L'edito 22/10/2009 à 17h57

Besson, son charter et le syndrome des « cojones »

Pascal Riché | Redchef Rue89

Eric Besson adore le mot « cojones », sorte de superlatif de « couilles ». Pour montrer qu'il en a, il a donc sacrifié trois Afghans, renvoyés par charter vers Kaboul. Et le gouvernement a affiché sa fierté d'envoyer un message de « fermeté et de justice ».

Le ministre de l'Immigration a évidemment expliqué que ce message à base de « cojones » s'adressait aux vilains « passeurs » de migrants. Un beau mensonge : le message s'adresse en réalité à un électorat de droite déboussolé par les diverses affaires en cours (de Frédéric Mitterrand à Jean Sarkozy).

Le ministre de l'Immigration a aussi soutenu que les expulsés ne couraient « pas de risque » à Kaboul, d'où ils sont selon lui originaires. Dans sa grande générosité, le gouvernement français, a-t-il ajouté, va « leur payer l'hôtel pendant quinze jours ».

Second mensonge ! Selon la correspondante d'Europe 1 à Kaboul, les trois jeunes hommes ne sont pas originaires de la région de Kaboul. L'un viendrait de la province de Paktia, l'autre de Baghlan, le dernier de Parwan.

Et ceux que Besson présente d'un ton policier comme des « adultes de sexe masculin » (trois très jeunes gens de 18, 19 et 22 ans) ne peuvent même pas rentrer chez eux. Le plus jeune, Nik Khan Hashimkhil, 18 ans, est par exemple originaire de la province de Paktia. Le général Mohammad Omar Ayar, vice-ministre aux réfugiés et au rapatriement, l'assure :

« C'est une province dont certaines zones sont sûres, mais là d'où il vient précisément, c'est extrêmement dangereux. S'il rentre chez lui, les taliban lui demanderont de rejoindre leur rang. »

Le « charter » de Besson est une atteinte aux droits de l'homme et le fait qu'il offre « quinze jours d'hôtel » ne change rien au fait que le gouvernement français, pour des raisons de politique intérieure, joue avec le sort de trois jeunes gens. Un sort dont il est plus que péremtoire d'assurer, depuis les dorures d'un ministère, qu'il sera tranquille.

Une histoire devrait faire réfléchir Besson, ses conseillers et ses cojones : le 28 février 2007, un Tamoul de 30 ans, Elanchelvan Rajendram, a été abattu par des soldats dans le nord du Sri Lanka, où se trouvait son village.

Auparavant, il s'était rendu en France, où il avait demandé l'asile politique. Il avait été débouté et renvoyé dans son pays. A l'époque, les autorités pensaient également qu'il ne courait aucun danger.

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  • Bon Scott
    • Posté à 18h14 le 22/10/2009

    C'est ce matin que les enseignants devaient obligatoirement lire, la lettre de Guy Môquet aux jeunes étudiants.... bonjour la vulgarité de ce gouvernement et de son prince !

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 18h17 le 22/10/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    il a été prouvé qu'un Afghan expulsé par l'Australie a été tué

    Un Afghan à qui l'Australie avait refusé une demande d'asile a été décapité à son retour dans son pays, probablement par des taliban, rapporte samedi le Sydney Morning Herald. Mohammed Hussein a été jeté dans un puits par des hommes armés, qui ont ensuite lâché une grenade dans le puits avant de décapiter leur victime, indique le quotidien australien.

    d'autres dont on est sans nouvelle ont certainement aussi été tués

    La reconduite vers l'Afghanistan est une pratique que les autorités françaises se sont interdites depuis de nombreuses années parce que la sécurité ne peut être garantie dans ce pays, aujourd'hui moins que jamais. Vous choisissez le pire des moments pour cette expulsion : il n'y a jamais eu autant de civils tués dans ce pays depuis la chûte des taliban ; l'Afghanistan est menacé par la famine ; tout indique, enfin, que des Afghans expulsés par l'Australie ont été assassinés là- bas par les taliban, il y a moins d'un mois. Vous prenez une très lourde responsabilité en exposant les Afghans expulsés de France à la mort. - extrait d'une lettre de Zpajol

    Les « cojones », mot employé, je crois, dans le midi tauromachique, pour « couilles », venant de l'espagnole n'est pas d'envoyer des gens à la mort, ce serait résister au diktat des quotas et à une politique lamentable voulue par le très petit.

  • tvargentine-
    • Posté à 18h52 le 22/10/2009

    Permettez moi de dire ici ,en tant que petit fils de républicain espagnol,que mes grands parents se sont battu pour la République Espagnol et sont venu en France à la fin de la guerre civile

    Comment des jeunes afghans ne pourraient -ils pas aller se battre pour leur pays ? ? ? ?

    Quelle est donc cette conception réactionnaire qui consiste à accepter qu'un jeune homme n'est plus capable de se battre pour son pays ?

    Au lieu de faire un procès à un ministre d'ouverture vous devriez remonter à contre courant la pensée unique d'un pacifisme qui accepte de manger dans la main des islamistes terroristes

    Les soldats français se battent pour la liberté en Afghanistan et il me semble normal que les jeunes afghans se battent pour la liberté dans leur pays aux cotés des alliés

    Lien

  • Tofraziel
    Tofraziel
    Orwellien
    • Posté à 19h07 le 22/10/2009
    • Internaute
      Orwellien

    Le pire est ce député UMP qui a affirmé que les Afghans qui venaient en France étaient des lâches, et qu'ils feraient mieux de se battre aux côtés de nos soldats chez eux...

    Là, je crois qu'on a même passé le mur du « Lefebvre » !