
« Présidence de l'Europe » : l'hypothèse Tony Blair
Devenir président de l'Europe après avoir été Premier ministre d'une des plus vieilles monarchies du continent, voila qui ne manquerait pas de sel. C'est pourtant ce qui pourrait arriver à Tony Blair, pressenti pour devenir le premier président du Conseil européen, poste à pourvoir dès l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.
Dans cette entreprise, l'intéressé bénéficierait du soutien de Paris, Berlin et Londres, ce qui n'est pas négligeable, bien qu'insuffisant pour lui permettre d'entrevoir une issue favorable. Car l'homme est controversé.
Bientôt voisins de palier ?
D'abord, il est britannique. Nommer à un poste à responsabilité un ressortissant d'un pays qui n'appartient ni à l'euro ni à l'espace Schengen ne serait pas du meilleur effet. A sa décharge, Tony Blair s'est toujours présenté comme un Européen convaincu, à contre-courant de l'opinion publique de son pays.
Mais son bilan en la matière lorsqu'il était aux affaires est tout juste passable. Il a certes signé le protocole social annexé au Traité de Maastricht, ce que son prédécesseur John Major s'était refusé à faire, mais n'a jamais réussi à faire adopter au Royaume-Uni la monnaie unique comme il l'avait d'abord envisagé.
La faute, dit-on, à un Gordon Brown inflexible sur le maintien de la Livre. D'autres prétendent que ses velléités pro-européennes auraient fait les frais d'une l'alliance tacite conclue avec le magnat de la presse Rupert Murdoch en vue d'obtenir son soutien à la politique travailliste.
Quant à la présidence britannique de l'Union européenne, que Blair abordait pourtant en position de force après le rejet de la Constitution européenne par les Français et les Néerlandais, elle n'a pas laissé un souvenir impérissable.
Deuxième handicap pour Blair : c'est un homme de gauche, dans une Europe aujourd'hui dominée par la droite. Mais peut-être cette tache sur son CV n'en est-elle pas vraiment une : la « troisième voie » incarnée par le fondateur du New Labour présente un certain nombre d'orientations qui rendraient sa nomination acceptable par une partie de la droite européenne (inscription assumée dans l'économie de marché, traitement des préoccupations sécuritaires, atlantisme revendiqué).
Sans compter le fait que la crise semble avoir remis à la mode les recettes interventionnistes. Dans ce contexte, la nomination de Blair symboliserait le triomphe en Europe des idées sociales-démocrates, théorisé (avec horreur) par Alain-Gérard Slama.
Une réputation ternie par la guerre en Irak
Enfin, et c'est l'argument massue des opposants à sa désignation, il y a la participation de Tony Blair à la guerre en Irak aux côtés de George Bush. Une décision qui a considérablement terni sa réputation d'homme d'Etat. Mais n'oublions pas qu'à l'époque, une bonne partie des gouvernements européens soutenait la cause de Blair. Angela Merkel, alors dans l'opposition, y était favorable et nul n'est capable de dire avec certitude ce qu'aurait fait Nicolas Sarkozy s'il avait été à la place de Jacques Chirac.
Et puis, José Manuel Barroso, qui vient d'être reconduit pour un second mandat à la tête de la Commission européenne, n'est-il pas l'organisateur du fameux sommet des Açores qui a précédé le début des hostilités ? Quelque chose me dit que la décision ne se fera pas autour de cette question, qui est pourtant la plus saillante aux yeux de l'opinion.
A ce stade, il est indispensable d'examiner le rôle du futur Président du Conseil européen. Car sur le papier, le profil du poste est passablement flou. Selon les termes du traité, il sera chargé de présider et animer les séances du Conseil européen. Rappelons qu'il s'agit de la réunion des vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE (à laquelle est également présente la Commission) qui se tient normalement deux fois par semestre mais peut être convoquée à tout moment.
C'est là que se prennent les grandes décisions concernant le futur de l'UE, surtout depuis que la Commission a vu son rôle marginalisé au sein de l'UE. Une chose est sûre : les membres de ce cénacle, dirigeants démocratiquement élus d'Etats souverains n'accepteront pas que le Président, quel qu'il soit, exerce sur eux une quelconque autorité. On peut donc supposer que son rôle se réduira à inaugurer les séances et à régler les questions d'intendance.
Une représentation extérieure à partager
L'autre tâche dévolue au Président du Conseil européen sera la « représentation extérieure de l'Union ». Un animal médiatique comme Blair, doué d'un charisme indéniable, ferait à coup sûr des merveilles dans ce rôle. Le problème, c'est qu'il ne sera pas tout seul. Car le Traité de Lisbonne consacre aussi l'importance du haut-représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, en fait un ministre des Affaires étrangères de l'UE sans le nom.
Sans oublier le dirigeant du pays exerçant la présidence tournante du Conseil et le président de la Commission, qui représentent aujourd'hui l'Europe dans certaines enceintes internationales. Gageons qu'aucun d'entre eux ne voudra laisser sa place sur la photo avec Barack Obama. Si les rédacteurs du Traité de Lisbonne, ont voulu donner à l'Europe un numéro de téléphone, comme on l'entend parfois, on peut dire que c'est raté.
Tout plaide donc pour un président du Conseil européen aux pouvoirs extrêmement limités, qui ne ferait de l'ombre à personne. Loin du Président de l'Europe que l'on pourrait craindre ou désirer, selon son degré d'attachement à l'UE. Pour Tony Blair, obtenir le poste serait plus l'assurance d'une fin de carrière sous les honneurs que le début d'un nouveau challenge politique. C'est pour cela à mon avis qu'il garde toutes ses chances en dépit de son profil atypique au regard de l'orthodoxie européenne.
Lorsqu'on avait évoqué pour la première fois la création de cette présidence, les « petits » pays de l'Union européenne s'en étaient émus, car ils y voyaient un affaiblissement de la Commission européenne qui est censée les protéger de la volonté hégémonique des grands Etats. C'est la raison pour laquelle certains d'entre eux considèrent d'un mauvais oeil l'hypothèse Tony Blair et sont prêts à soutenir une candidature issue d'un pays plus modeste. On évoque ainsi en ce moment les noms du Néerlandais Jan Peter Balkenende, du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker ou encore de l'Irlandaise Mary Robinson.
La modestie du poste devrait rassurer les plus craintifs, ce qui pourrait bien faciliter la nomination de Blair. Les chefs d'Etat et de gouvernement se sont préservés de toute velléité ambitieuse de la Commission en confirmant à sa tête un Barroso réputé falot. Ils ne courraient pas un grand risque à nommer une personnalité de l'envergure de Blair à une fonction bien moins importante.
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De Tyb
(par ici, par là) | 14H47 | 07/10/2009 |
Tony Blair homme de gauche, ben voyons. Il est à peu près aussi à gauche que Sarkozy, c'est à dire quelque part à l'extrême droite libérale de la droite modérée.
triomphe de la social démocratie apparemment l'auteur n'est pas au courant de sa mort clinique.
Tony Blair n'était pas social démocrate de plus, plutôt homme de droite malhabilement dissimulé, menteur patenté, pantin atlantiste, et pur produit de la médiacratie, c'est à dire une fois dépassé la couche de com et story telling façon gendre idéal, parfaitement creux, hypocrite, intéressé par une seule chose : le pouvoir personnel.
Ce sera le clou final dans le cercueil de l'Europe en tant que projet politique partagé par ses populations si cette nomination passe.
Enfin je crois que tout le monde a fini par comprendre à quel point l'Europe est devenu une immense machine technocrate dirigée en sous mains par les lobbys industriels et économiques et échappant à tout contrôle réellement démocratique.
à Tyb
De JeanBulbe
sceptique cynique | 14H59 | 07/10/2009 |
« mort clinique » ? Mince… C'est arrivé quand ?
à JeanBulbe
De Tyb
(par ici, par là) | 16H16 | 07/10/2009 |
angleterre, allemagne, france, italie, etc.., etc… faites votre choix.
De JeanBulbe
sceptique cynique | 14H48 | 07/10/2009 |
Sinon y a aussi Al Gore et Bill Clinton, un peu désoeuvrés en ce moment… : )
à JeanBulbe
De inuit
grand nord | 16H53 | 07/10/2009 |
et de villepin ?
à JeanBulbe
De sinclair
17H01 | 07/10/2009 |
Si le cumul de présidence je verrai bien notre président qui devrait se faire un plaisir d'occuper ce poste qu'il convoite. Une sortie par le haut avant la sortie par le bas.
De alberte
Sage-femme retraitée | 17H09 | 07/10/2009 |
c » est curieux, comme le sénat chez nous qui est la maison de retraite des has been de la politique, La présidence de l » Europe devrait - elle être assurée par un premier ministre retraité de notre voisine albion ? ?
Que je sache, il n » a pas brillé par ses mesures sociales, mais plutôt pris la suite en plus soft de Maguy Thatcher.
De alberte
Sage-femme retraitée | 17H09 | 07/10/2009 |
c » est curieux, comme le sénat chez nous qui est la maison de retraite des has been de la politique, La présidence de l » Europe devrait - elle être assurée par un premier ministre retraité de notre voisine albion ? ?
Que je sache, il n » a pas brillé par ses mesures sociales, mais plutôt pris la suite en plus soft de Maguy Thatcher.
De Lugi
17H15 | 07/10/2009 |
Gauchistes, gauchistes, bonsoir !
Peuples de gauches, de toutes les gauches, réjouissez vous !
Pour une première historique dans l'épopée europeéenne, l'homme qui inaugurera la fonction de président du conseil européen est une figure emblématique pour toutes les gauches européennes. Il s'agit de l'un des pères fondateurs du renouveau socialiste européen ! De l'homme qui a su concilier les intérêts continentaux avec les intérêts atlantiques ! Oui lui ! Lui qui a théorisé puis mis en oeuvre la nouvelle économie pour la gauche, au Royaume-Uni ! Le fer de lance de tous les socialismes européens !
J'ai nommé… Tonnnnnnnnyyyyyyy Blaaiiiiiiiirrr…
clap… clap… clap…
Mais je constate que vous avez l'air un peu froid. La salle n'est elle pas assez chauffé ? Je suis curieux vous ne semblez pas partager mon enthousiasme.
Qu'y a t'il donc camarade ? Serait il possible que vous soyez sceptique ?
Je ne comprend pas.
à Lugi
De mick69
18H34 | 07/10/2009 |
Tous ces politiciens à gauche d'Hitler, ça fait du monde !
De mick69
18H33 | 07/10/2009 |
Complicité de crime de guerre contre la population irakienne : le profil idéal pour diriger la dictature européenne et mener dès que possible une campagne de bombardement des malheureux civils iraniens
De brothe
chercheur Postdoc | 18H34 | 07/10/2009 |
Il est pas sence etre emissaire au proche orient, Tony Blair ? Sa mission fut un succes en tout cas
De Olitchouf
formateur | 20H27 | 07/10/2009 |
Il y a une pétition contre cette candidature : stopblair.eu/indexfr.html
Aux arguments développés contre lui, je rajouterai aussi son trouble rôle de « conseiller personnel » de Kagame, le dictateur du Rwanda et pilleur du Congo.
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 20H37 | 07/10/2009 |
Tony Blair lance ses programmes « basées sur la foi ».
De Rachelle
20H57 | 07/10/2009 |
est ce qu'il n'y a pas de devoir de resultat pour ce brave Blair ?
il a echoue en GB. il a echoue en Afghanistan. il a echoue en Irak. il a betement suivi Bush qui a lui meme echoue partout.
il ne fous rien a la tete du quartet pour le proche orient.
pour quoi pas le remercier en lui donnant la presidence de l'UE, puis un nobel de la paix, etc…
De Rachelle
20H57 | 07/10/2009 |
est ce qu'il n'y a pas de devoir de resultat pour ce brave Blair ?
il a echoue en GB. il a echoue en Afghanistan. il a echoue en Irak. il a betement suivi Bush qui a lui meme echoue partout.
il ne fous rien a la tete du quartet pour le proche orient.
pour quoi pas le remercier en lui donnant la presidence de l'UE, puis un nobel de la paix, etc…
De déluge
menuisier | 09H59 | 08/10/2009 |
Après Barroso, Tony Blair ?
Y a pas, les eurocrates sont au point pour faire rêver.
Une question toutefois, Raffarin n'était pas disponible ?
à déluge
De N A F
en territoire apache | 10H03 | 08/10/2009 |
heu il a pas été premier ministre d un pays qui n a pas adopté l euro ça ne questionne pas ces fans ?
c est la meilleure nouvelle de l année , cette europe des lobbys et du pognon apatride cette europe des technos de bruxelles , cette europe du melting pot communautarisme
cette europe s asseyant sur la volonté des peuples hé hé et en plus leur patron vas etre probalement
le titulaire de la plus grande servilité a bush le cheval de troie le plus evident de l empire us hé hé
votre europe supranationnale est morte la voila devenue vassale et supletif de l oncle sam
De SuperAlAmAs
homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 13H08 | 08/10/2009 |
j'ai jamais su le Blairer celui là : sainte n'y touche est la plus grosse suçeuse du coin…
De CorentinW
Rédacteur | 12H43 | 09/10/2009 |
Bonjour,
Blair est en effet une bête médiatique. Il a habilement utilisé les médias, avec l'aide de son « spin doctor » Alistair Campell, par exemple en annonçant les mauvaises nouvelles pendant les congés, quand les gens ne lisent pas le journal.
Je mets en doute son honnêteté et je préfèrerais de loin voir l'irlandaise Mary Robinson au poste de président de l'UE. (Il existe un comité anti-Blair et un autre pro-Robinson sur Facebook).
De CorentinW
Rédacteur | 12H43 | 09/10/2009 |
Bonjour,
Blair est en effet une bête médiatique. Il a habilement utilisé les médias, avec l'aide de son « spin doctor » Alistair Campell, par exemple en annonçant les mauvaises nouvelles pendant les congés, quand les gens ne lisent pas le journal.
Je mets en doute son honnêteté et je préfèrerais de loin voir l'irlandaise Mary Robinson au poste de président de l'UE. (Il existe un comité anti-Blair et un autre pro-Robinson sur Facebook).