Tribune 30/09/2009 à 18h56

Violence à l'école : juteux marché pour les sociétés de sécurité

Bernard Girard | Enseignant blogueur

On le savait : la violence à l'école est d'abord un thème éminemment politique, agité de préférence à chaque échéance électorale. Mais c'est aussi un marché, comme on a pu s'en rendre compte au 14e salon Alarmes Protection Sécurité qui s'est tenu la semaine écoulée à Paris et dont l'un des thèmes était la sécurité dans les établissements scolaires ou du moins une certaine vision de la sécurité, celle qui se décline à travers le fichage et la vidéosurveillance.

Les professionnels ne s'en cachent même pas : « Pour nous, la surveillance des établissements scolaires est un gros marché », ne craint pas d'affirmer un directeur commercial dans la dépêche AFP sur le salon en question.

« Il suffit que 500 à 1000 établissements s » équipent, à 15 000 euros en moyenne par établissement et cela deviendra intéressant » surenchérit un autre, avec une bonne dose d'inconscience, à moins qu'il ne s'agisse de provocation.

Quincaillerie un peu chère

15 000 euros en quincaillerie de surveillance à mettre en regard avec les économies drastiques en personnel d'encadrement ou avec les difficultés financières toujours plus pesantes lorsqu'il s'agit de mettre en œuvre dans les établissements le moindre projet pédagogique.

Alors qu'un vendeur de caméras assure « on se battra », laissant ainsi soupçonner un intense lobbying en direction des politiques chargés de l'éducation, on sent quand même dans ce petit monde comme une certaine inquiétude : on s'indigne de « la présence forte des organisations syndicales et des parents d'élèves qui veulent une protection des libertés ».

C'est vrai : l'école sans profs ni parents ni élèves, ce serait tellement plus facile...

Cette crainte des industriels n'est d'ailleurs peut-être pas sans fondement, puisqu'au même moment, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, faisait connaître plusieurs mesures relatives à la sécurisation des établissements scolaires.

Mesures qui sembleraient à première vue s'écarter des fantasmes de son prédécesseur Darcos : des « brigades mobiles de sécurité  » sont bien envisagées mais les dispositions les plus controversées présentées avec éclat au printemps dernier, comme la fouille des élèves, la vidéosurveillance ou les portails de détection ne sont pas privilégiées.

Quatre portiques dans les Alpes-Maritimes

Il n'y a guère que le conseil général des Alpes-Maritimes pour avoir cru malin d'acquérir quatre portiques mobiles de détection de métaux, à 2000 euros l'unité - les Alpes-Maritimes sont un département riche - quatre portiques qui, au demeurant, ne servent à rien, attendu que leur installation ne peut se faire sans l'accord du conseil d'administration de chaque établissement. Toujours ces gêneurs...

Puisque, face à la violence, le tout sécuritaire mène à une impasse, à l'école comme ailleurs, il n'est peut-être pas interdit de se tourner vers une approche résolument éducative, comme celle à laquelle travaille, depuis des années la Coordination française pour la décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix.

Dans le cadre d'une quinzaine dédiée à ces valeurs (du 21 septembre au 2 octobre) , « la Coordination française demande que l'éducation à la non-violence et à la paix soit intégrée d'urgence dans les programmes scolaires et qu'une formation spécifique soit dispensée aux enseignants.

Dans une société du spectaculaire où la violence est perpétuellement mise en avant, les valeurs telles que l'écoute, la coopération, la médiation, la solidarité doivent être enseignées afin de montrer qu'une autre voie est possible. »

Parmi les initiatives, un courrier que chacun peut adresser aux députés, leur demandant de soutenir une loi pour l'éducation à la non-violence et à la paix à l'école. Bien sûr, pour des parlementaires qui, face aux violences à l'école, n'ont jamais refusé leur vote à toutes les dispositions policières qu'on leur a présentées ces dernières années, une semblable démarche ressemble un peu à une révolution culturelle. Mais on peut toujours rêver.

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  • Nondupe
    • Posté à 19h20 le 30/09/2009

    Ben, c'est toujours ça de moins que l'éducnat mettra dans les programmes et la culture.

    La « culture du résultat », c'est 0 tag dans le collège, pas 20/20 en littérature...
    D'ailleurs, la princesse de Clèves, c'est pour les nazes. C'est pas moi m'sieur, C'est le nabot qui l'a dit. et il sait de quoi il parle lui, en matière de culture.

    Vos enfants seront des cancres incultes, mais en sécurité.
    Voilà ce que l'on fait de nos enfants : des ânes dans un enclos.
    Merci papa, merci maman !

    Oh, le bel avenir qu'on leur construit avec notre bétise.

    Quant aux dépenses de portiques des alpes maritimes : c'est normal. c'est le département du motodidacte gominé...Le monsieur sécurité du nabot précédemment cité. L'homme qui prend l'avion pour aller boire un verre avcec son pote. Alors, les portiques d'aéroport, il connait bien.

    Et dans un département de vieux riches, facile de leur foutre la trouille avec la délinquance.
    Sauf que les vieux, ca ne va pas à l'école. Estrosi, il avait oublié ça...Faut dire qu'il n'y est pas allé longtemps. Il a plutôt compté sur son entregens...pour se faire une place.
    Vraiment, c'est une région superbe, mais habitée par des cons.
    Après médecin et peyrat, ils ont choisi estrosi. Des vrais pieds nickelés : croquignol, ribouldingue et filochard...Mais ceux-là étaient marrants.

    • blablablaetblablabli
      blablablaetblablabli répond à Nondupe
      patati et patata
      • Posté à 20h23 le 30/09/2009
      • Internaute
        patati et patata

      Tout à fait d'accord avec toi je connais la région c'est trés jolie mais ya beaucoups de cons et fachos en plus,et beaucoup de vieux comme à cannes,c'est incroyable la bas les gens sont hautains condéscendant,j'ai connu pas mal de gens qui étaient de la région de Nice ils se sont barré.

      Alors quand tu prend la région paca et la l'Ariege c'est le Ying et le Yang ,l'Ariege l'Aude trés belle région ya moins de voyous aussi,
      mais c'est connu que la région paca la voyoucratie est une seconde nature chez eux et beaucoup de pied noirs aussi et des pures !

  • olivier p
    olivier p
    face à la mer
    • Posté à 19h20 le 30/09/2009
    • Internaute
      face à la mer

    La réelle privatisation de la sécurité des biens et des personnes inquiète peu les forces de l'ordre républicaines, peut-être que c'est là une voie de sortie luxueuse pour certains et-ou un désintérêt pour des missions plus tournées vers le sensationnel voire le contrôle social des plus précaires et des plus stigmatisés (sdf, immigrés et usagers de drogues) ? ? ? c'est pour moi un vrai mystère, reste que l'externalisation de la sécurité hors du champ de l'État est inquiétante : il est actuellement profitable de produire des technologies (genre vidéo) ou d'avoir des maîtres-chiens ! le silence est bizarre.

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 20h00 le 30/09/2009
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    il y aura toujours de l'insécurité.
    c'est un leurre de croire ceux qui promettent la sécurité tout azimut. Ils vivent de l'insécurité.

    pourquoi :

    cela fait élire à chaque coup.
    un coup d'éclat et les sondages montent en flèche.
    on peut même s'y refaire une virginité, une stature d'homme ou de femme de poigne.

    cela rapporte de l'argent. (portes blindées, serrures sophistiquées, coffres, anti vols, caméra, alarmes, ordi enregistreurs, disques, mouchards, chiens, gardes, armes, tasers, bombes aveuglantes, polices, prisons, assurances, etc...sans oublier la presse ..qui vit souvent des faits divers.)

    si l'on veut foutre tout un business en l'air...

    la jungle est une mine pour beaucoup... les moutons payent et votent... Il suffit juste de leur faire peur.
    pour se faire, laisser des quartiers de non droit, où l'on se tire dessus à l'arme de guerre..car il y a des zones où le karcher ne passe jamais.

    c'est simple

    Attila : Là où passe mon cheval, l'herbe ne repousse plus

    on m'aimerait entendre cette phrase et constater sa véracité :

    où, le ministre de l'intérieur passe, l'insécurité de repousse plus..

    • anini
      anini répond à pablico
      terrienne de souche !
      • Posté à 20h18 le 30/09/2009
      • Internaute
        terrienne de souche !

      Quand je pense que j'oublie souvent de fermer mes portes en me couchant !
      Il est vrai qu'à part moi ,il n'y a pas grand chose de valeur !

  • m a i a
    • Posté à 19h35 le 30/09/2009

    D'un point de vu perso (je ne peux parler que de ce que je connais ou presque), je suis un peu plus partagée.

    Certes c'est le serpent qui se mord la queue, mais les établissements manquent maintenant tellement de personnels de surveillance et d'encadrement que la situation devient bien souvent très tendue.
    Mon établissement est doté de 4 caméras (sur 8Ha) qui donnent sur un parking (dégradations récurrentes des véhicules personnels et élèves), sur une entrée livraisons, et sur l'espace, très vaste, de l'entrée élèves.
    Il s'agit finalement moins de surveiller les élèves que pouvoir visionner, bien souvent a postériori, les agressions dont ils sont victimes et dues bien souvent à des éléments extérieurs parfois très violents.

    Nous préfèrerions infiniment des moyens humains, le passage aussi de la police en dehors de l'établissement (car un surveillant ou cpe quel qu'il soit est bien démuni lors des situations de grande violence, même si nous parvenons parfois à être « dissuasifs »), mais devant le silence, l'obstination et l'indifférence des autorités et du gouvernement, nous utilisons ces pis-allers.

    A ce jour, les caméras sont d'un niveau pitoyable et ne nous aident que quand on utilise des loupes ou un sens surnaturel de la physionomie.

    Plutôt de dépenser 30 000€ (votés par le CA) pour acheter du nouveau matériel, j'aimerais autant des assistants d'éducations et des collègues.

    Dans une éducation nationale idéale, on devrait ne s'occuper que d'instruire et éduquer les élèves ; force est de constater (dans certains établissements particulièrement sensibles) que nous nous devons d'assurer la sécurité des élèves pour qu'ils puissent étudier dans de bonnes conditions (qui peut être réceptif si l'on vient au lycée la peur au ventre ? ).

    Caméras, vidéo-surveillance, je hais ces systèmes, mais nous y sommes acculés.

    • zazachavez
      zazachavez répond à m a i a
      • Posté à 20h46 le 30/09/2009

      Faites la grève du zèle .... et d'une façon générale, arrêtez de vous plaindre SVP

      Les enseignants, sont trop « GNAN GNAN » ...

      Je n'ai pas fait fortune à l'école mais j'ai connu de vrais profs ( 3, on ne s'emballe pas ...) qui se battaient et qui obtenaient ce dont ils avaient besoin... ils étaient passionnés par leur matière aussi ...

      Pendant que vous ferez la grève du zèle, demandez également des éducateurs spécialisés, des assistantes sociales, des infirmères et psychologues à plein temps. Le travail des enseignants est d'enseigner, pour le reste, il y a besoin de créer des postes et de répondre à l'angoisse et le manque chez tous ces jeunes .... et ce n'est pas votre travail ...

      La société fabrique de la merde, qu'elle la recycle ...
       ; -)
      mes hommages et plein de courage à vous ...

      • m a i a
        m a i a répond à zazachavez
        • Posté à 20h51 le 30/09/2009

        NB : je ne suis pas prof ; -)

        On est tellement peu que quand on s'agite, on fait rire. Ou ça ne se voit même pas...

         
        • zazachavez
          zazachavez répond à m a i a
          • Posté à 21h49 le 30/09/2009

          NB : je ne suis pas prof ; -)

           ; -)
          Désolée, j'en vois partout ...
          et vous ne faites pas rire : -)

        1 autres commentaires
    • Au sud de nul part-
      • Posté à 02h01 le 01/10/2009

      Bonsoir.

      Je vous lis souvent ici.

      Et je ne suis qu'à moitié surpris.

      Car, en fait, malgré votre désir de paraitre très rebelle, vous adoptez en fait (je redouble...le fait) l'avis du sens commun, l'avis qui consiste à dire :

      Faut bien que l'on protège les élèves, et comme on n'a pas ce qu'y faut, autant avoir des systèmes dégeulasse(ssss)...

      Vous haissez les caméras....Mais....

      Vous voudriez autre chose...Mais...

      Ceci dit, je vous comprends : vous ne faites pas un métier facile.
      A ce sujet, je suis d'accord.

      Mais votre rhétorique, franchement :

      - « nous préférions que... »
      - « plutot que de dépenser... »
      - « Dans une éducation idéale... »

      etc...

      C'est triste, une telle rhétorique.

      Avant de me répondre : j'ai passé ma scolarité en cité, en « banlieue », au Havre.

      Je veux bien discuter avec vous, mais il faudrait que vous ne répandiez pas la peur de votre ombre sur le net.

      J'ai eu le bac : et j'ai fais des études :

      Parce que je n'ai pas écouté les professeurs qui pensent comme qu'en cité, comme vous, ça craint.

      « L'idéal » n'a rien à voir ici : l'idéal concerne la philosophie.

      Vous l'ignoriez, de surcroît ?

      Todeti (bisous à marrouf)

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à m a i a
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 03h24 le 01/10/2009
      • Internaute
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Maia : Si on mettait au coeur de l'éducation une relation personnelle de 5 ans entre un éducateur et des enfants ou des adolescents éduquer, on n'aurait pas à faire ce triste constat d'échec d'un école qui ne transmet ni valeur, ni culture ni expertises utiles.

      L'école engendre la violence parce qu'elle est un agglomérat déstructuré, qui commence en garderie et se transforme eu à peu en prison, dans lequel l'apprenant n'est pas guidé et ne rencontre jamais ce « literate stranger » dont parle E.D.Hirsch. Il n'y a pas d'éducation, juste une tentative de transmission de connaissances, que l'élève pourrait faire lui même à partir d'un texte... si on se donnait la peine de lui en montrer l'intérêt et l'importance, ce que personne ne fait.

      L'élève est frustré dans une école sans pertinence... et devient violent. Une violence incontrôlée, puisque l'enseignant n'a ni pouvoir disciplinaire significatif, ni autorité morale.

      Lien.

      Pierre JC Allard

  • Autist Reading
    Autist Reading
    Plus fort que Brogilo
    • Posté à 20h17 le 30/09/2009
    • Internaute
      Plus fort que Brogilo

    alain.bauer@cia.us

  • Tokani
    • Posté à 20h19 le 30/09/2009

    L'Insécurité dans les écoles a bien plus a voir avec trois décennies d'abandon pédagogique de la transmission des valeurs républicaines de civisme et de discipline par les enseignants qu'avec des difficultés sociales ou ethniques . Nos Hussards Républicains de la IIIem avaient a gérer bien plus de misère sociale que nos Profs de banlieue actuels . Mais à force de scier la bonne vielle branche sur la laquelle on était assis , les syndicats soiscantehuitards et la lâcheté des politiques ont réussi à transformer le système scolaire en cours des miracles...

    • anini
      anini répond à Tokani
      terrienne de souche !
      • Posté à 20h44 le 30/09/2009
      • Internaute
        terrienne de souche !

      Si je vous comprends bien ,vous regrettez le bonnet d'âne , les coups de règle sur les doigts ,les tirages d'oreilles et de cheveux et autres joyeusetés de nos grands -parents !
      Sans compter le doublement de la punition à la maison !
      Là n'est peut-être pas le problème !
      Il se situe également hélas par l'image que les parents donnent des enseignants à leurs enfants ! Comment éprouver du respect pour le personnel éducatif s'il est moqué et dénigré par certains adultes !
      Sans compter que la société dans son ensemble n'a plus le temps d'éduquer sa progéniture et préfère s'en délester sur les enseignants alors que ce n'est justement pas notre rôle !
      Sans compter également que l'éclatement des couples ne favorise pas l'équilibre psychique des enfants si fragile au moment de l'adolescence .
      Chacun doit regarder dans son assiette et prendre conscience que nous sommes sans doute tous impliqués dans toutes ces dérives !
      Et bien sûr je n'oublie pas non plus la disparition programmée de 16000 profs ou surveillants qui ne feront qu'accentuer les problèmes !

      • Tokani
        Tokani répond à anini
        • Posté à 02h15 le 01/10/2009

        Nous regrettons un système de transmission du savoir et des valeurs Républicaines qui fonctionnait et tirait vers le haut génération après génération les classes populaires ...
        Ces méthodes d'enseignement si décriée par les bobos et les syndicats d'enseignants avaient essentiellement le tort de marcher... Leur abandon au cours des trente dernières années et la dévalorisation complète de la relation de l enseigné à l'enseignant est entrain sous nos yeux de nous exploser à la figure non ? ? ? Par contre tu as raison concernant l'attitude parentale qui est des plus ambivalente...Chacun en particulier reconnaissant que le manque d'autorité des enseignants est une plaie qui suppure des gamins intolérants à la frustration et le développement de la violence intra scolaire , mais prêt à clouer au pilori un prof qui retournerait un coup de pied aux fesses d'un moutard mal élevé...Bien sur quue L'éclatement de la structure familiale , la monoparentalité , la précarité affective jouent aussi un rôle déstructurant mais là on va t'accuser de fascisme rampant sur la Rue...
        Je regarde dans mon assiette comme tu dis et je peux te dire que c'est bien regret que je scolarise mes deux enfants chez les curés... afin d'essayer de les préserver du public dont je suis issu , de sa violence et de ses grèves....

         
        • framboise92
          framboise92 répond à Tokani
          en mal de choix.
          • Posté à 06h49 le 01/10/2009
          • Internaute
            en mal de choix.

          Mettez-les avec le fils de De Villiers et assurez-vous q'il y a ds caméras sous les soutanes

        • Bernard Girard
          Bernard Girard répond à Tokani
          Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
          • Posté à 15h43 le 01/10/2009
          • Expert
            Enseignant blogueur

          Je ne vois pas trop quand, dans l'histoire de l'école, les enseignants auraient cessé de transmettre de « savoir », alors que c'est toujours une des justifications de leur métier. Mais il y a mille manières de faire passer des savoirs et le passé n'a pas ici de leçons à donner au présent.

          • shillom
            shillom répond à Bernard Girard
            • Posté à 16h18 le 01/10/2009
            • Internaute

            Le passé n'a pas de leçons à donner au présent ? Vraiment ?
            Bizarre je pensais que le devoir de mémoire avait un sens.
            Je pensais aussi que le niveau des élèves était en chute libre... Le certificat d'étude des années 60 était quasiment au niveau du brevet des collèges actuel, non ? Pourquoi ne pas réfléchir à ce qui a changé ?

            Petite note personnelle, j'ai eu en primaire un instituteur à 2 ans de la retraite, qui a fini sa carrière en 1989, et je suis loin de regretter sa sévérité ; il était respecté de tous, même des cancres. Pouvez-vous en dire autant ?

            • Bernard Girard
              Bernard Girard répond à shillom
              Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
              • Posté à 12h47 le 02/10/2009
              • Expert
                Enseignant blogueur

              Chiche qu'on fasse passer le DNB (ex brevet des collèges) à tous ceux qui ont obtenu le certif dans les années 60. On verrait le résultat...
              C'est aussi oublier qu'à la meilleure époque du certif (dans l'entre-deux-guerres), moins d'un élève sur deux l'obtenait. Les autres quittaient l'école sans formation et sans avoir beaucoup appris. Il est vrai qu'en ces temps qui vous semblent bénis, quand seul un élève sur dix poursuivait des études secondaires, on ne se posait pas ce genre de questions. La sévérité, ça peut aussi tourner à vide.

        4 autres commentaires
    • Autist Reading
      Autist Reading répond à Tokani
      Plus fort que Brogilo
      • Posté à 21h41 le 30/09/2009
      • Internaute
        Plus fort que Brogilo

      Ouai.

      Et pour ceusses qui sont passer par là, ne serait-ce que remplir un chèque de soixante euros est un calvaire !

      Ce fiasco est le produit des collusions vaticano-politiques malgré la résistance héroïque des syndicalistes.

      Des gens mal intentionnés ont mis des filtres anti républicains dans le recrutement des futurs profs....

      • Hers Vel Gr
        • Posté à 13h12 le 01/10/2009

        salute ! !

        c'est marrant, il y a quelques semaines, j'aurai encore bavé (un vrai baveur celui-là ! ! ) sur les syndicats nia nia.

        maintenant que je comprends ce que c'est une réduction d'effectif, je ne voit plus les choses de la même façon.

        mais si il y avait un filtre anti-extrème gauche dans le recrutement des profs....

        Mc Carthy revient ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    • Burpy
      Burpy répond à Tokani
      Dans...
      • Posté à 23h05 le 30/09/2009
      • Internaute
        Dans...

      Ben voyons... C'est parce que les jeunes dans les quartiers difficiles ont trop lu Françoise Dolto, ont trop chanté « Kumbaya my Lord » autour des braises d'une AX en feu, ont trop souvent dansé nus pour être en phase avec les vibrations du bitume et des barres HLM, qu'un sentiment d'insécurité parcours nos belles écoles...
      Quant à votre réflexion sur le peu de misère sociale dans les banlieues...
      Au moins vous m'aurez fait sourire...

      Pendant ce temps la loi Carles accorde davantage d'argent public aux établissements d'enseignement privé... C'est pas avec ce genre de décision que vos « valeurs » (lesquelles ? ) républicaines seront restaurées...

    • Au sud de nul part-
      • Posté à 02h06 le 01/10/2009

      Mais oui...

      Et l'effet perroquet provient de l'absence de pensée, qui résulte de l'effet conjoint d'une grosse C. et de la Télé, avec un zest de mes copains-pensent-pareils.

      Salut BiG.C.

      Sygné : Brotigan

      ( ; )))))))))))))))))))))

  • Alest
    Alest
    Prof en Suède
    • Posté à 20h19 le 30/09/2009
    • Internaute
      Prof en Suède

    La sécurité, et en son sein la vidéosurveillance, pourquoi pas, elle peut vraiment avoir un intérêt réel, dans n'importe quel bâtiment recevant autant de public, avec autant de motivations différentes.

    Pourquoi pas, certes, mais pas uniquement !

    Le problème est que les portiques, caméras, agents de sécurités et autres formules répressives n'ont qu'une portée dissuasive temporaire. Ce qu'il faut réussir à faire, c'est faire aimer l'école (le bâtiment et le symbole) aux utilisateurs, qu'ils soient étudiants/élèves, enseignants, parents, personnels divers etc.

    Combien d'enfants sont heureux d'aller à l'école chaque matin ou presque ? Combien d'enseignants le sont ? Combien de parents travaillent la main dans la main avec les enseignants pour l'évolution de leur enfant ? Une minorité, assurément...

    Je suis enseignant, en Suède désormais, et ici, en particulier dans le groupe dans lequel je travaille (écoles privées, mais évidemment entièrement gratuites), l'un de nos objectifs est de faire aimer l'école aux enfants. Pas forcément pour le contenu, qui est quelquefois fondamentalement rébarbatif, mais aussi pour l'ambiance, le bâtiment, les profs, les copains.

    Bien entendu, cela fait aussi partie de la culture du pays, et on ne peut pas s'attendre à cela en France de sitôt. Mais avec des moyens légèrement plus importants, on peut faire des merveilles.

    Un exemple tout simple ? Nous, profs, avons un téléphone portable d'entreprise pour joindre les parents et où les parents peuvent nous joindre. Et nous devons appeler avant chaque avertissement donné. C'est du travail, certes, mais les parents sont concernés, les élèves aussi, et les profs se sentent un peu plus actifs et moins seuls.

    Au final, la sécurité, ici, pas besoin de portique, et deux caméras surveillent les alentours de l'établissement (on ne sait jamais). Les enfants, sans pratiquer la dénonciation, se modèrent eux-mêmes pour défendrent ce qu'ils aiment.

    • Tokani
      Tokani répond à Alest
      • Posté à 02h26 le 01/10/2009

      Et tu penses vraiment que dans une société en pleine déstructuration familiale et sociale et que dans un système enseignant en rupture de valeurs d'encadrement ce genre de gadjets va changer quelque chose ? ? ?
      Les instituteurs de banlieue de l'entre deux guerre géraient des classes de miséreux , d'origine multi ethniques et cumulant de multiples handicapes , mais tiraient leur force d'une autorité et d'un prestige incontestable accompagné d'un mandat parental reflétant une confiance aveugle en leur compétences et leur intègrité....

      • framboise92
        framboise92 répond à Tokani
        en mal de choix.
        • Posté à 06h51 le 01/10/2009
        • Internaute
          en mal de choix.

        venez dans ma zep, je vous ferais connaître la vraie vie.

      • Alest
        Alest répond à Tokani
        Prof en Suède
        • Posté à 19h48 le 01/10/2009
        • Internaute
          Prof en Suède

        En matière d'éducation, un élément isolé ne change jamais totalement la donne, c'est évident.

        Et, si vous me lisez bien, je suis pour l'utilisation d'outils, outils utilisés par des gens capables de les utiliser. Il est évident qu'un outil seul ne fonctionne jamais : le Marteau sans Maitre est une illusion très Boulezienne (si j'ose le néologisme).

        L'éducation n'est clairement pas une priorité du gouvernement français, et le fait d'installer des portiques ou des caméras n'en fera toujours pas une priorité. C'est cela qu'il vous faudra changer aux prochaines élections présidentielles, si tant est qu'un candidat le propose.

        Concernant les instituteurs de banlieue de l'entre-deux guerres, je crains de n'être trop jeune pour les avoir connus, et j'ai toujours une confiance assez limité en la mémoire hagiographique de nos glorieux anciens. Eux aussi devaient avoir des difficultés, et leur prestige reposait aussi sur une certaine utilisation de la baguette et de la baffe fort heureusement disparue aujourd'hui.

        Il est en revanche certain que les parents et la société en général doivent respecter les enseignants et l'école. Mais pour cela, il faut que les enseignants aient les moyens d'être respectés. Quand j'étais fonctionnaire en France, certains de mes élèves gagnaient plus d'argent chaque mois que moi, soit en argent de poche, soit grâce à divers trafics.

        Accessoirement, le fait de dire en public que l'on est enseignant attise presque automatiquement des réflexions sur le nombre de congés ou la prétendue facilité du métier. Les élèves ne sont pas une génération spontanée, et reflètent le respect de la société pour ceux qui se dévouent à l'éduquer...

        Une dernière chose : que proposez-vous, pour palier les problèmes de sécurité, et pour améliorer le système éducatif ?

  • alberte
    • Posté à 20h25 le 30/09/2009

    décidément quel monde réserve - t - on à nos enfants : un monde où tout se vend où tout s » achète même la violence à
    l » école ces « vigiles “ d” un nouveau genre seraient capables de susciter eux même de la violence autour des écoles pour q » on les appelle au secours moyennant finances, alors que l » école est de plus en plus privée de moyens

    • Au sud de nul part-
      • Posté à 02h08 le 01/10/2009

      Voui.

      Mé avé de la ponktuation cé un méllueyeur exenple.

      Je di ca je di rien

      bis

      Brotiguan

      ( ; ))))))))))))))))))))))))))))

    • Tokani
      Tokani répond à alberte
      • Posté à 02h30 le 01/10/2009

      L'éducation Nationale n'a jamais eu autant de moyens , le mal est ailleurs dans la crise des valeurs que le corps enseignant a lui même souvent accompagné et promu...

      • anini
        anini répond à Tokani
        terrienne de souche !
        • Posté à 08h25 le 01/10/2009
        • Internaute
          terrienne de souche !

        Foutu mai 68 !
        Pour toi , 40 ans après ,il a l'air de faire encore des ravages !

  • Pierre Eudes
    Pierre Eudes
    émigrant potentiel
    • Posté à 20h43 le 30/09/2009
    • Internaute
      émigrant potentiel

    La peur ouvre des marchés sans bornes...
    Il faut vite équiper les établissements publics avec ces dispositifs de surveillance car cela confirmera aux téléspectateurs que ceux ci ne sont pas sûrs. Ils trouveront donc logique d'inscrire leurs enfants dans l'enseignement catholique ou autre.
    Ils paieront encore une fois, via leurs impôts locaux, les coûts de scolarisation.

    No fear, no business.

  • argiope
    argiope
    chatouille ou pique, c'est selon
    • Posté à 21h24 le 30/09/2009
    • Internaute
      chatouille ou pique, c'est selon

    Des caméras dans les écoles, chic ! Des ateliers de création vidéo, voilà qui va intéresser les enfants, leur créativité va pouvoir s'exprimer !
    Comment ? Les caméras seront fixées dans les préaux pour surveiller les élèves ? Et l'argent ainsi dépensé diminuera le budget du matériel pédagogique ? Je n'en crois rien...

  • Autist Reading
    Autist Reading
    Plus fort que Brogilo
    • Posté à 21h43 le 30/09/2009
    • Internaute
      Plus fort que Brogilo

    La lutte en classe comme luttes des classes...

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    Le marché autant que possible, (...)
    • Posté à 22h01 le 30/09/2009
    • Internaute
      Le marché autant que possible, (...)

    « Violence à l'école »

    ► Ce qu'il manque à l'école,

    c'est la possibilité pour un conseil de discipline de renvoyer un élève vers un établissement de discipline, à pédagogie ouverte, mais sans concession à l'encontre de toute incivilité ou manque de respect. Renvoi avec retour possible.

    Ces établissements de discipline ayant aussi la possibilité de renvoyer les récalcitrants vers des internats fermés et à la discipline militaire.

    Et ces internats disciplinaires militaires ayant le cachot en dernier recours.

    Je sais, les professionnels du tartinage compassionel vont me rétorquer que l'école n'est pas prison.
    Ce que je dis n'est qu'outil, et dans l'outil, l'important, n'est pas dans l'outil mais dans la manière de s'en servir.

    Je dis simplement que s'il y a des clous à enfoncer, il vaut mieux avoir un marteau dans sa caisse à outil.

    Et que certains enseignants passent leurs journées à essayer de planter des clous avec l'éponge du tableau,
    alors qu'un simple marteau leur faciliterait la tâche, et leur permettrait enfin, de s'occuper de leur travail d'éducation et d'apprentissage.

    • argiope
      argiope répond à Pierrrrre
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 22h18 le 30/09/2009
      • Internaute
        chatouille ou pique, c'est selon

      Il serait bon aussi que certains riverains évitent d'écrire des commentairrres avec un marteau...

      • framboise92
        framboise92 répond à argiope
        en mal de choix.
        • Posté à 06h53 le 01/10/2009
        • Internaute
          en mal de choix.

        Je le pense aussi. Je vais leur fournir des couche-culottespour les calmer et des totottes pour les faire taire.

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à argiope
        Le marché autant que possible, (...)
        • Posté à 09h21 le 01/10/2009
        • Internaute
          Le marché autant que possible, (...)

        « écrire des commentairrres avec un marteau… »

        ► Il faut savoir marteler ses convictions, surtout quand elles sont confrontées à de la bétise en béton.

         
        • argiope
          argiope répond à Pierrrrre
          chatouille ou pique, c'est selon
          • Posté à 13h30 le 01/10/2009
          • Internaute
            chatouille ou pique, c'est selon

          J'ai relevé cette sempiternelle allusion au couple clou-marteau, qui fait voir la culture et le savoir comme quelque chose que l'on doit enfoncer de force dans une tête qui n'en veut pas.
          J'oserai une autre métaphore : le savoir est un sirop, l'outil nécessaire un verre de cristal. Et comme les enfants ont soif au départ, ils préfèrent boire du sirop que recevoir des coups de marteau.

        1 autres commentaires
    • Autist Reading
      Autist Reading répond à Pierrrrre
      Plus fort que Brogilo
      • Posté à 23h11 le 30/09/2009
      • Internaute
        Plus fort que Brogilo

      Pour préparer les nouveaux venus à un monde de merde, rien de tel qu'une école de merde...

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Autist Reading
        Le marché autant que possible, (...)
        • Posté à 09h29 le 01/10/2009
        • Internaute
          Le marché autant que possible, (...)

        « rien de tel qu'une école de merde… »

        ► Pourcertains collèges actuels, nous y sommes,
        entre autre à cause de l'impossibilité donnée à des enseignants de répondre à des comportelments inacceptables

        Que doit faire une enseignante face à un élève qui se masturbe devant elle ?

        comment répondre à des actes de racket caractérisés ?

        que faire face à un élève qui méprise l'enseignant de manière effrontée ?

        Des actes rares ? exact pour ces exemples extrèmes, mais des situations qui existent, et des actes devant lesquels l'Education National n'a aucune réponse,
        sinon celle du renvoi, afin de refiler le mistigri à un autre collège.

        Je ne dis pas que l'outil « centre d'éducation disciplinaire » soit par sa seule existence susceptible de résoudre tous les problèmes,
        mais je dis que son existence serait aujourd'hui indispensable pour aider les enseignants à recadrer certains élèves.

         
        • Autist Reading
          Autist Reading répond à Pierrrrre
          Plus fort que Brogilo
          • Posté à 12h18 le 01/10/2009
          • Internaute
            Plus fort que Brogilo

          La masturbation c'est naturel, un enseignant n'a pas à réagir à çà.

          Le racket est dû aux inégalités, faut-il les abolir ou séparer gosses de riches et gosses de pauvres ?

          que faire face à un élève qui méprise l'enseignant de manière effrontée ? Lui retirer le minstère de l'EN...

          Le monde des adultes est dégueulasse, le contrat social est rompu, et il faudrait durcir l'encadrement des mômes ?

          C'est sûr, c'est plus facile. Mais çà mène tout droit à mai68, sans rien résoudre...

          • Hers Vel Gr
            • Posté à 13h33 le 01/10/2009

            –-La masturbation c'est naturel, un enseignant n'a pas à réagir à çà–-

            s'il te plait dit moi que tu déconnes.

            • Autist Reading
              Autist Reading répond à Hers Vel Gr
              Plus fort que Brogilo
              • Posté à 20h07 le 03/10/2009
              • Internaute
                Plus fort que Brogilo

              Ben non, je déconne pas.

              Pourquoi organiser la frustation sexuelle ?

              Certains s'offusquent que d'autres veuillent se cacher le visage, les enfants mettent longtemps à comprendre qu'ils faut se cacher le sexe et affecter de n'en avoir point.
              Ils comprennent à coups de gros yeux, de privations ou de coups, comme de vulgaire musulmanes...

              Les profs supportent qu'on dessine ou qu'on finisse un devoir d'une autre discipline, ils pourraient supporter qu'on se stimule...

        • tweesty
          tweesty répond à Pierrrrre
          Gaucher et contrarié
          • Posté à 15h38 le 01/10/2009
          • Internaute
            Gaucher et contrarié

          « Que doit faire une enseignante face à un élève qui se masturbe devant elle ? “
          Demandez au sieur Lefebvre, apparemment il a la solution...

        4 autres commentaires
    • muji
      muji répond à Pierrrrre
      • Posté à 00h48 le 01/10/2009

      Pas besoin de boîte à outils ni d'instruments de torture. J'ai une solution plus simple que vous apprécierez, j'en suis certain : ne plus rendre l'éducation obligatoire... l'élève pas content ou récalcitrant est viré après 3 sms d'avertissement.
      ça coûte pas un rond et ça peut même rapporter gros : suppression de classes et de profs, revente d'établissements scolaires...

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à muji
        Le marché autant que possible, (...)
        • Posté à 09h49 le 01/10/2009
        • Internaute
          Le marché autant que possible, (...)

        « ne plus rendre l'éducation obligatoire »

        ► Pour certains élèves, ça ne changerait pas grand chose.

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