18/10/2009 à 18h27

Le « narcomusée » de Mexico, grand bazar du trafic de drogue


Pistolets en or, pyjamas anti-balles et peluches remplis de drogue... une reconstruction complète de l'univers des narcotrafiquants mexicains se cache dans un narcomusée installé au cœur du ministère de la Défense.

En temps normal, seuls les militaires ont accès à l'exposition du « museo de Enervantes », mais le quotidien El Universal a profité il y a quelques jours d'une visite extraordinaire. Leur guide : le capitaine Claudio Montane, qui a précisé aux journalistes la raison d'être de cette collection :

« L'objectif de ce musée est totalement didactique, il permet à nos soldats de se donner une idée de la complexité du monde des narcotraficants, pour ensuite aller s'y confronter sur le terrain. »

Un musée plus grand encore que celui de la DEA, à Washington

Mieux connu par les Mexicains comme le « narco-museo », l'établissement a été créé en 1985, et depuis, les informations rassemblées n'ont cessé d'évoluer. (Voir la vidéo, en espagnol)

Le musée de la Drogue de Mexico est plus vaste encore que celui de l'agence antidrogues américaine (la DEA), basé à Washington, et se veut un symbole de la lutte qui mène l'armée mexicaine contre le narcotrafic, un conflit qui déchire le pays depuis des années.

Doris Gomora, journaliste de El Universal, décrit aussi le « mur d'honneur » qui clot l'exposition et rend hommage aux militaires morts dans ce combat depuis 1976 : 625 à ce jour, dont 122 depuis l'arrivée au pouvoir de Felipe Calderon en juillet 2006.

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Le narcotrafic : 2 kg d'héroïne dans chaque fesse

On le voit dans la vidéo, les « narcos » font preuve d'une imagination sans limites quand il s'agit de transporter leur marchandise à petites doses par les aéroports : ils se déguisent en femme enceinte ou se soumettent à des opérations chirurgicales douloureuses pour transporter 2 kg d'héroïne dans chaque fesse...

Des objets de toute sorte ont déjà servi à cacher de la drogue : des tableaux de la vierge de Guadeloupe, des poupées en peluche, des animaux disséqués, et même des « quesadillas », tortilla de maïs garnie -habituellement- de fromage.

La suite : la narcovoiture, équipée comme celle de James Bond

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La narcovoiture, équipée comme celle de James Bond

Capturer un « narco » motorisé n'est pas chose facile pour les militaires : ils se baladent sur des pick-ups dignes de James Bond. Equipés d'imposants pare-buffle, ils sont livrés avec un dispositif qui permet aux pneus de continuer à rouler même si une balle vient à les crever.

L'ensemble de la carrosserie et toutes les fenêtres sont blindés contre tout type de munitions, y compris celles de fusils d'assaut comme la Kalachnikov. Des réservoirs sont dissimulés dans la structure, qui permettent de libérer du gaz lacrymogène, de répandre de l'huile, de projeter un rideau de fumée ou encore de disperser des clous et des punaises sur la chausser.

La suite : les narco-armes, en or et siglées Versace

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Les narco-armes, en or et siglées Versace


Un pistolet doré appartenant à un trafiquant de drogue

Ça fait longtemps que le crime organisé ne fait plus profil bas au Mexique... Les trafiquants sont ainsi prêts à payer des sommes exorbitantes pour des armes personnalisées, qui leur permettent d'affirmer leur identité et font la preuve de leur pouvoir.

Parmi les cinquante armes courtes exposées dans les vitrines du musée se trouvent un pistolet calibre 38-super, plaqué or et incrusté de 389 zircons et 22 émeraudes. Il a été soigneusement marqué avec les initiales de son ex-propriétaire : Amado Carrillo Fuentes, dit « le Seigneur des cieux », mort pendant une opération de chirurgie plastique destinée à lui changer le visage.

Un petit détail montre que la marque Versace plaît beaucoup dans ce monde amateur de bling bling : deux armes portent le logo de cette enseigne, en or !

La suite : les narco-accessoires, gabardine blindée et pyjama pare-balles

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Les narco-accessoires : gabardine blindée et pyjama pare-balles


Les couloirs du musée sont remplis de bijoux, au propre comme au figuré. On y trouve par exemple un téléphone portable en or et diamants dont le prix est estimé à 10 000 dollars, et qui appartenait à Daniel Perez Rojas, récemment renvoyé au Mexique après avoir été capturé au Guatemala.

Des tenues plutôt excentriques sont affichées, telle une gabardine blindée, un pyjama pare-balles et un blouson de l'armée américaine, blindé lui aussi, qui appartenaient à Osciel Cardenas.

L'ex-leader du Cartel du Golfe est connu comme le « tueur d'amis », pour avoir assassiné un de ses proches, Salvador Gómez Herrera, afin d'obtenir le contrôle du cartel.

La suite : la narcomusique, composée sur mesure

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La narcomusique, composée sur mesure

Le musée compte avec une petite discothèque des « narcocorridos ». Ce sous-genre musical place les narcotraficants comme des figures mythiques, en narrant les épisodes de leur vie comme leurs relations avec les femmes, les sanguinaires règlements des comptes ou les affrontements contre l'armée.

De nos jours, les narcotrafiquants payent cher les musiciens locaux pour qu'ils leur composent un narcocorrido personnalisé. (Voir la vidéo)

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  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 18h39 le 18/10/2009
    • Internaute
      parmi nous autres.

    .

    ça pousse vite à décrocher cette façon de diviser certains articles...

    C'est pour augmenter la consommation ?

    .

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 19h02 le 18/10/2009
    • Internaute
      parmi nous autres.

    .

    Accordéon, basse, guitare, petite moustache, santiag et grand chapeau, le corrido a l'air folklo. Mais il est toujours vivant tout au long de la frontière, de l'autoradio au bordel, les corridos chantent les exploits héroïques, les destins pathétiques, les amours tragiques.
    Autant de chroniques chantées d'une étonnante vivacité qui racontent, bercent et enchantent... : Lien

    .

  • patrick du 14-
    • Posté à 20h39 le 18/10/2009
  • Unglorious worker
    Unglorious worker
    sceptique à temps partiel
    • Posté à 21h06 le 18/10/2009
    • Internaute
      sceptique à temps partiel

    Du bling-bling, une certaine forme de paranoïa, la bonne habitude de descendre ses amis, des louanges écrites sur mesure, des gros moyens de protection bien voyants... Et si la vraie vocation de notre président était d'être un narcotrafiquant, finalement ?

  • Alt-Z
    Alt-Z
    Youpikaï et banzrra
    • Posté à 22h15 le 18/10/2009
    • Internaute
      Youpikaï et banzrra

    Ils facturent combien la customisation de l'arme, chez Versace ?

  • Job
    Job
    • Posté à 00h16 le 19/10/2009
    • Internaute

    « De nos jours, les narcotrafiquants payent cher les musiciens locaux pour qu'ils leur composent un narcocorrido personnalisé. »

    Vous auriez pu mentionner aussi que les groupes musicaux Norteños qui composent ces chansons payent aussi de leur vie quand la chanson est mal prise par le chef d'un cartel ennemi...

  • mauser
    • Posté à 08h24 le 19/10/2009
    • Internaute

    Si vous pouvez visitez le musée des douanes française tout n'y est pas que sur la drogue mais il y a de belles pièces utilisées pour les cours des éléves.
    Vous avez aussi un musée clos au publique au quai des orfèvres avec une salle d'armes à couper le souffle.
    Pour la voiture à 007 fouillez dans les faits diver des annèes 60-70 a propos d'un trafiquant de calva en normandie ou bretagne ?

  • matgille
    matgille
    ( )
    • Posté à 19h58 le 19/10/2009
    • Internaute
      ( )

    Sur la chausser ?

    Moi, c'est du 43.

    ...

    =)

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 22h28 le 19/10/2009
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    Et en sortant, n'oubliez pas de passer à la très jolie boutique du musée...