03/10/2009 à 13h48

Quand les internautes financent un film sur le business de l'eau


Un nouveau modèle d'enquête émerge sur le Web : le participatif militant. Deux cinéastes allemands achèvent un documentaire sur le business de l'eau. Budget : 100 000 euros, par un appel de fonds auprès des internautes. Ils cherchent un diffuseur...

Un an de tournage avec les acteurs

Jean-Luc Touly n'en revient pas : son film sur le business de l'eau va bientôt voir le jour. A dire vrai, le président de l'Association pour un contrat mondial de l'eau (Acme) a surtout fait le chauffeur, le fixeur et le producteur associé de deux cinéastes, Leslie Franke et Herdolor Lorenz.

Pendant un an, les deux Allemands ont sillonné la France de l'eau, à la rencontre des élus, des experts et surtout des représentants du duopôle tricolore, Veolia (ex-Générale des eaux) et Suez environnement (ex-Lyonnaise des eaux). Un an d'enquête pour essayer de comprendre le fonctionnement du « système français ».

Pour l'instant, Water makes money n'a pas de diffuseur. Arte a décliné l'offre, après avoir essuyé les menaces de poursuistes en diffamation de Veolia, suite à la diffusion du premier film du binôme allemand. Un film qui portait sur l'eau en Allemagne. Faire une suite en France ? Très bonne idée, mais pas à la télé. D'où le lancement d'une souscription publique pour rassembler les 100 000 euros nécessaires à la production du film. (Voir la vidéo)

Au dernier relevé, 60% du budget avait été bouclé.

Une proximité ambiguë entre public et privé, frôlant le conflit d'intérêt

Sur le fond, ce film promet d'être à la fois pédagogique et... décapant. Pédagogique, car les auteurs ont tenu à confronter les points de vue, de plus en plus contradictoires, entre les élus et les concessionnaires privés. Les premiers comprenant que les seconds les ont filoutés pendant des décennies. La gestion de l'eau est un système complexe.

Mais la galaxie militante qui soutient ce projet (y compris la Fondation France Libertés de Danièle Mitterrand) veut aussi en faire un objet de débat politique. Jean-Luc Touly espère présenter le film dès février 2010, en pleine campagne pour les élections régionales. (Voir la vidéo)

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    Keyboard jockey
    • Posté à 14h29 le 03/10/2009
    • Internaute
      Keyboard jockey

    Vite, censurons internet avant que trop de monde découvre le pot-aux-roses !

  • fredinlondon
    • Posté à 15h09 le 03/10/2009
    • Internaute
      OM

    Il existe 2 autres documentaires excellents sur le sujet :
    Blue gold : world water wars et flow : for the love of water
    et une ONG canadienne canadians.org est spécialisée sur le sujet de la privatisation de l'eau.

    C'est effectivement un sujet extrêmement important, et la France détient malheureusement la palme de la mauvaise conduite avec Veolia et Suez.

    • tregnirutuf
      • Posté à 17h21 le 03/10/2009

      Tiens les documentaires m'intéressent :

      Blue gold : world water wars

      ed2k : //|file|Blue%20Gold%20World%20Water%20Wars%202008%20Proper%20Dvdrip%20Xvid-Domino.avi|733923328|BC0E084EB4C01FA5F6FF99EA17BEC625|/

      flow : for the love of water

      ed2k : //|file|Flow%20For%20The%20Love%20Of%20Water%202008%20Dvdrip%20Xvid-Vomit.avi|733673472|EA34309707016F90491690ADEBC89F2F|/

  • Mina
    • Posté à 15h36 le 03/10/2009

    « Veolia (ex-Générale des eaux) et Suez environnement (ex-Lyonnaise des eaux) » : Lyonnaise des Eaux est toujours Lyonnaise des Eaux, elle est la filiale EAU de la firme Suez Environnement (avec SITA pour les déchets et Degrémont pour l'ingénierie).

    Ensuite vous parlez de concessionnaires privés mais attention à ne pas faire de raccourcis trop rapide. Il y a trés peu de concession, d'ailleurs je ne sais meme pas si ca existe encore.
    La majorité des contrats sont des contrats d'affermage ou de prestation de service.
    Ensuite il faut savoir que les communes sont pour la plupart organisées en Syndicat pour l'eau potable et/ou pour l'assainissement et que se sont ces derniers qui ont tous les pouvoirs et qui décident comment doit se faire la gestion de l'eau et par qui.
    Et puis il faut noter aussi une augmentation des régies notamment dans les communes de gauche. Dans les Landes une études à montré que la gestion en régie avait été plus couteuse que quand elle était déléguée à une entreprise privé. (Journal Sud Ouest je vais essayer de retrouver la ref).
    Et puis c'est bien joli de dire que l'eau appartient à tout le monde, ok, c'est indéniable, mais quand on vit en ville cette eau il faut bien la traiter, l'acheminer, la stocker, puis collecter les eaux usées, les dépolluer, etc. Faut se rendre compte que c'est ce service que l'on paye.
    Et savez-vous que le cout moyen d'un mètre cube d'eau (1000L) est de 3 euros, ce qui n'est pas énorme (comparez à votre facture de téléphone...). Et puis d'ailleurs tiens, la facture, regardez là. Regardez la part fixe, la part du bassin, de l'agence de l'eau, la part du syndicat, la part de la commune, et la part du prestataire.

    J'ai l'impression que ce film pose un faux problème, parce que des problèmes liés à l'eau il y en a c'est clair, mais plus par rapport à sa pollution, à l'usage que l'on en fait, au fait que l'on ne laisse plus à la nature le temps de se refaire, on prélève plus que les capacités ne le permettent.

    • jcm
      jcm répond à Mina
      • Posté à 18h36 le 03/10/2009

      A propos des problèmes d'eau, une visite sur « LES EAUX GLACÉES DU CALCUL ÉGOÏSTE » (Lien ) vous montrera qu'ils sont peut-être plus nombreux que vous ne le supposez...

    • xaxa
      xaxa répond à Mina
      • Posté à 11h28 le 05/10/2009
      • Internaute

      « La majorité des contrats sont des contrats d'affermage ou de prestation de service. »

      Ca reste à vérifier. Dans les années 90, beaucoup de communes ont signé des concessions. Lesquelles durent 20 ans. Mais effectivement, beaucoup de contrats sont des contrats d'affermage.

      Pour ceux qui ne savent pas, la différence entre les deux, c'est que l'investissement nécessaire est réalisé par le concessionnaire (cas de la concession) ou par la collectivité (cas de l'affermage). Dans les deux cas, les investissements sont la propriété de la collectivité, mais le financement est fait par l'entreprise (donc par le consommateur) ou par la collectivité (donc par le contribuable).

      « Et puis c'est bien joli de dire que l'eau appartient à tout le monde, ok, c'est indéniable, mais quand on vit en ville cette eau il faut bien la traiter, l'acheminer, la stocker, puis collecter les eaux usées, les dépolluer, etc. Faut se rendre compte que c'est ce service que l'on paye. »

      Je ne crois pas que quelqu'un ait contesté cela. Mais lorsque le Grand Lyon obtient 16% de réduction du prix de l'eau sans se fatiguer, on est en droit de se dire que l'eau valait 16% de trop depuis un moment.

      C'est la marge que réalisent les fermiers et les concessionnaires qui posent, souvent, problème.

  • Mano-Cabut
    Mano-Cabut
    adieu beaufland
    • Posté à 16h12 le 03/10/2009
    • Internaute
      adieu beaufland

    c'est ambigu comme démarche si l'on considere qu'on demande aux internautes de produire un produit qui sera donné...aux médias classiques. C'est sûr qu'une dif sur Arté peut amener deux trois millions de gens sur une emission, UN soir, dans une programation continue qui noie l'info sous l'info. Mais sur le net aussi, pas en un jour, mais en plusieurs. Par contre on peut considerer que quelqu'un qui va taper une adresse net pour voir un film, va regarder ce film avec bien plus d'attention qu'un public à qui on offre tout dans le bec et qui ne demande rien en particulier. En gros la démarche fait la qualité d'écoute, à mon sens.
    C'est là que l'on voit les limites du net aujourd'hui, dans le fait qu'il ne se suffit pas à lui-même, et qu'il s'évertue à se faire officialiser par les autres médias. Les buzz internet dont la presse ne parle pas ne vont pas loin.
    Pourquoi ? Parce qu'on assiste au même schéma qu'avec les radios libres, le net cherche son public avec les même recettes que les vieux médias, les mêmes reflexes, les mêmes accroches et la même mentalité qui pense quantité plutot que qualité, avec les moyens en moins.
    « un film grand public » Qui finira dans quelques salles au mieux. Internet n'est-il pas le média le plus « grand public » du monde ? ? ? ?
    Donc vous qui peut-être allez cotiser, sachez que vous êtes des êtres exeptionnels alors, capable de comprendre l'interet du truc, mais vous n'êtes pas le public, et vous n'êtes pas « grand ». Une élite peut-etre ? Ou juste de la masse sans interet ?
    Pourquoi ce film ne serait-il pas diffusé ici, sur Rue89, et sur tous les autres sites d'info sur la toile ? Pourquoi courir après une diffusion télé ou cinema ? Pour rentabiliser la prod ? ...
    Pourquoi pas un site entier autour du film pour continuer l'enquète, avec des journalistes de tous bords pour se féderer autour du sujet au jour le jour ? Peut-on tout mettre dans un film une fois pour toute ? Non. Mais le net permet l'info, la vraie sur la durée, sans mendier qu'on nous ouvre une porte pour le faire.
    Alors si le net finance, messieurs les journalistes, vous leur rendez quoi au net ?

  • tructruc
    tructruc
    Etudiant
    • Posté à 16h50 le 03/10/2009
    • Internaute
      Etudiant

    C'est très bien *mais*, est-ce que le film sera disponible librement ? j'en ai vu parler nulle part.
    Si des donateurs réussissent à cotiser 90k EUR alors la moindre des choses serait de leur rendre la monnaie et de diffuser le film librement sous licence libre.
    Cette diffusion libre est aussi dans l'intéret de l'information de la population.
    Personellement, si je risque de me faire hadopiser en essayant de regarder le film que j'ai aidé à financer cela ne m'intéresse nullement.

  • Pr Ourcq
    • Posté à 22h08 le 04/10/2009

    Hé oui collusion pouvoir politique-industriels très marquée en France.
    Comme les collusions média-politique montré par l'excelletissime « Les Nouveaux chiens de garde » de Serge Halimi aux éditions raisons d'agir.
    Où encore par le brillantissime « Pas vu pas pris » de Pierre Karl disponible sur dailymotion : Lien.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 10h59 le 05/10/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Ça donne bonne conscience de filer 200€ pour un film sur la flotte ? Genre encore plus bonne conscience que lorsqu'on le regarde en prenant un air consterné, sérieux et affligé ?

    Tout ça pour nous raconter encore une fois que les politiciens s'en mettent plein les poches en achetant matériel et service de la pire qualité, et n'imposant aucun cahier des charges pour acheter le silence complice des entreprises concernées.
    Mais c'est tellement plus facile de faire un film qui dit en boucle « bou le capital, t'es méchant », alors que ce con est juste bête et discipliné : qu'on lui demande et on aura une station d'épuration trois étoiles qui trie le blanc de la couleur. Mais pour ça, il faudrait que la corruption, le favoritisme et l'enrichissement personnel ne soit plus la norme des politiques.