Une fois encore, Rachida Dati prise en flagrant délit d'omission
Omettre n'est pas mentir, certes. Mais l'ultime maquillage de Rachida Dati sur son CV fait tâche et lui donne déjà une réputation de « lobbyiste » auprès de ses collègues députés européens.
Pourquoi donc l'ancienne ministre de la Justice a-t-elle barré d'un trait la case « activités professionnelles » de sa « déclaration d'intérêts financiers », alors qu'elle est à la tête d'une société de conseil, « La Bourdonnais Consultants », dont les statuts ont été déposés le 20 juillet ?
En tant que membre de la commission des affaires économiques et monétaires du parlement, une telle activité aurait pu représenter un conflit d'intérêt. Surtout, explique La Tribune, si l'ancienne garde des Sceaux avait obtenu la rédaction du crucial rapport sur les fonds spéculatifs, en raison d'un contrat qu'elle aurait avec le cabinet d'avocats américain Wilkie Farr & Gallagher spécialisé dans le capital-investissement.
Le cabinet de Rachida Dati a fait savoir ce dimanche que la société « La Bourdonnais Consultants » était pour l'instant « inactive » et a précisé :
« Le Parlement européen demande à ce que soient déclarés les flux financiers et les revenus complémentaires des eurodéputés. C'est ce qu'elle a fait avec ce qu'elle touche comme maire du VIIe arrondissement et conseillère de Paris. »
Elle avait aussi oublié qu'elle était maire du VIIe
Oui mais elle ne l'avait pas déclaré spontanément. En effet, comme l'a révélé l'hebdomadaire Marianne dès le 16 septembre, l'eurodéputée a d'abord rendu une fiche totalement vierge, omettant de mentionner qu'elle était maire du VII arrondissement de Paris, ce que prouve cette capture d'écran réalisée avant la modification (liée à sa révélation dans la presse ? ).
Marianne a interrogé une « très fidèle collaboratrice » de Rachida Dati, qui a expliqué pourquoi ces omissions n'étaient pas volontaires :
« La déclaration a été remplie dans le stress de la rentrée. Le document est en cours d'actualisation. Ça peut être long, il y a quand même 736 députés... »
L'article rapportait aussi que, selon une ancienne eurodéputée, si cela ne devrait pas conduire à des « sanctions », il est certain que « dans un autre pays que la France, ça ferait scandale » :
« L'esprit au Parlement européen, malgré ce que peuvent penser les gens, c'est l'hyper-transparence. Le but de ce formulaire, c'est que l'on puisse vérifier qu'il n'y ait pas de prises d'intérêts. »
Pas vraiment diplômée de l'Institut supérieur des affaires
En matière d'arrangements avec le CV, Rachida Dati n'en est pas son coup d'essai. On se souvient de la polémique sur le diplôme de l'Institut supérieur des affaires (un MBA de HEC), qui figurait dans son CV alors qu'elle ne l'avait pas validé (information révélée par L'Express mais à laquelle elle avait apporté un démenti « catégorique »).
Une affaire d'autant plus gênante que c'est ce diplôme de l'ISA non validé qui lui aurait permis de rentrer à l'Ecole nationale de la magistrature... et donc d'être légitime pour diriger la Chancellerie.
Parmi les petits manquements qui peuvent coûter cher, on peut aussi citer son redressement fiscal de 1997, dû, d'après le livre de Jacqueline Rémy « Du rimmel et des larmes », au fait qu'elle avait déduit de ses revenus des pensions alimentaires accordées à ses frères et sœurs. Son réseau serait intervenu et elle aurait obtenu un étalement sur trente mois du remboursement de la somme.
Tout ce passif et les huit « prix Busiris » décernés par maître Eolas, pour sa faculté à « repousser plus loin les frontières de l'audace médiatique et de l'irrespect élémentaire du droit », ne l'empêchent pas de viser plus haut. Elle a déjà fait savoir son intérêt pour un siège de député en 2012 et la mairie de Paris.
Photo : Rachida Dati au Parlement européen à Strasbourg le 14 juillet 2009 (Yves Herman/Reuters).
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Dans ce monde de connivence et de cooptation où nous vivons, pensez-vous que Rachida Dati, venue de nulle part, aurait pu se hisser là où elle est (et où elle ne se débrouille pas si mal, quoiqu'on en pense), si elle n'avait pas forcé les portes, forcé le destin, et un peu menti ? On peut être sincère sur son CV quand on est fils de bourgeois et HEC. On peut être sincère face à sa famille quand on a le mari qui plaît à Papa et de jolis enfants légitimes. Quand on n'a ni l'un ni l'autre, on se débrouille, et Madame Dati se débrouille très bien. On peut la juger comme on veut, de toutes façons elle n'avait pas le choix.
Salauds de pauvres qui ne savent pas rester à leur place, et qui mentent pour devenir riches et s'approcher du pouvoir !
Au moins, au PS, les Maghrébins restent discrètement à leur place. On n'est pas près d'en voir à des postes de haute responsabilité !




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