Pourquoi ça marche 15/10/2009 à 11h22

Facebook : Paf le Chien ou le triomphe du coup de pied au cul


C'est un jeu simple comme un coup de pied au cul et Paf le Chien est devenu la première application francophone de Facebook. Rien à faire si ce n'est un bon coup de savate pour envoyer un chien le plus loin possible en rebondissant sur des poules gloussantes. Et c'est aussi addictif qu'un bol d'amandes salées à l'apéritif (quand on voit les vidéos d'astuces de lancers sur Youtube, on ne se sent pas les plus drogués).

Le jeu a été développé par l'entreprise Adictiz, une petite boîte de Villeneuve d'Asq dans le Nord, montée au printemps dernier.

Charles Christory, son cofondateur, a 23 ans. Il n'avait certainement pas imaginé un tel succès. Surprise, trois jours après le lancement de Paf le chien, 100 000 personnes avaient tapé dedans. Un succès qui a immédiatement confronté ses développeurs à des problèmes de gestion de serveurs.

Une semaine plus tard, Paf le Chien atteignait un million de joueurs.

A présent, il en est à 4,8 millions d'utilisateurs actifs par mois (sachant que le jeu n'a que trois semaines), ce qui en fait déjà la première appli française sur Facebook (Farmville, la première appli américaine, est à 150 millions d'utilisateurs mensuels).

Prendre et lâcher tout de suite

Le succès du jeu ? Charles Christory cite plusieurs principes. La simplicité du concept : « C'est drôle de taper dans un chien » (ça n'engage que lui). La « pensée commune » : « Paf le Chien » fait référence à une blague connue. Quand un internaute voit les mots Paf le Chien, « il va voir ».

D'où l'élément suivant : la simplicité d'accès. Pas d'inscription compliquée, d'écrans successifs, on joue immédiatement. « On a évité de rentrer dans un système complexe » résume Charles Christory :

« Sur Facebook et sur les réseaux, on a besoin de prendre et de lâcher tout de suite. Si demain, on met un formulaire d'inscription, on aura 1000 inscrits, pas plus. »

Peut-on vivre d'une application Facebook ?

On sait, explique Charles Christory « qu'en ayant des applis pour 3000 personnes, on ne fait rien ». Mais la première appli française de Facebook ne permet pas pour autant de faire vivre une entreprise. Le jeu, dont le jeune entrepreneur estime le coût à dix jours de développement, affiche « un peu de pub » vendue par une régie : de quoi payer les serveurs.

Pour Adictiz, qui développe des jeux, l'opération reste un succès parce que Paf le Chien est une vitrine inespérée pour démarcher des entreprises. « On est légitime. Des marques nous appellent. » La petite société a réalisé un quiz pour Evene, un concours photo pour Tél and Com, des jeux pour Wonderbox. Sans vouloir donner de chiffres, Charles Christory espère que son entreprise sera à l'équilibre en six mois.

Et l'avenir du cabot ? « Ce qu'on sait, c'est que si on laisse Paf le chien comme ça, dans deux mois, il n'y aura plus rien. » Adictiz en prépare une version pour iPhone et une pour Twitter, avec l'idée d'être présent sur toutes les plateformes.

Surtout, l'entreprise a dans les tuyaux un Paf-le-chien 2 avec des possibilités de personnalisation.

« Si on ne fait rien, ça s'arrêtera. » Ce n'est pas moi qui vous l'ai dit mais le secret serait de tirer en rasant le sol pour toucher la deuxième poule.

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  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 12h27 le 15/10/2009
    • Internaute
      Author & Chief AtoZ Officer

    je comprends mieux les derniers messages sur Facebook...

    si c'etait un chaton des millions d'internautes monteraient aussitot au creneau, mais le pauvre Paf a ete affuble d'une gueule de batard chernobyle sous amphetamines et ca ne choque personne de lui botter l'arriere train. c'est plus politiquement correct que le lancer de nain mais tout aussi revoltant.

    desole, mais cette cathartique du clebs martyr me choque.

  • zaichonok
    zaichonok
    bobo bio
    • Posté à 12h49 le 15/10/2009
    • Internaute
      bobo bio

    c'est un épiphénomène.
    le jeu n'a rien inventé, ça fait 10 ans que y'a des applis similaires, et des biens meilleurs sur armorgames,
    ça fait longtemps que ce genre de jeux peut décoller hyper vite sur facebook, et disparaitre tout aussi vite (plus rien dans 2 mois ? moi je parie plus rien dans 2 semaines au mieux), et le modèle de rentabilité est loin d'etre évident pour ces jeux là (petit modèle petit développement très courte durée de vie, c'est bon pour un dev indépendant, pour une boite je demande à voire)

    faut commencer à tapper sur du plus gros et plus long terme à la mafia wars pour qu'une boite vive derrière...

  • Crainquebille
    • Posté à 13h17 le 15/10/2009

    C'est surtout un énorme plagiat du jeu du yéti et du pingouin... L'idée n'a pas été conçue par cette entreprise, mais existe depuis des années.

  • Marmotine
    Marmotine
    Autrepart
    • Posté à 14h04 le 15/10/2009
    • Internaute
      Autrepart

    Aux esprits chagrins :

    - L'idée de taper dans un chien ne m'avait pas tellement emballée au départ. Mais objectivement, les visuels ne sont vraiment pas réalistes. Et puis le chien rebondit, il ne s'écrase pas. Pas de quoi appeler la SPA, donc. Et perso, j'ai très bien fait la distinction entre mon chien et ledit Paf : -)

    - Il existe évidemment un Pouf le Chat.

    - Le jeu est effectivement débile. Et c'est PARCE QU'IL est débile, qu'il est si rigolo et addictif ! Ca fait du bien 10 minutes, ça fait deux trois rigolades avec les copines. Pas bien méchant. Je sais pas vous, mais moi, faire des trucs intelligents toute la journée, j'ai du mal ! Un peu de régression ne nuit pas, diantre !

    Et que celui qui n'a pas fait 25 parties de démineur à la suite me jette la première pierre !

  • Bastien M.
    Bastien M.
    Noyé dans la masse
    • Posté à 14h26 le 15/10/2009
    • Internaute
      Noyé dans la masse

    Ca ressemble effectivement fortement à Yetisports, mais le jeu vidéo comme tout le reste n'échappe pas à un fort taux de « recyclage » entre les jeux, c'est pas nouveau (on ne va pas compter tous les FPS, jeux de shoot, jeux de plate-forme qui se suivent et se ressemble, ce serait long).

    Personnellement, je crois que si ce jeu marche c'est aussi parce que tout le monde peut y être bon, vu que la part de chance constitue l'essentiel de la réussite. Du coup, contrairement à des applis où une certaine dextérité, rapidité et/ou réflexion est requise, tout le monde peut afficher un score tout à fait honorable, sans prendre le risque de se faire vanner par ses contacts qui ne manqueront pas de s'en donner à coeur joie.
    Ce genre de jeu marchera toujours mieux que par exemple un jeu de lettres ou de réflexes, beaucoup plus discriminants et exigeants et pouvant donc provoquer des écarts parfois assez importants dans les scores qui seront éventuellement assimilés comme une faiblesse.

    Si tout vos amis tapent dans les 300 000 points à Biotronics, vous n'aurez peut-être pas envie qu'ils vous voient vous escrimer plusieurs jours pour atteindre 50 000, grosses vannes à l'appui.

    Cette facilité, qui lui a assuré en partie son succès éclair (avec la « communication virale » que permet Facebook via les notifications et le nom Paf le chien), expliquera aussi sa disparition tout aussi rapide, puisque la seule action requise étant un mouvement de souris, on atteint très vite un « niveau maximal » et que l'intérêt ne sera jamais renouvelé (même si la société se met à proposer de choisir le chien ou autre évolution « cosmétique »). La « replay value », ce qui pousse le joueur à revenir sur un jeu, est bien trop faible pour permettre au jeu de tenir encore bien longtemps.

  • zaichonok
    zaichonok répond à Guillemette Faure
    bobo bio
    • Posté à 14h28 le 15/10/2009
    • Internaute
      bobo bio

    oui, je suis d'accord avec crainquebille, d'autant que sur facebook les 1 millions d'utilisateur sont pas français.. on est dans du mondialisé. Le fait est que ça soit devenu la première appli française prouverait plutôt simplement qu'on n'est pas au niveau sur ce genre de cibles en France,

    et encore une fois, le succès est très relatif, on est loin d'atteindre un niveau qui fera vivre une boite. ce nombre d'utilisateur serait intéressant si il s'inscrivait dans la durée.. là je demande à voire. Je me réjouirai que la boite qui a sorti ça réussisse à perdurer sur ce genre de modèle, mais il faudra un peu de continuité avant de parler de succès.

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 10h00 le 16/10/2009
    • Internaute
      pigiste

    Outre que ce type de jeu à la con existe depuis « pong » et ne demande pas de capacités colossales en informatique, ces jeux qui fleurissent sur FB (un nouveau toutes les semaines à peu près) polluent nos gosses de façon insidieuse.

    Mon aîné qui étudie le commerce (il apprend surtout à bla bla ter et à picoler, à vrai dire), est connecté sur l'intranet de son école où il a les cours en direct pendant que le prof fait cours à des geeks qui ne le regardent même pas.

    Je l'ai pisté avant de lui remonter les bretelles (moins marrant que de taper dans le cul de Paf le chien) : il est sur FB 10 h par jour !

    Mes parents râlaient car ils ne comprenaient pas que je pouvais bosser en écoutant de la musique. OK, sauf que les résultats des gosses sont inversement proportionnels au temps passé sur FB.

    FB est un big brother dont les gosses ne mesurent pas l'impact, en plus son utilisation abusive est une drogue dure. A quand une clinique spécialisée, Dr Olivenstein ?