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Jean Sarkozy cède à la polémique et jette l'Epad

Il était soutenu officiellement par toute la droite, mais la façade se fissurait. Le fils du Président vient de craquer.

Jean Sarkozy renonce à la présidence de l'Epad le 22 octobre 2009 sur France2.

On l'avait laissé mardi 13 octobre sur le plateau de France 3 : Jean Sarkozy assurait vouloir aller « jusqu'au bout » de sa volonté de prendre la présidence du conseil d'administration de l'Epad (Etablissement public d'aménagement de La Défense). Le fils du Président n'avait pas assez de mot pour assurer que son choix était sûr : « Bien sûr, j'ai réfléchi beaucoup à cette question avant de me porter candidat. »

On a retrouvé le même Jean Sarkozy ce jeudi soir en direct sur France 2. Avec un discours différent. Il a renoncé à son ambition :

« Je serai candidat au poste d'administrateur de l'Epad devant l'assemblée départementale, mais si je suis élu je ne briguerai pas la présidence de cet établissement public. […]

Depuis plusieurs jours, il y a eu beaucoup choses qui ont été dites, beaucoup d'excès, beaucoup d'outrance, et puis il y a eu du vrai aussi. Moi j'ai beaucoup écouté, j'ai beaucoup réfléchi, et je ne veux pas d'une victoire qui porte le poids d'un tel soupçon. »


Même quand on est le cadet du chef de l'Etat, il est difficile de résister à la détérioration du climat, surtout au sein de son propre camp. Si tous les membres du gouvernement avaient fait le tour des plateaux de télévision pour marteler, tous avec les mêmes mots, qu'il avait la légitimité pour prétendre à la fonction, en privé ils ne cachaient pas leur doute tant sur l'opportunité d'une telle décision que sur les compétences de l'intéressé.

« Un tel soupçon de favoritisme »

Bien entendu, Jean Sarkozy n'a toutefois pas justifié ainsi sa volte-face, préférant insister sur les « outrances » de ces contempteurs dans l'opposition :

« Je ne veux pas d'une victoire qui porte le poids d'un tel soupçon de favoritisme, de passe-droit, de traitement de faveur. »

Pourtant, les critiques n'étaient pas tellement différentes à gauche et à droite. Le maire communiste de Nanterre (Hauts-de-Seine) Patrick Jarry évoquait un « boulet qu'il va traîner toute sa carrière », quand le chef de file des députés UMP Jean-François Copé visait tout le clan Sarkozy mais ne persiflait pas autrement : « Cette affaire du fils, c'est comme le sparadrap du capitaine Haddock, ça va leur coller aux godasses. »

« Une décision que j'ai prise seul »

Le jeune homme de 23 ans était beaucoup moins à l'aise devant les caméras de France 2 qu'il y a une semaine sur le plateau de France 3. Il faut reconnaître que l'exercice était bien plus complexe. D'ailleurs, il s'est un peu mélangé les pinceaux, parlant de « vrai » dans les critiques mais n'en approuvant aucune, malgré les questions répétées du présentateur David Pujadas sur le sujet.

« C'est une décision que j'ai prise seul », précise-t-il, comme pour évacuer à tout prix l'ombre du chef de l'Etat au-dessus de cette reculade :

« Si la question que vous me posez, c'est “est-ce que vous en avez parlé au Président ? ”, non. Est-ce que j'en ai parlé avec mon père ? Oui. »

Dessin de Na

Le Président n'avait cependant pas ménagé ses efforts, après avoir muté un administrateur de l'Epad au Conseil économique et social pour lui laisser un siège vacant ou encore avoir refusé d'approuver un décret qui aurait permis à Patrick Devedjian de se maintenir à la présidence du conseil d'administration.

Avec un seul bac pour tout diplôme en poche et seulement deux ans d'expérience au poste de conseiller général, ses épaules ont donc logiquement été considérées trop frêles devant le poids de la polémique et de ce mastodonte qu'est l'Epad (2500 entreprises dont plusieurs multinationales et 150 000 emplois). D'autant que ses finances se dégradent nettement depuis quelques temps.

« Comptez sur moi, je serai au rendez-vous »

Brice Hortefeux n'a pas manqué de saluer sur la même chaîne le geste de son filleul, dont « le sens de l'engagement public coule dans ses veines » : « C'est une décision qui force le respect. » Il insiste lui aussi : « C'est une démarche personnelle. » Mais le ministre de l'Intérieur ne voit pas forcément d'un mauvais oeil cet « apaisement ».

Jean Sarkozy n'a pas pour autant abandonné la partie et devrait cependant être élu administrateur de l'établissement public vendredi par le conseil général des Hauts-de-Seine. Une élection qui s'apparente davantage à une nomination quant on sait que l'assemblée compte 30 conseillers généraux de la majorité présidentielle sur les 45 membres.

Il sait aussi que d'autres élections se profilent. Les régionales de 2010 ou plus sûrement les cantonales de 2011. A la question de savoir s'il entend prendre la présidence dudit conseil général dans deux ans, il ne peut répondre autrement qu'en expliquant que « la question n'est pas d'actualité ». Mais ajoute aussitôt : « Comptez sur moi, je serai au rendez-vous. » Chassez le naturel…

Photo : Jean Sarkozy le 22 octobre 2009 sur le plateau de France 2.

Dessin de Mykaia

Dessin de Large

6 commentaires sélectionnés

Portrait de cabernet

De cabernet

19H29 | 22/10/2009 | Permalien

allez une petite inscription au CNED, un courrier au doyen de la fac pour être à nouveau inscrit et ça vaudra mieux pour tout le monde; ou bien moi je lui propose de faire comme le fils de Diana (et p'tet de Charles) : s'engager dans l'armée et aller re-dorer le blason familiale dans les talwegs afghans!

Portrait de Dicko

De Dicko

__ | 19H33 | 22/10/2009 | Permalien

Incroyable,
La première pétition que j'ai signé de ma vie a servie à quelque chose ?!

Portrait de Laurien

De Laurien

...des villes et des champs | 19H41 | 22/10/2009 | Permalien

Jean est donc bien un artiste, acteur donc, mais sa vocation est encore totalement sous l'emprise de son père. Quel dommage! Car il a vraiment des qualités pour ce qui semble être bien plus sa vocation que celle de dirigeant, de politique, ou d'avocat.
Il y a eu une note touchante de sincérité dans son intervention, c'est lorsque le (méritant) journaliste Pujada , lui a demandé s'il ne ressentait pas d'amertume. Jean a semblé quitter son rôle le temps d'un instant pour parler un peu de qui il était vraiment.
Bravo Jean! Encore un effort, et tu seras véritablement un homme, vraiment indépendant de ce que ton père te dicte de faire!
Plein d'encouragements donc, pour t'affirmer et exister en dehors de ce cercle sordide que ton lien familial trace autour de ta vie!

Portrait de BFA

De BFA

19H46 | 22/10/2009 | Permalien

Comme toute décision "politique", elle a évidemment un aspect stratégique... repli stratégique. Alors j'ai envie de dire MERCI aux médias, qui par leur insistance sur cette affaire honteuse, ont peut-être pesé dans ce revirement.

Portrait de philipp

De philipp

retraité | 19H55 | 22/10/2009 | Permalien

Rien ne l'empêche d'être "élu" à l'insu de son plein gré une fois nommé administrateur de l'Epad , élu Pt malgré lui la droite disposant de la majorité au Ca de l'Epad même sans le vote des fonctionnaires grace à Leroy Pt de la CCI de Paris et ex conseiller municipal de Neuilly dans l'équipe de Sarkozy père. Fillon qui voulait prolonger Dvedjian avait senti le coup. La candidature "légitime"(hi hi) du dauphin de pacotille a fait pschitt. Cette histoire restera au passif bien collé aux talonnettes de N Sarkozy au même titre que le Fouquets , le yatch de Bolloré, le "casse toi pauve con"...etc C'est du lourd . Indécrottable !!

Portrait de Blad

De Blad

Etudiant en Philo | 19H55 | 22/10/2009 | Permalien

Les médias sont vraiment trop manipulables...

Maintenant que J. Sarkozy a annoncé son abandon de ce poste (pour le moment), ils vont en parler, en débattre, s'en émerveiller, s'en exaspérer... Mais avant tout, lancer sa carrière politique.

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