
L'hebdomadaire The Economist est réputé pour ses couvertures conceptuelles, toujours réussies. Celle-ci ne fait pas exception, et projette un message clair : aux yeux du magazine libéral britannique, seul Tony Blair peut « réveiller » une Europe endormie. Tony Blair à la tête de l'Europe ? Voici quelques bonnes raisons d'être contre…
Le timing de cette « une » n'est pas innocent : dès que (ou plutôt si…) la République tchèque ratifie le traité de Lisbonne, il sera temps de nommer les deux plus hauts responsables des nouvelles institutions européennes, le Président et le responsable de la politique étrangère. Une décision qui pourrait intervenir d'ici un mois, au plus tard à la fin de l'année.
Le nom de l'ancien Premier ministre britannique circule depuis longtemps, et a même, un temps, été mis en avant par Nicolas Sarkozy, ne serait-ce que pour créer un peu plus d'embarras à gauche. Mais, si l'on en croit The Economist, Blair, avec sa stature internationale et son expérience, est même le seul à pouvoir prétendre à ce poste si on veut « sauver » l'Europe, tous les autres n'étant, à ses yeux, que des « nains ».
Quelques raisons d'être contre
Et pourtant… En bonne objectivité britannique, l'hebdomadaire donne lui-même toutes les bonnes raisons de s'y opposer. Certaines tiennent à sa nationalité : le Royaume-Uni n'est pas membre de la zone euro, n'a pas signé les accords de Schengen de libre circulation, et s'intéresse plus au « chèque » de ristourne de sa contribution qu'aux grands enjeux de l'intégration européenne.
Mais d'autres, les principaux à mon sens, tiennent à la personnalité de Tony Blair. Le fondateur du « New Labour » a certes bénéficié un temps d'une remarquable image de marque moderniste, celle du social-démocrate qui a su réinventer la gauche. Mais qu'en reste-t-il aujourd'hui ?
Au-delà du bilan intérieur moins glorieux qu'on l'a longtemps cru, il y a l'affaire irakienne : Blair pourra-t-il faire oublier qu'il a été l'allié servile de l'administration Bush dans toute cette désastreuse expédition, y compris dans sa phase préparatoire de mensonge aux opinions publiques sur la réalité des armes de destruction massives de Saddam Hussein ? Il en a hérité le surnom de « caniche » de Bush, qui lui colle à la peau, d'abord dans son propre pays, dans son propre parti.
L'Europe a certes besoin d'une personnalité forte, visible, déterminée. Mais peut-elle se livrer à un homme politique qui s'est, à ce point, trompé, a entraîné son pays dans le désastre irakien, et a profondément divisé l'Europe ?
Echec au Proche-Orient
D'autant que, depuis, Tony Blair occupe une autre fonction : il représente le Quarter des grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) au Proche-Orient. Vous avez des excuses si vous ne le savez pas. Depuis deux ans, c'est comme si ce poste n'avait pas existé. Seule la réception d'un grand hôtel de Jérusalem où Blair et ses collaborateurs occupent des chambres à l'année le savent… Le résultat de cette mission est proche de zéro (« le très modeste bilan », titrait récemment Le Monde), même depuis que les Etats-Unis, sous l'égide de Barack Obama, a tenté de relancer le processus de négociation.
Bref, si on ne change pas une équipe qui gagne, on ne promeut pas un leader qui échoue. Parmi les Vingt-sept, les résistances s'organisent : les trois pays du Benelux (Belgique, Luxembourg, Pays-Bas) se sont prononcés implicitement contre la candidature du premier ministre britannique, ce qui leur vaut quelques sarcasmes de The Economist.
Quels sont les autres candidats ? La liste, il est vrai, n'est pas réellement enthousiasmante. The Economist l'égrène à souhait : on y trouve le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le Néerlandais Jan Peter Balkenende, le Finlandais Paavo Lipponen, et, sans doute, quelques autres personnalités européennes qui ne se sont pas encore déclarées.
Le plus extraordinaire dans ce processus, c'est la discrétion dans laquelle il s'effectue. Certes, on n'en est pas encore à élire le président de l'Europe au suffrage universel, mais on apprécierait un peu plus de lumière et de transparence dans la désignation de celui qui, au bout du compte, parlera au nom de toute l'Europe avec une autorité inégalée jusqu'ici. Merci à The Economist d'avoir permis de lancer publiquement le débat !
Rectificatif 12/10/09 à 14h00 : Blair est représentant du Quartet au Proche Orient, pas de la seule UE. Merci à JP Filiu de l'avoir repéré…




















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De SimonYNT
Djeun's | 14H39 | 11/10/2009 |
Mettre Blair à la tête de l'Europe serait une réelle catastrophe pour le futur de l'Europe.
Ce premier « vrai » Président de l'Europe devra être le symbole des aspirations de l'Europe, l'image des projets qu'elle voudra porter, l'illustration de ses souhaits d'avenir.
Les Anglais ne voient l'Europe que comme une zone de libre-échange (et de contraintes bureaucratiques). Pas question de politique commune, pas plus que d'économie commune ou de défense commune… Bref, pas d'idéal de « Nation Européenne », simplement une vision commerciale de l'Europe…
Pour rappel, Blair et les Anglais :
-ont refusé et refusent toujours l'euro,
-veulent intégrer la Turquie pour élargir la zone commerciale et scléroser davantage le fonctionnement des institutions,
-ont aligné leur politique extérieure sur celle des Etats-Unis à un moment peu judicieux,
- relaient la vision américaine de l'Europe commerciale plutôt que politique (oui pour avoir des Alliés, enfin surtout s'ils n'ont pas le poids pour contester les décisions)
-sans compter les défauts de Blair mis en avant par l'article, en particulier un manque d'efficacité certain.
Mettre un tel homme à la présidence de l'Europe, c'est tuer dans l'oeuf les espoirs de voir émerger une Europe puissante et unie, une Europe forte de son histoire, de ses diversités…
Blair à la tête de l'Europe, c'est compléter l'oeuvre de Barroso pour une Europe bureaucratique, technocratique et affairiste qui s'éloigne tous les jours davantage de ses citoyens, qui s'aliène leur soutien et enterre petit à petit les espoirs apportés par les Pères Fondateurs.
Dire « Oui » à Blair, c'est dire « Non » à l'Europe.
De christobal0094
citoyen du monde | 15H01 | 11/10/2009 |
Tony Blair c'est aussi le fossoyeur du « Labour » le grand parti travailliste qui va probablement perdre les prochaines elections.
C'est probablement le politicien le plus meprise en UK et une bonne part des Brits voudrait le voir juger a LaHaye pour crime contre l'humanite a cause de ses mensonges sur l'Irak.
Tony Blair c'est l'imposture absolue et le profit personnel est sa seule et grande reussite.
heureusement en ne faisant rien pour le conflit Israelo-palestinein il a limite les degats.
l'Economist est parfaitement perfide :
- un il souhaite le retour des CONservateurs
- deux il choisit une photo de Tony en libidineux eclate devant la belle endormie.
s'il se prend une baffe, sa Cherry lui repetera-t-elle qu'un chretien doit tendre la joue gauche ?
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 15H27 | 11/10/2009 |
Sur la photo de l'article, Blair a plutôt l'air de vouloir la sauter, l'Europe, que de vouloir la réveiller - c'est voulu par l'artiste ?
De RBWL
Cineaste | 16H12 | 11/10/2009 |
Le retour de Blair sur la scène politique européenne est un vrai cauchemar. C'est en quelque sorte le retour de Bush, et la légitimation de toutes les exactions anglaises et américaines en Irak et de tous leurs mensonges et crimes de guerre.
La place de cet homme est dans un Nuremberg du neo-conservatisme guerrier.
Son retour, c'est aussi la légitimation des options économiques du valet des conservatismes économiques et financiers.
L'Europe a besoin d'un personnalité consensuelle, habitée, visionnaire, porteuse d'un grande et novatrice idée pour ce continent.
Avec Blair, c'est une fois de plus l'exhibitionnisme des affairistes qui se retrouve aux manettes.
De Majesté
Trader à la banque du sperme | 16H13 | 11/10/2009 |
La question à se poser, c'est « quel sera réellement le pouvoir de ce président ? »
Il m'étonnerait très fort que ses pairs lui laissent la moindre marge de manoeuvre, comme c'est déjà le cas avec Barroso (la servilité est d'ailleurs LE critère pour être adoubé). Tout comme le futur représentant de la politique extérieure. Que pourra-t-il dire de plus que Solana ?
Tous ces postes sont grotesques dans l'Europe actuelle. Ils me rappellent les médailles qui ornaient les uniformes des gérontocrates soviétiques : de simples signes de reconnaissance incestueuse.
Il y en a un qui pourrait avoir la trempe pour faire un peu bouger les choses, c'est le Belge Guy Verhofstadt. Un Européen fédéraliste convaincu, aux antipodes de Blair. D'ailleurs, il y a quelques années, Blair lui avait fait barrage pour la présidence de la Commission, précisément pour ses penchants fédéralistes (comme Major le fit, seul, contre l'autre belge jean-Lus Dehaene il y a une quinzaine d'années). Et ce genre de coup de Jarnac ne s'oublie pas de sitôt. En outre, il déclare qu'il n'est pas officiellement candidat mais qu'il ne refuserait pas le poste si on le lui proposait (en Belgique, on connaît fort bien l'art de la discrétion pour arriver à ses fins), et Barroso a été réélu avec, notamment, le soutien appuyé des libéraux (le groupe présidé par Verhofstadt). Et en politique magouilleuse, un ascenseur fait toujours l'aller-retour.
Bref, on verra. Mais pour ce que ça changera…
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 01H53 | 12/10/2009 |
Il est hors de question que ce born again Bushite prenne la tete de l'Europe ! ! !
Ce serait ouvrir grand la porte aux fondamentalistes chretiens (et donc aux partisans du Choc des Civilisations), aux promoteurs de l'Intelligent Design (deja tres influents a Bruxelles) et aux sectes et megachurches US :
http://blogules.blogspot.com/2009/07/tony-blair-un-fondamentaliste-presi…
Cet homme est un illumine dangereux. A quoi ca sert que l'Amerique se debarrasse des theocons pour qu'on en mette un au sommet du continent ?
De Melanchthon
09H44 | 12/10/2009 |
A peine le résultat positif du référendum irlandais connu, la presse britannique s'est lancée dans une campagne présentant la nomination de Tony Blair à la présidence du Conseil de l'Union Européenne comme inévitable.
La nomination de Tony Blair à un poste de cette importance porterait un coup très grave au projet européen et à l'image de l'Union Européenne auprès de ses citoyens comme auprès des peuples d'autres pays. Le soutien qu'il a apporté à l'administration Bush pour l'invasion illégale de l'Irak et l'usage systématique du mensonge pour justifier cette entreprise, son opposition opiniâtre à une plus grande intégration européenne et à toutes les avancées sociales dans l'Union, notamment son combat contre la Charte des Droits Fondamentaux, le disqualifient pour un poste où il serait chargé de définir l'agenda du Conseil et de représenter l'Union Européenne.
La pétition « StopBlair ! », que l'équipe d'European Tribune (www.eurotrib.com) a lancée, connaît un regain d'intérêt : Près de 37000 personnes l'ont déjà signée, dont plusieurs milliers ces derniers jours.
Si vous partagez notre opposition à le nomination de Tony Blair, merci de signer cette pétition et de la faire connaître auprès du plus grand nombre.
Vous pourrez trouver le texte intégral de la pétition (en 26 langues) et la signer à cette adresse :
http://stopblair.eu/indexfr.html
De Melanchthon
09H57 | 12/10/2009 |
N'importe quel ancien ou actuel président ou premier ministre réellement européen serait infiniment mieux que Tony Blair, mais si l'on souhaite une personnalité qui incarne vraiment les valeurs du projet européen, Mary Robinson, ancienne présidente d'Irlande, ancienne Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, fondatrice de l'ONG Realizing Rights et présidente d'Oxfam serait une candidate idéale. Son nom a d'ailleurs été évoqué par Margot Wallstrom et plusieurs media européens.