Le facteur et leader du NPA était ce samedi sur le terrain pour inciter les citoyens à venir s'exprimer contre la privatisation de La Poste.

Il est 9h00, la poste du 39 boulevard Barbès ouvre ses portes. Sur le trottoir, posée sur une table de camping, une urne en carton attend les votants, sous l'oeil d'une poignée de militants de gauche : NPA, Parti de gauche, communistes… Mobilisation générale pour sauver La Poste et, pourquoi pas, refaire la gauche avec le jeune postier Besancenot.
Résister sur des thèmes pour mieux s'imposer politiquement
Olivier Besancenot, 35 ans, a choisi l'agence de son quartier pour prendre le pouls de la « votation citoyenne sur le statut et l'avenir de la Poste ». Entre deux signatures, le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste prend le temps de nous expliquer pourquoi cette opération peut constituer un précédent à gauche.
Empêtrés depuis les élections européennes du printemps dans des discussions interminables, les partis de la gauche radicale (NPA, Parti de gauche…) tentent de convaincre le PCF et les Verts de la nécessité d'une union antilibérale. Contre le PS et le Modem :
« Cette consultation est un exemple à suivre pour la gauche, nous sommes partisans du cadre le plus unitaire possible. Sur les franchises médicales, la Sécu… on devrait faire pareil. (…) On peut résister ensemble, sans forcément être d'accord sur ce qu'il faut proposer politiquement. Cela ne préfigure pas des listes communes aux régionales, mais ce n'est pas un problème. C'est le tout ou rien qui a flingué la gauche ces dix dernières années. » (Voir la vidéo)
Et Olivier Besancenot d'indiquer un objectif :
« La seule force de Sarkozy, c'est diviser pour mieux régner pour l'instant. Si on a tous en commun le fait de ne pas vouloir un deuxième quinquennat de Sarkozy en 2012, il faut affaiblir sa politique socialement aujourd'hui. »
Jeunes, vieux, urbains ou ruraux : tous contre la privatisation
Sur la table, les bulletins de vote de la « votation citoyenne » interpellent les passants :
« Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ? OUI NON »
Répartition des rôles : les militants du Parti communiste distribuent des tracts, ceux du NPA et du Parti de gauche guident les « votants » : inscrire son nom, signer, puis cocher le bulletin et le déposer dans l'urne.
Dans ce quartier populaire de la capitale, pour chaque passant, l'avenir de la Poste est un enjeu fort. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'entreprise publique est l'une des dernières sur la liste des privatisées. Les Français y sont très attachés, qu'ils soient pauvres ou riches. (voir la vidéo)
A défaut de revenir en arrière (toute l'activité Colis est privatisée depuis longtemps), le gouvernement devra tenir compte de cette mobilisation. Un sondage à paraître dimanche dans Sud-Ouest indique que 59% des personnes interrogées sont favorables à un vrai référendum sur ce thème. Pari gagné pour le jeune facteur trotskyste.



















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De -Candide-
Jardinateur | 18H13 | 03/10/2009 |
Je n'ai pas bien compris le sens de cette mise en scène.
S'il s'agit d'une pétition, pourquoi pas. plus il y aura de gens pour exprimer un désaccord, plus cela aura de force.
La valeur d'une pétition c'est le nombre.
S'il s'agit d'un « vote », même sans valeur légale,
quelle valeur peut avoir une consultation dont outre les badauds la majorité des votants sont des militants prévenus de l'évènement.
- Où est la représentation équitable ?
- peut-on voter dans chacun des « bureau de votes » si l'envie nous prend ?
- Où sont les isoloirs ?
- Qui dépouille ? (va t-on confier le dépouillement aux mêmes qui se sont occupé des élections du PS ; -) ?
bref, ok pour l'organisation d'une manifestation citoyenne, mais il ne faut pas jouer avec les valeurs démocratiques
le NPA qui est par essence est révolutionnaire n'a jamais prétendu défendre les valeurs démocratiques, mais que viennent faire les autres partis dans ce simulacre de consultation ?
De banshee57
Encore presque libre | 18H31 | 03/10/2009 |
Etant moi même facteur , je ne peux qu'être déstabilisé lorsque je vois ce qui s'annonce pour notre entreprise.
Déjà la privatisation : Je leur demande moi, à nos politiques et à ceux qui affirment nous représenter , qu'ils me cite , UNE SEULE entreprise publique dont la privatisation à été bénéfique ( pour autre chose que ces ***** d'actionnaires ! ) , je leur répond moi : aucune !
alors pourquoi nous balancer tous ces odieux discours qui ne sont que mensonges et faire la sourde oreille au grondement de la plèbe ! ( je crois que l'argument qui m'énérve le plus c'est celui de la crise car 600 M d'€ de bénéf j'appelle pas ça la crise )
Je les vois les changements , je les vois les 300 BMW série 5 offertes aux cadres courrier et les emplois déjà supprimés ( et on n'est pas encore privés hein ! ) , je la vois la réorganisation très mal organisée que nous avons subit il y a quelques mois ( cela ne sert à rien que j'étaye mais comment voulez vous que nous soyons réorganisés efficacement par des gens qui n'ont jamais vu le terrain ..à vomir ! )
et nous voilà, malheureux gens totalement ignorés de nos ******* de dirigeants à nous faire un référendum nous même ,dont nous savons déjà que personne n'en a rien à faire ! ! !
La seule chose qui importe c'est le fric et meilleur moyen de s'en faire sur la gueule de tout le monde ! !
je propose un référendum moi : êtes vous d'accord pour supprimer toute notion de bénéfice autre que celui nécessaire à l'investissement et ainsi éviter de rendre riche à crever des gens qui ne savent même pas bosser et qui le mérite surement moins que celui qui se lève 6 jours sur 7 à 5h du mat pour gagner 1100€….( c'est long mais c'est ça ^^ )
Mais je sais très bien au fond de moi même qu'on appelle ça une utopie !
en tout cas : poste privatisée = bibi démissioné ( je ne serai jamais un esclave des temps moderne).
a bon entendeur
De Hugues Serraf
Chroniqueur | 18H58 | 03/10/2009 |
En allant voter oui, j'ai un peu discuté avec les jeunes gens très œcuméniques (il y a avait des PC et des NPA) qui tenaient la table en face de l'entrée de la Sorbonne, boulevard Saint-Michel. De cette discussion avec un membre de l'ex-Ligue, il ressort qu'il ne s'agit pas, dans son esprit, de défendre un service public mais bien le statut de ses agents. Ça n'est pas illégitime, mais est-ce qu'il n'y a pas une sorte d'escroquerie intellectuelle à expliquer que l'on vote pour la préservation d'un service au public alors que l'on est utilisé pour la défense d'un statut ?
Et ne peut-on pas avoir un débat sur l'utilité de la poste et de ses missions qui ne soit pas phagocyté par les présupposés idéologiques ?
La poste, ce n'est ni la santé ni l'éducation : c'est du transport de marchandises, soit une activité sur laquelle des milliers d'entreprises en France sont et ont toujours été en concurrence. Dans le même temps, sur le pouillème d'activité qui reste en monopole, soit le courriers des particuliers, la baisse des volumes est constante parce que les gens, vous, moi, votre voisine, utilisent leur téléphone, les fax et les mails.
L'arrivée de la Carte Vitale a virtuellement éliminé le trafic de centaines de millions de feuilles maladies ; la déclaration d'impôt sur le Web est un énorme succès ; les loyers et l'électricité se payent essentiellement par prélèvement automatique… Ce sont des faits et plus personne ou presque ne timbre autre chose que des cartes postales l'été (et encore).
Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas penser à la dimension « aménagement du territoire » de la poste, mais on peut y réfléchir autrement qu'en posant que la poste est une vache sacrée et, que même si demain, nous communiquons par télépathie (c'est une exagération intentionnelle, inutile de bondir en disant, « oh, mais la télépathie, ça n'existe pas »), on doit conserver des milliers de bureaux de poste et distribuer le courrier 6 jours sur 7 comme si 5 jours sur 7 était une terrible régression sociale ! D'autant plus que l'autre grande escroquerie intellectuelle est de prétendre qu'une privatisation éventuelle de la poste ferait disparaitre le courrier, qui ne serait même plus distribué : cette situation n'existe nulle part et l'exemple le plus couramment cité est l'Allemagne où jusqu'à nouvel ordre, on peut envoyer et recevoir du courrier.
Oui au débat et à la confrontation d'arguments, mais assez de baratin totalement idéologisé et sans relation avec la réalité de l'évolution de la société.
De marie 75 3563
08H31 | 04/10/2009 |
les résultats valent mieux qu'une réponse à qq commentaire de droite :
AFP - Le dépouillement de la « votation citoyenne » sur La Poste a commencé samedi, le comité national contre la privatisation, installé à la mairie du IIe arrondissement de Paris, s'avouant débordé par l'ampleur de la participation dans de nombreux départements.
Le comité, composé de 62 partis de gauche, associations et syndicats, attendait les résultats de 9.987 points de vote dans toute la France.
Dès la mi-journée, Nicolas Galepides, porte-parole du comité, s'était réjoui de l'afflux des votants : « le coordinateur pour la Haute-Garonne m'annonce au moins 35.000 votants à Toulouse ».
« Beaucoup de personnes chargées de centraliser les résultats ne peuvent le faire aussi vite qu'espéré, car elles tiennent un bureau de vote », a expliqué M. Galepides (Sud-PTT).
A Lille, la première secrétaire du PS Martine Aubry a voté dans la matinée.
Dans le Finistère, environ 16.000 personnes avaient voté à la mi-journée, dont « 3.347 à Quimper, 3.019 pour le pays Bigouden » et « plus de 10.000 sur Brest », selon Patrice Campion, coordinateur départemental.
Les votants étaient 19.298 dans le Calvados, 13.571 dans le Vaucluse, « plus de 10.000 en Corrèze » et « plus de 37.000 en Loire Atlantique sur 90% des points de vote », selon Jean-Luc Jacques (CFTC), qui évoque « une déferlante ».
Le dépouillement a commencé dès 15H00 dans certaines petites communes, le résultat national devant être annoncé lundi midi.
« A Mezel (Alpes de Haute-Provence) 232 personnes ont voté », devant la boulangerie et devant le bureau de poste, a noté Claude Quiquis (CGT). « La commune a 600 habitants, mais je n'ai pas le nombre d'inscrits sur les listes électorales », a-t-il ajouté, en raccrochant l'un des 4 téléphones réservés à la collecte des résultats.
La France n'a « jamais connu une telle votation citoyenne et nous n'avons pas les moyens du ministère de l'Intérieur », s'est excusé Michel Pesnel (FO).
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, a jugé « rassurant » l'attachement ainsi manifesté à La Poste, mais « discutables » les conditions du scrutin, sans valeur juridique : « il n'y a aucun contrôle sur ces urnes, ça rappellera les grandes heures de l'Union soviétique ».
Une large majorité de Français (59%) souhaite que le gouvernement organise un référendum sur le changement de statut de La Poste, selon un sondage Ifop à paraître dimanche dans Sud Ouest Dimanche.
Le socialiste Jack Lang a estimé que le gouvernement avait « tort de tarder à mettre en application » le référendum d'initiative populaire introduit dans la Constitution il y a plus d'un an, estimant que la votation avait « une valeur politique ». Dans son département, 21.000 personnes avaient voté en fin d'après-midi.
A Paris, devant le bureau Emile Dolet (XXe arrondissement), « on espérait 500 votants, on en avait plus de 1.500 » à la mi-journée, a raconté Michel Rousseau, président de l'association Euromarches (aide aux chômeurs).
Dans les Hauts-de-Seine, Suresnes a dénombré 1.456 votes et Montrouge 1.246 « dont 26 pour la privatisation. Plusieurs adjoints au maire et conseillers municipaux de droite (actuels ou passés) ont participé a la votation », selon le comité local.
A Châtillon-en-Bazois (Nièvre) une soixantaine de maires, ceints de leur écharpe tricolore, ont voté tous ensemble.
En Meurthe-et-Moselle, un décompte provisoire recensait 20.176 votes samedi, avec 97,9% de « non » sur 67 lieux de vote, dont 17 entreprises. L'Essonne avait recensé dans l'après-midi 10.081 votes, dans 62 bureaux dépouillés sur 203.
L'Aude, l'Isère et la Charente revendiquaient respectivement 129, 120 et 90 points de vote avant samedi, et le Gers 82 communes de vote « représentant la moitié des 143.000 électeurs inscrits du département ».
De Chimulus
Dessinateur de presse | 10H49 | 04/10/2009 |