Après l'amende pour les parents d'élèves absentéistes, la mise place d'un référent policier pour des établissements particulièrement concernés par le phénomène, l'attribution d'un code barre aux élèves de certains lycées pour faciliter l'appel ou l'envoi informatisé de SMS aux parents des « sécheurs » en temps réel, voici aujourd'hui l'expérimentation de la « cagnotte collective » pour récompenser l'assiduité des élèves dans trois lycées professionnels pilotes.
Ces différentes mesures « innovantes » conçues pour lutter contre les manquements à l'obligation scolaire depuis le début des années 2000, partagent un même présupposé : le choc qu'elle provoquera chez les élèves décrocheurs (face à la menace financière qui pèse sur leurs parents, l'intervention de la police ou la perspective de la cagnotte de fin d'année, etc.) les conduira à « réaliser » leur erreur et à modifier leur comportement de façon à retrouver le chemin de l'assiduité et des apprentissages.
Le décrochage scolaire, résultat de mutiples facteurs
Or, que nous apprennent les enquêtes réalisées ces dernières années sur le sujet ? Que le décrochage scolaire dans le secondaire est un long processus articulant des dimensions de la socialisation familiale, du parcours scolaire, de la sociabilité juvénile ou encore des décisions institutionnelles : difficultés ou malentendus dans les apprentissages dès le primaire, disqualification symbolique du travail voire de la personnalité des élèves, contradiction entre les exigences scolaires et la culture familiale (concernant notamment le rapport à l'écrit, au temps et au corps), exclusions répétées, orientation largement subie vers des filières socialement dévalorisées, difficulté à trouver un stage au lycée ou épreuve de la discrimination à l'embauche, etc.
C'est dans leur agencement et leur renforcement mutuels que ces différents traits possibles de la trajectoire des élèves peuvent jouer dans le sens d'un décrochage scolaire. En admettant qu'un rapport conflictuel à l'école et aux savoirs scolaires soit ainsi le produit d'une série d'expériences socialisatrices durables, on peut raisonnablement faire l'hypothèse que le dispositif annoncé, parce qu'il ignore les véritables ressorts du décrochage, ne débouchera sur aucun résultat significatif, comme ce fut le cas pour les mesures antérieures plus répressives.
Mais que l'expérimentation rate sa cible officielle de lutte contre l'absentéisme comme le pronostiquent déjà beaucoup de professionnels de l'éducation ne signifie pas pour autant qu'elle soit neutre ou anodine. Tendanciellement, l'initiative vient encore renforcer une logique politique essentiellement gestionnaire qui semble avoir abdiqué face aux questions, aussi difficiles qu'incontournables, du sens de la confrontation aux savoirs scolaires, notamment dans les milieux populaires, de l'auto-exclusion des apprentissages et, plus largement, des mécanismes complexes de sélection des publics et de différenciation des filières dans un système aujourd'hui massifié mais toujours très inégalitaire.
Exacerber l'esprit de concurrence entre « méritants » et « non- méritants »
En soutenant que l'horizon d'une simple prime pour réaliser un projet collectif puisse raccrocher les absentéistes, le dispositif « cagnotte » actualise aussi une approche utilitariste et mercantile de l'école tout en agréant, en creux, une conception pour le moins problématique des enjeux de la présence en cours, d'un projet éducatif ou encore de la « motivation ».
En outre, le fait de confier aux groupes-classe concernés par l'expérimentation la charge collective de « respecter le contrat d'assiduité » avec les équipes éducatives en espérant ainsi remporter le gros lot en fin d'année risque encore d'exacerber une logique déjà bien ancrée de culpabilisation individuelle et d'esprit de concurrence entre les « méritants » et les « non- méritants ».
Ce n'est finalement pas tant l'échec annoncé de cette mesure par rapport à la problématique de l'absentéisme qui nous interpelle que son caractère symptomatique d'une politique éducative à court terme et souvent démagogique ignorant presque systématiquement tous les acquis de la recherche dans le domaine de l'éducation. Acquis sur lesquels pourrait pourtant s'appuyer un projet ambitieux de transformation de l'école, encore si loin de nos idéaux démocratiques.




















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De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 10H51 | 10/10/2009 |
La cagnotte anti-absentéisme dans les écoles permet à ceux (politiques) qui sont chargés de l'enseignement de se défausser sur les élèves.
A la belle époque des « bons points » et de la « remise des prix » de fin d'année qui permettait de flatter la vanité individuelle des élèves qui étaient sensibles à ces honneurs de pacotille, les politiques actuels veulent substituer le mérite d'une classe entière de telle sorte que les quelques élèves « absentéistes » seront soumis à la pression non pas des enseignants mais de leurs propres camarades.
Rendre responsable un groupe des erreurs ou de la non-conformité de quelques individus me fait penser aux heures sombres de notre histoire.
à Servais-Jean
De jma14
12H13 | 10/10/2009 |
« Rendre responsable un groupe des erreurs ou de la non-conformité de quelques individus » C'est le principe d'une démocratie et d'une république qui tient debout ! C'est la « pression » d'une majorité contre une minorité qui permet la bonne gestion de la cité. Dommage que cela vous fasses penser à autre chose.
Je précise que je suis contre cette solution anti-absentéisme.
à jma14
De pablico
12H38 | 10/10/2009 |
c'est cela..
l'autorité de haut en bas n'a pas toujours prise sur des ados.
si j'ai bien compris cette expérience (pas encore une loi), ce n'est que se servir de la force du COLLECTIF, pour soumettre les récalcitrants (INDIVIDUALISME).
Au service militaire on l'a bien expérimenté sur nous, ..une 48 heures collective si l'on battait la compagnie concurrence dans un raid par exemple.. et cela marchait pour les gagnants comme les perdants…
IL n'y aura pas d'autorité de haut vers le bas, mais tout se passera dans le bas (le groupe), et les parents..
c'est pervers..mais tellement facile et efficace… la psychologie peut très bien remplacer l'autorité.
nb :
nous, les adultes, ne nous faisons pas manipuler, par la Communication (psychologie) , bien faite, pour qu'on réagisse comme des moutons ?
après on va inter-agir ensemble (le groupe) dans le sens voulu.
à pablico
De jma14
13H17 | 10/10/2009 |
J'ai rien compris, vous avez un problème de syntaxe.
Je vais donc réagir sur ce qu'il y a peut prêt de clair.
» la psychologie peut très bien remplacer l'autorité. » Ce n'est pas parce que vous avez eu des problèmes au service nationale, qu'il faut condamner l'autorité. Remplacer l'autorité par la psychologie n'a en plus aucun sens. L'autorité est la base de toute société en tout temps.
à jma14
De pablico
15H02 | 10/10/2009 |
c'est là tout le problème.
L'autorité vient du haut, sans souvent ne rien expliquer (droit du seigneur).
C'était bon quand les gens étaient ignares, sans éducation, et avaient peur du bon dieu vengeur..
Mais cela a changé. Ceci explique peut-être le rejet de l'autorité par beaucoup, ou obéir en désobéissant, ce qui pipe tout…et qui est pire que le refus d'obéissance.
D'ailleurs, on a maintenant le droit de désobéir, si l'ordre est idiot…c'est un signe qui ne trompe pas…
à pablico
De Hemenate
15H51 | 10/10/2009 |
J'avoue moi aussi ne pas bien vous suivre, et n'avoir pas bien compris au final laquelle de l'autorité verticale ou de l'autorité horizontale vous décriez ?
à Hemenate
De pablico
17H36 | 10/10/2009 |
autorité verticale : du chef à l'exécutant
autorité horizontale : le groupe qui contraint, (l'esprit de groupe des exécutants, l'autorité « autogestion »).
vous n'avez jamais vécu cela Hemenate ?
à pablico
De Hemenate
17H43 | 10/10/2009 |
Bien sûr que si.
Par « pas bien compris laquelle de l'autorité verticale ou de l'autorité horizontale vous décriez ? »
J'entendais laquelle des deux jugez-vous préférable ?
à Hemenate
De pablico
18H06 | 10/10/2009 |
l'autorité qui influence, et qui ne contraint pas (dans l'idéal absolu).
je ne préfère rien, on a besoin des deux.
aucune des deux formes ne peux fonctionner idéalement seule.
en associant les deux formes intelligemment on peut tendre vers l'idéal.. c'est ce qu'on nomme en ce moment le : gagnant/gagnant…
les deux parties doivent se sentir gagnantes, pas lésées, exploitées, contraintes, bafouées..
à pablico
De Hemenate
15H53 | 10/10/2009 |
Doublon.
à jma14
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H19 | 10/10/2009 |
Le principe d'une démocratie c'est la responsabilité individuelle. Un citoyen doit être capable de gouverner et d'être gouverné (Aristote) et c'est pas avec les méthodes que nous propose le président de l'UMP (sarcosi pour les ignorants) qu'on y arrivera.
Pour ce qui est « l'autre chose à laquelle je pense » sachez que je pense aux épisodes du Mont-Mouchet, de Tulle, d'Oradour et autres lieux où des populations entières ont été désignées responsables donc coupables des actes de certains de leurs membres qui agissaient, eux, en toute connaissance (du moins je l'espère) intellectuelle et morale, de cause.
Mon approche de ce problème peut sembler un peu « hard » mais je considère que c'est en poussant à la limite les conséquences d'une affirmation qu'il est possible de faire comprendre l'absurdité de certains discours qui semblent hélas prospérer dans notre belle France.
La France des lumière est née au XVII ème siècle, à nous de la nourrir.
à Servais-Jean
De jma14
15H58 | 11/10/2009 |
« Rendre responsable un groupe des erreurs ou de la non-conformité de quelques individus me fait penser aux heures sombres de notre histoire. »
Mais vous vous contredisez. L'individu étant responsable (et ca je suis entièrement d'accord avec vous, c'est tout mon combat) si chaque partcicpant (du mont-mouchet, tulle, ouradour) avait effectivement réflêchi, ils auraient empêchés ces massacres, ils sont donc aussi responsables. C'est la somme des individus qui fait le groupe pour le pire et le meilleur.
C'est votre environnement (voisin, famille, ami…) qui vous fait progresser, vous défini. Si tous vos voisins sont médiocres, votre niveau baisse.
De toute façon le problème n'est pas là dans ce projet. le problème s'est la rémunération de la présence. C'est à dire un contre-sens.
à Servais-Jean
De Cogito_ergo_sum
Citoyen | 21H57 | 11/10/2009 |
Gamin, j'aimais bien recevoir des prix en fin d'année. Je n'y voyais pas une source de vanité, plutôt la reconnaissance d'un travail bien fait. Et ces prix, c'étaient des livres, de la culture, donc. Pas du fric.
J'ai un peu peur qu'avec leur disparition ait aussi disparu un moyen de motivation qui était loin d'être aussi factice que vous le dites.
Mais c'est assez secondaire. Le fait d'inciter les élèves à travailler en groupe de manière solidaire me paraît positif. Il n'est quand même pas question de les fusiller s'ils échouent : gardons le sens des proportions. Le fait de récompenser le groupe par de l'argent me paraît - me paraîtrait, si tel était le mode d'application - très malsain. S'il s'agit de leur permettre de réaliser ensemble un projet commun, c'est déjà beaucoup plus positif - tout dépend bien sûr de la qualité éducative du projet (si c'est se faire une biture collective, je doute que cela ait une valeur pédagogique…)
Et puis, au fond, le véritable problème de l'absentéisme ou du manque de motivation n'est il pas le fait que la société telle qu'elle est fait douter de la valeur de l'acquis scolaire ? Tout le reste n'est il pas qu'anecdotique, vaine discussion sur le sexe des anges ?
De Lola48
créateur | 10H51 | 10/10/2009 |
Pour la transformation de l'école. Je propose un congé sabbatique de 1 an pour tous, enseignants et élèves. Prendre ce temps pour réfléchir et pour reconstruire.
De ZonZon la MouChe
ni dieu ni maître ! | 10H59 | 10/10/2009 |
Bah quand on voit que Jean Sarkozy (fils de) qui n'a pas d'autre diplôme que le bac, va prendre la tête de l'EPAD à 23 ans, on se demande si ça sert vraiment à quelque chose d'aller à l'école.
à ZonZon la MouChe
De MOG
écriveuse | 12H58 | 10/10/2009 |
Juste le bac : Info ou intox ?
à MOG
De la champenoise
13H38 | 10/10/2009 |
Il n'est qu'en seconde année de droit ….
à la champenoise
De LG240
08H55 | 12/10/2009 |
à 23 ans (donc 4 ans de retard) et oui, sans diplôme, puisque le premier diplôme de droit n'est distribué qu'à la fin de la 2ème année
à LG240
De LG240
08H55 | 12/10/2009 |
de la deuxième année réussie, evidemment
à ZonZon la MouChe
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H51 | 10/10/2009 |
Il n'a peut-être que le bac mais putain qu'est ce qu'il a comme mérites, un zoïde à sarko ça vaut tous les diplômes du monde, non pardon, de l'univers.
Pal Sarkozy ne dit pas autre chose, chez les De Bokson on ne se contredit pas (sans contrepèterie).
Il m'arrive parfois à penser à Carla qui n'aura pas eu cette possibilité donc cet honneur de recevoir cette bénédiction, pour ne pas dire injection divine.
J'ai fait fort là, non ?
De Liger
liger.amsud.net | 14H55 | 10/10/2009 |
C'est toujours intéressant de prendre du recul avant de mettre en oeuvre telle ou telle solution, et particulièrement dans le domaine pédagogique.
Il faut cependant bien prendre conscience que quelle que soit la méthode proposée, on se cognera toujours à ces deux ambiguïtés :
- la première concerne le contenu, et pour tout dire l'objectif de « l'instruction » : s'agit-il de préparer l'élève à un environnement présupposé, c'est à dire à le former pour qu'il soit pleinement opérationnel dans cet environnement qui l'attend, ou au contraire lui donner « juste » les moyens de penser par lui-même, et donc également de critiquer éventuellement cet environnement ? Il est clair que le pouvoir actuel a fait, en la première solution, son choix.
- la seconde concerne l'élève lui-même, qui est par définition un adulte en devenir. Faut-il alors le considérer d'ores et déjà comme un adulte, en le rétribuant ou en le sanctionnant comme tel, ou au contraire lui laisser la possibilité de rester un enfant, au gré de régressions épisodiques mais nécessaires ? Là encore, le pouvoir a décidé et choisi la première option.
Pour ma part, je ne choisirais d'option ni dans la première alternative, ni la deuxième, car j'estime que ces deux questions ont tellement de sens qu'elles doivent être posées en permanence.
Mais alors que la droite accuse, et depuis tant d'années, le corps enseignant d'être politisé et d'agir de manière dogmatique dans ses choix pédagogiques, jamais un gouvernement n'a autant dogmatisé l'enseignement.
Le premier signe a été perceptible lorsque les gouvernements précédents ont raccourci l'age légal de scolarisation obligatoire à 14 ans. Face à un avenir qui demandera des réorientations permanentes, lesquelles ne sauraient être réussies que grâce au savoir général acquis à l'école, un tel choix a été d'une bêtise peu ordinaire. Mais surtout, les gouvernements on fait montre d'une volonté de se débarrasser de l'adolescent, pour mieux le verrouiller en tant qu'adulte.
Ensuite, il s'est agit de pouvoir sanctionner l'enfant et l'adolescent comme un adulte. Sarkozy s'est montré maitre de ce genre d'injonction. Là encore, l'enfant gène et l'adolescent est insupportable.
Enfin, le sujet du jour nous amène à la carotte jointe au bâton précédent : même si cette rétribution plaira à certains, il n'empêche que l'on considère encore une fois l'enfant comme un adulte avant l'age.
Cette idéologie d'émancipation de l'enfant, dans le but finalement d'en faire prématurément un être utile, est dangereuse.
Mais dans un contexte démographique qui fait de notre pays un pays de petits vieux, cette idéologie apparaît comme carrément effrayante.
à Liger
De Hemenate
16H46 | 10/10/2009 |
# Sur la première ambiguïté :
Personnellement, il me semble au contraire que nous sommes dans la seconde hypothèse.
Je pense qu'on a, ces dernières décennies, placé l'élève au centre de l'enseignement.
A la place des cours magistraux traditionnels, on cherche par des méthodes interactives (études de documents) à ce que l'élève construise lui-même son propre savoir.
Un exemple allant à l'encontre de la première hypothèse (élève opérationnel à l'environnement) est qu'actuellement, malgré le taux de chômage un nombre conséquent d'emplois dans le BTP reste pourtant non pourvu.
# Sur la deuxième ambiguïté :
Ici je suis d'accord avec vous (première hypothèse : élève-adulte).
Mais cela me semble étroitement lié avec la première ambiguïté :
A partir du moment ou on met au centre de l'enseignement l'auto-construction de l'élève, on fait descendre de son estrade le traditionnel « professeur dispenseur de savoir » en le rapprochant de l'élève.
Pour faire simple, à rapprocher l'élève du professeur on finit forcément par le considérer comme un adulte.
Cela fait un moment que l'éducation nationale a pris cette voie, sous des gouvernements de gauche comme de droite, et il ne me semble pas que les dernières réformes de l'actuel gouvernement aient réellement marqué un changement notable.
à Hemenate
De Liger
liger.amsud.net | 16H57 | 10/10/2009 |
Concernant le BTP, ne pas avoir envie de tirer des câbles dans les tranchées de boue, ni de se bousiller les lombaires à 40 ans, n'est pas forcément lié à des choix pédagogiques.
Et si l'inspection du travail faisait un peu son boulot, on aurait une amélioration des conditions de travail ainsi qu'une valorisation des salaires. Ensuite, des ouvriers plus heureux sont plus faciles à gérer, et on aurait également plus de chefs de chantier, etc.
Mais c'est vrai, les facs de psycho sont pleines. Pas forcément de ceux qui n'aiment pas les matières enseignées, d'ailleurs. Mais la sélection a fermé le reste, d'autant plus que tous les bacs ne se valent pas.
Quels que soient les besoins du marché du travail, j'ai du mal à considérer qu'ils doivent imposer le fait que tant d'élèves n'auront droit ni à la philo, ni aux langues, ni à l'Histoire, par exemple.
à Liger
De Hemenate
17H37 | 10/10/2009 |
« Concernant le BTP, ne pas avoir envie de tirer des câbles dans les tranchées de boue, ni de se bousiller les lombaires à 40 ans, n'est pas forcément lié à des choix pédagogiques. »
C'est bien ce que je dis, on respecte les envies des élèves au lieu de les forcer à s'adapter à l'environnement (=besoin sur le marché de l'emploi).
« Quels que soient les besoins du marché du travail, j'ai du mal à considérer qu'ils doivent imposer le fait que tant d'élèves n'auront droit ni à la philo, ni aux langues, ni à l'Histoire, par exemple. »
Le problème c'est que les étudiants s'étonnent de pas trouver d'emploi une fois leur Master de sociologie en poche.
Personnellement je pense qu'une filière sélective à la fin de la première année d'Université permettrait de réguler le flux.
# Les meilleurs intègrent la filière sélective dont le numerus clausus est peu ou prou adapté au marché de l'emploi.
# Les autres restent dans la filière normale tout en sachant que les emplois seront a priori obtenus par ceux de la filière sélective. Ainsi ils pourront dès la fin de la première année effectuer un choix :
Perdurer dans cette voie tout en sachant qu'ils ne trouveront sûrement pas d'emploi dans ce domaine, soit se réorienter vers un autre secteur (ou encore redoubler pour tenter d'intégrer la filière sélective).
Bref, je pense qu'il est préférable que la sélection s'opère plus tôt, afin de permettre une réorientation des étudiants vers un autre domaine qui pourrait leur plaire.
Parce que la sélection actuelle se fait directement par le marché de l'emploi et quand on se retrouve sur le carreau à 23 ans, c'est compliqué de recommencer ses études à zéro… Et surtout c'est comme ça que des détenteurs de Master en psychologie se retrouve à bosser à Carrefour sans autres perspectives.
à Hemenate
De Liger
liger.amsud.net | 18H30 | 10/10/2009 |
Alors, c'est que je suis un indécrottable adversaire du système…
Je refuse le fait que la formation ne soit organisée qu'en fonction des besoins du marché : celui-ci est extrêmement mouvant, et on ne compte plus les filières autrefois prometteuses qui aujourd'hui sont fermées. Et ce qui compte, lorsqu'on est obligé de changer son fusil d'épaule, c'est justement les enseignements que l'on aura suivi avec intérêt.
Sans parler du fait que l'on peut créer son emploi. Le marché du travail présent est toujours celui d'hier, pour un étudiant.
Je rappelle au passage que si la filière psycho semble bouchée, l'ensemble de l'enseignement manque de psychologues, à un point totalement scandaleux d'ailleurs.
Enfin, je n'aime pas la loi du marché lorsqu'elle est à sens unique : le BTP en besoin de main d'oeuvre est incapable de modifier son offre, en augmentant les salaires ou en réduisant les horaires, par exemple. Alors il faudrait que l'Etat organise un excès de main d'oeuvre pour placer, toujours et encore, le marché dans les conditions les plus défavorables aux salariés ?
Curieuse conception du marché… un marché de dupes, décidément.
Je crois donc qu'il faut savoir être critique, et ne marcher sans réfléchir jusqu'à l'abattoir.
à Liger
De Hemenate
19H18 | 10/10/2009 |
« Je refuse le fait que la formation ne soit organisée qu'en fonction des besoins du marché : “
Et bien nous sommes d'accord.
J'ai seulement dit qu'il devait prendre en compte le marché afin que les élèves désireux d'étudier un domaine qui ne débouchera pas sur un emploi le fasse en connaissance de cause.
‘Alors il faudrait que l'Etat organise un excès de main d'oeuvre pour placer, toujours et encore, le marché dans les conditions les plus défavorables aux salariés ? ’
Excès de main d'oeuvre aux postes qualifiés, et recours au travail au noir de main d'oeuvre étrangère dans les secteurs délaissés, c'est en tout cas le système actuel.
Je ne vois pas bien en quoi les salariés ou les chercheurs d'emplois y sont gagnants ?
Après la lutte des classes est un autre paramètre du débat de l'emploi…
à Hemenate
De Liger
liger.amsud.net | 20H55 | 10/10/2009 |
J'évoque simplement le fait que les carences (tolérées…) de l'inspection du travail empêchent la loi du marché de fonctionner, pour une fois, en faveur du salarié. Et que lorsque les emplois du BTP seront organisés et rémunérés à hauteur de l'effort demandé, alors nul doute que cette filière retrouvera des candidats.
C'est d'autant plus faisable que ces emplois ne sont pas délocalisables… et il est troublant que ce soit justement dans ce domaine que le droit du travail, en France, s'applique le moins.
Je ne suis pas, comme on dit, un perdreau de la veille. Et je ne m'étonne donc pas que le BTP, domaine très généreux envers les politiques qui sont souvent les prescripteurs, échappe à l'essentiel de ce que subissent les industriels.
Sur le plan des accidents du travail comme des pathologies liées au travail, pourtant, le BTP est loin d'être le meilleur de la classe. Il est même établi que ce domaine est le pire, et la sécu est bien le seul organisme à lutter un peu pour que changent les choses.
De Lola48
créateur | 18H17 | 10/10/2009 |
Le jour ou les profs et autres chargés de l'intérêt de l'enfant, débuteront leur année scolaire non pas ; par le planning, les vacances, les RTT, alors on commencera peut être à parler des choses importantes. Commencer par trouver le lien, le fil conducteur entre les maths et la géo ou l'histoire…
On balade les élèves d'une classe à l'autre. Seuls les plus formatés arriveront au moins à poursuivre leurs études. Quant aux autres les rêveurs, les créateurs, repérés très tôt (2-5 ans) on fait d'eux des enfants à problèmes qui finissent par s'auto-exclure ou sont exclus par l'institution et ce, bien avant l'âge légal.
De affreuxjojo
18H55 | 10/10/2009 |
Notre gouvernement ne gère pas une communanté humaine avec ce que cela suppose d'écoute, de doute, de modestie, de patiente , de retenue et tout simplement d'humanité. Non, ce gouvernement conduit le pays comme on gère un élevage avec les même objectifs de chiffres, de rendement, de productivité, de gains
A confondre ainsi la démocratie et l'élevage, il ne faut pas s'étonner si ses deux méthodes préférées sont la carotte et le bâton.
à affreuxjojo
De Hemenate
19H23 | 10/10/2009 |
Et à l'inverse la « communauté humaine » ne demande aucun compte au gouvernement quant aux :
- Taux de chômage.
- Taux de prise en charge de l'assurance maladie.
- Pouvoir d'achats.
- Couverture retraite.
- Sécurité.
- Etc…
Et oui le peuple ne s'intéresse évidemment qu'à l'amour et à la paix dans le monde.