On croyait avoir tout dit sur l'affaire Guy Môquet. Sur la récupération et le détournement de l'histoire par le pouvoir politique, sur un mode de gouvernement qui ne connaît que l'injonction, sur la confusion entre service public et caprice du prince. La décision de Sarkozy, en 2007, de faire lire dans tous les lycées la lettre de Guy Môquet le 22 octobre avait suscité une vive opposition des historiens comme des milieux éducatifs.
Il s'agissait, pour Sarkozy, d'évoquer « la grandeur de la France », de faire comprendre aux lycéens « ce qu'est un jeune Français », de renforcer l'identité nationale, en un mot, de mettre à l'honneur une conception particulièrement réductrice et tendancieuse de ce que fut la résistance au nazisme et plus généralement à l'oppression.
Dérision ou boycot
Il n'avait pas fallu longtemps pour que l'on se rende compte que la journée Guy Môquet dans les lycées était d'abord une journée Sarkozy et qu'il fallait la traiter comme telle, c'est-à-dire par la dérision ou le boycot. Conscient du fiasco, le nouveau ministre de l'Education nationale, par une circulaire parue fin septembre au Bulletin officiel, accordait une large marge de manœuvre aux établissements, qui, de toutes manières, avaient déjà pris leurs libertés sur le sujet, en « laissant à l'initiative de chacun », les modalités de la commémoration.
Curieusement, par un brusque revirement -motivé par une crise de nerf du président ? - Luc Chatel s'avisant de « l'ambiguïté » de la circulaire, annonçait lundi sur RTL que la lecture de la lettre de Guy Môquet était obligatoire. Toutes affaires cessantes, les services du ministère se mobilisaient pour faire connaître à tous les échelons de la hiérarchie la volonté du maître.
On croyait avoir tout vu, donc, tout entendu, jusqu'à la tirade comminatoire de Guaino, mardi matin sur France Info :
« Les enseignants ont un devoir (…), c'est de faire leur métier d'enseignant, donc d'obéir aux directives. Ce n'est pas une profession libérale le métier d'enseignant, c'est une profession de fonctionnaire. Il y a des directives et il n'est pas indigne, au regard des lois de la république et des grands principes qui nous gouvernent, de lire la lettre de Guy Môquet. »
Devoir d'obéissance
Pour Guaino, on le voit, le métier d'enseignant -étayé par les principes de la république- consiste d'abord à obéir aux directives. C'était le cas, d'ailleurs, à l'époque de Guy Môquet et de Vichy. Cette consternante définition du métier d'enseignant illustre à nouveau la lourde dérive du sarkozysme qui tend à confondre le service public avec la satisfaction des intérêts particuliers ou des lubies des dirigeants.
Les enseignants ne sont pas à la solde des gouvernants ou d'un parti politique : ils sont rémunérés par le contribuable pour travailler à l'éducation des élèves. Tout simplement et c'est déjà beaucoup. Guaino semble également tout ignorer de la loi d'orientation de 2005 accordant aux enseignants une liberté pédagogique qui leur permet de choisir les pratiques qui leur semblent le mieux convenir aux élèves.
Ce nouvel avatar de la lettre de Guy Môquet n'est pas qu'une simple pantalonnade : l'insistance à la fois puérile et brutale de Sarkozy à faire passer de force un type de commémoration manifestement hors de propos est une manifestation supplémentaire de l'instrumentalisation de l'histoire déjà maintes fois dénoncée par les historiens.
La période du nazisme est malheureusement de celles qui se prêtent le mieux à la manipulation : en se parant des attributs de la résistance, des politiciens peu scrupuleux espèrent ainsi détourner l'opinion publique de réalités qui dérangent. Dans un pays où les rafles policières, les camps de rétention ou les charters d'immigrés s'exposent au grand jour, on se dit que la défense de l'idéal de la résistance sonne faux dans certaines bouches.




















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De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 10H34 | 22/10/2009 |
Je serais presque pour la lecture de la lettre de Guy Môquet...
En effet, parler de résistance, de lois absurdes, de nazisme, aujourd'hui, après le départ du charter de la honte, si c'était pas si triste, serait savoureux.
à eelisa
De zorbec
retraité | 14H24 | 22/10/2009 |
D'accord pour Guy Mocquet,mais pour équilibrer et étayer jusqu'au bout l'exemplarité,je demanderais la lecture du "Discours de la Porte de Versailles",avant les présidentielles,avec ces vérités assénées et vérifiées(???),je ne vous mentirais pas ,je ne vous trahirais pas...,beau sujet de réflexion sur l'engagement d'un homme!
à eelisa
De lavoine
région parisienne | 16H21 | 22/10/2009 |
Guy Môquet n'était pas un résistant.
à lavoine
De lavoine
région parisienne | 16H52 | 22/10/2009 |
c'est d'autant plus con pour lui que son parti avait pactisé avec les nazis.
à lavoine
De lavoine
région parisienne | 16H57 | 22/10/2009 |
perso, j'attends avec impatience les prochains départs de charters, un pour l'asie et un pour l'afrique.
à lavoine
De Hemenate
17H09 | 22/10/2009 |
L'Afghanistan est en Asie.
à Hemenate
De lavoine
région parisienne | 17H14 | 22/10/2009 |
Et alors ? il n'y a pas que des afghans...dans la jungle.
à lavoine
De Aloïs
Etudiant | 20H59 | 22/10/2009 |
Pourquoi les gens jugent vos commentaires nazes ? Pour le coup vous avez parfaitement raison.
L'URSS communiste signe le pacte GERMANO SOVIETIQUE qui se rompt en 1941 (il me semble), Guy Môquet quand il a été arrêté distribuait des tracts pour son parti. Il n'était en rien un résistant !
à Aloïs
De lancetre
22H02 | 22/10/2009 |
Guy Moquet a été arrêté à seize ans, en octobre 1940, par la police française aux ordres de Pétain.
Il a été fusillé à 17 ans, après l'invasion de la Russie (juin 1941)parce qu'il était communiste, et parce que des communistes avaient abattu un haut gradé allemand. (attentat du 20 octobre 1941).
Ne parlez pas d'un sujet que vous ne maitrisez pas.
Vous n'avez pas la moindre idée du courage et de l'idéalisme, de l'altruisme qu'il fallait pour distribuer des tracts communistes en 1940.
Et respectez les morts.Cela se fait dans toutes les civilisations.
La mort de cet adolescent n'a aucun rapport avec Staline, ni avec la politique des dirigeants staliniens français.
à lancetre
De Aloïs
Etudiant | 22H42 | 22/10/2009 |
Oui il distribuait des tracts communistes. Je sais parfaitement tout cela. Sauf que ça n'avait rien d'héroïque car lorsque Guy est arrêté c'est en 1940, à l'époque ou l'allemagne et la russie sont encore liées par le pacte germano soviétique. Donc guy n'est en rien un résistant lorsqu'il se fait arrêter ! Il est fusillé car en prison. Mais il n'est pas en prison parce qu'il a combattu le régime nazi ! Donc ne me dîtes pas que je maitrise pas ce sujet. Du courage pour distribuer des tracts... Vous me faîtes bien rire !
Guy Môquet n'a jamais été un héro. Et il ne le sera jamais ! L'Histoire n'oublie pas !
à Aloïs
De Hemenate
23H11 | 22/10/2009 |
Tout à fait, il a été arrêté dans le cadre d'un décret-loi d'Edouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste.
Le PC étant accusé d'avoir, conformément au pacte germano-soviétique, une ligne d'opposition à la guerre et ainsi de démoraliser l'armée, d'affaiblir des arrières dans la guerre face à l'Allemagne.
il n'a pas été fusille pour ses actes mais pour l'exemple en répercussion au meurtre de Karl Hotz, lieutenant-colonel de l'armée d'occupation, par des communistes qui EUX étaient des résistants.
Guy Mocquet est devenu "résistant" en prison au contact de Rino Scolari.
à lavoine
De spartak-millau
(comité libertaire lyophilisé) | 21H53 | 22/10/2009 |
Anti-stalinien primaire moi-même, je vous précise que tout le monde a pactisé avec les nazis, puisque la mise en application de leur programme n'a été rendue possible que grâce à une gigantesque convergence de défections, d'indifférences et de realpolitik (le pacte germano-soviétique, inscrit dans la lignée du traité de Rapallo entre dans cette catégorie).
Anti-stalinien primaire, je le redis, j'ai beaucoup de mal à accepter les hommages aux boys du 6 juin quand près de 30 millions de russes soviétiques sont morts dans une guerre dont l'événement à commémorer est le sale Stalingrad et pas l'hollywoodien Débarquement. C'est en Russie que l'Allemagne a perdu la guerre, pas en Normandie, le coup du Pacte Soviétique, c'est pour les demeurés.
http://spartak-millau.over-blog.com/
à lavoine
De coinpomme
dieu est une e-pothèse | 09H27 | 23/10/2009 |
.../...
t'as raison céréale, Guy Môquet c'est une station de Métro,
comme l'epad appartient à Sarkochescu... même que ce dernier te glorifierait d'un bravo pov con !!!
Vive le 22 octobre 2009 an 1 de la rédition du pique assiette "fils de..."
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 10H46 | 22/10/2009 |
Parfois je me demande ce qui est le plus triste: qu'il ne voit pas son propre ridicule ou que sa cour se garde bien de le lui faire voir.
PS: comme vous avez raison, eelisa! Il y a tant de parallèles à faire. Puisque cela devient obligatoire, les profs n'ont qu'à faire une grève du zèle et passer deux heures à les faire, ces parallèles. ;-)
à Di
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 18H49 | 22/10/2009 |
C'est ce que j'aurais fait si j'étais prof d'histoire. Bravo ! La ruse à présent, il n'y a que cela qui marche !
De franc parleur
anarchieevangelique.wordpress.com | 10H44 | 22/10/2009 |
Pendant ce temps :
Mauvaise nouvelle :
La défense des enfants par Hervé Bertho,
http://www.ouest-france.fr/
Toute personne mérite d’être défendue. Et les enfants plus que d’autres.
Au nom de leur faiblesse.
Au nom de leur innocence.
Un enfant est une personne de moins de dix-huit ans. Mais c’est une personne. Avec des droits.
La France pays des droits de l’homme doit aussi être celui des droits de l’enfant. Il faut redire que les enfants ont des droits d’enfant.
Innocent, démuni, abandonné par sa famille, maltraité par le sort, jouet de l’histoire, migrant ballotté d’un continent à l’autre, battu par les uns, chassé par les autres, il est toujours la première victime des drames du monde.
L’enfant a le droit d’être protégé.
Parce que c’est un enfant, une promesse d’humanité pour le meilleur.
Alors ne lui donnons pas l’impression du pire avec une reculade institutionnelle. Il faut le dire et le dire encore aujourd’hui. Car un symbole très fort risque de disparaître : l’intention du gouvernement est en effet de supprimer la belle fonction de Défenseur des enfants pour inclure cette mission dans une défense plus générale des Droits. Ce projet laisse un goût amer. On a l’impression que l’enfance prend une vilaine claque.
Le projet de loi est de fondre les attributions du Défenseur des enfants, du Médiateur de la république et de la Commission nationale de déontologie de la sécurité dans une seule institution de défense des droits.
Le problème est que la spécificité de l’enfance passe à la trappe.
Le poste de Défenseur a été créé en l’an 2000. Il a été occupé par Claire Brisset avant de l’être aujourd’hui par Dominique Versini. Ces deux défenseures peuvent regretter « la maltraitance institutionnelle » dont leur action se retrouve victime.
Le bilan de neuf années de fonctionnement indique clairement que leur travail est utile et précieux : 20 000 enfants en difficultés ont été pris en charge !
C’est à la fois peu face à la misère du monde et c’est déjà immense… C’était en tout cas le signe d’une volonté politique dont la France pouvait s’enorgueillir.
Ce n’était pas une fonction honorifique mais une mission au nom de l’honneur : la défense des droits des enfants avait fait son chemin dans les esprits. L’opinion avait été frappée à la faveur d’indignations justifiées et de recommandations écoutées : l’âge du mariage des filles, la protection des mineurs étrangers abandonnés, la prise en compte de l’avis des enfants quand les parents divorcent…
Cette fonction résonnait aussi comme un guichet de l’espoir.
C’était la voix de ceux que l’on n’entend pas.
Il ne faudrait pas la faire taire mais au contraire l’écouter davantage.
L’enfant, c’est l’Homme de demain.
http://www.ouest-france.fr/
De admirateur
10H45 | 22/10/2009 |
"Notre enseignement n'est pas un enseignement d'autorité. Ce n'est pas au nom du gouvernement, même républicain, ni même au nom du Peuple français que l'instituteur confère son enseignement : c'est au nom de la vérité. Les rapports mathématiques, les règles de grammaire, non plus que les faits d'ordre scientifique, historique, moral, qui le constituent, ne sauraient dès lors être soumis aux fluctuations d'une majorité."
Manifeste des instituteurs syndicalistes - 1905
De Je suis partout
sarkose obsessionnelle en cours de ... | 10H49 | 22/10/2009 |
Guaino, comme Besson (et comme tant d'autres dans l'entourage du président), c'est tout simplement la haine de l’Autre, et le mépris de la République. Ces gens sentent si mauvais qu'on se demande combien de temps encore on va réussir à se boucher le nez…
Au chapitre du "Môquet business" et ses conséquences scandaleuses, un petit rappel pas inutile:
http://codedo.blogspot.com/2009/10/affaire-maria-vuillet-le-codedo-deman...
à Je suis partout
De Hemenate
17H12 | 22/10/2009 |
"Guaino, comme Besson, c'est tout simplement la haine de l’Autre"
--->
"CES GENS sentent si mauvais qu'on se demande combien de temps encore on va réussir à se boucher le nez…"
Vous avez donc un sacré point commun.
De marie 75 3563
10H57 | 22/10/2009 |
Foutaise! Récupération! Déshonneur!
Pauvre Guy Mocquet!
Ne pas faire réciter le couplet .....
Allez voir l'armée du Crime avec vos élèves!
et lire l'affiche rouge!
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L’Appel des appels : le livre de la résistance au sarkozysme
En librairie le 4 novembre L’Appel des appels : le livre de la résistance au sarkozysme
Sous la direction de : ROLAND GORI, BARBARA CASSIN, CHRISTIAN LAVAL Avec les contributions de : ALAIN ABELHAUSER, HENRI AUDIER, BARBARA CASSIN, FRANCK CHAUMON, MICHEL CHAUVIÈRE, STEFAN CHEDRI, LAURENCE CROIX, PIERRE DARDOT, MARIE-JOSÉ DEL VOLGO, DIDIER DREYFUSS, PASCALE GIRAVELLI, ROLAND GORI, ANDRÉ GRIMALDI, LOUISE L. LAMBRICHS, LAURIE LAUFER, CHRISTIAN LAVAL, SAMUEL LEGENDRE, DANIEL LE SCORNET, LAURENT LE VAGUERÈSE, MARIE-JOSÉMONDZAIN, PHILIPPE PETIT, SERGE PORTELLI, RÉMY POTIER, NICOLAS ROMÉAS, SOPHIE SIRÈRE, VALÉRIE DE SAINT-DO, ISABELLE THIS SAINT-JEAN, MICHEL SAINT-JEAN, MARIE-JEAN SAURET, BERNARD STIEGLER.
De Enki 9562
Alchimiste | 11H02 | 22/10/2009 |
Je suis pour!
Pour une journée de commémoration de la « la grandeur de la France », pour faire comprendre aux lycéens « ce qu'est un jeune Français », pour renforcer l'identité nationale, je suis pour!
Pour une journée de célébration du présidenticule sarcopte, avec lecture de la déclaration des droits de l'homme, débat sur la laïcité et les institutions, lancer de chaussures et tartes à la crème!
Sarkozy entarté
par Dantoncul69
De padiran
Chroniqueur mondain | 11H08 | 22/10/2009 |
Plus que la lettre de G. Mocquet, c'est l'attidude de Sarkozy qui pose problème, elle oscille entre puérilité et affirmation du "moi".
Se posant en directeur de lycée et aidé par ses ajoints et autres CPE, l'injonction de lecture de cette lettre par le corps enseignant rèvele plus du désir de caporalisation que de contribution à la mémoire de la resistance.
La réaction de Guaino est d'ailleurs significative, rappelant que les enseignants sont des fonctionnaires "aux ordres", alors qu'a aucun moment il n'a évoqué le rôle qu'ils jouent dans le devoir de la mèmoire.
à padiran
De onapatouvu
perdu pour la science | 11H43 | 22/10/2009 |
Surtout que la position de Sarkozy vis-à-vis de la période de Vichy est plus qu'ambiguë. Il est très mal placé pour donner des leçons sur le sujet.
D'ailleurs, la lettre de Guy Môquet n'a aucun intérêt en elle-même. A partir du moment où Vichy et la Résistance sont au programme, les enseignants savent très bien ce qu'ils ont à faire.
à padiran
De coinpomme
dieu est une e-pothèse | 09H39 | 23/10/2009 |
.../...
on en revient bien toujours au même point : une simple analyse transactionnelle met bien en exergue le (les) problème sarko...
et si l'on pousse un peu plus on en arrive à borderline...
Mais ce qui est curieux, c'est que ce "portrait" n'attire pas plus les spécialistes français, aux états unis on en serait déjà à la phase "empechment" !!!
De fdrebin
Dilettante doué | 11H15 | 22/10/2009 |
M. Girard, vous êtes comme Henri Guaino, vous avez raison et tort à la fois.
Quand vous écrivez, au sujet de la liberté pédagogique:
"Les enseignants ne sont pas à la solde des gouvernants ou d'un parti politique : ils sont rémunérés par le contribuable pour travailler à l'éducation des élèves. Tout simplement et c'est déjà beaucoup. Guaino semble également tout ignorer de la loi d'orientation de 2005 accordant aux enseignants une liberté pédagogique qui leur permet de choisir les pratiques qui leur semblent le mieux convenir aux élèves."
Le code de l'éducation vous répond:
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=E9971FF7A1...
"Article L912-1-1
Créé par Loi n°2005-380 du 23 avril 2005 - art. 48 JORF 24 avril 2005
La liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l'éducation nationale et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection."
Les enseignants ne sont certes pas des petits soldats le doigt sur la couture du pantalon mais ils ont tout de même le devoir d'appliquer les consignes qui leur sont données par le ministre, que celles-ci leur plaisent ou non.
La liberté pédagogique est bien une liberté encadrée et la loi de 2005 n'y change rien.
à fdrebin
De le mur
12H22 | 22/10/2009 |
Désolée mais je n'ai pas la même interprétation que vous. Il est bien indiqué dans le texte que l'enseignant doit se conformer à un programme qui est défini non seulement par le ministre mais surtout "avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection."
Et c'est bien là que le bas blesse. Le programme je le respecte fidèlement car il est défini par des spécialistes et dans une démarche scientifique. Il n'est donc pas le fait du prince. En l'occurrence, la lettre a été imposée par le président en dehors de tout cadre. L'histoire est bien trop sérieuse pour être prise en main par les politiques. En outre, quelle est la légitimité de Monsieur Guaino ?
Pour faire bref, je ne suis pas professeur de commémoration, je suis profondément énervée lorsque mes collègues se piquent de faire de l'histoire alors qu'ils sont par exemple profs d'EPS. Si c'est le cas, demain je propose un match de foot à mes élèves ! Donc, la lettre en question sera intégrée dans mon cours de Terminale sur les mémoires de la Seconde Guerre Mondiale, excellente occasion de réfléchir avec les élèves sur la différence entre mémoire et histoire.
à le mur
De fdrebin
Dilettante doué | 13H40 | 22/10/2009 |
Chipotons, chipotons (j'adore ça! :)
Que dit le Code?
"Article L912-1-1
Créé par Loi n°2005-380 du 23 avril 2005 - art. 48 JORF 24 avril 2005
La liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l'éducation nationale et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection."
A mon sens, la partie de phrase "avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection" s'applique au cadre au sein duquel s'exerce la liberté pédagogique.
Donc, d'après ma lecture du code, la liberté pédagogique est contrainte par plusieurs choses:
- le respect des programmes
- les instruction du ministre
- le projet d'école ou d'établissement
- le conseil et le contrôle des membres des corps d'inspection
Je le redis, je ne suis pas enseignant mais juriste. On peut fonder son refus de telles consignes sur ce que l'on veut mais pas sur le droit qui, lui, doit s'appliquer.
Quant à Guaino, il ne donne pas de consignes lui-même puisqu'il reprend celles déjà données, au nom du ministre de l'Education Nationale, par le directeur général de l'enseignement scolaire dans le cadre tout à fait légal de notes de services:
http://www.education.gouv.fr/cid5603/22-octobre-esprit-memoire-resistanc...
http://www.education.gouv.fr/cid48926/mene0900668n.html
à fdrebin
De asozial
aus Berlin | 13H59 | 22/10/2009 |
si le doit ne donne pas la possibilité de faire passer la raison avant le droit, le droit à tort et le citoyen a raison de ne pas l'appliquer.
tu peux maintenant me citer mille textes m'expliquant que juridiquement j'ai tort, mais moralement j'ai raison. il y a des lois humaines qui sont supérieures aux lois de l'état.
un des mythes fondateurs de la culture occidentale est celui d'Antigone.
à asozial
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 18H47 | 22/10/2009 |
Bravo ! vraiment, Bravo !
à fdrebin
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 19H18 | 22/10/2009 |
Figurez-vous que dans l'enseignement, on ne chipote pas, on a une conscience. On réfléchit aussi sur le pourquoi de cet ordre. Alors, si vous voulez mettre les profs en gard à vue, libre à vous. Mais n'empêchez pas les professeurs de faire ce qu'ils ont à faire.
Rassurez-vous, vous en avez pour votre argent : ils tavaillent !
Il y a assez de soucis dans l'EN pour chipoter !