Le « narcomusée » de Mexico, grand bazar du trafic de drogue
Pistolets en or, pyjamas anti-balles et peluches remplis de drogue... une reconstruction complète de l'univers des narcotrafiquants mexicains se cache dans un narcomusée installé au cœur du ministère de la Défense.
En temps normal, seuls les militaires ont accès à l'exposition du « museo de Enervantes », mais le quotidien El Universal a profité il y a quelques jours d'une visite extraordinaire. Leur guide : le capitaine Claudio Montane, qui a précisé aux journalistes la raison d'être de cette collection :
« L'objectif de ce musée est totalement didactique, il permet à nos soldats de se donner une idée de la complexité du monde des narcotraficants, pour ensuite aller s'y confronter sur le terrain. »
Un musée plus grand encore que celui de la DEA, à Washington
Mieux connu par les Mexicains comme le « narco-museo », l'établissement a été créé en 1985, et depuis, les informations rassemblées n'ont cessé d'évoluer. (Voir la vidéo, en espagnol)
Le musée de la Drogue de Mexico est plus vaste encore que celui de l'agence antidrogues américaine (la DEA), basé à Washington, et se veut un symbole de la lutte qui mène l'armée mexicaine contre le narcotrafic, un conflit qui déchire le pays depuis des années.
Doris Gomora, journaliste de El Universal, décrit aussi le « mur d'honneur » qui clot l'exposition et rend hommage aux militaires morts dans ce combat depuis 1976 : 625 à ce jour, dont 122 depuis l'arrivée au pouvoir de Felipe Calderon en juillet 2006.
Le narcotrafic : 2 kg d'héroïne dans chaque fesse
On le voit dans la vidéo, les « narcos » font preuve d'une imagination sans limites quand il s'agit de transporter leur marchandise à petites doses par les aéroports : ils se déguisent en femme enceinte ou se soumettent à des opérations chirurgicales douloureuses pour transporter 2 kg d'héroïne dans chaque fesse...
Des objets de toute sorte ont déjà servi à cacher de la drogue : des tableaux de la vierge de Guadeloupe, des poupées en peluche, des animaux disséqués, et même des « quesadillas », tortilla de maïs garnie -habituellement- de fromage.
► La suite : la narcovoiture, équipée comme celle de James Bond
La narcovoiture, équipée comme celle de James Bond
Capturer un « narco » motorisé n'est pas chose facile pour les militaires : ils se baladent sur des pick-ups dignes de James Bond. Equipés d'imposants pare-buffle, ils sont livrés avec un dispositif qui permet aux pneus de continuer à rouler même si une balle vient à les crever.
L'ensemble de la carrosserie et toutes les fenêtres sont blindés contre tout type de munitions, y compris celles de fusils d'assaut comme la Kalachnikov. Des réservoirs sont dissimulés dans la structure, qui permettent de libérer du gaz lacrymogène, de répandre de l'huile, de projeter un rideau de fumée ou encore de disperser des clous et des punaises sur la chausser.
► La suite : les narco-armes, en or et siglées Versace
Les narco-armes, en or et siglées Versace
Ça fait longtemps que le crime organisé ne fait plus profil bas au Mexique... Les trafiquants sont ainsi prêts à payer des sommes exorbitantes pour des armes personnalisées, qui leur permettent d'affirmer leur identité et font la preuve de leur pouvoir.
Parmi les cinquante armes courtes exposées dans les vitrines du musée se trouvent un pistolet calibre 38-super, plaqué or et incrusté de 389 zircons et 22 émeraudes. Il a été soigneusement marqué avec les initiales de son ex-propriétaire : Amado Carrillo Fuentes, dit « le Seigneur des cieux », mort pendant une opération de chirurgie plastique destinée à lui changer le visage.
Un petit détail montre que la marque Versace plaît beaucoup dans ce monde amateur de bling bling : deux armes portent le logo de cette enseigne, en or !
► La suite : les narco-accessoires, gabardine blindée et pyjama pare-balles
Les narco-accessoires : gabardine blindée et pyjama pare-balles

Les couloirs du musée sont remplis de bijoux, au propre comme au figuré. On y trouve par exemple un téléphone portable en or et diamants dont le prix est estimé à 10 000 dollars, et qui appartenait à Daniel Perez Rojas, récemment renvoyé au Mexique après avoir été capturé au Guatemala.
Des tenues plutôt excentriques sont affichées, telle une gabardine blindée, un pyjama pare-balles et un blouson de l'armée américaine, blindé lui aussi, qui appartenaient à Osciel Cardenas.
L'ex-leader du Cartel du Golfe est connu comme le « tueur d'amis », pour avoir assassiné un de ses proches, Salvador Gómez Herrera, afin d'obtenir le contrôle du cartel.
► La suite : la narcomusique, composée sur mesure
La narcomusique, composée sur mesure
Le musée compte avec une petite discothèque des « narcocorridos ». Ce sous-genre musical place les narcotraficants comme des figures mythiques, en narrant les épisodes de leur vie comme leurs relations avec les femmes, les sanguinaires règlements des comptes ou les affrontements contre l'armée.
De nos jours, les narcotrafiquants payent cher les musiciens locaux pour qu'ils leur composent un narcocorrido personnalisé. (Voir la vidéo)
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ça pousse vite à décrocher cette façon de diviser certains articles...
C'est pour augmenter la consommation ?
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