A l'approche du scrutin présidentiel tunisien, le 25 octobre, qui verra sans surprise la réélection de Zine Ben Ali pour un cinquième mandat, le journaliste Taoufik Ben Brik, critique du régime, qui avait fait une grève de la faim de 42 jours en 2000 pour protester contre les atteintes aux droits de l'homme, nous adresse le texte suivant, une errance littéraire dans une Tunisie désabusée à la veille d'une élection sans enjeu.

(De Tunis) Les orages éclatèrent juste avant minuit, noyant sous leurs averses les coups de klaxon et le tintamarre qui marquaient de leur signal le début de la campagne de l'élection présidentielle. Le vendredi 13 octobre 2009 fit ainsi son entrée à Tunis ville dans un vague crissement de pneus excités et l'amoncellement de nouvelles qui prédisaient que les années dix allaient être une décennie de merde.
La ville roupille, les gens se démènent au pif et il n'y a personne pour m'ouvrir la porte. On se demande chaque mois d'où va tomber l'argent pour le loyer et on est trop beurré pour aller travailler. Alors, on fait la sieste pour oublier. On se la coule douce, pas de loyer, pas de fringues. On n'a qu'à barboter, chier, caqueter, picorer, farfouiller… et puis un jour le grand plouf…
C'est ce qui arrivera, disent les anciens, lorsque « les gens décideront bientôt que leur terre doit faire partie de ce monde monstrueux et quand cela arrivera, tout sera terminé. Tout ce qui leur reste alors à faire est de tuer les autres, ceux qui pensent comme eux, et bon nombre de ceux qui opinent autrement, puisque c'est le stade final de la maladie. »
Tunis ville, un vendredi 13 octobre 2009… Juste avant, de la fatigue et de l'agitation. Debout sur les escaliers de la gare centrale, un groupe d'hommes maigres, poltrons et grêles pense : « Si on pouvait manger chaque jour des gaufrettes. » Dès qu'on commence à penser gaufrette, ça va mal.
« Vingt-deux ans qu'on sème… la merde »
Le chômage augmente, la pauvreté s'aggrave, les grèves se multiplient, les scandales s'accumulent, s'embrasent et l'autorité s'écroule… Pour tout arranger, en passant en bagnole devant une palissade, j'ai vu un type qui ajoutait : « Vingt-deux ans qu'on sème… la merde », « Exister, c'est respirer l'angoisse », « Personne ne me prendra vivant pour me couper la zizinette ».
Les gens ont faim. Chaque chantier a son agitateur. Le gouvernement navigue à vue. Demain ou peut être dans une heure, la catastrophe va nous tomber dessus et nous serons noyés dans le sang. Tout le monde a peur. Moi aussi. La peur t'empêche de dormir la nuit. Rien ne colle, rien, sauf la peur. Il n'y a plus d'indicateur de chemins de fer. Vous imaginez un pays sans indicateurs.
Tu es triste sans savoir pourquoi tu es triste. Si on peut payer le loyer, on n'aura pas d'argent pour manger. Si on mange à notre faim, on ne pourra pas payer le loyer. Les gens croient qu'on va les tuer, que leurs enfants vont être tués. Les femmes croient qu'elles vont être violées, torturées. Pas de risque. Mes gens sont pacifiques. Ce ne sont pas eux qui deviennent fous. Ils sont bons et ronds comme des pastèques. Regarde tous ces gens. Ils n'ont pas la force de rouspéter. Ils sont humiliés. Ils ont trop peur. Ils ont été trop piétinés. Ils sont las, hésitants.
Qu'est ce qui ne va pas ? Un tas de choses, c'est sûr. Que fait-on quand on est pris dans un cauchemar ? Eh ben, je fais mon travail. J'essaie de créer des poches d'ordre et de sang froid au milieu de la gabegie. J'étais au bord de la gerbe. Je suis peut être un parasite. Un être répugnant. Je suis malade.
J'ai envie de me présenter à un gros lard, un policier bête et de lui dire : soyez aimable, frappez-moi, peut-être même, s'il le faut, tuez-moi. Mais punissez-moi une bonne fois pour que je sois délivré de mon angoisse, frappez-moi fort, faites-moi mal, cela ne me fera de toute façon jamais aussi mal que le mal avec lequel je suis obligé de vivre jour après jour. Je ne cherche pas le bonheur, je cherche le repos. Je suis le visage exact de l'humaine condition. Cent et une heures de la vie d'un homme au bout du rouleau hanté par tous ces gens qui lui en veulent et qui, sous le poids du cauchemar, va disjoncter.
« Dans ma gaucherie, des questions mal posées »
Tunis ville, les nuits de braise, au coin de la rue Bach Hamba et de l'avenue Habib Thameur. Sirène hurlante, lumières rouges tournoyantes, une ambulance déboule à toute allure et s'arrête pile au milieu du carrefour dans un crissement de pneus effroyable. Le conducteur lâche le volant, saute de son siège, court, va s'accroupir auprès d'un homme étendu sur le trottoir, baignant dans son sang.
Depuis une semaine, je chemine à travers Tunis ville, de Bab Bhar, la Porte de la mer, à Bab Jedid, la Porte neuve. De bus en bus déglingués, voyageur comprimé, perdu dans la foule mais jamais anonyme, car je porte mon étrangeté sur mon visage, mes vêtements, mes lunettes noires et, dans ma gaucherie, des questions mal posées. Je suis fouetté par la pluie et aspergé de boue.
Tunis ville, c'est dangereux. Dès le port de Radès, on m'a dit : « N'allez pas plus loin ! » Un docker qui m'accompagnait m'a exhorté : « Ne te promène pas au-delà de cette rue, tu tomberais sur des zoufris ». Je suis tombé sur des amoureux qui allaient la main dans la main. Un marin m'a dit : « Vous êtes fou d'aller au-delà ! Il y a des coupeurs de routes. »
Je marche dans la ville. Il y a toujours du monde, dans les rues et les routes. Hommes sans emploi ou affairés à des besognes obscures, changeurs de billets, et toute une partie de la population qui survit sur un amas de commerces minuscules, tentant ainsi de participer à la formation de fortunes sauvages. On n'est jamais seul.
« Les trois P [Police, Palais, Pègre] »
Et la liberté ? La liberté, on nous l'a donnée et on vous a dit : « Regardez-la. Tout est entre les mains des trois P [Police, Palais, Pègre]. » La voiture roule à tombeau ouvert. Barrage de police. On se fait racketter. J'en pleure. Je laisse derrière moi une foule silencieuse qui espère quoi ? Un miracle ? Encore !
A un kilomètre de là, un check point barre la route. Nous sommes arrêtés trois fois pour de longs et soupçonneux contrôles. Après l'animation du centre ville, la ville est étrangement abandonnée. Qui habite ici ? Un second pays ? Est-ce pour en arriver à cette terre vide que je me suis éreinté ?
La soirée à Tunis ville s'étire, lugubre. Les habitants doivent être tapis devant leur poste. Un ou deux restaurants, quelques boîtes où les jeunes vieillissent mal. Des maisons uniformes en ciment construites sans architectes suivent le tracé de la rue, encadrant parfois une demeure plus ancienne qui attend le pic des démolisseurs. Un bus ici ? Pour quoi faire, puisque tout est mort ? Le seul être vivant à passer est un chien. Cabotin, il passe et repasse, histoire d'être sûr qu'il m'a reconnu. Le soleil brille dans les gouttes de pluie : « Ici, on dit que le loup se marie. »
C'est étrange : tout est calme, le soleil sourit, les oiseaux rient, et puis soudain, on vous abat de derrière les feuilles d'un joli jardin.
Photo : « Tunis » (Shahram Sharif/Flickr).



















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De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 16H09 | 20/10/2009 |
Très belle écriture, sur une initiation urbaine qui n'augure rien de bon pour ce pays qui aurait dû être béni des dieux.
Les chants désespérés sont les chants les plus beaux.
Bravo Monsieur Ben Brik
De Aloïs
Etudiant | 16H46 | 20/10/2009 |
Style qui diffère des articles traditionnels de rue89. Ce n'est pas déplaisant. J'ai eu pas moment, l'impression de lire Camus dans l'Etranger. Certains ont-ils partagé le même sentiment que moi?
De Aloïs
Etudiant | 19H21 | 20/10/2009 |
^^ . En même temps, un journaliste n'est pas forcé d'écrire comme un écrivain, le style littéraire est moins important pour un journaliste que pour un écrivain. Le journaliste transmettant de l'information (enfin des représentations de l'information.)
Mais si vous voulez parler du niveau intellectuel des articles de rue89. Je ne vous contredirai pas. Je garde en tête ce fameux article sur le suicide... pathétique
à Aloïs
De pipolino
. | 21H32 | 20/10/2009 |
Ce qui est dramatique c'est que la majorité des gens ne lisent plus, ils ne savent même plus s'exprimer correctement, la conséquence est qu'ils ne savent plus communiquer.
J'ai assisté à plein d'exemples, une dame qui parlait simplement correctement s'est faite traiter de bourge par un jeune et pourtant elle n'avait rien d'une bourgeoise, une autre à un jeune qui l'emmerdait elle le traite de facho, pour lui ça voulait dire raciste, une fille dit à un mec qui la déshabillait du regard "arrête toi de me toiser" il ne savait pas ce que ça voulait dire, comme il le prenait mal c'est son copain qui lui a expliqué.
Il y a aussi ceux qui entendent mal, deux SDF se disputent la même place, l'un d'eux cède en disant "bon rien à foutre", l'autre entend "va te faire foutre" et vlan son poing dans la gueule.
Si ce n'était pas dans la vraie vie ce serait comique, mais là je trouve ça navrant.
"une errance littéraire dans une Tunisie désabusée"
C'est beau
De beuhrète
parent désenfanté par l'irresponsab... | 16H52 | 20/10/2009 |
Effectivement très belle plume qui décrit très bien Tunis et celle-ci ressemble à s'y méprendre à Alger avec ses mêmes fantômes errants mais avec en plus la peur au ventre car le GIA n'as pas encore rendu les armes et les assassinats sont quotidiens dans le silence assourdissant des médias occidentaux.
Si cette crise actuelle est difiçile pour nos pays riches que dire concernant le quart- monde?
Celà vaut également pour la corruption il n'existe plus au maghreb d'Etat de Droit.
à beuhrète
De -Candide-
Jardinateur | 13H37 | 21/10/2009 |
La décolonisation précipitée voire sanglante parfois a freiné tout le maghreb dans son développement.
Il ne s'agit pas ici de dire qu'avant, tout était mieux dans le meilleur des mondes, qu'il n'y avait pas ça et là des abus de pouvoir des occidentaux qui s'arrogeaient des privilèges.
Mais globalement la mise en place d'une structure républicaine, avec l'éducation pour tous, était en marche.
Aujourd'hui, le maghreb a toujours 20 ans de retard.
Les injustices existantes pendant la période de colonisation n'ont fait que s'amplifier. Seule différence, ce sont maintenant une poignée de maghrébins privilégiés qui ont remplacé les colons et exploitent les autres.
La xénophobie qui a consisté a dénoncer l'impérialisme des "blancs" plutôt qu'à dénoncer les privilèges et les inégalités en faisant abstraction des races font que le problème n'a jamais cesser de s'amplifier.
Pour avoir connus des anciens colons honnêtes, ouverts, progressistes et vu comment on a jeté l'anathème sur eux en systématisant les problèmes de l'époque comme indiciblement liés à leurs comportements globaux ; Je ne peux que regarder ça de loin et dire cyniquement aux populations opprimées d'aujourd'hui. Chacun sa merde maintenant, vous n'avez qu'à considérer vos élites corrompus comme "étrangers" à la cause nationale et redemander l'indépendance. Mais ceux-là ne partiront pas si facilement car ils n'ont pas pas vraiment de point de chute.
De tweesty
Né 1jour ferié | 17H02 | 20/10/2009 |
Merci pour cette belle prose...
Une seule phrase m'a laissé perplexe:
"Il n'y a plus d'indicateur de chemins de fer. Vous imaginez un pays sans indicateurs."
D'après mes sources, en Tunisie, ce n'est pas ce qui manque les indicateurs même s'ils ne travaillent pas pour les chemins de fer...
En France, ça commence aussi à exister, on propose mêmede les rémunerer.
L'autre aspect problématique que je voudrais soulever, c'est que j'ai l'impression de lire une description de Paris dans une vingtaine d'années. Quand il n'y aura plus de liberté, plus de confiance, plus de travail...
L'exemple que nous montre la Tunisie c'est qu'élire un ex-ministre de l'intérieur est une bien mauvaise chose.
à tweesty
De lioe
berlin | 17H51 | 20/10/2009 |
Bonsoir
Les Tunisiens, eux , ont l excuse de ne pas l´avoir "elu".
Mais que voulez vous? personne n ést parfait.
à tweesty
De bombom
Ingenieur | 22H55 | 20/10/2009 |
Bien dit pour le com et la réplique !
Au lieu que la France (première force d´ingérence et de contrats sous la table au Maghreb) pousse le gouvernement tunisien vers plus de liberté, un VRAI droit humain et une VRAIE stabilité, et beh c´est elle qui rebrousse chemin et va vers l´exemple tunisien: média au service du grand maitre, des actions et des lois "discriminatoires" ou antidémocratiques (quoi qu´on puisse dire et qu´on puisse chanter pour convaincre l´averti des concitoyens), népotisme, élitisme, acquis sociaux de plus en plus bafoués voir tendance vers le néant..etc..
Moi je dis bon courage les français si vous ne faites pas changer la tendance politique actuelle de votre pays (avant qu´il ne soit trop tard)..alors bien venus au club de ceux qui vivent le fantasme de la démocratie.
à bombom
De tweesty
Né 1jour ferié | 07H37 | 21/10/2009 |
On a pu constater les effets de la politique actuelle du gouvernement français avec l'election d'Ali Bongo au Gabon.
La politique française, malgré la rupture annoncée (avec quoi et qui? On se le demande encore...), en Afrique,au nord ou au sud, n'est pas près de changer?
Et ne me demandez pas s'il est trop tard!!!
(1peu soupe-au-lait ce matin...)
De orange
17H42 | 20/10/2009 |
Merci qui...? Merci la France!
De Chamaco
Dans l'ombre | 17H52 | 20/10/2009 |
outre le plaisir de lire ce bon texte, les images qu'il soumet me rappellent celles de rues désertées dans certains pays sous dictature ou engagés dans des conflits.
la plus explicite de ces images est ce chien, désorienté par ces absences humaines. Un chien qui ne peut comprendre ce qui se prépare.
De sadrubal
militant associatif | 18H15 | 20/10/2009 |
je suis sûr que Benbrik ne parle pas de la Tunisie que je connais, celle qui émerge, celle qui se bat pour le bien être de ses citoyens, celle où il fait bon vivre. La Tunisie que tous les rapports internationaux la classent parmi les premiers pays en terme de croissance, la Tunisie dont le monde entier parle en termes laudatifs.
Les 6 millions de touristes qui visitent la Tunisie chaque année ne sont pas d'accords avec Benbrik, puisque ces mêmes touristes reviennent les années suivantes.
Revenant maintenant à la pseudo grève de la faim de 2000. Je peux vous certifier que Benbrik n'a jamais fait un seul jour de grève, ses amis l'ont confirmé à l'époque. Benbrik n'est pas à son premier mensonge, il est passé maître en la matière, il suffit de suivre les pamphlets qu'il écrit. heureusement que les différents médias qui lui ont ouvert leurs colonnes se sont rendus compte de ses magouilles aux relents nauséabonds, et lui ont interdit l'accès. Ses écrits sont polluants intellectuellement, et Rue89 finira certainement par ne plus le publier. Enfin la Tunisie continue à frailler son chemin vers un avenir radieux, les écrits de cet arlequin n'entravent point sa marche, et le pandémonium tant souhaité par Benbrik n'aura jamais lieu en Tunisie.
à sadrubal
De Tchiper
Internaute | 22H07 | 20/10/2009 |
Effectivement, il y a deux "Tunisie". Il y a celle qui baisse le froc devant l'Europe et les touristes en mal d'exotisme et pour laquelle l'Europe ferme les yeux quand il s'agit des droits de l'homme (la France est aux premières loges). Une Tunisie policière qui réprime toute discordance, musèle toute velléité d'opposition démocratique et se livre à tous les trafics. Et puis il y a l'autre Tunisie, celle des femmes et des hommes debout, des contestataires, des laisser-pour-compte et tout ce que compte la Tunisie comme défavorisés.
Que Ben Brik ait fait sa grève ou pas, là n'est pas la question. Son texte demeure un bel hommage à cette Tunisie qui avance.
PS: Il est tout de même surprenant, Sadrubal, (militant associatif j'ai des doutes là-dessus) qu'un cinquième mandat de Ben Ali ne vous inquiète pas outre-mesure. Ils paient bien les services tunisiens pour un commentaire pareil?
à Tchiper
De sadrubal
militant associatif | 09H07 | 21/10/2009 |
Sachez M. Tchiper qu'en ne change pas une équipe qui gagne, au japon les concervateurs ont gouverné pendant plus d'un demi siècle, ça n'a pas empêché ce pays de devenir la deuxième force économique du monde.
Plus proche de nous la droite française a gouverné pendant 23 ans, avant qu'arrive l'alternance.
La Tunisie petit pays par sa superficie et ses ressources naturelles, mais grand par son peuple courageux relève les défis et occupe une place respectable en divers domaines. La démocratistion est inéluctable, on y arrive à notre rythme. Il n'en est pas question d'importer un système quelconque de l'étranger, car la Tunisie, comme disait le président Ben Ali n'est pas un laboratoire.
Enfin le 25 octobre le peuple renouvellera sa confiance au Président Ben Ali, et on verra que la chambre des députés s'enréchirera d'au minimum de 25% de représentants de l'opposition. Ce constat n'aurait pas eu lieu sans la volonté du parti destourien au pouvoir qui, fidèle à son rôle, fera en sorte que la démocratie évoluera au fil du temps, comme il a été aux avants-garde pour la libération de la patrie, de la modernisation de la nouvelle Tunisie et de l'édification du changement apporté par son président Ben Ali le 07 novembre 1987.
Vous remarquez bien que Benbrik, et malgré son salmigondis qui plait à certains, est aux antipodes de la vraie Tunisie.
Enfin, rassurez vous et évitez de m'insulter, je suis un simple acteur de la vie associative et un observateur de la chose publique. Allez vous vous excuser, je compte sur votre sens civique!
à sadrubal
De shillom
13H13 | 21/10/2009 |
Taoufik Ben Brik est un opposant de Ben Ali, vous êtes un partisan, tout est dit.
j'avais été surpris au début des années 2000, quand je m'étais aperçu que l'évocation du nom de Ben Ali déclenchait des querelles même au sein d'un couple de tunisien. A l'époque je venais de lire "Le rire de la baleine", et j'avais beaucoup apprécié cet ouvrage. Mais pour revenir à ce couple :
L'homme n'aimait pas Ben Ali, il voyait en lui le pourfendeur de la liberté d'expression, le destructeur des droits de l'homme. Il faut quand même avouer que nombre d'opposants politiques du personnage sont encore à l'heure actuelle emprisonnés pour avoir osé s'opposer aux décisions du président.
La femme, elle, soutenait Ben Ali, sauveur du pays, fédérateur de la population. Et il est vrai que son action économique a permis à la Tunisie de trouver une place au niveau international.
Les tunisiens sont déchirés par ce président, mais nombre d'opposants n'osent plus s'exprimer ou se féderer... Espérons que vous ayez raison en affirmant que ce pays se dirige à son rythme vers une démocratie. Car c'est déjà un semblant d'aveu.
Enfin, évitez les comparaisons hasardeuses, la droite a été au pouvoir en France durant 25 ans, mais il n'y a pas eu qu'un seul homme à la tête du pays...
Pour conclure, je ne me contente pas de la pseudo réussite économique d'un pays pour juger de la réussite de sa politique.
à shillom
De sadrubal
militant associatif | 13H47 | 21/10/2009 |
Dans votre texte vous dites "il est vrai que l'action économique de Ben Ali a permis à la Tunisie de trouver une place au niveau international". C'est tout a fait normal que vous l'avouez puisque les preuves sont là.
Plus loin vous qualifiez cette réussite de "pseudo réussite". Là vous mentez, puisque les preuves sont là comme cité ci-dessus.
J'appelle çà de la mauvaise intention et des attaques gratuitesde votre part.
Concernant la démocratisation, ce n'est pas moi qui le dit, mais le président Ben Ali lui même qui disait "nous avons beaucoup fait et il reste encore plus à faire". On a jamais prétendu que tout va très bien en Tunisie, au contraire nous cherchons toujours les lacunes afin de les corriger.
Sachez qu'en France, pays que je respecte et qui est connu pour sa vie démocratique bicentenaire nous entendons, malheureusement à l'occasion des élections, que des entraves et des ramifications peu démocratiques viennent entacher le scrutin. Rappelez vous à Marseille, il n'y a pas longtemps un colleur d'affiche lors d'une campagne des législatives s'est fait assassiner froidement.
Ce que je souhaiterai, c'est qu'on s'unisse tous pour faire avancer les choses ensemble. Lire et approuver Ben brik et certains pamphlétaires qui distillent des contres vérité, c'est s'associer à leurs vils desseins qui tendent à saper les espoirs des tunisiens. Une chose est sûre, ces bandits aux plumes trempées dans le venin n'arriveront jamais, jamais à entraver la marche de la Tunisie vers un avenir radieux initié par Ben Ali, aidé en cela par les vrais compatriotes dont je fais partie et j'en tire une fierté sans limite..
à sadrubal
De shillom
10H41 | 22/10/2009 |
Pourtant, en ouvrant le livre de Ben Brik, j'y ai lu beaucoup d'espoir, d'amour de l'Humain, beaucoup de petits rien sublimés par sa plume. Comme dans le texte qu'il a proposé à Rue89.
Je ne vois nul venin ici, nulle contre-vérité, pour moi la vérité n'existe pas plus que le consensus. Et puis, il sait pertinemment qu'il ne doit pas aller plus loin que la description de faits, sous peine d'être à nouveau en situation d'exil politique.
Alors pourquoi tant de haine ?
à sadrubal
De lecorbeau
etudiant | 18H51 | 22/10/2009 |
C'est la corruption ainsi que le manque de culture qui sont le véritable cancer de la Tunisie. Ce que personne ne peut nier.
à Tchiper
De penseretagir
penseretagir.blogspot.com | 10H47 | 21/10/2009 |
Contrairement à ce que vous pensez, il y a bcp de gens qui soutiennent Ben Ali. Sur le terrain, l'opposition est dispersée et faible. Elle se concentre sur des sujets qui sont du niveau des "sentiments" (droits de l'homme, liberté d'expression, etc.) alors que les électeurs veulent du CONCRET !
Pas besoin d'être payé pour défendre ses idées...
à Tchiper
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 15H52 | 24/10/2009 |
Sadrubal milite dans l'association des miliciens de Ben Ali sans doute
à sadrubal
De getzo
Jazz | 10H07 | 21/10/2009 |
Vous plaisantez je suppose : les touristes qui reviennent c'est pour le sexe UNIQUEMENT. J'en ai vu des vieilles françaises toutes fripées avec de jeunes tunisiens de 24/25 ans.
Quand j'ai parlé à des jeunes à Jerba, Tunis ou Monastir, tous n'avaient qu'une envie : pécho une fransaouia (française) et venir en France.
à getzo
De penseretagir
penseretagir.blogspot.com | 10H50 | 21/10/2009 |
Voilà où nous en sommes: condamner la victime du tourisme sexuel et faire supporter à la gouvernance locale le crime du touriste !!!.. où va-t-on ?
à sadrubal
De puçon77
amiedelatunisie | 09H11 | 22/10/2009 |
si la situation de la Tunisie actuelle est si bien, dites moi pourquoi les jeunes tunisiens essayent par tous les moyens de venir en Europe pour trouver une vie meilleure, quand je dis par tous les moyens j'inclus l'arnaque aux sentiments envers les jeunes filles europèennes.
C'est un beezness en extension qui fait de plus en plus de victimes.
La Tunisie est un merveilleux pays pour les touristes, tout est fait pour eux mais c'est pas la vraie vie !!!!!!
un jour un guide m'a dit mi sérieux mi blaguant , vous les français c'est Sarkosy pour 5 ans nous c'est Ben Ali pour la vie !!!!!!!!!!
à puçon77
De sadrubal
militant associatif | 11H02 | 23/10/2009 |
Très bonne question! On n'a jamais prétendu que la Tunisie est aussi dévelopée que la France, vous savez que les jeunes vivant en France quand ils rentrent avec des belles voitures et suffisament d'argent de poche, cela suscite un peu la convoitise des jeunes tunisiens; Et puis un jeune est toujours enclin au voyage, il veut voir autre chose, il veut changer d'air. J'ai vu pas mal de jeunes français s'installer à Djerba en ouvrant des commerces comme la location de quad ou des sports nautiques, cela ne veut pas dire qu'il sont dans le besoin en France, mais ils font ça pour changer un peu d'atmosphère;
En Tunisie il ya 10 millions d'habitants, si 10 ou 15 milles jeunes souhaitent emmigrér, ce n'est pas très important par rapport au nombre d'habitants;
Je compreds que s'aventurer de cette façon est très dangereux, le gouvernement tunisien fait tout pour empêcher des jeunes de le faire, et à chaque fois on accuse ce même gouvernement d'entrave à la liberté de circulation.
Ce phénomène n'est pas propr à la Tunisie, tous les jeunes du tiers monde veulent venir en europe;
Enfin je persiste et signe qu'en Tunisie, il fait bon vivre, et ceux qui veulent vraiment travailler et investir peuvent le faire. Sachez qu'une papoplie de mesures d'encouragement des jeunes à investir est déployé par l'état, je cite notamment les micro-crédits enre autres. Bien sùr, je compare la Tunisie aux pays semblables en situation géopolitique et économique, il va sans dire que la tunisie s'en sort beaucoup mieux que certains pays voisins qui ont des ressources naturelles énormes, alors que la Tunisie n'a de richesse que ses hommes et femmes et ce n'est pas rien.
Encore merci de vous intéresser à la Tunisie, vous qui êtes "l'ami de la Tunisie" mais surtout ouvrez l'oeil et ne pas tomber dans les tromperies de certaines persones qui se disent tunisiennes et en réalité roulent pour les ennemis de la tunisie et qui ont d'autres agendas qu celle de l'intérêt de notre chère Tunisie
à sadrubal
De Thucydide
Bêcheur de fond en Bourbonnais | 15H47 | 24/10/2009 |
Être touriste c'est une chose, être citoyen en est une autre et je me souviens de ces horribles années 70 où des touristes vantaient les merveilleuses plages et les super hôtels d'Haïti ou il faisait si bon se vautrer sur les rivages...
bien à l'abri derrière des grillages qui interdisaient au vilain peuple de troubler la sérénité des vacanciers si bons payeurs.
Vous m'excuserez, mais ne voir de la Tunisie que les hôtels d'Hammamet ou les belles demeures de Sidi Boussaïd, c'est un peu restrictif, non ?
Le tourisme est une industrie sans aucune valeur en termes de développement, puisqu'elle consiste essentiellement à compter sur l'activité et la réussite, donc l'argent, des autres.
Ne pas trop non plus se fier aux jugement des touristes : Les voyages sont le vertige des couillons, disait joliment Céline.
Enfin pour ce qui est des relents nauséabonds, vous devriez tremper votre plume dans du déodorant.
De Erato
En ouverture de conscience | 18H56 | 20/10/2009 |
Article décidément très intéressant ... et comme dit plus haut, d'une très belle plume. Je ne savais pas que la Tunisie était dans un tel état ... Merci de dépasser la presse ordinaire, de ne pas nous donner d'infos prémachées comme eux !
De beuhrète
parent désenfanté par l'irresponsab... | 21H48 | 20/10/2009 |
« Si on ne dit pas la vérité, on dégoûte. Si on la dit, on est lapidé. Que faire ? »
Voltaire
Que ce passe t-il dans ce petit coin de paradis ? S’agit-il d’un accès de masochisme qui frappe les Tunisiens ? Chaque grève de la faim est annonciatrice d’une autre. Cette démarche non-violente qui consiste à engager son propre corps, sa propre vie a touché des Tunisiens de tous les horizons : des prisonniers, des avocats, des journalistes, des étudiants, des chômeurs, des ouvriers... Là grève de la faim est devenue l’ultime recours de ceux qui n’ont pas de recours contre l’oppression, la grisaille et la mort lente.
Le répertoire gandhien est-il devenu le seul recours des « desperados » ?
Je veux essayer de sédentariser mes idées nomades afin de décrypter ce tableau famélique.
Le régime de Ben Ali a jusqu’ici tenté de séduire ses alliés occidentaux en fredonnant la rengaine de « la lutte contre le terrorisme ». Il a réussi à installer un gangstérisme d’Etat dont la seule devise est de liquider tous les témoins pour perpétrer ses crimes à huis clos.
Voir ce lien http://www.amnesty.org/fr/region/tunisie
De marisof
que dire... | 09H48 | 21/10/2009 |
J'habite en tunisie depuis dix ans, il y a certainement beaucoup de choses qui ne vont pas comme dans beaucoup de pays, mais je n'ai pas reconnu ce beau pays dans cet article qui est vraiment sordide et qui exprime surtout beaucoup de rancœur.
J'habite dans la banlieue sud de Tunis (juste à côté de Radés, tiens!) plus populaire, certes, mais plus chaleureuse. Les gens sont accueillants, les rues sont pleines de vie, les enfants jouent encore au foot devant chez eux avec quatre cailloux en guise de buts, mes enfants peuvent rentrer à pieds de l'école en toute sécurité.
Moi qui vis ici, je ne vois pas de tunisie triste, noire et apeurée, je vois une tunisie chaleureuse, lumineuse qui malgré la corruption du régime en place garde malgré tout une douceur de vivre simple.
Il y a, c'est vrai, des points noirs, mais pas plus qu'ailleurs et surtout pas moins que la France (puisque je peux comparer). Ce ne sont peut-être pas les mêmes, mais en pesant le pour et le contre, il est beaucoup plus agréable de vivre ici que là-bas ! N'en déplaise à à monsieur Ben Brick et à tous ceux qui font passer ce beau pays pour ce qu'il n'est pas.
De Fred.H
10H10 | 21/10/2009 |
"Errance littéraire", dites-vous. En effet, ce Taoufik démarre très fort : "Le vendredi 13 octobre 2009 fit ainsi son entrée à Tunis...".
C'est vraiment la crise, même dans les calendriers !