Je me suis moquée de Jacques Chirac se tournant les pouces lors de la présentation du projet Sorosoro financé par sa fondation. J'ai raconté son agacement lorsque je l'interrogeais sur Clearstream, procès dont il est le grand absent, plutôt que sur la paix dans le monde.
Rien n'interdit pourtant de s'intéresser à Clearstream ET à la paix dans le monde. Et particulièrement au Sorosoro, joli mot qui signifie « souffle » et « parole » en araki, cette langue parlée par huit personnes au Vanuatu, micro-Etat du Pacifique. Même en faisant preuve de beaucoup de mauvaise foi, difficile de ne pas s'enthousiasmer pour cet ambitieux programme.
Lancé par l'historienne Rozenn Milin, Sorosoro entend lutter contre la disparition de milliers de langues.
Déjà lancés, deux chantiers au Gabon et au Guatelemala peuvent être suivis sur le site. Au Gabon, le punu, une langue du sud du pays, est parlée par plus de 100 000 personnes mais menace de disparaître, notamment parce que les déplacements de ses locuteurs vers les grandes villes entrainent un oubli rapide de la tradition orale.
Avec l'étude du punu au Gabon et celle du maya au Guatemala, ce sont les principales causes de disparition des langues qui émergent. Selon Colette Grinevald, linguiste et spécialiste des langues d'Amériques, trois raisons expliquent le déclin des langues :
- Le meurtre : lorsqu'une communauté est décimée, sa langue disparaît avec elle.
- La discrimination : certaines politiques linguistiques (obligation de parler une langue) éradiquent les langues autochtones.
- Le suicide linguistique : pour ne pas être stigmatisés et exclus, certains taisent leur langue. Celle-ci n'est plus transmise.
Au-delà du volet patrimonial, dont l'objectif est la création d'une encyclopédie numérique des langues, Sorosoro entend revitaliser les langues en encourageant leur transmission et leur valorisation dans les régions où elles sont menacées.
Ainsi au Gabon, des chercheurs enregistrent des locuteurs punus racontant les contes et histoires de leur peuple, récitant des chants, organisant des cérémonies quotidiennes et rituelles… (Voir la vidéo)
Et Sorosoro s'enorgueillit déjà d'avoir des retombées positives du projet et de citer le maire de Tchibanga, bourgade située à 400 kilomètres de Libreville :
« Si un jour de ces jours nous disons à nos enfants et petits-enfants que nous avons un récit sur Mutu bu Nzambi appelé aussi Mumbwang [l'homme de Dieu, ndlr], cela évitera qu'ils nous répondent : “mais où est donc ce Mumbwang ? ” »
La menace pesant sur la diversité linguistique est réelle : les chercheurs estiment que sur les 6 000 à 7 000 langues parlées dans le monde, la moitié sont menacées. Chaque année, 25 langues disparaissent. Et avec elles, une histoire, une culture et une façon de penser le monde sont perdues.
L'année dernière, K. David Harrison, Gregory D. S. Anderson, linguistes, ont découvert en Australie l'unique locuteur de l'amurdag, déclarée disparue. S'il est impossible de faire revivre cette langue, son histoire existe aujourd'hui à travers des enregistrements.
Vous pouvez participer à l'élaboration de l'encyclopédie Sorosoro, en vous rendant dans l'espace participatif du site.



















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De mooed
broken | 15H14 | 07/10/2009 |
c'est sympa de se racheter une conscience avec des contrées et cultures lointaines quand on est plus aux commandes du pouvoir. Chirac n'a pas fait grand chose pour les langues de son propre pays, un exemple avec Diwan
http://www.udb-bzh.net/article.php3 ? id_article=166
De Emilande
précaire | 15H35 | 07/10/2009 |
Merci pour cet article.
Pour moi, la langue est primordiale dans une culture. Donc, une langue qui meurt, c'est une culture qui meurt et c'est un nouveau pas vers l'uniformisation. Le monde a besoin de diversité.
Je vais donc aller vers un tour sur le site de Sorosoro bien que je ne sache trop ce que je pourrai apporter.
De Troll-en-folie
Parano chronique | 15H46 | 07/10/2009 |
Si il y a une langue qui n'est pas en voie de disparition, c'est bien la langue de bois.
à Troll-en-folie
De pablico
16H53 | 07/10/2009 |
Si il n'y avait que celle là, mais il ne faut pas oublier, langue de « but », langue de vipère…
De ceeline
ingénieur | 17H04 | 07/10/2009 |
la langue française est sur la liste, elle aussi
dommage, une langue très belle et très précise………
la langue des diplomates
mais bon, rien à y faire, elle n'est plus en odeur de sainteté
De Pierrrrre
17H25 | 07/10/2009 |
« sauver les milliers de langues qui disparaissent “
► Le Français par exemple ?
à Pierrrrre
De Erg
Citoyen malgré lui | 18H18 | 07/10/2009 |
C'est vraie qu'il n'est parlé plus que par 200 millions de personnes sur les cinq continents… Une vraie urgence dans le milieu des langues qui disparaissent !
à Erg
De Pierrrrre
19H54 | 07/10/2009 |
► Les dinosaures étaient des milliers.
Ils sont morts de ne pas avoir su s'adapter à la modernité.
…depuis le milieu du siècle dernier, le français recule dans le monde.. et commence à reculer en France.
à Pierrrrre
De Erg
Citoyen malgré lui | 21H42 | 07/10/2009 |
C'était donc vous l'expert en paléontologie qui disparu avec l'explication de la disparition des dinosaures…
Depuis le milieu du siècle derniers la part de francophone dans le monde diminue, mais le nombre de francophone augmente.
Le français à l'institution de plusieurs pays pour le porter, ainsi qu'un rayonnement internationale encore présent. Ce que n'ont pas les langues prêtes à disparaitre qu'il faut s'employer à préserver maintenant, pas dans 400 ans quand elles seront vraiment en danger.
Le français recule en France ? Mais que parle donc les habitants qui vont à l'école obligatoire, le mime ?
(Sont exclus les écoles diwan et leur homologue d'autres dialectes)
à Erg
De Pierrrrre
13H12 | 08/10/2009 |
« Mais que parle donc les habitants qui vont à l'école obligatoire, le mime ? »
► Non, le Verlan
et bientôt, le Corse, le Breton l'occitan ou le Basque,
avec anglais en première langue,
et français ou arabe en deuxième langue optionnelle.
à Pierrrrre
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 00H33 | 08/10/2009 |
» Les dinosaures étaient des milliers.
Ils sont morts de ne pas avoir su s'adapter à la modernité. »
Ils sont morts parce qu'ils fumaient, et ce depuis leur service militaire !
à Charles Mouloud
De Pierrrrre
13H22 | 08/10/2009 |
« Ils sont morts parce qu'ils fumaient, et ce depuis leur service militaire “
► Qu'est-ce que vous en savez ?
moi, quand je n'en saurien, je me tais.
à Pierrrrre
De Veilleur
Saloperie d'étudiant | 21H43 | 07/10/2009 |
Idée intéressante, même s'il y a encore de la marge (à côté des langues papoues et du yiddish par exemple).
La question que je me pose est surtout de savoir comment rattraper notre retard en matière de vocabulaire notamment…
Je crois qu'il y a un bouquin Défense et illustration de la novlangue française chez l'encyclopédie des nuisances qui est pas mal (saloperie d'intello arrête de citer des bouquins partout ! )
De Emmanuel M
Commentateur | 20H02 | 07/10/2009 |
Waouw
On dépense des thunes pour favoriser les facteurs de divisions ? Mais qu'elles crèvent ces langues de … . Un langue doit servir à communiquer, pas çà « communiquer dans un truc que les autres comprennent pas ». Les langues diverses sont un frein à la communication et à l'échange entre les peuples. 1 langue africaine qui disparait, c'est peut être une guerre civile évitée.
Rien que l'exemple belge devrait faire réfléchir sur « les langues comme facteur de paix ». Apprenez plutot à parler anglais, mandarin ou espagnol. A chaque fois c'est 1 milliard d'interlocuteurs potentiels.
à Emmanuel M
De Erg
Citoyen malgré lui | 21H48 | 07/10/2009 |
« Waouw
On dépense des thunes pour favoriser les facteurs de divisions ? Mais qu'elles crèvent ces cultures de … »
L'uniformité gagne en aspect pratique ce qu'elle perd en richesse, celle qui ne se frappe pas sur des alliages.
à Emmanuel M
De monisme
clm | 10H09 | 11/10/2009 |
Il y a aussi des peuples qui disparaissent et leur langue avec.
De unouveaucompte
14H13 | 08/10/2009 |
merci
bien plus intéressant que Chirac in situ !