Pourquoi Didier Lombard doit démissionner de France Télécom
Les dirigeants de France Télécom ayant accumulé les bévues, la crise que vit le groupe a pris un tour passionnel, qui mine tant le fonctionnement interne de l'entreprise que son image. A ce stade, on ne voit guère qu'un acte symbolique très fort pour casser cette dynamique délétère : la démission de Didier Lombard et de ceux qui sont en charge de l'organisation du groupe.
Certes, Didier Lombard n'est pas directement responsable des 24 suicides (en 18 mois) qui sont au coeur de la crise. D'ailleurs, ce n'est pas tant le nombre des suicides qui est exorbitant : il est inférieur au taux de suicide constaté chez les Français en âge de travailler. Ces suicides sont pourtant particuliers, ceux qui les ont commis ayant directement évoqué leur souffrance au travail dans leurs ultimes lettres, quand ils ne se sont pas tués sur le lieu de travail. Ils ne font que confirmer une situation sociale interne extrêmement tendue, qu'Ivan du Roy a décortiqué dans son enquête « Orange stressée ».
La crise que traverse l'entreprise traduit la faillite d'une gestion brutale et froide du personnel, conduite au motif qu'il fallait s'adapter rapidement aux mutations rapide des entreprises de télécom europénnes (fin des monopoles, explosion du portable, internet, etc.) : c'est à la schlague que la direction du groupe a voulu rendre les employés plus « compétents » et plus polyvalents.
Certes, comme le soulignait Ghislaine Ottenheimer dans un débat que j'ai eu avec elle mercredi soir sur France Info, d'autres entreprises de télécom, en Europe, ont employé des méthodes plus dures encore, virant les plus anciens pour embaucher des jeunes. Chez France Telecom, cet écrémage s'est fait de façon plus sourde, via un « management par le stress ». Mobilité imposée et pressions sur les moins « performants » ont créé une ambiance interne irrespirable, dans laquelle il est devenu, assurent les sydicats, « impossible de travailler ». Même la direction de l'entreprise reconnait qu'elle s'est fourvoyée en sous-estimant l'importance de la souffrance de ses employés.
France Télécom, qui ne compte pas abandonner la restructuration en cours, doit donc repenser entièrement sa stratégie pour parvenir à ses fins. Mais comment mener des négociations sociales constructives dans le climat actuel ?
La démission de Didier Lombard, sans résoudre tous les problèmes, aurait au moins deux vertus : elle calmerait le violent désespoir actuel des salariés (un désespoir qui peut rapidement tourner à la colère massive) et elle permettrait à une nouvelle équipe de travailler, avec un regard neuf, sur de nouvelles relations sociales, autour du dauphin désigné Stéphane Richard.
Elle serait donc, objectivement, dans l'intérêt de l'entreprise, intérêt auquel, personne n'en doute, Didier Lombard est attaché.
- Sur Rue89Chez France Télécom : bougez ou cassez-vous !
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- Sur Rue89Suicides à France Télécom : moins de compassion, plus de réflexion
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- Sur bit.lyDébat sur le sujet sur France Info (Pascal Riché vs Ghislaine Ottenheimer)
- Sur slate.frDidier Lombard doit rester (Slate)
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Author & Chief AtoZ Officer
Author & Chief AtoZ Officer
A minima, le DRH doit evidemment sauter, si ce n'est deja fait
La question Lombard est clairement posee : sa gestion de la crise est catastrophique et il en a rajoute une couche avec la conference telephonique a l'attention des cadres.
Cela me parait beaucoup plus grave que dans le cas de Daniel Bouton a la Societe Generale (Kerviel & co) : sur le fond comme dans la forme, sa montee au creneau a totalement fragilise l'ensemble de l'edifice.
On pourrait presque parler de faute lourde, bien au-dela de la simple maladresse de communication. Quelque part, le CEO doit la reconnaitre et decider d'une sanction, le tout au plus vite.
A mon avis, Lombard doit sinon demissionner, du moins formellement suspendre ses fonctions a la tete de l'entreprise jusqu'a une prochaine AG, deleguant la charge officielle a Richard.




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