RSA a minima pour les jeunes : Sarkozy ménage son camp
A Avignon, le Président a annoncé que seuls les jeunes ayant travaillé au moins deux ans pourront bénéficier de l’allocation.
« Mon intention n’est pas d’instaurer un RMI jeune », a pris soin de clamer Nicolas Sarkozy ce mardi, dès l’annonce depuis Avignon de l’extension du RSA aux moins de 25 ans. Une mesure autant réclamée par Martin Hirsch, haut-commissaire à la Jeunesse, que critiquée par les caciques de la majorité.
Pour ne froisser personne, le chef de l’Etat a choisi de s’arrêter à mi-chemin :
« Il est profondément anormal que lorsqu’il a commencé à travailler tôt, un jeune de moins de 25 ans n’ait pas le droit au RSA. Les Français ne peuvent pas bénéficier de droits sociaux différents sur la seule base de leur âge.
J’en attends que les jeunes considèrent qu’ils sont respectés, qu’ils ont les mêmes droits que les autres et donc qu’on pourra leur demander les mêmes devoirs que les autres. » (Voir la vidéo)
Un RSA jeunes donc, mais pas un RSA généralisé. Une condition, et non des moindres, est fixée pour l’attribution du « RSA chapeau » de 110 euros : avoir travaillé deux ans à temps plein au cours des trois années précédentes. Et pour toucher le « RSA socle » de 450 euros (l’ancien RMI), il faut en plus avoir épuisé ses droits à l’assurance chômage.
Autant dire que peu de personnes seront concernées (et quasiment aucun étudiant) : 160 000 environ, dont 120 000 ayant un emploi, pour un coût de 250 millions d’euros sur les 500 engagés pour l’ensemble du plan à destination de la jeunesse.
Copé : « Là, je suis rassuré »
C’était cependant le -faible- coût à payer pour calmer les ardeurs de la majorité, qui craignaient de voir les jeunes plongés dans l’assistanat. Xavier Bertrand ne disait pas autre chose, lundi sur France 2 :
« Les jeunes n’ont pas besoin d’un RSA jeunes, comme ils n’avaient pas besoin hier d’un RMI jeunes ou d’un smic jeunes, ils ont besoin d’un emploi. Il faut mettre avant tout la priorité sur l’emploi des jeunes. »
Le président de la République marchait sur des oeufs, il a réussi à ne pas en casser au sein de son propre camp. Opération visiblement réussie, au vu des déclarations de Jean-François Copé, chef de file des députés UMP, dans les colonnes du Monde :
« Le grand totem à droite, c’est le RMI qu’on donne au jeune à 18 ans sans jamais avoir travaillé. Là, je suis rassuré. »
Hamon : « Une opération de communication politique »
Déjà divisée sur l’opportunité du RSA en général, qu’un large courant accuse de faire prospérer l’emploi précaire, la gauche ne voit évidemment pas du même oeil la mesure phare annoncée ce mardi par Nicolas Sarkozy. Pour Benoît Hamon, ces conditions vont « diminuer considérablement le nombre de bénéficiaires » :
« Il y a là encore une opération pour l’essentiel de communication politique mais qui ne s’attaque pas à l’augmentation de la pauvreté et de la précarité dans la jeunesse. »
Les Jeunes Verts vont dans le même sens le que porte-parole du PS. Ils estiment que « ce dispositif très limité montre un flagrant manque d’ambition », chiffres à l’appui :
« Pour toucher le RSA jeunes, il faut avoir travaillé au moins deux ans. Le nombre de jeunes concernés est évalué à 160 000, soit un peu plus de 2% des 8,18 millions de 16-25 ans en France. Rien n’est prévu pour les 1,2 million d’étudiants. Rien pour les 350 000 jeunes en IUT ou en STS... »
Le Livre vert sur la jeunesse, publié en juillet par Martin Hirsch, préconisait pourtant une manière alternative d’étendre le RSA aux jeunes de moins de 25 ans, qui présentait l’avantage de concerner plus de bénéficiaires et d’éviter d’écarter les étudiants : « Une logique simple de bonus d’un euro par heure travaillée. » Mais le dispositif coûtait un milliard d’euros. Tout est question de priorité.
- Sur Rue89RSA : un faux témoignage pour la bonne cause
- Sur Rue89Avec le RSA, la Jeunesse : Hirsch « prend goût au gouvernement »
- Sur lemonde.frAvec le RSA jeunes, M. Sarkozy brise un tabou à droite, sur LeMonde.fr
- Sur lagenerationactive.frLe livre vert sur la jeunesse, sur LaGenerationActive.fr
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Gaucher et contrarié
Gaucher et contrarié
Ni fait ni à faire...
Les jeunes qui ont fait leur apprentissage en alternance et qui n’ont pas trouvé de travail à son terme n’auront même pas droit au RSA. Pourtant, ces jeunes-là ont été salariés et, bien qu’ayant passé la moitié de leur temps à l’école, ont, pour beaucoup d’entre, eux été amenés à sortir du cadre de la loi (souvent sans avoir le choix et parfois sans même être payés) en faisant des heures sup’ non déclarées.
Je pense par exemple aux métiers de bouche ou de soigneur animalier qui ne comptent pas leurs heures.
Que dire également de l’étudiant ou de l’apprenti autonome qui travaille à temps partiel et qui, malgré les aides du CROUS ne parvient pas à boucler ses fins de mois ?
Le problème de la précarité chez les moins de 25 ans n’est même pas à moitié réglé.




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