
Zine Ben Ali a beau être assuré d'une réélection impériale dimanche pour un cinquième mandat, il tolère mal la dissenssion, même marginale. C'est ce que vient d'expérimenter le journaliste et écrivain Taoufik Ben Brik, qui, après avoir publié des articles critique sur Rue89 et d'autres médias français, a failli tomber dans un traquenard tendu par la police tunisienne.
Taoufik Ben Brik a raconté l'incident à Rue89 : en allant chercher sa fille à son école, jeudi à Tunis, sa voiture a été emboutie par un autre véhicule, dont la conductrice a cherché à le provoquer. Selon le journaliste, la conductrice était de la police et voulait l'amener à user de la violence pour pouvoir l'inculper d'agression. (Ecouter le son)
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En l'absence de véritable opposition, malgré l'assurance d'être élu haut la main, pourquoi cette vindicte contre la voix isolée du journaliste ? Taoufik Ben Brik répond avec un parallèle avec « Le Parrain », le film sur la mafia : Ben Ali ne peut pas pardonner l'affront, dit-il. (Ecouter le son)
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D'autant que cet incident n'est pas sans rappeler le piège qui avait été tendu il y a quelques années au directeur du bureau de l'Agence France-Presse (AFP) à Tunis, accusé de viol dans une mise en scène qui s'était conclue par son départ du pays. Mais Taoufik Ben Brik répète le titre de son dernier livre : « Je ne partirai pas » (Babelmed). (Ecouter le son)
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Autre victime collatérale de la crispation pré-électorale, l'envoyée spéciale du « Monde », Florence Beaugé, refoulée à son arrivée à Tunis en début de semaine. Elle a expliqué que, sans doute, un de ses articles avait « déplu »…
Heureusement, d'autres médias veillent à la bonne réputation du président tunisien, à l'image d'Afrique-Asie, dont la couverture audacieuse s'affiche sur les kiosques français. On lira avec intérêt l'article de notre confrère Pierre Puchot sur Médiapart (en accès gratuit) à ce propos…
Et on pourra lire aussi les impressions de retour de Tunisie de Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) :
« Le pluralisme de l'information n'est toujours pas une réalité en Tunisie. C'est malheureusement particulièrement vrai en période de campagne électorale. Le président Ben Ali fait la une des journaux qui ne tarissent pas d'éloges à son égard. Les colonnes des journaux d'Etat ou pro-gouvernementaux sont remplies de messages de félicitations et de soutien à l'adresse du candidat-président. Idem à la télévision et à la radio. Les opinions défavorables au chef de l'Etat sont largement absents des médias et les Tunisiens n'ont pas accès à une information équilibrée. »
On attend avec impatience, dimanche, le résultat de ce scrutin doublé d'un suspense haletant.
Photo : le président tunisien Zine Ben Ali en avilr 2008 (Jacky Naegelen/Reuters)




















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De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
16H12 | 23/10/2009 |
Toute honte bue, le régime français le soutient parce qu'il serait un rempart à la barbarie islamisque.
A quand une réélection à 100%
http://allainjules.wordpress.com/
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
16H13 | 23/10/2009 |
Islamique .....autant pour moi.
De fouadraiden
Commentateur bruxellois | 16H24 | 23/10/2009 |
Quand on voit l'inertie des régimes arabes on en viendrait presque à regretter la méthode des invasions américaines, qui semblent être dans cette région la seule force capable de balayer les potentats arabes .
C'est bien sûr kifkik au Maroc en Algérie en Arabie en Egypte et en Lybie.
Malheureusment il n'y a donc rien à tirer du cas tunisien.
Les peuples du Maghreb auraient-ils disparu ?
De Iv
Roboticien utopiste | 16H25 | 23/10/2009 |
Encore une fois, désolé, je râle sur la forme de l'article. On parle d'une affaire qui concerne des pouvoirs étrangers, ça peut être utile de dire où se passent les événements. L'accident et l'altercation avec la policière, c'était en France ou en Tunisie ?
Je suis heureux de voir des articles sur rue89 qui sortent de l'hexagone et j'aimerais en voir plus, mais une petite suggestion. L'AFP par exemple commence tous ses articles par la localisation géographiques de ses événements : "TUNIS- TUNISIE. Zine Ben Ali a beau être assuré d'une...". Je sais que vous n'êtes pas une agence de presse, mais ce genre de précisions peut être utile dans un article qui concerne un collaborateur de rue89 (Français ? Double nationalité ?)
Ce n'est pas que j'attache une grande importance morale aux lieux et nationalités mais ils ont une importance légale pour comprendre ce qui se passe et les dérives éventuelles que ces événements représentent.
à Iv
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 16H38 | 23/10/2009 |
Vous avez raison d'exiger plus de précisions, même si, dans ce cas, l'ambiguité n'était guère possible sur le fait que ça se déroule sur le sol tunisien et pas en France. J'ai rajouté Tunis. Quant à Taoufik Ben Brik, il est un journaliste tunisien indépendant.
à Pierre Haski
De juba71
Revolté | 17H30 | 23/10/2009 |
A quand un papier sur le voisin de l'ouest de Mr zine el abidine ben ali , je veux dire la république algérien démontable et portatif
par exemple nous parler de la tangente ou si vous voulez la poudre d'escompette qu'a pris un ministre de mouvance islamiste algérien de geneve il ya une semaine, car un journaliste algerien a deposé plainte contre lui pour torture.
traduisez pour les pieds noir svp
à juba71
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 01H14 | 24/10/2009 |
L'affaire dont vous parlez a fait l'objet d'un article cette semaine sur Rue89, revenez plus souvent...
http://www.rue89.com/2009/10/21/un-ancien-ministre-algerien-echappe-a-de...
De PassionDeLaVerite
Auto Entrepreneur | 16H53 | 23/10/2009 |
Quel est le pays arabe qui peut se targuer d'être une démocratie ?
Et les peuples de se confondre dans les intégrismes ou la peur faisant le lit des dictatures florissantes.
La Tunisie est minée par la peur.
Les médias n'ont de média que le nom.
Il faut regarder les journaux télévisés, lire la presse et écouter la radio afin de réaliser concrètement que le peuple n'a aucun relais pour porter la voix de sa colère.
Mais avec la crainte des lendemain qui déchantent, de voir sa famille prise en otage, nul ne daigne avoir le courage du sacrifice salvateur.
Que tous descendent dans la rue, et ils pourront changer ce régime honteux.
Mais la division, la peur et l'individualisme conséquent, permettent à Ben Ali et sa femme de dormir tranquille.
Un pays où l'on ne pense qu'à avoir un mariage clinquant, une villa au bord de la mer, et la dernière voiture coûteuse permet de continuer tranquillement son despotisme, puisque les cerveaux ne fonctionnent qu'en pensant "avoir" et "paraître".
Et "après moi le déluge".
à PassionDeLaVerite
De kikoom
Webdesigner | 17H43 | 23/10/2009 |
Bonsoir Passion de la vie .. ton message me fait penser à une excellente émission de radio consacrée à Sihem Bensedrine ...
C'est ici > http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=531&var_recherche=tunisie
De amour
retraite | 17H08 | 23/10/2009 |
brave courageux journalistes a quand des articles sur les autres pays "democratiques 'arabes...decapitations...lapidations etc...
De Crepitus
Retraité | 18H02 | 23/10/2009 |
Je n'aurais pas écrit "suspense haletant " mais suspense hilarant.
De Patrick Guergnon
19H08 | 23/10/2009 |
"« Le pluralisme de l'information n'est toujours pas une réalité en BIIIIP . C'est malheureusement particulièrement vrai en période de campagne électorale. Le président BIIIIP fait la une des journaux qui ne tarissent pas d'éloges à son égard. Les colonnes des journaux d'Etat ou pro-gouvernementaux sont remplies de messages de félicitations et de soutien à l'adresse du candidat-président. Idem à la télévision et à la radio. Les opinions défavorables au chef de l'Etat sont largement absents des médias et les BIIIIP n'ont pas accès à une information équilibrée. »
Vision de ce que sera la BIIIIP en 2011 - 2012 ?
De alangaja
L´axe du bien est de retour ! | 22H07 | 23/10/2009 |
entendu sur Europe 1 : Eric Raoult louant la liberté de la presse en Tunisie.
plus c´est gros...
De affreuxjojo
22H09 | 23/10/2009 |
Des entreprises françaises s'étant installées en Tunisie, il ne faut pas compter sur les autorité Française pour moufter.
On nous avait affirmé de façon péremptoire, pour nous vendre la mondialisation, que le développement des échanges commerciaux conduirait infailliblement, dans un premier temps à l'ouverture des pays au monde, et ensuite à la démocratie plus ou moins par "contagion".
Avec le recul, on peut souvent conclure à la réalisation du phénomène exactement inverse. Une fois que des entreprises des pays démocratiques se sont installées dans des dictatures (soit pour y conquérir de nouveaux marché, soit pour y trouver de l'énergie ou des matières premières ou de la main-d'oeuvre aussi docile que peu couteuse) les gouvernement des dits pays démocratiques se retrouvent paralysées sur les questions des droits de l'homme.
Récemment, des délégations gouvernementales importantes, accompagnées de chefs d'entreprises, ont visité différents pays particulièrement peu démocratiques. Le thème de ces visites à toujours été les contrats d'affaires. La question des droits de l'homme étaient systématiquement oubliée. Et la signature de contrats importants est une reconnaissance, de facto, de la légitimité du pouvoir dans ces dictatures.
Quel est le véritable bilan du développement des échanges sur la question des droits de l'homme? Progrès ou régression?
De cristofalix
22H33 | 23/10/2009 |
Cher M. Taoufik Ben Brik,
Je ne peux, de ma petite fenêtre occidentale et grand admirateur de la Tunisie, que vous encourager à continuer à parler, à écrire, à résister. Quel courage! Je sais que vous en avez tant besoin, je sais qu'il est si difficile (et rare!) de trouver des tunisiens qui puissent s'exprimer librement, et quels risques sont les vôtres. Je lis vos billets, vos cris de détresse, tout impuissant que je me sens, que je me suis senti lors de mes nombreuses visites chez vous. Écrivez, parlez, dites ce que vous avez à dire. Qui aurait le droit de vous critiquer? Qui de nous, ici, pourrait entreprendre une remise au point à ce que vous êtes en train de vivre? Pardonnez certains commentaires de mes compatriotes qui peuvent être parfois d'une naïveté affligeante, ils ont oublié quelle chance ils ont de pouvoir s'exprimer librement - oui, certes, on a Sarkozy, mais il n'a pas (encore) osé amorcer le dépistage de toute la résistance légitime à son régime. Je connais votre pays, mes amis m'ont raconté, j'ai vu les prisons (seuls nouveaux bâtiments construits par Ben Ali) aux bords des routes jusqu'au Kef, j'ai expérimenté les pièges de ces informateurs qui, par leurs actions, espèrent bêtement une promotion dans ce système, j'ai visité (malgré moi) les imprimeries officielles du gouvernement, etc. Je vous trouve courageux, et je m'inquiète aussi de votre sort. Faites attention à vous.
Et merci à Rue89 de vous laisser la parole!
Christophe Alix
De tweesty
Né 1jour ferié | 00H09 | 24/10/2009 |
Entendu les déclarations de nombre d'hommes politiques français sur la partialité et la méchanceté de la presse française, on imagine assez facilement qu'ils tiennent la politique en la matière de Ben Ali pour exemplaire.
J'espère juste qu'on n'en arrivera pas là.
De bidule
10H55 | 24/10/2009 |
Regardez de plus près la photo...on nous trompe ; il ne s'agit pas de Ben Ali mais de Frank Fernandel !!
De tweesty
Né 1jour ferié | 10H57 | 24/10/2009 |
Une drôle de tête, Ben Ali, Ben Ali, sur la photo.
A mon avis c'est les pois chiches...
(un connaisseur)
De orange
14H38 | 24/10/2009 |
Un grand merci à la France pour l'aide apporter à ce que ce dictateur reste au pouvoir. applause.
De papy38
retraité | 14H46 | 24/10/2009 |
Et la Tunisie est une "grande amie" de notre Etat "Sarkozien". Au nom d'une "démocratie" qui n'en a que l'apparence. Mais au fond, la France ... ?
De solènejazz
| 16H46 | 24/10/2009 |
La Tunisie n'est donc pas prêt d'être une démocratie mais les Tunisiens souhaitent un tel régime politique ??? Personnellement mon attachement aux principes de révolution française me rend inconcevable la vie dans un autre régime mais pour les Maghrébins la question de la liberté est peut être secondaire ?? la question économique arrivant largement en tête.
De plus quand on voit l'attitude des démocraties occidentales (france en tête) face à cette parodie d'élection, on est écoeuré. En fermant les yeux elles sont en fait complices. Il faudrait questionner énergiquement nos politiques et il y a des moyens de pression. J'ai vraiment l'impression d'une répétition de la période coloniale : je promet une chose (la démocratie) et j'encourage le contraire (la dictature).
De LienRag
21H26 | 24/10/2009 |
Afrique Asie, c'est bien celui qui s'appelait dans les années 90 "le nouvel afrique-asie"?
En voyant cette couverture dans les kiosques, j'ai été étonné et si Rue89 pouvait expliquer les raisons de cette servilité, cela m'intéresserait.
J'ai lu le Nouvel Afrique-Asie quelques temps après avoir constaté à quel point Jeune Afrique servait la soupe (manifestement contre rémunération) aux régimes pro-occidentaux les plus infréquentables,et ai avec le temps fini par comprendre que le NAA servait en fait, quoique plus discrètement, la soupe aux régimes dits "progressistes" (Angola, etc.) dont la Tunisie ne fait absolument pas partie. Alors pourquoi ce revirement?
On notera pour la petite histoire que l'Autre Afrique, qui se voulait indépendant et a pas mal innové en ce qui concerne la presse africaine, a fini par couler après quelques années, faute de ressources publicitaires suffisantes...
à LienRag
De Gibert Because-Youno
Kaléïdoscopique | 16H13 | 25/10/2009 |
Oui, ce serait intéressant un article sur les différents journaux africains, quelle vision ils développent, quels projets politiques ils soutiennent.
J'aimerais en savoir plus là-dessus.
De verlaine91
enseignant retraité | 11H11 | 25/10/2009 |
C'est une très bonne initiative de parler de toutes ces magouilles, et je soutiens ce journaliste.
Hélas, il n'est pas le seul comme vous le dites et l'émission Thalassa l'a bien montré puisque le reporter de l'émission a été suivi tout au long de son périple. Que faisait il? Un doc sur les régions "non touristiques" de la Tunisie. (Le nord). Eh bien malgré tout, il avait toujours2 flics aux basques.
L'Equipe de G Pernoud doit être très dangereuse aux yeux de Ben Ali!!!
Je mets en parallèle ce fait avec ce qui se passe en Iran : Antoine de Maximy confronté aux mêmes tracasseries au pays des mollahs.
Et Ben Ali qui dit lutter contre l'islamisme utilise les mêmes méthodes!
J'ai vécu et travaillé en Tunisie dans les années 70, c'était Habib qui gouvernait.
Je n'ai jamais connu cette ambiance. Je retourne régulièrement dans ce pays et j'ai vu les changements policiers depuis ces dernières années. Les Tunisiens parlent aux Français quand ils ont confiance et je m'enorgueillis de parler avec eux quand je suis là bas.
Mais, quand je vois des "Beaufs" français dire à la télé qu'ils se sentent bien en Tunisie parce qu'il ya une "bonne présence policière" des vigiles et la sécurité partout, j'ai honte et je me demande ce que les Tunisiens qui regardent notre télé vont penser.
Je suis de tout coeur avec le peuple tunisien qui souffre mais ne peut réagir car il n'aura aucun soutien de la part des Français.