L'hypothèse revient à chaque fois que la tension s'exacerbe entre la France et le Maroc : le corps de l'opposant Mehdi Ben Barka aurait disparu, incinéré dans une propriété de l'Essonne. Piste non vérifiée, mais habilement exploitée par le JDD, qui en a fait sa « manchette ». Histoire d'oublier les freins judiciaires…
Un inconnu apporte un « dossier »
Après l'hypothèse de la cuve d'acide (publiée le 30 juin 2001, dans Le Monde, sous le titre « La vérité sur l'assassinat en France de Mehdi Ben Barka »), voici celle de l'incinération. Est-elle aussi fumeuse que la première ? Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est l'affaire Ben Barka, petit rappel avec Joseph Tual, journaliste de France 3 qui suit le dossier depuis vingt ans. (Voir la vidéo)
Parenthèse : Joseph Tual, engagé dans le bras de fer qui oppose la justice française aux autorités marocaines, fait l'objet de pas moins de cinq procédures judiciaires (violation du secret de l'instruction, injure publique, diffamation, atteinte à la présomption d'innocence…) dans cette affaire. Il est notamment poursuivi par d'anciens des services marocains. Il a contre-attaqué contre X pour « écoutes illégales ».
Mais revenons à l'incinération. Voici comment apparaît l'hypothèse dans le JDD :
- Il y a plus de vingt-cinq ans, au cours d'une signature dans un salon du livre, l'écrivain Georges Fleury se voit remettre un dossier par un « inconnu » qui dit « c'est pour vous » et s'en va…
- Dans le dossier, 95 feuillets estampillés « secret défense », les comptes-rendus d'une brigade de gendarmerie de l'Essonne. Commentaire de Georges Fleury : « Tout ce dossier montre que Pierre Messmer, le ministre de la Défense de l'époque, était informé en temps réel du travail des gendarmes sur le terrain. »
- La piste de l'incinération du corps de Mehdi Ben Barka repose sur deux messages d'après Fleury : « Les gendarmes ont un informateur qui leur livre des éléments précis sur deux personnes qui auraient incinéré le cadavre de Ben Barka. Les gendarmes ont leur nom, leur adresse, et même le montant de la somme qu'ils auraient touchée pour le faire, 5 millions de francs de l'époque, ce qui était une fortune. Et puis en deux phrases, dans un rapport postérieur, ils signalent à leur hiérarchie que les deux suspects ont été interrogés et “ nient les faits ”. C'est tout. »
C'est tout et c'est peu : dans ses mémoires, Lucien Aimé-Blanc, ancien commissaire de la Mondaine, raconte comment les services spéciaux avaient découvert, un mois avant qu'il ne se produise, le complot visant à enlever Ben Barka. Le plan était évoqué à de multiples reprises par les membres du commando (Boucheseiche, le Ny, Figon, Palisse…) lors de conversations téléphoniques depuis un hôtel de passe du XVIIe. Le Sdece sait tout, puisqu'il gère les écoutes…
Comme en 2001, la thèse de la « disparition » resurgit
En fait, l'hypothèse de la « disparition » du corps de l'opposant marocain a l'immense intérêt de couper net les efforts du juge Ramaël pour « sortir » l'enquête. Et ce, au moment même où l'étau se resserre autour des officiels marocains. Car si le corps a été brûlé, alors il n'y plus de traces de l'assassinat… A ce sujet, que sait-on ? A ce jour, l'enquête judiciaire a démontré que :
- Mehdi Ben Barka a bien été tué, volontairement ou non, par ses ravisseurs, un commando mêlant barbouzes françaises, truands notoires et membres des services secrets marocains (le général Oufkir et le patron de la Sûreté Ahmed Dlimi et quelques membres du Cab-1 en exécutants).
- Le roi Hassan 2, d'une méfiance paranoaïque vis-à-vis de ses hommes de l'ombre, leur aurait demandé de voir la tête de celui qu'il considère alors comme l'ennemi public numéro 1 de son régime. Ils s'exécutent.
- La dite tête est enterrée au Maroc, probablement dans l'une des prisons secrètes du régime (le PF3 filmé par Joseph Tual en 2000), à Rabat. Mais ce point n'a jamais pu être vérifié, les autorités refusant les fouilles.
Dernier élément : malgré les idées reçues, un corps ne disparaît pas sur un claquement de doigt. Seule une incinération professionnelle (dans un four à 2000 degrés pendant plusieurs heures) permet de réduire un cadavre en un tas de cendres.
La Chancellerie très embarrassée par cette affaire
Vendredi 2 octobre : nouveau rebondissement, le parquet de Paris fait appel d'une décision de diffusion de cinq mandats d'arrêt internationaux, après avoir donné son feu vert dans la matinée. Sans le reconnaître, la Chancellerie avalise un (petit) mensonge, en prétendant que le juge d'instruction n'a pas répondu à ses demandes de précision sur les mandats.
En réalité, comme le prouve un courrier du mercredi 7 novembre 2007, le parquet de Paris a bien demandé à la « mission justice » la diffusion des mandats d'arrêts dans l'espace Schengen émis le 18 octobre précédent :
« Cette diffusion a été demandée en excluant le Maroc de la zone de diffusion, puisque les personnes recherchées sont de nationalité marocaine, et que le Maroc n'extrade pas ses nationaux. »
Problème : le 13 novembre 2007, le bureau d'entraide pénale internationale, à la Chancellerie, estime que les mandats sont incomplets :
« Il manque des précisions sur l'exposé des faits (sic), commente le porte-parole du ministère, et l'implication des personnes recherchées. »
Deux ans plus tard, quelle n'est pas la surprise du juge Ramaël lorsqu'il apprend qu'un des « fugitifs » a pu tranquillement séjourner en Espagne sans être inquiété. En fait, les mandats n'ont jamais quitté Paris, au prétexte qu'ils ne fournissent pas dans le détail les motifs de l'implication de chaque individu dans l'affaire. Interpol devient une sorte de juge du fond. Furieux, Patrick Ramaël prend sa plume :
« Interpol revendique le blocage des diffusions sollicitées selon des “ procédures internes confidentielles ” qui tiennent compte des intérêts politiques et diplomatiques.
En conséquence, j'estime inutile et hypocrite de “ fournir de plus amples éléments afin de permettre d'apprécier s'il s'agit d'une affaire mettant en cause des responsabilités étatiques ”. »
La ministre de l'Intérieur de la Justice Michèle Alliot-Marie n'a toujours pas commenté ce dernier round.





















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De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 19H18 | 14/10/2009 |
Concernant Joseph Tual, il est écrit qu'il a attaqué pour les écoutes… mais pas précisé que ça avait été classé, et qu'il vient de ré-attaquer :
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hcKY5ssQ2ayugFvtcruZP…
à FabiendeMénilmontant
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 04H22 | 15/10/2009 |
C'est pour ça que vous êtes là, Fabien.
Je ne suis pas entré dans le détail des poursuites intentées ou initiées par Joseph Tual, car ce n'était pas l'angle du papier. Mais ce point vaudrait à lui seul quelques explications, car ses ennuis judiciaires ont démarré après que ce confrère de France 3 eut filmé le PF3 au Maroc, un lieu secret de détention où plusieurs des protagonistes de l'affaire seraient enterrés.
à David Servenay
De mauser
10H59 | 15/10/2009 |
le seul élément que vous écrivez ét qui peut éclairer c'est l'incinération du corps Pour mémoire lors du procés de Landru la défense avait exigée et obtenue un « essais » de la fameuse cuisinière Un roti de ? n'a non seulement refusé obstinèment de dispareaitre en cendre Mais dégageait une telle fumèe et odeur que la reconstitution cessa vite .
Pour le reste les lampistes français sont sans doutes connus jusqu'au derniers Les donneurs d'ordres marocaons aussi Ce sont les milieu de terrains marocains qui nous manqueraient et alors
à mauser
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H20 | 15/10/2009 |
D'autant que si l'incinération alléguée aurait eu lieu « dans une propriété de Villabé, dans l'Essonne », il doit bien y avoir trace du four quelque part… La crémation n'était pas non plus « à la mode » à l'époque.
De blablablaetblablabli
patati et patata | 19H42 | 14/10/2009 |
» j'estime inutile et hypocrite de « fournir de plus amples éléments afin de permettre d'apprécier s'il s'agit d'une affaire mettant en cause des responsabilités étatiques ». »
ça doit être les barbouzes du S.A.C associés avec le grand banditismes de l'époque et de la racailles marocaine et tous ça sous les ordres du feu roi Hassan 2 je me demande si il n y pas du Charles Pasqua là dedans ,Sarkozy ? non il était au bibi à cette époque ! !
à blablablaetblablabli
De lapokabrite
nihiliste | 19H57 | 14/10/2009 |
le mossad était aussi de la partie
la disparition en pleine guerre froide de ce militant tiers mondiste arrangeait finalement beaucoup de monde
tant que les protagonistes de cette triste affaire seront encore en vie ,peu de chance de connaitre la vérité même si on en connait les grandes lignes
à lapokabrite
De blablablaetblablabli
patati et patata | 20H48 | 14/10/2009 |
Aller c'est parti « le Mossad,les juifs » « ,les pédophiles » aussi non ?
et les femmes en strings aussi . Terrible ça ,tu vois pas que je rigole crétin va, qu'est ce que j'en sais moi hein ? et ça se dit nihiliste ça ! !
à blablablaetblablabli
De Zeki
Curieux de tout | 02H06 | 15/10/2009 |
Que vous ignoriez le dossier est une évidence mais svp ne l'étalez pas à ce point vous vous faites du tort.
- TIME magazine l'a écrit en décembre 1975 http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,945444,00.html
-Ou ici dans ce livre Ben-Gurion's political struggles, 1963-1967 : a lion in winter, de Zakai Shalom (page 53)
-Et encore ici Israel's secret wars : the untold history of Israeli intelligence, par Ian Black, Benny Morris (page 203)
-Et là Mehdi Ben Barka : de l'indépendance marocaine à la Tricontinentale, par René Gallissot, Jacques Kergoat (page 197)
Pour Yigal Bin-Nun Ben Barka était en relation quasi quotidienne avec le mossad depuis 1960. Selon lui tout comme Shahak, Mohamed Hassanein Heikal ou Nahum Goldman Hassan II aussi était un agent du mossad avec le 1er contact dès 1958.
Selon Petr Zidek Ben Barka livrait aux services secrets Tchécoslovaques des informations pour 1500 francs/mois.
à blablablaetblablabli
De peut-être
07H16 | 15/10/2009 |
Aller c'est parti les nihilistes maintenant ?
à blablablaetblablabli
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H25 | 15/10/2009 |
« Suivi de près à la fois par la CIA, le Mossad israélien et les services secrets français et marocains, Medhi Ben Barka a été enlevé devant la brasserie Lipp, en plein Paris, le 29 octobre 1965 par deux policiers français qui travaillaient pour le Sdece (l'ancêtre de la Dgse). »
http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/11/01003-20091011ARTFIG0002…
Je crois bien que les Américains ont refusé une demande de déclassification FOIA des dossiers sur Ben Barka.
Rappelons qu'il préparait à l'époque la réunion de la Conférence tricontinentale devant rassembler les partis et organisations anti-colonialistes et tiers-mondistes à La Havane, et que l'affaire Ben Barka est donc aussi un « épisode » de la guerre froide.
à Network 23
De mauser
16H47 | 15/10/2009 |
Vous pouriez ajouter le KGB sa vision de la tricontinentale n'étant pas forcément celle de Moscou .
De Renard15
Militaire | 06H47 | 15/10/2009 |
Bonjour…
Putain le joli serpent de mer que voilà ! ! ! « on » me gonfle ENCORE avec cette affaire BEN BARKA, mais pourquoi ce « on » ne va pas faire chier les Allemands pour l'arrestation de Jean MOULIN ou « on » ne va pas demander des comptes aux Anglais pour Jehanne D'ARC ?
Mais bon, ça sera bientôt comme tout les maux et les mots de la terre. Une seule coupable, la France voyons ! ! !
à Renard15
De peut-être
07H18 | 15/10/2009 |
NTM.
à peut-être
De GroToTo
Mal pensant | 15H39 | 15/10/2009 |
. ça peu pas être la faute de Jean Sarkozy (pas né à cette époque),
. Nicolas n'est pas dans le coup il était trop jeune (mais il savait et il a rien dit à sa maitresse),
. C'est surement la faute de son père, de toute façon ce mec est pas net ! il peut pas être net, la preuve : il apparait sur les fichiers de Clearstream.
ça y est ! on a un lien avec Sarko ! Lachez vous à vos claviers !
à peut-être
De pat30
retraité | 22H31 | 15/10/2009 |
d'accord avec vous.
De memento
01H52 | 16/10/2009 |
L'autre qui remonte à Jean Moulin et Jeanne D'arc… Classe la mauvaise foi. Toutes façons la monarchie marocaine a toujours été du coté des « maitres ». Et dire que ces cons sont persuadés que leur roi est descendant du Prophète… C'est sûr que si Ben Barka était resté en vie, le Maroc ne serait pas devenu le royaume du chichon et des putes de moins de 14 ans. Ahhh, l'impérialisme occidental… heureux d'en voir la fin, cinq cents ans c'est long.