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Les tabloids anglais piégés par de fausses stars liposucées

L'opération de chirurgie esthétique de Hugh Grant, les cheveux d'Amy Winehouse qui prennent feu : les tabloids anglais étaient prêts à payer très cher pour ces scoops complètement bidons. En caméra cachée, le documentaire « Starsuckers » a piégé ces journalistes prêts à tout pour épater le lecteur. Au-delà de la presse de caniveau, c'est à la culture people dans son ensemble que s'attaque le film.

« Starsuckers » ne sortira que le 30 octobre en Grande-Bretagne, mais le film provoque déjà des remous après la mise en ligne d'extraits sur le site du Guardian. Le réalisateur, Chris Atkins, explique qu'il a voulu dévoiler comment les médias exploitent et alimentent la curiosité malsaine du public.

En piégeant les tabloids, Chris Atkins a voulu voir « jusqu'où ils étaient prêts à aller ». Assez loin, comme le montrent les séquences tournées en caméra cachée.

Starsuckers (DR)

Cliquez sur l'image pour voir les extraits sur le site du Guardian

Le piège : une amie de Chris Atkins travaillant dans une clinique de chirurgie
esthétique lui aurait fourni des documents sur les opérations subies
par des stars comme Hugh Grant ou Ricky Gervais, vedette de la série « The Office ».

Trois tabloids ont été immédiatement séduits par ce faux scoop : News of the World (qui tire à plus de 3 millions d'exemplaires), le Sunday Mirror (1,2 million d'exemplaires) et The People (580 000 exemplaires).

Chris Atkins s'est vu proposer 3 000 livres (3 245 euros) pour chaque scoop, et jusqu'à 80 000 livres (86 500 euros) s'ils permettaient de publier une série d'articles sur plusieurs jours. Et qu'importe si la publication de renseignements médicaux est formellement interdite par la Press Complaints Commission, l'organisme professionnel chargé de veiller au respect de l'éthique.

Chris Atkins ne s'est pas arrêté là. Il a aussi contacté plusieurs rédactions pour leur fournir des infos inventées de toutes pièces et parfois farfelues, comme l'incendie des cheveux d'Amy Winehouse. Des tuyaux rémunérés 600 livres (650 euros), et repris un peu partout dans la presse et sur le web.

Ceci dit, les journaliste appâtés par les faux scoops sur la clinique de chirurgie esthétique ont demandé à Chris Atkins de se procurer le registre de l'établissement et les rapports médicaux, sans doute pour vérifier leurs informations. Comme quoi un peu de conscience professionnelle surnage encore dans leur caniveau.

4 commentaires sélectionnés

Portrait de Mister Massacre

De Mister Massacre

._. | 11H53 | 16/10/2009 | Permalien

Quand on donne au public ce qu'il demande (le Sun est numero 1 en Angleterre) on se retrouve dans le caniveau. Triste mais il n'y a pas vraiment de « solution » a probleme issu de la nature humaine.

Portrait de Gom

De Gom

12H03 | 16/10/2009 | Permalien

 ». Comme quoi un peu de conscience professionnelle surnage encore dans leur caniveau. »

A peine, il y en a tout de même un des trois, qui dit, sauf erreur, qu'ils essaient autant que possible de publier les documents, comme quoi même sans ça.

Mais bon ça n'étonne personne.

Cela dit j'aimerai bien savoir ce qu'en pense les 3 journalistes interviewés qui sont reconnaissables par tout le monde : D

Portrait de Simple-Mind

De Simple-Mind

vivant | 13H22 | 16/10/2009 | Permalien

non
je ne sais pas « comme vous » et je suis en total désaccord avec votre vision élitiste
on peut parfaitement lire « capital » et « voici » ce n'est pas incompatible
tout comme on peut regarder un match de foot et une émission littéraire

ne vous arrive t il jamais de manger dans un fast food ?

votre monde serait si étroit qu'il ne laisse aucune place à la légèreté ?

Portrait de François Krug

De François Krug (auteur)

Eco89 | 14H02 | 16/10/2009 | Permalien

La direction de News of the World a répondu au Guardian que leur journaliste a suivi la procédure habituelle et respecté les règles fixées par la commission d'éthique de la presse (Press Complaints Commission)… Les autres journaux n'ont pas répondu au Guardian. Il faut aussi noter que le réalisateur avait contacté un autre tabloid, le Sunday Express, qui n'a pas souhaité le rencontrer… justement, en expliquant que la commission d'éthique interdisait ce genre de choses.

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