A la surprise générale, il s'est vu récompensé « pour ses efforts extraordinaires en faveur de la coopération entre les peuples ».

C'est la surprise de l'Académie Nobel : Barack Obama s'est vu décerner vendredi le prix Nobel de la paix, à peine huit mois après son arrivée à la Maison Blanche.
Jusqu'ici, les dirigeants politiques récompensés par ce prix prestigieux l'étaient après la conclusion d'un accord mettant fin à un long conflit, ou du moins promettant d'y mettre fin.
Il en est ainsi allé de Henry Kissinger, sans doute l'un des plus controversés prix Nobel de l'histoire, qui l'a reçu en compagnie du Vietnamien Le Duc Thô en 1973 pour les accords de paix mettant fin à des décennies de guerre au Vietnam. Peu importe que par la suite ces accords n'aient pas été respectés.
Ou encore de Yitzhak Rabin, Shimon Péres et Yasser Arafat, eux aussi récompensés pour les Accords d'Oslo (1993) qui promettaient une solution au conflit israélo-palestinien et avaient signifié la reconnaissance historique entre les deux peuples. Là encore, l'accord n'entraîna pas la paix, mais le geste avait été accompli.
S'agissant de Barack Obama, on salue l'intention, les paroles courageuses et peut-être surtout l'homme et son parcours. Mais, comme le souligne malicieusement le blogueur Maître Eolas sur Twitter, c'est bien la première fois qu'on accorde le Nobel de la paix au chef d'un Etat qui en occupe militairement deux autres (l'Irak et l'Afghanistan).
Le discours du Caire
Du côté positif, on relèvera que le nouveau président américain peut être salué pour avoir mis fin à l'engrenage fatal dans lequel l'administration Bush avait entraîné l'Amérique et le monde, celui d'un affrontement des civilisations.
Le discours du Caire de Barack Obama, en juin dernier, est de ce point de vue, un moment historique où un chef d'Etat tente d'inverser la marche du monde, et tend la main à un sixième de l'humanité qui avait fini par considérer son pays comme l'incarnation du mal (et réciproquement).
De même peut-on saluer les efforts d'Obama en vue de sortir de l'impasse au Proche-Orient, en tenant une position ferme, pour une fois, face aux Israéliens et à la colonisation de la Cisjordanie.
Mais dans un cas comme dans l'autre, on en est encore au stade des « préliminaires », comme on dit dans les relations amoureuses. Le passage à l'acte sera difficile, et les premiers pas ne sont pas tous encourageants, en particulier au Proche Orient.

Plus inquiétant encore, ce prix Nobel intervient alors qu'une intense réflexion a lieu en ce moment à Washington sur la demande insistante des chefs militaires américains en Afghanistan d'accroître de manière significative les effectifs engagés dans la guerre contre les talibans. Le premier geste du nouveau Nobel de la paix sera-t-il d'envoyer des renforts faire une guerre dont l'issue est plutôt sombre ?
Un coup de pouce dans la bataille de la réforme du système de santé ?
Nul ne contestera que la personnalité de Barack Obama est, à elle seule, digne de respect, d'admiration, et de toutes les récompenses. Mais il est devenu président de la première puissance mondiale, et c'est sur ses actes en tant que Président qu'il est désormais jugé. Le bilan de huit mois est certes tout sauf déshonorant, mais de là à le Nobéliser, il y a un pas que l'Académie norvégienne n'a pas hésité à franchir.
Les jurés ont-il souhaité donner un coup de pouce à Obama dans sa difficile bataille interne sur la réforme du système de santé qui lui vaut d'être comparé à Hitler ou à Satan ? Ou ont-ils simplement estimé que le fait d'avoir effectué une « rupture » avec l'ère Bush était en soi un fait historiquement notable ?
Ce prix Nobel fera en tout cas couler beaucoup d'encre, car il surprend, il interpelle, et même avec toute la sympathie qu'inspire le personnage, il pose question.





















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De immigre
compagnie preferee: Air charter Sar... | 10H53 | 09/10/2009 |
Je suis un incorrigible fan d'Obama mais meme moi je trouve qu'on aurait pu attendre un peu. Meme si on voit deja tres clairement les fondements de sa politique d'apaisement avec tous et toutes la ou c'est possible(j'insiste sur le la ou c'est possible parceque si ahmadinejad ou netanyahu veulent la bagarre il ne pourra malheureusement pas les en empecher.
De coinpomme
dieu est une e-pothèse | 10H55 | 09/10/2009 |
…/…
et puis cela consolera le peuple américain d'avoir perdu l'attribution des Jeux Olympiques… pour ma part je préfère le Prix Nobel…
…
De ecor1
sur le fil | 11H00 | 09/10/2009 |
C'est vrai que lui donner le prix Nobel de la paix c'est prématuré. Le discours du Caire était bien mais de bons discours on en enttend souvent. C'est vrai aussi qu'il dirige un pays qui en occupe deux autres, et concernant l'Afghanistan c'est pas prévu que ca s'arrete.
Moi je me demande pourquoi. Peut etre parce que le Jury du Nobel a voulu faire un peu de politique et aider ce président prometteur mais en difficulté en ce moment dans son pays. Peut etre que ce prix va l'aider a couper court a cette campagne de dégriment le comparant Hitler a propos du systeme de santé Américain. Peut etre que ca va lui donner ce petit plus de légitimité qui lui permettra de prendre des décisions courageuses et d'affronter son opinion publique.
De plus je crois qu'après les 8 années de Bush qui ont ruiné le monde, avec Obama on a l'impression de tenir la perle rare et nul ne sait quand l'occasion se représentera d'avoir un président US ayant les meme orientations. Alors il faut l'aider tant qu'on le peut. Il ne faut pas oublier que les Américains sont majoritairement conservateurs et que son élection est un petit miracle.
De Iv
Roboticien utopiste | 11H03 | 09/10/2009 |
Prématuré ? Comme le fait remarquer l'article, de nombreux prix Nobel ont été décernés pour des intentions pas forcément couronnées de succès. En relançant le désarmement, en abandonnant le bouclier anti-missile, en commençant à fermer Guantanamo, en condamnant fermement la torture, il a déjà contribué beaucoup à remettre le monde sur les rails du droit chemin.
Moi aussi je tendais à penser qu'Obama était une bête à discours mais que ses actions étaient encore à démontrer. C'est par son discours du Caire (dont je recommande la lecture) que j'ai compris qu'un bon discours pouvait être une action capitale. En niant avec une telle force la théorie du choc des civilisations. En expliquant que l'Amérique n'est pas un pays en croisade et doit intégrer ses citoyens musulmans avec respect, il a probablement coupé plus d'herbe sous le pied des djihadistes que toutes les bombes de l'ère Bush.
Quand Bush disait l'Amérique en guerre contre le terrorisme, tout le monde avait compris qu'il se croyait en croisade contre l'islam. Obama a décrété la fin de cette guerre funeste et absurde. Cette seule déclaration vaut à mon sens un prix Nobel.
De onapatouvu
perdu pour la science | 11H06 | 09/10/2009 |
Pourquoi le prix Nobel n'encouragerait-il pas un homme politique ayant engagé une démarche innovante ?
C'est peut-être plus utile, pour faire avancer les choses dans le bon sens, que de toujours se limiter à sanctionner (positivement) le résultat d'une action. Peut-être le comité a-t-il voulu montrer qu'il était en phase avec la « doctrine » Obama, en sortant lui aussi des habitudes. Personnellement, ça ne me choque pas, au contraire.
De plus, ainsi que vous le soulignez, à l'heure où il doit affronter nombre d'arriérés réactionnaires pour faire progresser socialement son pays, cette distinction est bienvenue, bien que ce ne soit pas sa finalité.
Pour rester bêtement franco-franchouillard, Sarkozy va certainement le féliciter servilement. Mais il va sans doute aussi en faire une jaunisse ; il va devoir donc éviter pendant quelques temps d'approcher ce cher Frédéric : un tout petit tout jaune, c'est une proie facile, immanquable. Et en plus gratos.
De kawaayi
2012??? | 11H14 | 09/10/2009 |
« Bombarder pour la paix, c'est comme baiser pour la virginité… »
De mowglib
un mec lambda | 12H56 | 09/10/2009 |
Prix décerné « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples »…
C'est très clairement un prix d » « Encouragement » plutôt que les « Félicitations du jury ».
Dans tous les cas, il faut dire qu'on pouvait difficilement être moins diplomate que l'inénarrable et belliqueux « W », comme nous le rappelle tristement cet extrait du documentaire de William Karel « Le Monde selon Bush ».
http://www.vodkaster.com/Films/Le-Monde-selon-Bush/8893
De Jean-Jacques Louis
13H01 | 09/10/2009 |
J'aime bien Barack mais, franchement, de là à lui attribuer le Nobel de la Paix, il y a de la marge.
Guantanamo n'est pas encore fermé et le camp de Bagram ne vaut pas mieux. On continue d'y appliquer le water boarding et la torture est toujours justifiée dans les cas de suspicion de terrorisme. Le Pakistan est bombardé quotidiennement et on parle renforcer le contingent présent en Afghanistan. Barack veut un monde dénucléarisé mais cela ne concerne ni les USA ni Israël. Si tout cela mérite le Nobel de la Paix Barack pourrait peut-être le partager avec les Bush père et fils.
Enfin, c'est peut-être un encouragement. On verra dans quelques mois.
De Agniola
Conseil en Stratégie Saint Nazaire | 13H27 | 09/10/2009 |
Ce prix interpelle beaucoup de Noirs (dont je suis) : notre première réaction à cette annonce est : « Veut-on armer le bras d'un tueur ? ». C'est trop tôt ! Beaucoup, beaucoup trop tôt !
Nous autres, les Noirs, nous savons parfaitement (et depuis toujours) voir venir de loin le « bien » (ou le mal) qu'on veut nous faire. Nous n'avons pas forcément les moyens de contrer ces volontés ambigües, mais nous savons parfaitement les pressentir. Alors voici mon sentiment à cette heure :
1/ Barack Obama (BO) vient juste d'être élu et a tout à prouver, y compris vis-à-vis de tous les Noirs de la planète. Lui décerner quelque prix que ce soit, à cette étape de son parcours, pourrait lui donner « la grosse tête », faire enfler son ego et le faire dévier du chemin de raison sur lequel nous (les Noirs) souhaitons qu'il marche au long de sa mandature. A trop l'encenser, on en fera un enfant gâté. Sa Michelle d'épouse nous narrait déjà pendant la campagne comment elle avait du mal à lui maintenir les pieds sur terre et à mater son ego légèrement débordant. Les confidences d'épouses d'hommes de pouvoir sont souvent pertinentes…
2/ Lui remettre un prix si tôt risque d'apparaître comme un geste « parternalisto-colonialiste » de reconnaissance d'abord du simple fait qu'un Noir ait réussi à se faire élire président d'une puissance « Blanche » : « Tu te rends compte de ce qui t'es arrivé, mon gars ? Maintenant tu es l'un d'entre nous, mon pote. C'est bien petit, continue comme ça ! »
L'Afrique Noire examine avec la plus extrême attention chaque pas de « son enfant ». Et sa relation avec le monde Banc. Les lauréats du Prix Nobel sont très majoritairement Blancs, et lorsqu'ils sont Noirs ils ont toujours prouvé leur valeur auparavant.
Alors bombarder ce « nouveau Noir » d'un prix qu'il n'a pas encore mérité aux yeux de son continent d'origine, cela choque toutes les populations qui essaient d'influer sur la bonne gouvernance de leurs dicta(euh)présidents. Cela prouve que « chez les Blancs aussi, on se paye avant d'avoir travaillé. Le Prix Nobel est accompagné d'un chèque dont le montant pourrait servir à nourrir, soigner et éduquer plusieurs milliers d'Africains pendant quelques années.
Je rajoute qu'à l'heure où BO fait tout pour banaliser ses origines et sa couleur de peau, toute intervention spectaculaire prise à son égard ne pourra que le desservir au USA.
Mais bon, le jury Nobel a une explication toute trouvée : ne nous explique-t-il pas que c'est pour ses actions “futures” qu'il a été récompensé ? Comment peut-on récompenser un futur, un potentiel, un peut-être, ou un jamais ? Après avoir eu la guerre “préventive”, maintenant on découvre la récompense “anticipative”…
3/ Anticipation de quoi ? D'une présidence brillante, ouverte et efficiente ? D'une aptitude aux beaux discours même non suivis de réalisations concrètes ? …ou d'une mort brutale et soudaine ?
Ceux qui ont visionné hier soir la séquence “l'Amérique de la haine” dans Envoyé Spécial sur France 2 auront compris de quoi je parle : chez les “ultras” de tous bord qui pullulent en ce charmant pays, la seule pensée qu'un Nègre soit légitimé à roter et émettre des gaz à la Maison Blanche est franchement douloureuse. Qu'en plus BO s'attelle à tenter (voyez la redondance) de mieux répartir les richesses, notamment dans le domaine de l'accès aux soins, donc du simple droit à la vie, leur est simplement inconcevable. Et voilà maintenant qu'on le bombarde “Prix Nobel” ? Ils risquent de trouver cela parfaitement intolérable.
Ils risquent de se souvenir d'un autre Noir américain, Prix Nobel lui aussi, et dont certains “se sont occupés” de stopper net la fulgurante ascension : Martin Luther King.
Et de penser qu'il est temps que…, il est temps de…, bref il temps quoi… !
J'ai le fort sentiment que le jury Nobel a peut-être voulu “s'offrir” BO comme trophée, comme hochet, comme “prise de chasse”. Comme s'il (le jury) avait voulu, comme un fan, lui serrer la main, le toucher, le congratuler lui aussi.
C'est comme si BO est devenu un gâteau sucré sur lequel toutes les “mouches” tentent de s'essuyer les pattes.
Je ne sais pas, je sens (de loin) un jury, des êtres, qui ont voulu de manière enfantine, confondante, voire un peu trouble, s'inscrire précipitamment dans ce que retiendra l'Histoire de l'épopée de Barack Obama. “Hé ! Nous aussi on y était ! ”
C'est cette “précipitation” qui me laisse songeuse à cette heure.
Vous aurez compris que pour beaucoup d'entre nous, ce Prix Nobel, même s'il s'avèrait être issu des meilleurs sentiments, n'est pas forcément la meilleure nouvelle du jour…
P.S. (amical) : les musulmans constituent beaucoup plus que le sixième de l'Humanité, http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20091009.OBS4034/pres_….