L'académie de Stockholm vient de décerner le prix Nobel de médecine à une équipe américaine pour ses recherches prometteuses sur une enzyme qui protège les cellules du vieillissement, au point d'être associée à l'immortalité. Lurker, riverain de Rue89, s'est amusé à lister ces miracles que chaque jour les services de presse des centres de recherche nous livrent dans un bel emballage. Et que les journalistes s'empressent de rendre encore plus impressionnants.
En vrac, dix merveilleuses trouvailles, qui vous ont peut être échappé mais qui, promet-on, pourraient changer nos vies. Décryptage.
Le traitement contre le cancer
Le Wall Street Journal nous dit qu'une molécule habituellement utilisée contre le diabète soignerait le cancer.
En fait, elle réduit le nombre de cellules-souche cancéreuses (5 à 10% d'une tumeur) sur une tumeur humaine greffée à une souris, en réduisant l'apport en sucre. L'article dit clairement que les chercheurs ne savent absolument pas comment ni même s'il est possible d'utiliser cette molécule contre un cancer humain. Nous sommes bien loin du traitement décrit.
Le contrôle à distance des êtres vivants
Attention, il existe des « radio controlled cyborg insects », nous apprend la très sérieuse revue New Scientist. Des chercheurs ont réussi a télécommander un insecte, ce qui pourrait permettre de rechercher les victimes après différentes catastrophes (effondrement d'immeuble, inondations…) ou d'espionner des terroristes.
En fait, l'insecte est une grosse espèce africaine de coléoptère, la seule capable de supporter l'équipement et la batterie nécessaires. Loin d'être discret, donc. L'insecte lui-même n'aurait pas vraiment de contrôle sur sa trajectoire, et malgré sa taille, la batterie n'a qu'une autonomie de 45 secondes. Tout cela pour, avec de la chance, le faire tomber violemment au sol ou vaguement tourner à droite ou à gauche. (Voir la vidéo)




















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De spacemadi
(volontaire international) | 23H03 | 10/10/2009 |
Dans le genre trouvaille farfelu, j'aimerai bien votre regard sur celle-ci qui me laisse bien perplexe : L'éolienne qui capte l'humidité et la transforme en eau buvable…
http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/l-homme-qui-changeait-l-a…
De ricasse
Etudiant | 00H48 | 11/10/2009 |
Les papiers sont révisés : plus ou moins.
Une petite anecdote : mon superviseur de thèse est une des personnes les plus connues dans le monde de la métallurgie. Un nombre impressionnant de publications, invité dans tous les colloques qui comptent, etc. Il y a quelques années, il mettait à jour sa liste de publications, et surprise, il est listé parmis les auteur d'un papier qu'il n'a jamais approuvé dans le ISIJ (revue japonaise de métallurgie appliquée, une parmis les deux ou trois les plus importantes dans le domaine). Le seul autre auteur était l'un de ses anciens étudiants. Et quand je dis que mon professeur n'avait jamais approuvé l'article, je devrais même dire qu'il ne l'avait pas écrit et que seul l'étudiant l'avait écrit mais, parce que l'article était mauvais, mon professeur ne voulait pas le publier. L'étudiant l'a quand même envoyé au journal, et avec le nom de mon professeur parmis les auteurs, il est passé à travers la révision sans problème. Alors les comités de lecture… Pour un journal scientifique, il est plus intéressant de publier de mauvais articles d'auteurs connus que de bon articles d'inconnus. L'université dont est originaire l'auteur est aussi importante. Enfin, pour les publications de second plan, j'imagine que l'on est encore moins regardant.
Quant aux journalistes vérifiant eux-même les articles scientifiques, j'ai des doutes. En fin de thèse, j'ai parfois du mal à comprendre du premier coup les articles qui me concernent directement, alors si maintenant les journalistes doivent se taper et comprendre les publications scientifiques…
Finalement, les universitaires (américains j'entends, parce que c'est ce que je connais) sont tout le temps trop positifs dans leurs publications, sans parler des proposals. J'en ai même entendus certains en blaguer lors de présentations. Et tout le monde dans la salle se marre (ou fait semblant). J'ai vu des présentations intitulées quelque chose dans le genre « un nouveau type de transistor à l'échelle nanoscopique », et sous prétexte que le gars pense qu'il contôle une fois sur cent l'état de la matière dans des conditions pas possible, il en conclue que peut-être un jour on fera des microprocesseurrs. Evidemment, ce qu'il cherche c'est plus des crédits pour ses recherches (surtout qu'il se paie dessus, donc c'est presque vital pour lui).
D'ailleurs, quand voyez-vous des auto-critiques négatives ? Si vous faites de la recherche vous-même, vous devez en avoir sur vos travaux. Quand vous publiez, publiez-vous ces même critiques ?
Remarquez, ça dépend sûrement des domaines de recherche. Je suis en sciences des matériaux, ça pipotte pas mal. Mais il y a des domaines, comme la chimie, où vu le rythme impressionnant des publications, ça doit pipotter encore plus.
De Lurker (auteur)
Neant | 01H19 | 11/10/2009 |
« Mais de miracles que certains journaux et journalistes, qui n'ont pas fais leur travail, disséminent… »
Le but n'était absolument pas de se moquer des chercheurs, justement, mais bien du téléphone arabe entre les chercheurs et le grand public. Il y aura perte ou création d'information à chaque étape, selon les aspirations de chacun. Le chercheur donne des termes techniques et précis, son service de communication s'il existe simplifie et met dans une jolie boite, les journalistes mettent sous les projecteurs (et les néons et les lasers et les fumigènes). Le chercheur n'est bien souvent même pas au courant des termes utilisés au final.
Une remarque tout de même, personne ne remet en cause la manière dont sont présentés les papiers scientifiques originaux dans les publications à comité de lecture (Science, Nature, etc.) , seulement leur traitement (souvent) spectaculaire par la presse grand public.
(Preuve de plus qu'il ne faut pas embêter un chercheur ; )
De kevangel
Chercheur | 10H01 | 11/10/2009 |
La question sous-jacente que pose cet article est de savoir qui est responsable de ces annonces exagérées. Est-ce les chercheurs qui cherchent à se faire mousser ou est-ce le système médiatique/financier qui demande cela ? En effet, il existe des milliers de chercheurs honnêtes qui découvrent des choses très intéressantes et utiles, mais pas sexy pour les journaux. Certains se sentent donc obligés de grossir leurs résultats pour qu'on parle d'eux et surtout pour avoir de l'argent pour continuer leurs recherches. Parce que malheureusement ceux qui attribuent l'argent ne connaissent que peu de choses à la science et il faut donc obligatoirement en rajouter énormément pour les intéresser.
Je pense donc qu'il faut se méfier de se moquer de ses chercheurs, il faudrait plutôt se demander pourquoi les journalistes ne font des articles que sur des pseudo-découvertes sensationnelles et jamais sur la recherche fondamentale. Peut-être qu'un peu plus de sciences en école de journalisme aiderait un peu. Et accessoirement éviterait d'entendre à la TV que le CO2 détruit la couche d'ozone !
De Cogito_ergo_sum
Citoyen | 10H41 | 11/10/2009 |
La vraie question, dans ce genre d'information sensationnelles… et souvent fausses ! n'est pas, à mon avis, dans le fait qu'elles existent, mais dans l'usage qui en est fait.
Il est bien difficile d'empêcher en effet la « perte d'information » en ligne entre le travail d'un chercheur, que souvent seul lui-même et une poignée de spécialistes peuvent comprendre, et sa publication dans la presse à travers une cascade de personnes de moins en moins aptes à juger de son bien-fondé, de sa portée réelle, de ses limites. Difficile ? Même impossible, depuis que n'importe quel pékin peut mettre sur Internet des élucubrations de son cru…
Donc que fait-on de ces informations ?
Tant qu'elles ne font que faire rêver le lecteur, il n'y a pas grand mal.
Quand elles donnent de faux espoirs, par exemple à des porteurs du Sida, c'est plus embêtant. Si elles amènent les lecteurs à relâcher leur attention - puisqu'il y aura un vaccin, pas de souci… - c'est beaucoup plus grave.
Mais là où cela devient tragique, c'est quand ce genre de bobards est avalé tout cru par des décideurs. Par exemple par ceux qui allouent les crédits de recherche sur la foi d'annonces délibérément biaisées. Ou encore quand des politiques s'en emparent et basent leurs orientations sur des élucubrations. Vous souvient-il d'une certaine affaire d'avions renifleurs de pétrole ?
De mon point de vue, la vraie valeur de cet article est de rappeler l'importance, pour tout décideur, d'avoir un esprit critique digne de ce nom et de savoir s'entourer d'experts avant de trancher. Un décideur est rarement un scientifique ; au moins devrait-il être formé à la manière de juger les affirmations émanant de scientifiques !
De expat
10H47 | 11/10/2009 |
Je trouve inapproprie de parler de la telomerase comme d'une enzyme qui peut apporter l'eternelle jeunesse, si on active la telomerase dans les cellules senescentes d'un organisme on obtient surtout un cancer ! Il serait temps de cesser d'assimiler une cellule a un organisme et de considerer que ce qui est bon pour la cellule est bon pour l'organisme.
Deuxiemement du point de vue information du public, il aurait ete plus judicieux de preciser que ces recherches n'ot pas ete effectuee sur des cellules humaines mais que la decouverte initiale a ete faite sur un micro-organisme, un modele genetique que ne ressemble en rien a un mammifere, en fait son mode de fonctionement est totalement different, pourtant son etude a permis de comprendre un phenomene qui se produit quand les celules deviennent cancereuses et ceci demontre que la tendance actuelle de ne considerer comme utile que la recherche appliquee avec future application commerciale est dangereuse, car elle n'aurait pas permis cette decouverte (et bien d'autre). Nous surestimons notre connaissance du monde vivant en fait nous ne comprenons que tres peu ce qui se passe.
De gabilourson
réalisateur | 14H17 | 11/10/2009 |
Une recherche mondiale est en court à propos du point numéro 4 et elle démontre que de nombreux aveugles équipés de puces installées au fond de l'oeil ont déjà réussi à retrouver la vue (quelques dizaines de pixels, autrement dit sans aucune définition, mais percevoir les zones lumineuses constitue déjà une révolution pour quelqu'un que ne voit rien)
Pour ceux que cela intéressent voici le lien vers l'émission que j'ai réalisé pour France 3 à ce sujet (le reportage sur le dispositif en question est au milieu de l'émission :
http://www.france3.fr/STATIC/video/index-fr.php ? titre=Quoi%20de%20neuf%2…
Gabi