre cher Nicolas. ;-)
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 15H22 | 26/10/2009 |
Il me semblait qu'on pouvait recevoir le Canard Enchaine au Quebec ?
à Azza
De trobador
15H46 | 26/10/2009 |
On peut même y trouver "le sarkophage" (avec notamment, dans le dernier numéro, un article de Norman Baillargeon sur les liens Sarko/Desmarais).
De trobador
15H27 | 26/10/2009 |
Tiens tiens, le gang de Paul Desmarais vient à la rescousse de notre mêtre cinquante. Ça va donc si mal que ça?
Vous êtes en sevice commandé?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Desmarais_(p%C3%A8re)
De christobal0094
citoyen du monde | 15H42 | 26/10/2009 |
J'ai pas put finir ce bel eloge...trop c'est trop.
notre ami de la belle province est soit un provocateur, ce qui vu l'humeur actuelle du vieux pays, est de mauvais gout
ou le grand benet que reve de cloner le maitre du regime de Paris, le gobe-mouche du 1er degre, un myope dur d'oreille, et sans plus de memeoire qu'un electeur UMP.
mais il m'a bien fait rire
De papy55
prof. en province | 16H54 | 26/10/2009 |
Je n'ai pas la même interprétation des "avancées historiques" de notre cher (coûteux!) Président. Je pense qu'il s'agit surtout d'extraordinaires effets de communication (com').
Les Paradis fiscaux ont encore de beaux jours devant eux et les effets du carbone dans le réchauffement climatique ont plus de chances de ralentir faute de pétrole qu'à cause de la taxe !
De DrTom
Citoyen | 16H52 | 26/10/2009 |
L'auteur cherche probablement une place en université en France ? Un poste de direction à l'ANR ? Un autographe de Carla Bruni ?
Enfin, piqué dans la description de l'auteur :
"Dernier ouvrage paru : Pour une gauche efficace, éditions du Boréal."
A quand un petit texte pour nous expliquer, qu'en fait, Sarkozy est de gauche ? Chiche ?
De Yvon le Zébulon
Retraité | 17H06 | 26/10/2009 |
"Vu du QUEBEC, Nicolas Sarkosy est un grand progressiste !"
{ "Cependant, à le voir aller depuis le début de la crise mondiale, je ne peux que constater une chose : le chef de la droite française est aujourd'hui (attention : propos surprenants imminents) le chef d'Etat le plus progressiste en Occident." }
C'est facile à dire, à qui ne l'a pas sur le dos !
...mais nous sommes des français cools, nous le leur offrons volontier comme Guru !
De Korchkidu
Grand patron de 0,4 personnes | 17H13 | 26/10/2009 |
"d'endiguer, au moins partiellement, le fléau que constitue les paradis fiscaux."
Vous revenez sans doute d'une longue chasse au caribou pour dire une énormité pareille...
Ah oui, sinon, merci de lire son programme pour les présidentielles avant d'écrire n'importe quoi. Le "visionnaire" voulait généraliser le principe des subprimes en France...
Si maintenant, même les Canadiens nous prennent pour des idiots, on est mal parti...^^
K.
De ripley
17H17 | 26/10/2009 |
Encore une victime de l'"effet sarkozy". Les discours de Chirac n'étaient pas mal non plus, parfois, et pourtant! Et il est de notoriété publique que NS ne les écrit pas lui-même. C'est sans doute pour celà que son action et son discours sont totallement découplés.
Mais nous sommes habitués: depuis 2005, il arrive constament que des personnalités plutôt opposées aux axes politiques de la droite, se déclarent avoir été "séduites" par notre président, convaincues de sa volonté et de sa capacité à faire évoluer les choses. Souvent un seul entretient suffit pour amener ces personnalités à servir l'action présidentielle! C'est également le shéma de la rencontre avec Carla. On imagine la puissance de cet "effet sarkozy"! Pas étonnant, donc, de voir succomber une nouvelle victime.