Malgré la semaine agitée de l'UMP, l'ex-judoka David Douillet remporte la législative partielle des Yvelines avec 52% des voix.

Les résultats
Vers 22h15, David Douillet fait son entrée au centre de diffusion artistique (CDA) de Poissy dans une cohue indescriptible, entouré du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, et de la tête de liste UMP aux régionales, Valérie Pécresse.
Longue traversée de la grande salle sous forme de bousculade généralisée, niveau sonore digne d'un soir de victoire au stade de France. Les hourras des partisans de David couvrent largement les huées de ceux qui crient encore « Frédérik, Frédérik ! » Frédérik Bernard, le socialiste battu, est dans le coin gauche de la salle.
Avec Pécresse et Bertrand, Douillet monte sur l'estrade, et leurs silhouettes se strient du tableau de résultats projeté derrière eux. « C'est votre victoire, c'est votre victoire ! », commence le massif nouveau député des Yvelines :
« J'ai dit que je me battrai pour cette circonscription, je le ferai dès demain, je le ferai pour vous ! »
A la fin de sa brève allocution, la foule entonne « La Marseillaise ». (Voir la vidéo.)
Les résultats sont désormais confirmés : Douillet l'emporte avec 52,1% des voix, la participation s'est élevée à 33,7%, contre 30% au premier tour. Il a reçu un coup de fil de félicitations du Président Sarkozy.
Le maire PS de Poissy, Frédérik Bernard, était arrivé vers 22 heures dans cette même salle, qui centralisait les résultats de la législative partielle de la 12e circonscription des Yvelines. Il avait reconnu sa défaite, sans ménager ses alliés MoDem de la majorité municipale qui n'avaient pas donné de consigne de vote :
« Je vais continuer à me battre pour ma ville […] En plus, à voir toutes ces caméras, c'est pas mal, je vais rentrer dans l'histoire. […] Ce n'est pas une élection législative qui est importante, ce qui est important, c'est la vie quotidienne des gens […], et aujourd'hui, ils sont vraiment, pour une grande majorité, en difficulté. » (Voir la vidéo)
Le dépouillement avait commencé à 20 heures précises, sous l'oeil scrutateur de nombreuses caméras : au CDA, on comptait alors plus de journalistes que de Pisciacais (les habitants de la ville).
Une lampe de camping était posée sur chaque table de dépouillement, afin d'éviter toute fraude en cas de coupure d'électricité.
Dès 20h50, les résultats du bureau 20, celui qui se trouvait dans le CDA, au sein d'un quartier populaire de Poissy, donnaient Frédérik Bernard en tête avec 52% des voix.
A 21h45, le camp UMP commençait déjà à se réjouir, à voix basse. Un homme passant près de moi murmurait à une femme : « C'est bon, c'est gagné : 52-48 pour nous. »

L'enjeu
Le précédent député de cette circonscription de droite et ex-maire UMP de Poissy pendant 25 ans, Jacques Masdeu-Arus, avait été déchu en août par le Conseil constitutionnel après sa condamnation à dix ans d'inégibilité dans une affaire de pots de vin qui a aussi concerné l'ex-ministre et député Pierre Bédier.
Mais depuis une semaine, l'enjeu du vote était devenu national. Dans son désormais fameux entretien au Figaro de vendredi, le président de la République avait fait de la législative partielle de ce dimanche un scrutin test, avec cette simple évocation non sollicitée par une question des journalistes :
« Notre candidat David Douillet a fait 45% au premier tour dimanche dernier. J'en tire la conclusion qu'il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique […] avec la réalité de la société française. »
Frédérik Bernard avait reçu la visite du président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et le soutien de Ségolène Royal (en vidéo). Il espérait bénéficier des effets de la polémique sur Jean Sarkozy, naissante au moment du premier tour.
Douillet n'était pas inquiet des polémiques à droite, qu'il juge trop parisiennes
Dimanche dernier, David Douillet avait en fait rassemblé 44% des suffrages, contre 22% à Frédérik Bernard, qui misait sur les reports de voix de gauche (15% pour les écologistes et 4,9% pour le Parti de gauche) pour l'emporter. Il espérait aussi rallier les votes du MoDem (7,7%), dont le candidat a choisi la neutralité.
Dans un entretien accordé au Monde.fr, l'ancien champion olympique de judo avait estimé que les récentes polémiques ayant affecté la majorité, et notamment celle de l'Epad, ne joueraient pas dans le scrutin. Il les qualifiait de « politique politicienne qui n'intéresse que les journalistes et les Parisiens ».
Frédérik Bernard, lui, avait fustigé une « présidence monarchisée », et qualifié la candidature Douillet de « fait du prince ».
Photos : David Douillet à Poissy après sa victoire à la législative partielle ; fin du vote dans un des bureaux de Poissy ; dépouillement (Augustin Scalbert/Rue89).




















8
De anini
enseignante | 22H19 | 18/10/2009 |
J'ai eu l'honneur de recevoir une lettre timbrée à mon nom entre les deux tours de la part de Douillet !
Chaque habitant de mon village a eu la même ,timbrée ,oh, dérision ,avec une photo représentant : le petit Nicolas ! (le film ! )
Texte : j'ai besoin de vous pour porter haut les valeurs de respect , d'effort , de mérite ,de solidarité !
Après avoir tout reçu de la part de la France,j'ai aujourd'hui la profonde volonté d'être à mon tour ,à votre service !
Manquait plus que l'hymne national ! ….
Français de ma région ,vous avez bien obéi , moi ,j'en pleure !
De padiran
Chroniqueur mondain | 22H25 | 18/10/2009 |
.Sa reconvertion en homme d'affaire a donné lieu à une faillite de sa société de transport de sportifs de hauts niveaux avec abus de biens sociaux. Qu'a cela ne tienne, une loi a permis à Guy Drut, Jean-François Lamour et DD l'extinction des poursuites.
Dans le cas de DD, le champion de judo est éclaboussé par une affaire de complicité et recel de banqueroute par détournement d'actifs de la société Travelstore dont il détenait 21% du capital.
C'est pas beau la droite décompléxée !
De alberich 84604
fumiste | 23H07 | 18/10/2009 |
Je ne sais pas pourquoi tu cherches querelle. L'amnistie fait, de mon point de vue, partie des droits de l'homme.
Les critères de certaines amnisties peuvent être critiqués, comme celle que tu évoques où je suis parfaitement d'accord avec toi, mais une fois qu'elles sont accordées elles emportent leur pleins effets et il n'y a pas lieu d'y revenir.
Tel est mon propos, ni plus ni moins.
De Liger
liger.amsud.net | 23H22 | 18/10/2009 |
J'annule immédiatement mes vacances à Poissy !
UMP pé pé
Judoka ka ka
à Poissy si si
quel dépit pi pi !
(oui, le judo ça m'inspire…)
De gillou69
Technicien | 23H40 | 18/10/2009 |
Baser une élection locale sur ce genres d'arguments, présidence monarchisée et de « fait du prince ».c'est vraiment nul.Le ps devient vraiment à chier, je ne regrette pas d'en être parti.36% de votant, dans 3 ans c'est la débacle.
De N.Ivanov
voix de la Transpoutpanie | 23H45 | 18/10/2009 |
Sarkozy avait beau jeu de parler de test au propos de cette élection qui s'annonçait très bien après le 1er tour. Ce tour de force est digne de sa rhétorique habituelle.
L'électorat UMP, s'il en croit son chef, peut-être rassuré, le test est passé. Mais avec 44% au 1er tour, qui en doutait ?
D'ailleurs, une victoire à « Poissy », avec 33% de votants, reposant sur le capital sympathie d'une personnalité médiatique, qu'est ce que ça vaut ?
Le président de tout l'UmPitres s'est intéressé de prêt à ce scrutin !
Bertand et Pécresse ont accompagné le soldat Douillet pour sa victorieuse sortie médiatique ?
Ils flippent ! Ils vont bientôt se prendre les pieds dans le tatami, ce ne sera pas douillet, et ils le savent.
De Humain
00H28 | 19/10/2009 |
C'est mal barré pour la gauche pour les régionales…
Dommage !
On va tous se battre commes des chiffoniers et l'UMP va encore récupérer la mise…
Gloup !
De jojomigrateur
Photojournaliste | 01H16 | 19/10/2009 |
La prochaine fois, ses adversaires n'ont qu'à présenter face à lui un beau jeune homme, encore plus grand, encore plus costaud que David Douillet… Un sportif qui pourrait être un athlète de couleur… Bref… un certain Teddy Riner… ! : )
Why not ?