
Non. C'est la réponse de Benjamin Netanyahu à Bernard Kouchner qui souhaitait se rendre dans la bande de Gaza du 23 au 25 octobre, dans le cadre d'une tournée Syrie-Liban-Israël.
Selon le quotidien israélien Haaretz, le Premier ministre israélien a expliqué craindre une exploitation médiatique de l'événement par le Hamas. Bernard Kouchner devait notamment inaugurer le chantier de reconstruction de l'hôpital Al-Qods, détruit durant la guerre de Gaza.
Financé par la France et le Qatar, ce projet a reçu l'accord des Israéliens à la fin du mois de septembre. Bernard Kouchner avait alors annoncé son déplacement dans la bande de Gaza devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale :
« Nous avons reçu des Israéliens, j'espère que cela sera tenu, la promesse de pouvoir enfin reconstruire l'hôpital Al-Qods à Gaza (…) Nous avons l'argent, nous travaillerons dès que possible, j'y vais dans quelques jours et enfin nous pourrons peut-être mener ce projet à bien. »
Pomme de discorde, le rapport Goldstone sur les exactions de « Plomb durci »
Outre le lancement de la reconstruction de l'hôpital, la position de la France sur le rapport Goldstone a profondément agacé Israël.
Ce rapport de la commission du Conseil des droits de l'homme accuse Israël d'avoir commis des crimes de guerre, voire des crimes contre l'humanité. Le 16 octobre, la France n'a pas participé au vote du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, lequel a approuvé ce rapport. D'où le courroux d'Israël qui aurait préféré voir la France se prononcer franchement contre.
De la même façon, selon des sources israéliennes, Benjamin Netanyahou a peu apprécié la lettre commune de Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, réclamant d'Israël une enquête « indépendante et transparente » sur les événements de Gaza. Mais les relations avec la France sont « excellentes » assure le porte-parole du Premier ministre israélien.
Au Quai d'Orsay, la langue est également diplomate. Il s'agit juste d'un « report », dû à une « annulation conjointe » et à des « incompatibilités de programmes, de dates, d'horaires ». Mais, rassurez-vous, une prochaine visite est prévue. La date ? « Il est beaucoup trop tôt pour le dire ».
Photo : Bernard Kouchner au Caire après des négociations pour obtenir un cessez-le-feu lors de l'intervention israélienne à Gaza en janvier 2009 (Amr Dalsh/Reuters)






















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De Claude Lebrun
21H30 | 22/10/2009 |
Si les circonstances décrites par Haaretz sont bien réelles, il n'est pas dans l'intérêt des deux parties (et surtout pas de celui de la France) de reconnaître qu'une situation de crise prévaut désormais dans leurs relations. C'est bien pourquoi, après avoir acté leurs divergences, les deux pays se sont rapidement mis d'accord avant-hier sur un texte de communiqué commun sur le report de la visite de Kouchner pour des raisons de calendrier (une réunion de l'UE à Luxembourg les 26 et 27).
La cause des divergences actuelles, c'est essentiellement le refus israélien de permettre à la France (comme à tout autre pays) de capitaliser sur les effets du rapport Goldstone pour renforcer ses positions auprès des Palestiniens et du Qatar. Cette tentative de jeu de billard à trois bandes du Quai d'Orsay aura été une grave erreur en l'occurrence. Il allait de soi que les Israéliens n'accepteraient pas une visite de Kouchner aux autorités du Hamas qui contrôlent l'hôpital Al-Quds à Gaza. C'est Ludovic Pouille, le très "créatif" sous-directeur d'Egypte-Levant qui a échafaudé ce plan, qu'il a aisément réussi à vendre à son patron Patrice Paoli, directeur d'Afrique du Nord - Moyen-Orient (et ancien ambassadeur aux Emirats), un "arabiste" pur et dur qui ne demande qu'à mettre un terme le plus vite possible à l'"armistice" intervenu depuis bientôt six ans dans les relations France-Israël.
La "bande à Paoli" comprend plusieurs dizaines de diplomates du Quai dont Alain Rémy, ancien consul général à Jérusalem (aujourd'hui au placard pour cause d'incontinence aigüe - ses fuites chroniques de télégrammes au Canard Enchaîné), son remplaçant Frédéric Désagneaux, les ambassadeurs au Caire, à Damas, Amman, Beyrouth et plus généralement tous ceux qui sont en poste (ou l'ont été par le passé) dans les pays arabes.
Face à cette coalition, les partisans d'une politique plus équilibrée au Proche-Orient qui gravitent autour du "sherpa" de l'Elysée Jean-David Lévitte, du directeur des Affaires politiques et de sécurité du Quai Jacques Audibert et de l'ambassadeur en Israël Christophe Bigot, politique qui, selon eux, garantit à la France de ne pas être évincée du processus politique et Moyen-Orient et renforce en définitive ses intérêts au sein du monde arabe.
Au risque de décevoir les "paolistes" potentiellement nombreux dans cette rue, Sarkozy et Netanyahou sont convenus d'éviter l'escalade et de calmer le jeu. Une visite de Kouchner aura lieu en Israël (et en Israël seulement) dans la deuxième moitié du mois de novembre et la France pourra continuer d'affirmer sa présence diplomatique au Proche-Orient. Les responsables de cette panade diplomatique, Paoli et Pouille, risquent fort, quant à eux, la mutation prochaine aux archives (à Nantes) !
De Rachelle
23H34 | 22/10/2009 |
vous semblez tres informes, et vos explications sont interressantes.
mais le sujet est le suivant: pour qu'un ministre francais se rende en Palestine, il lui faut une permission d'Israel. il ne l'obtient pas. on tempere, on explique. mais il ne l'obtient pas.
Kouchner n'ira pas a Gaza.
les arabes le savent. les palestiniens le savent. les arabisants diplomates francais le savent.
les israeliens ont gagnes.
les strateges politico politiciens peuvent expliquer pourquoi. mais Kouchenr n'ira pas en territoire palestinien, parce que les israeliens ne l'autorisent pas.
avalons des couleuvres et notre fierte.
c'est humiliant pour les palestiniens, meme si la France s'accomode.
De Claude Lebrun
08H07 | 23/10/2009 |
En Palestine? Précisez votre pensée: territoires de l'Autorité Palestinienne (Cisjordanie) ou Hamastan (Gaza)?
Pour la Cisjordanie, aucun problème les ministres ou diplomates étrangers peuvent s'y rendre librement; c'est stipulé dans les accords d'Oslo.
Pour la bande de Gaza, les accords d'Oslo ont été rendus "caducs" par le coup d'Etat du Hamas. Israël autorise, depuis 2006 et dans le cadre des prérogatives de sa souveraineté, l'ouverture des points de passage à partir de son territoire (Erez et Karni) uniquement pour le transit de convois humanitaires et de nourriture (pas pour des séances photos avec les chefs du Hamas). Les Egyptiens, quant à eux, maintiennent fermé la plupart du temps le point de passage de Rafah vers le Sinaï.
De Lionel06
Different stories | 09H58 | 23/10/2009 |
Je vous cite : La "bande à Paoli" comprend plusieurs dizaines de diplomates du Quai dont Alain Rémy, ancien consul général à Jérusalem (aujourd'hui au placard pour cause d'incontinence aigüe - ses fuites chroniques de télégrammes au Canard Enchaîné), son remplaçant Frédéric Désagneaux, les ambassadeurs au Caire, à Damas, Amman, Beyrouth et plus généralement tous ceux qui sont en poste (ou l'ont été par le passé) dans les pays arabes.
Et votre conclusion : Face à cette coalition, les partisans d'une politique plus équilibrée au Proche-Orient...".
Vous n'êtes pas à un paradoxe près, vous ! Il vous semble plus équilibré quand il s'agit d'entendre l'unique voix des partisans d'Israël plutôt que les avis multiples d'une "bande" de diplomates qui ont des intérêts souvent divergents à défendre ? Pour vous, l'Egypte, la Syrie, la Jordanie et le Liban sont sur la même ligne sur la question des relations diplomatiques entre les divers pays du Proche-Orient et la France ?
Votre schéma de pensée (si j'ose dire) est des plus binaires : les Israéliens d'un côté (le gentils, sans doute), les Arabes de l'autre (les méchants).
Vous faîtes le savant parce que vous connaissez les noms des diplomates, mais votre analyse n'est pas neutre. Vous ne trompez personne (à part Jess Feuillie qui est tombé dans le panneau).