Samedi 10 octobre 2009, nous annoncions (en exclusivité) que Frédéric Mitterrand, invité le lendemain dans Vivement Dimanche sur France 2, parlerait des trois « Harkis », Zohra Benguerrah, Abdallah Krouk et Hamid Gouraï, qui assiègent l'Assemblée nationale depuis plus de cinq mois. Sous le silence religieux, presque absolu, des médias français…
Hélas, l'intervention de « Fred » eut lieu, de façon lapidaire, par vidéo interposée… En conséquence, l'info est passée presque inaperçue. A qui la faute ?
« Et on ne fait pas attention à eux… »
Si Frédéric Mitterrand, le dimanche 11 octobre 2009, a parlé des Harkis, ce n'est pas en plateau. En fait, l'évocation de l'épopée des trois assiégeurs du Palais Bourbon, qui exigent que l'Etat français reconnaisse ses éminentes responsabilités dans la tragédie qui frappa leur communauté, des massacres aux camps, s'est limitée à une séquence de quinze secondes, inscrite au milieu d'un reportage intitulé « La Journée d'un Ministre », diffusé à mi-parcours de Vivement Dimanche. En plein après-midi, tout de même, sur la deuxième chaîne du service public…
Pendant ces quinze secondes, on voit Frédéric Mitterrand, après avoir siroté son café au zinc d'un beau troquet parisien, rendre visite aux trois assiégeurs du Palais-Bourbon. La séquence est intitulée « Rencontre avec des Harkis », en lettres élégamment typographiées en bas d'écran.
Premier plan : Fred s'approche d'une voiture où il surprend Zohra, le visage très fatigué mais souriante : « Bonjour… Ça vous ennuie qu'on vous filme ? » demande-t-il, plein de tact, alors que la caméra de France 2 tourne déjà…
Plan suivant, Frédéric Mitterrand explique : « Vous voyez, ça fait quatre mois qu'ils sont là, un peu plus même, quatre mois et demi… Ils dorment dans la voiture… Parce qu'ils soutiennent une cause qui est juste… Et on ne fait pas attention à eux… C'est vraiment beaucoup de courage… »
Pendant qu'il parle, plan fixe de cinq secondes sur une banderole où on peut lire :
« Les Harkis sont victimes d'une atteinte d'un droit à la liberté d'information au public par les médias : où est la démocratie ? »
Plan suivant : le beau Fred sert la main à Abdallah, enfourche son scooter et file vers d'autres horizons plus cossus…
Erreur orthographique capitale
Une scène ultérieure de « La Journée d'un Ministre » montre Fred au château de Compiègne, au moment de signer un livre d'or, plaisantant sur une faute d'orthographe commise sur son nom : il manque un R à Mitterrand… Zoom sur le livre d'or et la faute d'orthographe en question…
Lorsque s'achève le reportage, retour en plateau. Michel Drucker, tout sourire sur ses coussins cramoisis, choisit alors de revenir, non pas sur les Harkis, mais… sur la faute d'orthographe !
« Alors y'en a encore qui écrivent Mitterrand avec un R, certains avec un T… »
Manifestement, les Harkis qui assiègent l'Assemblée nationale et l'Etat sarkozyen depuis des mois sous l'œil impavide des médias français, sont moins important qu'un R oublié dans la graphie du nom Mitterrand sur un livre d'or, dans une certes très bourgeoise sous-préfecture de province.
Pourquoi Michel Drucker a-t-il choisi de glisser discrètement sur un sujet qui est un tabou absolu ?
La réponse est dans la question.
Le vieux routier de la République blanciste
En vieux routier de la Ve République »blanciste » (n'en doutons pas, à son corps défendant…), Michel Drucker sait parfaitement ce qu'il est permis de dire, et ce qui ne l'est pas. Evoquer fortuitement certains sujets, d'accord. Mais à condition de ne pas faire montre d'une insistance malséante, qui pourrait faire entrer l'animateur vedette dans la « zone dangereuse »…
Cette prudence n'est pas sans précédent.
Le 18 avril 2004, sur le même plateau de Vivement Dimanche (invité : Jean-Pierre Elkabbach), l'humoriste algérien Fellag déclara en substance - et très sérieusement :
« On a beaucoup dit que les Pieds-Noirs avaient été déchirés en quittant l'Algérie. Mais a-t-on dit combien, nous les Algériens, nous étions déchirés de les voir partir ? Bien sûr qu'il y avait des colons. Mais les colons représentaient 3 à 5 % des Pieds-Noirs. Les autres étaient des petites gens, avec qui nous nous entendions plutôt bien. »
On aurait pu s'attendre à une réaction de surprise, puisque la remarque de Fellag piétinait une des grosses tartes à la crème de la Ve République blanciste : le racisme quasi-proverbial des Pieds-Noirs, la haine réciproque qui les opposait aux Algériens, perpétuellement mise en avant pour justifier leur éviction collective d'Algérie en 1962… Pourtant, comme dans l'affaire des Harkis du Palais Bourbon, Michel Drucker s'est abstenu de toute remarque, de tout étonnement qui aurait pu déranger le système. Et pour cause : s'il est l'insubmersible présentateur-vedette que l'on sait depuis plus de quarante ans, c'est que Michel n'est pas une tête brûlée et sait jongler en virtuose avec les différents codes et autres devoirs de réserve…
Pour savoir de quelle limite il est ici question, et quelle puissance occulte veille au respect de cette sacrosainte limite, il faut se tourner vers les journalistes politiques, qui parlent en connaissance de cause. Or quelques-uns d'entre eux ont, ces dernières années, au moins une fois, craché le morceau.
L'aveu d'Elisabeth Lévy
Dans l'émission de Thierry Ardisson, « 93 Faubourg Saint-Honoré » sur Paris-Première, « Dîner FOG » (Franz Olivier Giesbert), diffusée le mardi 21 mars 2006, autour de la table somptueusement dressée, sous la lueur mordorée et vacillante des candélabres, une fricassée du gratin journalistique parisien se lâcha en ces termes exacts :
Pierre Bénichou : C'est par haine, non seulement des Pieds-Noirs, mais aussi des Arabes musulmans, que (de Gaulle) a abandonné l'Algérie comme il l'a fait. Dites-vous bien que de Gaulle (murmures autour de la table)… Mais oui !
Eric Zemmour : Mais non… Il abandonne l'Algérie parce que, un : ça nous coûte trop cher ; deux : parce qu'il y a un vrai problème démographique…
Thierry Ardisson (rigolard) : Eh, Eric, en France, y'a deux trucs : c'est Vichy et l'Algérie…
Eric Zemmour : Toute l'histoire du XXe siècle !
Elisabeth Lévy (apparemment un peu pompette) : Les trucs dont on est supposé ne jamais parler, soi-disant… (rires autour de la table, acquiescements hilares d'Eric Zemmour).
(Voir la vidéo, minute 7'45 ) :
Que suggérait donc Elisabeth Lévy, en évoquant ces « trucs dont on est supposé ne jamais parler », déclenchant ainsi l'hilarité d'Eric Zemmour ? Certainement pas que la guerre d'Algérie est un sujet tabou : de nombreux films et documentaires ont été diffusés à la télévision depuis une vingtaine d'années, levant le voile notamment sur la torture et les crimes de l'armée française et du FLN.
Interdit sous peine de redoutables sanctions
En réalité, Elisabeth Lévy voulait dire simplement que parler de certains aspects de la guerre d'Algérie et de la « décolonisation » (crainte de la « bougnoulisation » par exemple, et largage en conséquence…) tels que ceux qui venaient d'être effleurés autour de la table notamment par Bénichou (mais que l'animateur avisé Ardisson sut faire opportunément bifurquer par une plaisanterie lancée à Zemmour) est interdit, sous peine de redoutables sanctions…
Voilà qui permet d'entrevoir l'ambiance qui règne dans les rédactions en France… Et qui permet d'expliquer pourquoi, à l'instar de Drucker choisissant de s'appesantir sur le R manquant dans le nom de Mitterrand sur un obscur livre d'or compiégnois, une omerta médiatique presque parfaite entoure depuis plus de cinq mois le siège du Palais Bourbon et de l'Elysée par Zohra Benguerrah, Abdallah Krouk et Hamid Gouraï, en dépit (ou à cause) de ses dimensions éminemment symbolique et spectaculaire.
On ne met pas le doigt dans ce qui brûle, ni dans un engrenage qui pourrait broyer la main, puis le reste…
A l'heure où les places sont plus chères que jamais, quel journaliste, quel rédacteur en chef suicidaire (ou improbablement téméraire) pourrait oser faire ce que Michel Drucker lui-même, du haut de ses quarante ans de carrière et de ses audimats insolents, s'interdit sagement de faire ?




















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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H56 | 15/10/2009 |
Juste une question : avez-vous pris la peine, avant d'écrire cette tribune, de demander à Lévy ce qu'elle voulait dire en parlant de ces « trucs dont on est supposé de jamais parler » ?
Parce que, de prime abord, quand j'entends cette phrase (« ces trucs dont on est supposé ne jamais parler »), je pense plutôt spontanément à ce dessin paru dans L'Assiette au beurre intitulé « Dîner agité » et portant comme seul commentaire : « Ils en ont parlé », en se référant à l'affaire Dreyfus.
Je fais peut-être un contresens complet… mais peut-être pas, allez savoir.
à thierry reboud
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 00H39 | 16/10/2009 |
Cher Thierry,
Effectivement, il faudrait poser directement la question à Elisabeth Lévy…
J'ai essayé de la contacter, mais n'y suis pas parvenu…
Mais vous aurez peut-être plus de chance que moi…
Cela dit, il ne me semble pas que cette petite scène laisse beaucoup de place au doute, en dépit des efforts d'Ardisson pour étouffer le débat à coups de grosses vannes…
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
De sigismund
16H08 | 15/10/2009 |
Alors pour résumer la situation :
1830 : début de la conquête de l'Algérie par la France. Certaines sources pensent qu'elle coute un tiers de la population algérienne.
Contrairement à d'autres puissances coloniales, la France vante les mérites de l'assimilation. L'Algérie est constituée alors en trois départements français. De fait, l'Algérie, c'est la France ( comme dira le Mitterrand de la IVeme république ).
L'élite algérienne n'a de cesse de réclamer cette assimilation.
Années 1920, le projet de loi Violette est destiné à accorder les mêmes droits à 20.000 Algériens triés sur le volet qu'ont les 900.000 ressortissants français, et ce en reconnaissance des dizaines de milliers de tués algériens pendant la grande guerre. Le projet suscite un tel tollé chez les colons qu'il n'est même pas débattu à l'assemblée.
1939-1945 : les troupes du Maghreb sauvent l'honneur de l'armée française. Ses succès en Italie sont d'envergure. Les premiers soldats français à franchir le Rhin en 1945 sont des Marocains.
1945-1954 : des milliers de Maghrebins se battent dans les rangs des troupes françaises contre les Viet-Minhs, et nombre d'entre eux seront fait prisonniers et resteront aux cotés de leur camarades de combat dans les camps.
L'égalité des droits n'est toujours pas à l'ordre du jour. Pourtant, tous ces soldats sont de fait déja des Harkis.
1954-1962 : une fois de plus, des Algériens se battent aux cotés des Français, mais cette fois dans une guerre fratricide. Les Algériens sont fatigués d'attendre l'assimilation.
1962 : la France donne l'indépendance à son ancienne colonie-département.Elle fait aussitôt venir des travailleurs-corvéables à merci de son ancienne colonie, car les Français dits de souche ne sont plus aussi malléables et rêvent tous de travailler dans des bureaux.
Elle refuse cependant d'intégrer les nouveaux venus, parce qu'ils ont choisi l'indépendance.
Et elle refuse d'intégrer les Harkis, parce qu'ils l'ont choisie.
Voila, c'est pas compliqué…
à sigismund
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 17H19 | 15/10/2009 |
Cher Sigismund,
Votre chronologie est plutôt bien faite.
Une nuance : le projet Blum-Viollette date des années 1930 (1936, Front Populaire, pour être précis).
Par ailleurs, ce qui est nettement plus gênant, votre chronologie fait totalement l'impasse sur les événements de mai 1958, les scènes de fraternisation entre Arabo-Berbères et Pieds-Noirs, à Alger en particulier, puis les discours de de Gaulle à Alger et Mostaganem, en juin 1958, le projet de l'Intégration (élaboré et/ou mis en place par Soustelle, Lévi-Strauss, Germaine Tillion, bref, par l'avant-garde de l'école anthropologique française…) appliqué dans la foulée et approuvé par les Français à 80%, et sa conséquence : avec l'égalité politique, l'arrivée de 46 députés arabo-berbères à l'Assemblée nationale, fait inédit dans l'Histoire de France… Une exception vite enterrée, en 1962, et rapidement effacée des mémoires…
Où l'on découvre que les Pieds-Noirs (les « colons »), traditionnellement accusés d'être les seuls responsables du maintien de l'inégalité politique en Algérie à travers le temps, furent de peu de poids lorsqu'ils basculèrent en faveur de l'égalité politique, en particulier en 1958, puisqu'en définitive, le pouvoir parisien, après avoir fait mine d'accepter l'Intégration (c'est-à-dire, donc, l'égalité politique pleine et entière enfin accordée à tous les Algériens), manoeuvra pour larguer l'Algérie (comme d'ailleurs l'Afrique noire).
J'ai publié de nombreux articles sur ces différentes questions, notamment dans Rue89, et sur le blog Fusionnisme :
http://fusionnisme.blogspot.com/
Je vous conseille en particulier l'article sur Lévi-Strauss :
http://www.rue89.com/2008/12/17/claude-levi-strauss-le-glorieux-cocu-de-…
Sur ces questions algériennes, je vous conseille aussi l'échange que j'ai eu avec un certain Velveth sut le site de Mediapart :
http://www.mediapart.fr/club/blog/alexandre-gerbi/061009/decolonisation-…
Les motivations de ce largage, de Gaulle les a clairement avouées à Alain Peyrefitte dans C'était de Gaulle : crainte de la « bougnoulisation », de l'islamisation et, plus généralement, du métissage racial et culturel de la France, avec à la clef un Parlement, un gouvernement « bougnoulisé » selon son expression.
D'ailleurs, dans les années 1960, de Gaulle condamna fermement le recours à la main d'oeuvre africaine ou maghrébine, prônant quant à lui le recours à une main d'oeuvre européenne, par exemple espagnole ou portugaise…
Pour justifier le largage de l'Afrique en général et de l'Algérie en particulier, de Gaulle invoqua aussi, il est vrai, en plus de la dimension raciale, religieuse et culturelle, le coût financier de l'opération, comme le note Zemmour dans la vidéo.
Pourtant, au regard des ressources naturelles colossales de tous ces territoires (pétrole, gaz, uranium, bois, etc.), on peut douter du caractère vraiment décisif de l'argument économique, d'autant que, de toute façon, indépendamment des questions financières, le problème racial et culturel, central (voir obsessionnel) chez de Gaulle, restait entier…
C'est donc un tout petit peu plus compliqué que ce que vous dites…
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
à Alexandre Gerbi
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 17H35 | 15/10/2009 |
-« C'était de Gaulle : crainte de la “ bougnoulisation ”, de l'islamisation et, plus généralement, du métissage racial et culturel de la France, avec à la clef un Parlement, un gouvernement “ bougnoulisé ” selon son expression. »
…ce qu'un penseur humaniste du XXI ème siècle a transposé de facétieuse manière :
« Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. »
à Waldeck
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 17H42 | 15/10/2009 |
Cher Waldeck,
Il m'a aussi semblé qu'il y avait là quelque résonnances ; )
http://www.mediapart.fr/club/blog/alexandre-gerbi/230909/de-hortefeux-au…
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
à Waldeck
De mauser
18H11 | 15/10/2009 |
Je suis parti avec des idées simples vers l'Orient compliquè
Le général partant pour le Liban ou La Syrie
à Alexandre Gerbi
De sigismund
17H44 | 15/10/2009 |
Merci de votre réponse et de vos précisions : je m'aperçois que j'ai pu avoir l'air reducteur, alors que j'ai voulu synthetiser la relation ambigue que nous entretenons avec notre ex-colonie-département. Je ne voulais pas non plus stigmatiser la population pied-noir, « bouh les vilains exploiteurs », j'en connais assez pour savoir que ce n'était pas si simple et que les grands colons n'étaient qu'une minorité.
De plus, vous m'apprenez l'existence de ces évenements de Mai 1958 : j'avais juste entendu parler d'une vague loi-cadre… Mais du coup, vous renforcez mon propos quant à nos rapports d'haine-amour avec l'Algerie et ce paradoxe tragique dont nous sortons pas : refuser de voir aussi bien les harkis que les non-harkis, car les deux « ont tort » à nos yeux ! ! !
à sigismund
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 18H07 | 15/10/2009 |
Cher Sigismund,
Merci à vous !
Si le sujet de Mai 1958 (retour de de Gaulle au pouvoir, donc) et ses suites vous intéresse, je me permets de vous conseiller également un article dans Bakchich, et puis sur mon blog Fusionnisme, un article général, le témoignage d'Hélie de Saint-Marc, et enfin une interview (un peu longue, comme vous le verrez…) :
http://www.bakchich.info/Decolonisation-la-caravane-de-l,04289.html
http://fusionnisme.blogspot.com/2008/04/article-publi-sur-le-site-afriqu…
http://fusionnisme.blogspot.com/2008/05/il-y-50-ans-les-folles-journes-d…
http://fusionnisme.blogspot.com/2008/06/interview-feuilleton-publie-sur-…
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
à Alexandre Gerbi
De sigismund
18H10 | 15/10/2009 |
je savais quand meme que De Gaulle était revenu au pouvoir hein ! ! ! ; -)
à sigismund
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 22H17 | 15/10/2009 |
je te taquinais, camarade : p
à sigismund
De Béatrice1
| 23H40 | 15/10/2009 |
« Le projet suscite un tel tollé chez les colons qu'il n'est même pas débattu à l'assemblée. »
Ce projet a suscité le même tollé chez les nationalistes algériens qui luttaient justement contre l'assimilationnisme, et chez les autorités religieuses musulmanes qui voulaient garder leur pouvoir : les Algériens obtenant la nationalité française étaient automatiquement soumis aux lois de la République et non plus à la loi coranique.
En parlant de « colons » vous employez un terme très discutable et connoté péjorativement. C'est dans la frange extrême des « Pieds-Noirs », ou « Français d'Algérie » que ce projet de loi a suscité un tollé.
Le sort des harkis est une des hontes de la France, qui restera à jamais indélébile.
à Béatrice1
De sigismund
00H00 | 16/10/2009 |
oui, c'est pour ça que j'ai utilisé à dessein le terme de « colon », et pas de « pied-noir ».
à sigismund
De Béatrice1
| 00H22 | 16/10/2009 |
Okay.
De lavoine
région parisienne | 16H23 | 15/10/2009 |
Et si, a contrario, on pouvait débattre de la colonisation de la France par une immigration de peuplement non choisie ?
à lavoine
De Boduacus
17H27 | 15/10/2009 |
Vous faites parti du Front National, sans doute.
à Boduacus
De lavoine
région parisienne | 17H57 | 15/10/2009 |
Non pourquoi ?
De lavoine
région parisienne | 16H24 | 15/10/2009 |
Et si, a contrario, on pouvait débattre de la colonisation de la France par une immigration de peuplement non choisie ? Tabou !
De mauser
18H03 | 15/10/2009 |
Les rares harkis sauvés les sont par le militaires Essentielement marine et air ayant quelques facilités .
L'armèe de terre réussi a en faire passer en les couvrant par un uniforme.
Puorquoi ne pas en parler demandez à un officier pas un gratte papier ce qu'il en pense Trahir sa parole qui est celle de l'état à l'époque ne passe pas.
Au fait il n'y a pas que Vichy et l'Algérie Qui vous parle de Madagascar .
De Boduacus
17H24 | 15/10/2009 |
Bravo Benichou. Pied-noir comme lui, j'aurai beaucoup de choses à reprocher à de Gaule, mais je ne pardonnerai jamais ni à lui, ni à Messmer,ni à tous ceux qui réclament de lui, l'abandon des harkis.
Le général avait déjà proclamé son mépris pour les musulmans d'Algérie à l'occasion de la « tournée des popotes » : « Comment voulez-vous faire des Français de ces gens-là ? »
Quant aux pied-noirs, il ne leur a pas pardonné de lui avoir donné l'occasion de revenir au pouvoir.
à Boduacus
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 17H49 | 15/10/2009 |
Cher Boduacus,
La tragédie des Harkis, me semble-t-il, ne peut être bien comprise que dans son contexte historique, idéologique et politique :
http://www.mediapart.fr/club/blog/alexandre-gerbi/091009/les-bougnoules-…
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
à Boduacus
De Tokani
Oldmole | 19H48 | 15/10/2009 |
De Gaule n'était pas raciste comme tu le dis…
Mais Historiquement il estimait que vue les enjeux Démographique à l'oeuvre en métropole et en Algérie cela amènerait fatalement une confrontation ethnique à terme car l'assimilation à la Francaise ne marcherait pas….
Comme le dis Lavoine la suite des événements avec la Loi dramatique sur le regroupement familial de 1975 donne raison à De Gaule en favorisant une colonisation rampante par la démographie… Le Général lui a donc fait un choix politique car il ne croyait pas en un assimilation possible après 120 ans de cohabitation tumultueuse . En juillet 62 à Oran de bons Arabes voisins depuis trois générations sont devenus en 24H00 des bourreaux à machette parce que ma Famille était Juive , avait un peu de bien et était pro Française . Alors essayons de bien voir la bombe démographique létale sur laquelle Israël est assise en ce moment a son échelle bien plus inquiétante ! ! !
Quant aux pauvres Harkis aujourd'hui encore le pouvoir FLN les conspue comme collabos un peu comme les Arabes Israeliens sont soupçonnés de traiter avec l'ennemi Juif…
à Tokani
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 20H12 | 15/10/2009 |
Cher Tokani,
Après avoir largué puis systématiquement poussé les anciens « indigènes » vers un retour aux sources culturel, religieux ou racial pour mieux éradiquer les tendances à l'unité franco-africaine, la Ve République blanciste récolte ce qu'elle a patiemment semé…
De là, me semble-t-il, c'est un sacré tour de force que d'en tirer argument pour donner raison à de Gaulle…
C'est le sens de cette « Ode au Grand Homme », signée Anne-Proserpine Diop, que je reproduis dans le blog Fusionnisme :
http://fusionnisme.blogspot.com/2009/06/ode-au-grand-homme.html
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
« Ode au grand homme », par Anne-Proserpine Diop.
« Merci à toi, Ô fondateur de la glorieuse Vème République et son seul grand président, merci d'avoir purifié la France, Ô grand alambic, toi sans qui nous aurions été horriblement précipités !
Certes, nous perdîmes dans l'affaire 95 % de notre territoire et la moitié de notre population, mais qu'importe ?
Certes, les “ indigènes ” devinrent souvent ensuite des pauvres parmi les pauvres et innombrables martyrs, les bourgeoisies-intelligentsias africaines et maghrébines pataugent dans le nationalisme, l'ethnicisme voire le racisme et l'antisémitisme, et cultivent à plaisir des sentiments anti-français dont elles tentent d'abreuver leurs peuples avec notre bénédiction, mais qu'importe ?
Certes, dans ce contexte de mensonge, de mépris et d'injures, les banlieusards de nos villes, “ blacks ” ou “ beurs ”, sont complètement paumés et vomissent l'Etat français blanciste et retors, ainsi que la République, ses valeurs, la France et son peuple qu'ils confondent avec lui, mais qu'importe ?
Certes, tout cela réjouit nos concurrents qui n'en espéraient pas tant – la France non seulement dépossédée de la totalité de son Empire, mais encore confrontée aux conséquences catastrophiques du choix blanciste sur sa propre population ! – , mais qu'importe ?
L'essentiel c'est que nous te disions grand merci, Ô génie des Alpes en ce sens que tu planes très haut sur les sommets aristocratiques de la vision nationale et de la pensée.
Merci à toi, Ô esprit prodigieux et fulgurant, incarnation zélée du courage et du prestige, toi qui nous as légué l'Europe blanche et propre et riche plutôt que l'Afrique noire et grise, crasseuse et incapable !
Merci à toi, Ô Père Noël – que Dieu ne t'a-t-il fait éternel pour conduire les veaux à jamais ! – merci à toi, grâce à qui j'allume en l'an 2008 ma télé à 20 heures tous les jours pour admirer mon président blanc, mon Assemblée nationale blanche et mon Sénat blanc, mes maires blancs, mes partis politiques blancs, mes intellectuels blancs, mes écrivains et mes écrivaines blancs, ma France d'en-haut obèse et blanche, avec sa minimale écume métèque.
Merci à toi, Ô élixir de France, en ce sens que la France blanche éternelle s'incarna en toi comme Dieu en Jésus-Christ !
Merci à toi, Ô l'ami des peuples, d'avoir rendu nègres et ratons à la Liberté qui nous profite et les assassine !
Et merci à toi, Ô gardien de l'ordre harmonieux, merci encore d'avoir ranci dans la consommation opulente les sans-culottes françois de la sorte muselés !
Ô oui, infiniment merci à toi d'avoir guéri le peuple français de l'absurde lubie d'apporter au Monde entier Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité, ces marottes qui ne valent que pour lui, et encore, et merci aussi pour les Amerloques et pour Ben Laden : plus la France est réduite et modeste, plus le peuple français tourne le dos au monde, plus ceux-là sont prospères et puissants !
Enfin merci, merci mille fois à toi, Ô le bien nommé et le bien taillé, grand fils de Gaule, protège dans tes mains fermes et rugueuses les mânes de nos ancêtres blancs et blonds, toi qui deux fois sauvas la France en pourfendant le péril étranger !
A l'heure où mugissent les banlieusards basanés et enragés, désintégrés et intégristes, oranges mécaniques vivantes preuves de ta clairvoyance, il fallait s'en débarrasser, ces gens-là ne peuvent être la France, ces gens-là ne sauraient être la France, jamais deux sans trois, Ô premier d'entre les Gaulois, que le ciel nous tombe sur la tête, ressuscite et reviens encore une fois nous sauver ! »
Anne-Proserpine Diop
à Alexandre Gerbi
De Tokani
Oldmole | 23H03 | 15/10/2009 |
Honnêtement je ne vois pas l'interet de cette diatribe (pseudo humoristique ? )
De Gaule a trahi pour gouverner … J'aurais pu dire De Gaule a gouverné…. Il a trahi des français pieds noirs , des Algériens Republicains , des métropolitains qui aimaient l'empire… Ceci dit étant dit il a évité une décolonisation sanglante ou un largage à l'Anglaise en accompagnant un mouvement de décolonisation trop rapide pour ne pas être inévitable…
A t'on le droit de dire aujourd'hui que les pieds noirs n'étaient majoritairement des petits blancs racistes ? Pas vraiment …
Peut on dire que la grande guerre d'Indépendance fut avant tout conçue par le FLN comme une boucherie terroriste ? non plus…
Oserait on avouer en public que ce qui a manqué à l'Algérie comme à bien des pays Africains : c'est encore 30 ou 40 de colonialisme qui aurait permis la formation d'une élite saine et d'une démocratie moins corrompue : ca jamais !
à Tokani
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 00H25 | 16/10/2009 |
Cher Tokani,
Ce qu'il fallait, ce n'est certainement pas le prolongement du colonialisme (surtout pas ! ), mais l'instauration de l'égalité politique pleine et entière, de la justice sociale, et la fraternité… Ce que réclamaient, justement, l'immense majorité des Algériens et des Africains, ce que s'emploie à masquer la doxa, en mythifiant les luttes pour l'indépendance, vaste écran de fumée…
Inévitable la décolonisation ? Certes… Sauf que pour en sortir, l'indépendance (ou plutôt la pseudo indépendance…) n'était pas la solution, comme la suite l'a amplement démontré…
De Gaulle a évité une décolonisation sanglante ? En tout cas, pas en ce qui concerne l'Algérie, demandez aux Harkis…
Quant au néocolonialisme que de Gaulle a mis en place, à chacun de juger s'il n'a pas fait couler de sang…
Un petit texte pour prolonger cette réflexion :
http://fusionnisme.blogspot.com/2009/05/un-apres.html
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
à Alexandre Gerbi
De Tokani
Oldmole | 01H08 | 16/10/2009 |
Si si Mr Gerbi…
Imagine toi par exemple que Cesar se soit retiré de Gaule sitôt aprés Alésia ….et nous aurions manqué tout le rdv de la 1er mondialisation Romaine ! ! !
Connais tu un peuple qui n'ai été à son tour conquis et conquérant ?
Effectivement trente ou 40 ans de présence aurait sans doute aboutit à un pays bien plus solide dans ses élites et sa démocratie.
De Gaule a t'il voulu le massacre des Harkis ? Pas plus qu'il n'a voulu les boucheries d'européens en Oranie…
Ce n'est pas lui qui a initié cette guerre mais la gauche !
La loi d'airain de l'histoire reste le poids du nombre…
à Tokani
De Alexandre Gerbi
(auteur)
Ecrivain | 09H04 | 16/10/2009 |
Cher Tokani,
Algérie livrée au FLN (alors que bien d'autres solutions existaient, ce qui fit dire à Pierre Mendès France, en 1970, que de Gaulle avait choisi, pour l'Algérie, « la pire des solutions »), désarmement forcé des Harkis, interdiction de rapatriement en France (circulaire Joxe, mai 1962), Harkis parfois débarqués des bateaux et livrés à l'ALN (bras armé du FLN) et massacrés sur-le-champ, absence de réaction au moment des massacres (bilan, entre 45.000 et 150.000 morts parmi les Harlis et les Algériens francophiles)… De même que le général Katz, au moment des massacres d'Européens à Oran, en juillet 1962, reçut l'ordre de laisser faire…
Heureusement que de Gaulle n'a pas voulu tous ces massacres, sans quoi on se demande bien ce que ça aurait donné…
Mais il faut reconnaître l'efficacité du calcul : tous les liens qui auraient pu conduire à une réunification franco-algérienne ultérieure (avec les risques de « bougnoulisation » et d'islamisation de la France que cela sous-entendait aux yeux de De Gaulle) furent efficacement détruits, la loi du silence (ou la mémoire reconstruite), motivée par l'instinct de survie, faisant le reste…
Je vous conseille la lecture de deux textes où j'approfondis ces réflexions :
http://www.bakchich.info/Decolonisation-la-caravane-de-l,04289.html
http://fusionnisme.blogspot.com/2008/06/interview-feuilleton-publie-sur-…
Bien cordialement,
Alexandre Gerbi
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 17H29 | 15/10/2009 |
-« il manque un R à Mitterrand… »
Qui pourtant comme Drucker, ne manque pas d'air…
à Waldeck
De mauser
18H02 | 15/10/2009 |
Ministre de l'intèrieur à l'époque et qui en visite à Cherchelles école d'application de contre guèrilla déclare aux officiers « Nous n » alons pas ceder à une bande de terroristes Messieurs vous avez les mains libres «
à mauser
De Tokani
Oldmole | 20H06 | 15/10/2009 |
Si tu veux parler de la pratique systematisée de la Terreur par le FLN à l'encontre des pieds noirs , métros , des juifs et des Algériens aimant la France tu as raison …