Le RSA jeunes n'agit pas sur la précarité des étudiants
Parmi les mesures annoncées mardi dernier par le chef de l'Etat lors du lancement du Plan jeunes, celle visant à étendre le RSA aux jeunes de moins de 25 ans a été particulièrement commentée et critiquée. Seuls les moins de 25 ans ayant travaillé à temps plein plus de deux ans sur les trois dernières années auront droit au RSA.
Il s'agit donc d'une extension de bien moindre envergure que celle proposée initialement dans le Livre vert de la commission sur la politique de la jeunesse présidée par Martin Hirsch, notamment parce que la quasi-totalité des étudiants en seront de ce fait exclus.
En réalité, si l'on examine cette question sous l'angle de l'échec universitaire, particulièrement préoccupant en France, le caractère limité de cette extension du RSA est plutôt rassurant. Tel qu'il était proposé dans le Livre vert pour la jeunesse, le RSA jeunes aurait incité les étudiants à travailler pendant leurs études.
Or des travaux récemment menés avec Magali Beffy et Denis Fougère du Centre de recherche en économie et statistique (Crest) montrent qu'en France, en dehors de l'apprentissage, le travail à temps partiel a un effet négatif et quantitativement fort sur la réussite universitaire.
Ainsi, s'il ne s'était pas limité aux jeunes engagés à temps plein dans la vie active, il aurait été à craindre du RSA qu'il débouche sur une aggravation du taux d'échec universitaire. L'extension du RSA finalement retenue a le mérite d'éviter cet écueil.
Bien évidemment, cette extension limitée du RSA aux jeunes ne permettra pas de lutter contre la précarité des étudiants. Seule une augmentation significative des aides financières versées aux étudiants permettrait d'agir dans cette dimension, et ce faisant de limiter leur besoin d'occuper un emploi à temps partiel pendant l'année universitaire. A cet égard, le Plan jeunes paraît encore largement insuffisant.
► Titre changé le 05/09/2009 à 21h15, à la demande de l'auteur, de « Le RSA jeunes préserve de l'échec universitaire, pas de la précarité » à « Le RSA jeunes n'agit pas sur la précarité des étudiants », plus conforme au sens de la tribune.
- Sur Rue89RSA a minima pour les jeunes : Sarkozy ménage son camp
- Sur Rue89Sarkozy a menti : il a soutenu le smic jeunes et le CPE
- Sur ensae.netL’impact du travail étudiant salarié sur la réussite universitaire
- Sur lagenerationactive.frLe Livre vert sur la jeunesse présenté par Martin Hirsch
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Les mouches ne me trouveront (...)
Les mouches ne me trouveront (...)
Le dispositif qui a fait beaucoup parler de lui pendant la période de gestation semble être discrètement passé sous le tapis depuis que ses premiers effets n'arrêtent pas de commencer à se faire sentir.
Seule relance audible à grand renforts de klaxon : l'annonce du RSA pour les moins de 25 ans par Nicolas Sarkozy mardi dernier ; la bombe à brouillard habituelle quand une question est en train de devenir gênante.
On pouvait pourtant s'en douter un peu. Car, lorsqu'il s'est agi de sortir les chiffres arguments du dispositif après une étude préalable de six mois dans une trentaine de départements tests il a fallu ouvrir les boites à cosmétiques.
Le rapport final du comité d'évaluation clamait sans broncher que le taux de retour à l'emploi augmentait de 9 % dans les Zones RSA par rapport aux zones témoins. En lisant bien, cela signifiait que les 3,1 % de Rmistes qui retrouvaient du travail chaque mois ne faisaient pas le score des 3,38 % de privilégiés qui en retrouvaient un grâce au RSA. Effectivement, 0,28 % par rapport aux 3,1% nous donnent bien une progression de 9 %.
(Edit. Pardon je n'avais pas tout à fait terminé)
»...que la quasi-totalité des étudiants en seront de ce fait exclus » n'a aucune importance le RSA est totalement inopérant.




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