Tribune 30/09/2009 à 11h33

Pourquoi la réforme de l'assurance santé d'Obama est ensablée


La réforme de l'assurance santé est en train de paralyser l'Amérique : elle divise fortement la population américaine, elle coûte beaucoup de crédit politique à Barack Obama, qui a multiplié les discours et interventions médiatiques sur le sujet, l'empêchant par là-même de se consacrer à d'autres dossiers, et elle offre un nouveau souffle aux républicains jusque-là peu visibles sur la scène politique.

D'Europe, nous retenons surtout les images de ces citoyens américains manifestant pancartes à la main contre la main-mise socialo-marxiste du gouvernement américain. Nous nous interrogeons, perplexes, sur ce qui pousse les Américains à lutter avec acharnement contre une réforme qui permettrait à la fois de faciliter l'accès aux soins et de baisser les coûts d'une médecine hors de prix.

Mais le débat est ailleurs.

Voici quelques clés pour mieux comprendre pourquoi l'opposition à cette réforme est si forte, pourquoi le processus est si compliqué et quels sont les solutions pour sortir de l'impasse.

1

Une opposition mobilisée contre un gouvernement trop fort

Différents éléments propres aux valeurs et fondements des Etats-Unis viennent parasiter le débat sur l'assurance santé.

D'une part, les Américains ont peur que la réforme leur ôte un droit fondamental : celui de pouvoir choisir. La propagande républicaine visant à faire croire que le gouvernement imposera à chaque citoyen le docteur qu'il devra consulter fait mouche dans un pays où la liberté de choisir est au cœur de ses fondements.

Plus généralement, beaucoup d'Américains -en particulier les plus conservateurs, qui sont, il ne faut pas l'oublier, toujours très nombreux- pensent que l'assurance santé est un produit non-essentiel qui ne relève pas de l'Etat et que le gouvernement n'a pas à décider si un individu doit être assuré ou non.

L'idée d'une assurance obligatoire n'est pas populaire : nombre d'Américains refusent que le gouvernement les oblige à avoir une assurance santé. Si cet argument est largement infondé, il est pourtant largement répandu chez les opposants à la réforme.

Les Américains ont également peur de voir augmenter les prélèvements. Cette réforme risque de coûter très cher et il faudra à un moment ou un autre que le gouvernement trouve des financements, surtout si l'option publique est adoptée.

Les « chiens bleus démocrates » du Sud trainent les pieds

La crainte que le gouvernement acquiert trop de pouvoirs joue également en défaveur de la réforme. En général, les Américains sont réticents à l'idée d'une loi qui donnerait au gouvernement fédéral la pouvoir de réglementer une question touchant à la vie privée.

Il faut noter que l'opposition ne provient pas uniquement des rangs républicains. Des démocrates sont également opposés à cette réforme, notamment dans les Etats du sud, plus conservateurs et prônant la rigueur budgétaire (appelés les « Blue Dogs Democrats », les « chiens bleus démocrates »).

Les élus démocrates du sud ont en effet un électorat plutôt conservateur et ne peuvent pas voter des lois trop « libérales » au risque de perdre leur siège aux prochaines élections.

Ayant déjà soutenu une réforme libérale, celle sur l'énergie (cap-and-trade), il est probable qu'ils ne soutiennent pas celle sur l'assurance santé, ayant déjà utilisé tout leur « crédit libéral ».

L'opposition à la réforme de l'assurance santé est très forte dans le parti républicain et dans le sud, où les questions raciales sont toujours très prégnantes. Ce qui peut conduire à se demander, comme l'a d'ailleurs fait Jimmy Carter, si les arguments des opposants à cette réforme sont avant tout politiques ou idéologiques. L'opposition critique-t-elle une politique ou un homme ?

2

La longue procédure législative, fruit de la pratique institutionnelle américaine

Pendant la campagne électorale, Barack Obama a déclaré vouloir mener une réforme ambitieuse de l'assurance santé qui, parmi des autres choses, établirait une option publique obligatoire. Mais c'est au Congrès qu'il revient aujourd'hui de rédiger une loi qui devra à la fois contenter les électeurs et le président.

Chaque chambre du Congrès compte en son sein des comités en charge d'étudier précisément les projets de réforme et de le modifier si nécessaire avant le vote en séance plénière. Aux Etats-Unis, ces comités sont particulièrement puissants.

Pour une réforme aussi complexe que celle de l'assurance santé, plusieurs comités sont mobilisés : trois comités de la Chambre des représentants (« énergie et commerce », « voies et moyens » et « éducation et travail ») ont commencé à développer trois versions différentes au printemps 2009.

Le 14 juillet 2009, ils ont proposé un texte commun, soumis aux amendements. Le texte devra être approuvé par une majorité simple.

Accorder les deux versions du Sénat avec celle des représentants

Au Sénat, deux comités sont en charge de la réforme. Le premier (« Santé, éducation, travail et pensions » plus connu sous le nom de Help) a annoncé sa version de la loi le 15 juillet 2009. Le second (le comité des finances) a proposé sa version le 16 septembre 2009 (le « Baucus Bill »), actuellement débattue. Le débat pourrait durer, puisque plus de 500 amendements ont été déposés.

Les deux versions du Sénat doivent ensuite fusionner leurs textes pour proposer une forme finale que les sénateurs devront approuver à une majorité simple (sachant que la version du comité des finances est bien plus conservatrice que celle de Help).

La version finale du texte de la Chambre des représentants et la version finale du Sénat seront ensuite fusionnées par une commission bicamérale en une proposition de loi, qui devra être approuvée par tous les membres de chaque chambre puis par le Président.

On l'aura compris, cette une course contre la montre qui se joue actuellement au Congrès, puisque le Président voudrait voir la loi adoptée avant la fin de l'année.

3

Les issues de sorties : blocage du « filibuster » ou réconciliation ?

Parmi les nombreuses règles qui encadrent le travail des parlementaires, il y en a une qui permet de clore rapidement un débat et passer à autre chose.

A la Chambre des représentants, il suffit pour cela d'obtenir la majorité simple. Au Sénat en revanche, il faut obtenir la majorité des 3/5, ces fameux 60 votes que les démocrates cherchent désespérément à obtenir pour éviter que le débat s'éternise.

Il s'agit donc d'invoquer la « cloture » pour mettre fin au « filibuster », l'obstruction parlementaire utilisée par l'opposition pour retarder le vote d'une loi. Si la majorité à la Chambre des représentants devrait être relativement facile à obtenir (sauf opposition massive des Blue Dogs Democrats, qui ont 45 sièges à la Chambre), celle au Sénat est plus délicate.

Le siège de Ted Kennedy n'a toujours pas été remplacé, ce qui empêche les démocrates d'être assurés d'obtenir les 60 sièges. Sans les 60 votes, les républicains peuvent continuer à retarder l'adoption de la loi en empêchant le Sénat de clore le débat.

Olympia Snowe, républicaine, pourrait mettre fin à l'obstruction

Le temps joue pour eux car cela leur permet de consolider l'opposition à la réforme, de déstabiliser Barack Obama et de mettre en difficulté les parlementaires qui vont devoir se présenter devant les électeurs à l'automne 2010. Tout semble aujourd'hui dépendre du vote d'Olympia Snowe, sénatrice républicaine encline à voter en faveur de la loi et donc pouvant mettre fin au filibuster.

En dernier recours, le 10 octobre s'ouvrira au Congrès la procédure de « réconciliation budgétaire ») : à cette date, la règle des 3/5 (et donc le filibuster) est suspendue au Sénat afin que toutes les lois ayant un impact sur le budget (lois impliquant des dépenses fédérales ou touchant aux prélèvements) soient votées à temps avant le vote du budget (en l'occurrence, le budget 2010).

Avec cette procédure, le nombre d'amendements est limité et le débat est clos au bout de vingt heures. Pour les Démocrates, cette solution serait une issue de sortie, peu glorieuse certes, mais pratique.

Toutefois, elle n'est pas sans risque. Elle pourrait d'une part soulever l'ire des opposants à la réforme, privés de débat. D'autre part, si la réforme passe par cette procédure, il faudra qu'elle soit revotée chaque année (avec le budget).

On imagine facilement les opposants à la réforme faire leur possible pour que le plan d'assurance santé ne soit pas reconduit l'année prochaine. En outre, cela ne constituera pas une réforme en profondeur, puisqu'il suffira de ne pas la revoter pour qu'elle disparaisse.

Le dilemme est grand puisque pour passer, les Démocrates vont devoir faire un certain nombre de concessions, dont la fameuse « option publique ». Mais sans cette option publique, la réforme de l'assurance santé d'Obama ne sera pas révolutionnaire. Les aspects les plus progressistes de la réforme risquent de disparaître pour qu'elle puisse être votée par le Congrès.

Reste à savoir si Barack Obama, résolument décidé à inclure une « option publique » dans sa réforme, acceptera de signer une loi dont les ambitions seraient revues à la baisse.

Charlotte Lepri, Chercheur à l'IRIS et Erin Millender, Visiting Fellow à l'IRIS

Aller plus loin
    • 3238 visites
    • 22 réactions
    Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
    • Chris.A
      Chris.A
      Ni pour,ni contre,bien au (...)
      • Posté à 14h24 le 30/09/2009
      • Internaute
        Ni pour,ni contre,bien au (...)

      Merci pour cet article intelligent qui ne surfe pas sur la vague « les américains sont cons et racistes “.
      Vous remettez en perspective la complexité du jeu politique américain que certains, par réaction franco-française, ont trop souvent tendance à gommer pour afficher leurs fantasmes.

      • PoG
        PoG répond à Chris.A
        • Posté à 14h54 le 30/09/2009

        « Plus généralement, beaucoup d'Américains -en particulier les plus conservateurs, qui sont, il ne faut pas l'oublier, toujours très nombreux- pensent que l'assurance santé est un produit non-essentiel ».

        Je sais pas ce qu'il vous faut pour classer quelqu'un parmi les cons.
        C'est vrai, la santé c'est pas essentiel. Mourir c'est pas grave.
        ...

        • Tassin
          Tassin répond à PoG
          Inquiet
          • Posté à 14h59 le 30/09/2009
          • Internaute
            Inquiet

          Ah si, mourir c'est grave !
          Ce qui est beaucoup moins grave c'est que les autres crèvent...

        • Chris.A
          Chris.A répond à PoG
          Ni pour,ni contre,bien au (...)
          • Posté à 15h21 le 30/09/2009
          • Internaute
            Ni pour,ni contre,bien au (...)

          Nous sommes si intelligents en france que nous sommes représentés par l'autre-là ...

           » Mourir c'est pas grave « . Si je peux vous rassurer : oui, ce n'est pas grave de mourir. C'est même naturel. Nous mourons tous, un jour ou l'autre.
          Cependant, il vaut mieux mourir de “ mort naturelle ‘ que de famine, d'euthanasie ( involontaire ) ou de maladies nosocomiales, etc.

          N.B : Ne nous substituons pas aux américains, gardons nos leçons pour nous-mêmes. D'ailleurs, ce n'est pas pour bientôt que nous élirons une minorité (in)visible au poste suprême.

        • VinceDeg
          VinceDeg répond à PoG
          • Posté à 16h33 le 30/09/2009
          • Internaute

          Ce que vous n'avez pas compris, c'est que les américains font une différence entre les frais de santé et l'assurance santé. Ils pensent qu'ils ne devraient pas être obligés de s'assurer (jouer l'option sécurité si vous voulez) ; préférant payer au coup à coup. Par analogie, ça serait comme dire qu'avoir un logement est essentiel, mais qu'on devrait avoir le choix de l'assurer (et si il y a un incendie c'est votre problème).

          Bon, je ne suis pas d'accord du tout, mais ce n'est pas comme vous dites qu'ils considèrent que « la santé n'est pas importante ».

           
          • alaixih
            alaixih répond à VinceDeg
            • Posté à 23h50 le 30/09/2009
            • Internaute

            Là ou je pense les américains sont un peu différents de nous c'est qu'ils crient au scandale parce que l'état veut permettre une assurance pour tous.

            Il est curieux de voir combien les américains sont convaincus que la seule et unique valeur valable est la liberté.

            Pour ma part la liberté n'est rien si on n'a pas d'argent pour se payer un traitement pour continuer à vivre.

            Cette liberté est elle une liberté ou un esclavage ?

            Par ailleurs je me demande en quoi sarah P et les autres sont représentatifs de ce que pense le citoyen moyen de ce genre d'initiative.

          • PoG
            PoG répond à VinceDeg
            • Posté à 23h53 le 30/09/2009

            C'est très loin d'être ce que sous entend l'article.

          • Au sud de nul part-
            • Posté à 04h33 le 01/10/2009

            Bon.

            On a compris.
            Vous nous avez bien analysé le truc.
            Et après ?

            Je ne suis plus étudiant, donc j'attends vos immenses lumières.

            Exemple : si j'ai une maladie dont je ne suis pas responsable (un cancer du cul, tiens), et que je n'ai pas les moyens de me payer mon assurance super-sécurité-ki-koute-plus-cher ; est-ce que l'Etat peut ou doit me filez un coup de main ou est-ce que je dois me gratter ?

            Vous avez 1 heure.
            Sans tricher.
            Une copie double.
            Les malades doivent sortir de la salle : consigne du recteur.

            ( ; ))))

            a+ : Super-étudiant fort en distinction verbale.

            Brautigan

            • VinceDeg
              • Posté à 12h33 le 02/10/2009
              • Internaute

              Mes immenses lumières te répondent. D'ailleurs, saloperies, elles consomment l'électricité d'une centrale nucléaire chacune et c'est pas très développement durable tout ça.

              Si tu veux franchement mon avis à moi super intelligent, je pense que ouais, une assurance santé publique est la meilleure des choses et que laisser crever quelqu'un parce qu'il est pauvre ou même faire une différence dans la qualité des soins d'après la richesse du patient c'est dégueulasse.

              Après, là, j'essayais juste d'expliquer la façon de penser de l'état-unien libéral, qui n'aime pas que l'on lui impose une dépense et préfère avoir le choix d'être con. Mais bon. Pfff, si on peut plus faire donneur de leçons du haut de sa suprématie intellectuelle d'étudiant, où va Rue89, hein ?

               ; -)

          4 autres commentaires
      • Tokani
        Tokani répond à Chris.A
        • Posté à 19h56 le 30/09/2009

        Effectivement cet article n'est pas « caricatural “pour une fois sur la Rue en ce qui concerne les USA . Perdons aussi l'habitude Française de ‘péter’ plus haut que notre cul en pensant que nos solutions sont forcément les meilleurs puisque hexagonales...
        Pour nombres d'Américains et pas forcément les plus aisés la Liberté de choix reste un critère déterminant...

        • Au sud de nul part-
          • Posté à 04h36 le 01/10/2009

          Oui.

          Comme disait ma grand mère ancienne professeur de philosophie :

          « L'esprit, c'est la Liberté ; pour le reste on verra. “

          Si bien que :

          On verra.

          (,))))

          Todeti

    • ysengrimus
      • Posté à 14h34 le 30/09/2009
      • Internaute

      L'hyper-centrisme obamiste commence à bien pousser ses fruits amers

      Lien

      Ce sont les USA... pas de grand soir donc...
      Paul Laurendeau

    • Jaycib
      • Posté à 15h15 le 30/09/2009

      Ce texte est un bon résumé de la situation, mais il omet de considérer les choix d'Obama qui obèrent ses chances de succès. Rien n'obligeait le président d'exiger que la loi sur l'assurance santé soit votée avant la fin de l'année ; il s'était déjà distingué par une mesure très progressiste dès son investiture : celle concernant l'assurance maladie obligatoire pour les enfants. Il aurait pu s'en tenir là (pour le moment), car c'était déjà une avancée considérable. Par ailleurs, les personnes âgées de 65 ans et plus sont déjà couvertes par le programme Medicare, que même les hyperlibéraux n'ont jamais osé attaquer.

      Pour ce qui concerne l'assurance maladie de la majorité des adultes, il a donc choisi de croiser le fer avec les conservateurs et les réactionnaires au pire moment, celui où la crise atteignait des profondeurs précédemment insoupçonnées. Quelles chances Obama avait-il de faire passer une loi imposant de nouveaux prélèvements sur une population déjà lourdement pénalisée par le chômage, le sous-emploi et la raréfaction du crédit à la consommation ?

      On peut se demander (1) si Obama est franchement malhabile, (2) obstiné,ou (3) trop confiant dans sa bonne étoile. Si on compte le nombre de discours « officiels » (aux alentours de 350) qu'il a livrés aux Américains depuis son élection, il est permis de se demander s'il ne confond pas sa fonction tribunicienne de prêcheur moral (dans laquelle il excelle) avec la conduite d'une politique adroite et adaptée aux circonstances. Même certains de ses plus fervents supporters sont lassés de l'entendre parler de grands principes admirables, sans qu'il puisse leur donner une forme claire et acceptable (le cafouillage au sein de l'administration américaine au sujet des aspects précis du plan d'assurance maladie n'a fait que compliquer les choses, et la discussion de l'« option publique », marquée par des contradictions entre membres du gouvernement n'a fait qu'embourber le débat davantage).

      Ensuite, certains de ses principaux soutiens dans l'aile libérale (= progressiste) du parti Démocrate se sentent trahis par la capitulation de facto du président face aux exigences des banques. Et beaucoup lui reprochent de s'aligner aveuglément sur les positions pro-Wall Street de son conseiller financier Larry Summers et de son ministre du Trésor Tim Geithner, tous deux fervents admirateurs de... Goldman Sachs et des pires pratiques des banques d'investissement en général.

      Enfin, il fallait s'attendre à ce que les racistes et les « bigots » de tout poil s'acharnent sur Obama à la première occasion, et pèsent de tout leur poids sur nombre de Représentants et de Sénateurs pour le faire chuter. De même que, comme disait Mallarmé, un coup de dès jamais n'abolit le hasard, l'élection d'Obama à la présidence n'a pas résolu le problème racial, qui, dans le concret, reste intact.

      Ces divers facteurs jouent donc un rôle crucial dans les difficultés qu'affronte Obama aujourd'hui. S'il demeure un leader moral écouté (davantage à l'étranger que parmi une population américaine fatiguée et angoissée), ce n'est à coup sûr pas un grand président. Ce n'est pas une question de naïveté, mais d'absence de savoir-faire, et surtout de méconnaissance du monde qui l'entoure à un moment où les Etats-Unis se rapprochent de l'abîme au fond duqule ils vont tomber à brève échéance. Sur tous les dossiers épineux, intérieurs ou extérieurs, Obama est en mauvaise posture. Je le regrette, mais n'est pas Franklin Delano Roosevelt qui veut. Le pire dans tout ça, c'est qu'Obama croit encore à l'« empire américain » d'hier, et veut être son héraut. Quelle erreur ! Plus le temps passe, moins le président est crédible, sur l'assurance maladie comme sur TOUS les autres dossiers (reprise de l'économie, « verdissement » de cette même économie, questions monétaires, Iran, Afghanistan, etc.).

      Son projet d'assurance maladie pour tous sera peut-être voté, mais au prix que les multiples amendements et les manoeuvres de certains parlementaires le rendent méconnaissable, et en tout cas sans commune mesure avec ce qu'Obama préconisait – dans une sorte de flou peu artistique – au départ. On ne fait pas de politique avec de bonnes intentions seulement.

      • Chris.A
        Chris.A répond à Jaycib
        Ni pour,ni contre,bien au (...)
        • Posté à 15h26 le 30/09/2009
        • Internaute
          Ni pour,ni contre,bien au (...)

        Vous complétez parfaitement l'article.
        Je plussoie.

      • pmithrandir
        pmithrandir répond à Jaycib
        Developpeur
        • Posté à 17h39 le 30/09/2009
        • Internaute
          Developpeur

        En revanche, l'argument de la crise me parait moins fondé pour justifier une défiance.

        Notre assurance date de 1945, et je ne me rappelle pas avoir lu dans les manuel d'histoire que c'était une période d'opulence.

        De même, des citoyen confronté à la petitesse de leur existence par rapport aux finance de ce monde pourraient encourager un changement plus profond de leur société et de leur sécurité.

        Je l'aurais fait au même moment je pense. Ca ne sert a riend e changer les choses quand tout le monde pense que tout va bien. Quand tout va mal, on a une marge de maneuvre plus forte pour innover.

        Pour l'argument budgétaire, j'ai cru voir qu'en fait, leur système actuel leur coute beaucoup plus cher.

        • Jaycib
          Jaycib répond à pmithrandir
          • Posté à 18h13 le 30/09/2009

          Vous sous-estimez la gravité de la crise. Les USA ne sont pas du tout dans une situation d'opulence, ils manquent de moyens en général, même si la richesse relative d'une bonne partie de la population peut entretenir une certaine illusion (par rapport à nous).

          Le problème de fond est politique. Peu de gens en France en 1945 n'auraient pas considéré la fondation de la Sécu comme un investissement (dans l'humain), comme l'est l'école, mais les Américains ne voient pas les choses de cette façon. Ils n'aiment guère les impôts et croient toujours en payer trop ! Alors, au moment même où leurs vieux mythes de suprématie économique libérale s'effondrent, il ne faut pas trop compter sur eux.

          Les Américains dépensent plus pour leur santé que quiconque d'autre au monde, mais ce n'est pas par l'entremise d'une ponction budgétaire de l'Etat fédéral. Leurs dépenses sont avant tout individuelles – parfois, mais de plus en plus rarement et de façon de moins en moins adéquate, par leur employeur –, et assurées plutôt mal par le secteur privé.

           
          • pmithrandir
            pmithrandir répond à Jaycib
            Developpeur
            • Posté à 18h33 le 30/09/2009
            • Internaute
              Developpeur

            Je disais justement dans mon post précédent que comme ce n'étais pas l'opulence, que la crise était la, avec un bon discours politique, c'est le moment que l'on pourrait choisir pour tout changer.

            Quelques exemples bien choisis parmi la population d'un pauvre homme qui a perdu son emploi a cause de la crise, qui a du arrêter son assurance parce qu'il ne pouvait payer et qui est mort comme un chien(de préférence père de famille vivant avant dans un petit pavillon de banlieue avec ses 3 enfants, maintenant à la rue ou à la DAS...).

            Aux grands maux les grands remèdes comme on dit.

            Il suffit d'un discours intelligent et d'un grand courage politique

            Après, il n'en demeure pas moins que ceci était surement plus facile après guerre. Les gens avaient envie de vivre par dessus tout, et les lobbies financier, pharmaceutique et médicaux n'étaient surement pas aussi puissant.

          1 autres commentaires
      • Tokani
        Tokani répond à Jaycib
        • Posté à 20h00 le 30/09/2009

        Comme toujours vos propos sont de qualité et éclairent notre réflexion... Obama ne choisit pas effectivement la facilité pour cette réforme très importante sans doute veut il profiter de la dynamique de son début de mandat ?

    • beuhrète-
      • Posté à 15h24 le 30/09/2009

      Les américains ont certainement aussi des échos concernant le panier percé que représente l'assurance maladie en France mais bon eux le système de santé à deux vitesses ils connaissent déjà .

      Les profiteurs du système de santé actuellement utilisé aux Etats Unis ne freinent-ils pas des 4 fers ?

    • Léonard
      • Posté à 20h50 le 30/09/2009

      Je ne comprends pas très bien cet article. Il y a peut-être un problème de définition à éclaircir.

      En tout cas, sur quoi les auteurs se fondent-ils pour dire que les Américains ne veulent pas d'un système de santé à l'européenne ?

      La plupart des sondages ont toujours indiqué précisément le contraire, même avant que Obama soit élu. Et peu de gens pensent d'ailleurs que cela changera.

      Voici une source récente parmi d'autres et qui vient d'un media « mainstream » :

      Lien

      Cela dit, je suis bien d'accord avec les auteurs sur le fait que la droite dure américaine en ce moment entretient une propagande très désagréable.

    • Rifchavon
      Rifchavon
      Cadre
      • Posté à 14h08 le 01/10/2009
      • Internaute
        Cadre

      snif...sni..snif...
      Je sais pas pourquoi mais ca pue le lobby tout ca... snif...

    • Rifchavon
      Rifchavon
      Cadre
      • Posté à 14h08 le 01/10/2009
      • Internaute
        Cadre

      snif...sni..snif...
      Je sais pas pourquoi mais ca pu le lobby tout ca... snif...