Dans le retro avec l'INA

Sarkozy a menti : il a soutenu le smic jeunes et le CPE

Le chef de l'Etat assure qu'il a « toujours été opposé à ces contrats jeunes »… qu'il défendait pourtant lorsqu'il était ministre.

En partenariat avec l'INARéécrire l'histoire pour la tourner à son avantage. Nicolas Sarkozy a encore prouvé, mardi depuis Avignon, qu'il était passé maître dans cet art. Pour justifier l'extension a minima du Revenu de solidarité active (RSA) aux moins de 25 ans, le chef de l'Etat a clamé ce « qui est une conviction depuis bien longtemps » :

« J'ai toujours été opposé à des contrats jeunes à statut social inférieur. Je n'accepte pas l'idée que, parce qu'on est jeune, on a moins de droits sociaux que quand on est adulte. (…)

Pourquoi le CIP fut une erreur et pourquoi le CPE fut une erreur ? Parce qu'il est inacceptable dans la société française qu'on ait pas les mêmes droits sociaux selon qu'on ait tel âge ou tel autre. » (Voir la vidéo)


Un simple retour en arrière suffit pourtant à contredire le président de la République. Sur le Contrat d'insertion professionnelle (CIP) d'abord, rebaptisé « smic jeunes ». Avant qu'il ne soit retiré sous la pression des manifestations en 1994, ce contrat de travail à durée déterminée pour les moins de 26 ans rémunéré à 80% du smic était défendu par tous les membres du gouvernement d'Edouard Balladur.

1994 : « Et si le CIP pouvait donner du travail à des jeunes ? »

Et au premier rang d'entre eux, figurait celui qui était alors ministre du Budget et porte-parole du gouvernement… Nicolas Sarkozy. En témoigne cette interview, le 16 mars 1994 sur le plateau de France 3. Interrogé sur l'opportunité de maintenir un tel contrat, il répond « bien sûr ». Avant d'enchaîner :

« Et si le CIP pouvait donner du travail à des jeunes ? Pourquoi n'expérimente-t-on pas ? Pourquoi manifester avant de savoir si cette formule va marcher ? (…)

Est-ce que c'est avoir peu d'ambition que de dire que, pour un jeune, il vaut mieux avoir un vrai contrat dans une véritable entreprise que de faire la queue à l'ANPE ? » (Voir la vidéo)

Sur le Contrat première embauche (CPE) ensuite, lui aussi retiré après une mobilisation monstre menée par les syndicats étudiants en 2006. Ce contrat de travail à destination des moins de 26 ans était à durée indéterminée, mais assorti d'une « période de consolidation » de deux ans durant laquelle le contrat pouvait être rompu à tout moment.

2006 : « Moi, je soutiens le contrat première embauche »

Avant de jouer les négociateurs, reprenant la main sur ce dossier dans lequel s'était embourbé le gouvernement de Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, soutenait pleinement le dispositif, au moins publiquement. En déplacement en Guadeloupe le 9 mars 2006, il déclarait devant la caméra de France 2 :

« Moi, je soutiens le gouvernement et le contrat première embauche. » (Voir la vidéo)

En privé, sa position était ensuite devenue plus ambigüe : selon Bruno Julliard, l'ex-président de l'Unef, le ministre de l'Intérieur encourageait en sous-main les anti-CPE. Une manière, déjà, d'enfoncer un peu plus Dominique de Villepin.

« Quel menteur le président de la République ! »

Benoît Hamon, le porte-parole du PS ne s'y pas trompé, mardi soir au micro de France Info, en éructant : « Honnêtement, quel menteur le président de la République, mais quel authentique menteur ! » Et de poursuivre sur le même ton :

« Comment peut-il dire qu'il était opposé au CIP et au CPE ? C'est faux ! (…) Que le président de la République se livre sur tous les sujets à de tels mensonges, (…) ça devient le grand carnaval aujourd'hui la parole présidentielle. » (Voir la vidéo)


Le coup de grâce pour le chef de l'Etat a été asséné ce mercredi matin, toujours sur France Info, par celui que Nicolas Sarkozy soutenait lors de la présidentielle de 1995 : Edouard Balladur. L'ex-Premier ministre n'a pas manqué de rebondir sur les critiques adressées aujourd'hui au CIP par son ancien ministre :

« Il l'a pourtant défendu avec beaucoup de flamme et je lui en suis toujours reconnaissant, parce que dans les moments difficiles il a toujours été à mes côtés pour m'apporter son aide. » (Voir la vidéo)


En partenariat avec l'INA

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7 commentaires sélectionnés

Portrait de Pseudo

De Pseudo

Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 14H37 | 30/09/2009 | Permalien

Allez, une devinette.

Qui a dit : « Je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas » : -D

Portrait de Mina

De Mina

sur mon canapé | 15H05 | 30/09/2009 | Permalien

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » (Jean Jaurès) (j'ai piqué ça sur le trés bon site mis en lien par un riverain dans un précédent post « les mots ont un sens »)
ou comment réécrire l'Histoire en comptant sur la mémoire bien courte de la popu-lasse.
C'est comme cela depuis le début, faut il encore s'en étonner ?
Il serait trés instructif de passer en revue tous ses mensonges, déclarations hypocrites et autres manipulations depuis le début de son mandat (voire meme sur sa carrière politique) mais ça serait sans fin.
Quoi que, avec 10% de chomeurs y en a qui ont le temps… et j'en suis : -(

Portrait de Giorgio

De Giorgio

15H13 | 30/09/2009 | Permalien

Le dicton dit :
« Il faut une bonne mémoire lorsqu'on a menti »
Aujourd'hui la mémoire est audiovisuelle, des km d'archives vidéo / film où l'on peut retrouver instantanément n'importe quelle déclaration péremptoire.
Moi je serais lui, je commencerais à prendre des notes….

Portrait de flixp

De flixp

15H37 | 30/09/2009 | Permalien

Je me rappelle d'un spécialiste dans les choses politiques qui disait à la radio que la mémoire politique de l'électeur est d'environ 4 mois.
Ainsi avant les échéances électorales on arrête les conneries de manière à ce que tout le monde oublie et se faire une virginité du genre « moi je fais ce que je dit'

Les politiques souffriraient des mêmes maux ?

Ensuite je suis toujours surpris par le non-effet de ce type d'article. Qui plutôt que d'obtenir des rectificatifs ou excuses de la part du dirigeant visé ne provoque que l'aigreur du lectorat.

Lectorat qui oubliera bien vite en 2012 ce type de foutage de gueule.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

HS | 15H35 | 30/09/2009 | Permalien

Saleté d'internet !

Heureusement que Copé est en train de prendre le taureau par les cornes et va faire en sorte qu'il ne soit plus possible de ressortir toutes ces vieilleries qui sèment le trouble chez les citoyens qui ont encore un reste de bon-sens et qui n'ont donc pas encore leur carte UMP.

« Jean-François Copé invite à la définition d'une réglementation plus stricte des échanges et des contenus diffusés sur le réseau. Il cite notamment le droit à l'oubli. »

Portrait de reivilo

De reivilo

Aménageur | 15H59 | 30/09/2009 | Permalien

Chouette ! A quand le retour de Super-Menteur aux guignols ? (costume qui lui irai au moins aussi bien qu'au grand gominé… après quelques retouches sur la taille ! ! ! )

Portrait de Iv

De Iv

Roboticien utopiste | 16H53 | 30/09/2009 | Permalien

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