
Ségolène Royal avait popularisé l'expression quand à l'automne dernier, alors que les socialistes étaient englués dans les batailles de personnes en lutte pour la tête du parti, elle avait proposé « que chacun mette au frigidaire les questions de candidature ». Un an plus tard, la tactique a fait des émules.
Le mouvement a cette fois été lancé par son ex-bras droit, Vincent Peillon. A bonne école, le quadra, bien que « candidat à opérer le rassemblement » des communistes aux centristes et « candidat à émettre quelques idées », a affirmé début septembre qu'il « ne serait pas candidat aux primaires » :
« Je trouve que la façon de faire des uns et des autres n'est pas la bonne. Il serait heureux qu'on sorte de la Star Ac » et de cette peopolisation de la vie politique. Je souhaite qu'on ne plie pas à cette loi et qu'on recommence : un par les idées, et deux par le rassemblement. »
Nombre de cadres du Parti socialiste lui ont aussitôt emboîté le pas. Bertrand Delanoë a convenu qu'il n'était « pas en situation » d'être candidat en 2011 pour ces mêmes primaires et qu'il ne « prévoyait pas de l'être ».
Aubry et Royal guettent également le bon « moment »
La première secrétaire elle-même entend écarter la question de sa candidature pour le moment. Interrogée sur le point de savoir si elle engagera pour son compte la course des primaires dès les élections régionales passées, elle répond, à peine plus ambitieuse en apparence que le maire de Paris :
« Chacun devra se poser la question : “Suis-je le mieux à même de porter l'alternative à gauche ? ” Je me poserai cette question le moment venu. C'est beaucoup trop tôt. Personne ne sait où nous en serons alors. Si la réponse est négative, je soutiendrai celui que je considérerai comme le mieux placé pour porter notre projet. »
Et la boucle a été bouclée mardi dernier par Ségolène Royal. Malgré la multiplication des références à la présidentielle de 2012 depuis son échec à l'accession au premier secrétariat du PS, elle rejoue aujourd'hui la même partition qu'il y a un an, en déclarant qu'elle « ne sait pas », qu'elle est « libre et sereine ».
Tous au frigidaire, jusqu'à Manuel Valls, qui avait pourtant été le premier à se déclarer candidat aux primaires, mais qui se montre désormais beaucoup plus discret. Idem pour Benoît Hamon, le porte-parole du PS tant critiqué pour sa condamnation du livre de Frédéric Mitterrand, qui a été bien moins en vue au moment de la dernière polémique sur Jean Sarkozy.
Comment ne pas citer non plus Dominique Strauss-Kahn, qui lui s'est offert un congélateur en or massif en prenant la direction du Fonds monétaire international (FMI), sans que jamais personne n'ignore qu'il garde un œil plus qu'attentif et intéressé sur la vie politique française.
Les expressions se font plus rares ou moins audibles
Il faut dire que l'ambiance n'est toujours pas à la fête du côté du PS et que mieux vaut s'éloigner du marigot si l'on veut éviter les éclaboussures. Ce n'est pas faute d'essayer de redresser la barre, mais à peine les socialistes se préparaient-ils au lancement de leur consultation militante pour donner de nouvelles règles au parti que ressurgissait dans les rayons des librairies le scandale des bourrages d'urnes.
Au point que, selon Le Canard Enchaîné, Martine Aubry aurait songé à claquer la porte, non pas du frigidaire, mais carrément de la rue de Solférino, pour s'en retourner se consacrer exclusivement à sa mairie de Lille. Son entourage a démenti tout désir de démission de la première secrétaire, mais personne ne clame non plus que le climat est au beau fixe entre « camarades ». Cette somme de mises au frigidaire en témoigne.
Reste que, si elle permet de rester à l'écart des polémiques, la stratégie est risquée. Pendant que les ambitions sont mises entre parenthèses, les expressions se font également plus rares ou moins audibles sur des sujets aussi primordiaux que la votation citoyenne sur La Poste, le projet de loi de finances pour 2010 ou encore la réforme des collectivités territoriales. Alors même que se profilent à vitesse grand V les régionales de mars prochain.
Les socialistes devront ressortir de leur mini-ère glacière s'il veulent conserver un maximum de régions sur les vingt qu'ils possèdent actuellement… et être présents au rendez-vous de 2012. Car nul doute que nombre d'entre eux vont en ressortir au moment opportun, comme personne ne doutait à l'époque que Ségolène Royal reculait déjà pour mieux sauter.
Photos : Peillon, Valls, Strauss-Kahn, Royal, Delanoë, Aubry et Hamon (Reuters et Rue89).




















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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H20 | 25/10/2009 |
Les éléphants du PS, c'est fini. Place aux mammouths pris dans les glaces.
De Ech-picard
19H16 | 25/10/2009 |
« Je trouve que la façon de faire des uns et des autres n'est pas la bonne. Il serait heureux qu'on sorte de la Star Ac » et de cette peopolisation de la vie politique. Je souhaite qu'on ne plie pas à cette loi et qu'on recommence : un par les idées, et deux par le rassemblement. »
Vincent Peillon.
Ah ! Enfin ! Si je ne suis pas du tout un supporter de V P , pour une fois je suis en phase avec lui : les idées, le rassemblement.
Dommage pour les idées beaucoup d'entre elles soient inaudibles ou que ceux qui se disent de Gauche, soient autistes devant ces propositions.
Une vidéo à consulter : prenez votre temps, soyez honnête avec vous même et commentez !
http://www.dailymotion.com/video/xao62s_la-bataille-des-idees-atelier_ne...
De Lou ségali
19H18 | 25/10/2009 |
Toujours épaté par les socialistes, ils font tous semblant de ne pas être
interressés, mais lancent des "oeuillades" de tous les côtés pour essayer
de deviner quel est celui qui va démarrer le premier. Parce qu'il est tout à fait improbable qu'ils arrivent à se mettre d'accord le moment venu.
Ils n'ont pas de "leader" comme le fut Mitterrand ou Sarkozy pour l'UMP, capable de mettre tout le monde sous l'éteignoir et de faire ce qu'il veut ensuite.
Si, par un heureux hasard, ils parvenaient, eux les têtes d'affiche ou les militants, à trouver un candidat, aussitôt ils ne pourraient s'empêcher de le démolir, faisant ainsi au moins 50% du travail de l'adversaire, qui bien sûr, n'en demandait pas tant.
Les deux dernières élections présidentielles ont été majoritairement perdues par les socialistes eux-mêmes et leurs ambitions personnelles.
Toutes la campagne de Jospin a été faite sur son sourire,qui il faut le reconnaître, n'est pas ravageur. A ce niveau de la compétition, il y a peut être d'autres intérêts à défendre! Il sortait de cinq années de premier ministre et ses résultats n'étaient, à mon avis, pas si mauvais que cela. Eh, bien, non! on s'attarde sur des futilités et le résultat, c'est que la finale se joue entre Chirac et Le Pen. J'ai par la suite été abasourdi par la manière dont tous sont venus dire que le PS n'avait pas miser sur le "bon cheval". Je pense surtout que personne n'avait "cravaché" derrière.
Rebelote pour Sarko/Royal. Ségolène, désignée par les militants, nos "grosses têtes" on là encore, évitées de jouer franc jeu, ne respectant pas ainsi la décision de la majorité des militants. Ils ont tout fait pour la faire perdre et y ont réussi.
Peut importe la personne désignée, quand on est militant, on suit le vote démocratique du parti, surtout si on en est dirigeant
ou alors on fait comme moi, on déchire la carte et on change de crémerie.
Bonne chance au PS pour 2012. Je sens que cela ne vas pas être triste. Je m'en frotte déjà les mains de plaisir. En fait pas vraiment, mais je n'y croit plus du tout.