Le 28 septembre 1958 est une date inoubliable pour la Guinée, qui a dit non à la colonisation française pour s'ouvrir les portes de l'indépendance. Depuis cette fameuse date, ce pays, pour la grande majorité des Guinéens, n'a jamais décollé. La célébration de cet anniversaire par l'opposition a été meurtrière ce lundi.
Après Sékou Touré (le premier président de la République), qui a passé son temps à jeter ses opposants en prison ou à les tuer au lieu de développer son pays, on sait que c'est un militaire en la personne de Lansana Conté qui a pris le relais. Mais le général ne fait pas lui aussi mieux et après sa mort, le pays se trouve toujours dans un profond coma.
Alors qu'on pensait que la Constitution serait respectée pour permettre au président de l'Assemblée nationale d'assurer l'intérim et d'organiser des élections dans un délai de deux mois, c'est un autre militaire qui surgit au devant de la scène : son nom, c'est Moussa Dadis Camara, qui prône le changement au non d'un Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).
« Vive la nouvelle Guinée, Vive le président ». Des slogans que des milliers de personnes scandaient à Conakry quand il a pris le pouvoir et annoncé que l'issue de cette transition serait l'organisation d'élections libres et transparentes.
En affichant son ambition de redresser l'économie en luttant contre la corruption, Dadis a même laissé entendre qu'il ne serait pas candidat. Mais son discours va, à un moment, changer, et ses adversaires sentir, à travers sa façon de faire, que le pouvoir l'intéresse. L'inconstance de Dadis a provoqué une véritable levée de boucliers, les Guinéens ne voulant plus d'un militaire aux affaires.
A l'occasion de la commémoration de cette date du 28 septembre, les responsables des « Forces vives » (partis politiques, syndicats et organisations de la société civile) tenaient encore à manifester pour protester contre l'éventuelle candidature du chef de la junte à la présidentielle.
Mais ce rassemblement au stade du 28-Septembre, qui avait été interdit par le CNDD, a finalement tourné au drame : on parlait de 58 morts et de 11 opposants blessés au moment où nous mettions sous presse. (Il y en aurait au moins 157 selon l'organisation guinéenne des droits de l'homme, mardi à 14h00. Voir la vidéo)
Ce qui devait arriver arriva donc. Et voilà le pays en proie aux déchirements politiques. Dadis et ses hommes n'ont donc pas hésité à faire pleuvoir des balles sur Conakry. Le CNDD prouve par là qu'il est capable de tout et ne saurait transiger avec l'ordre public.
Le pouvoir qu'il a pris par les armes, on ne le lui arrache pas dans la rue. C'est un signe fort que la junte entend donner à Alpha Condé, Jean-Marie Doré, Lounsény Fall, Cellou Dadein Diallo, Ibrahim Fofana, Rabiatou Sérah Diallo et autres.
Que va maintenant faire le groupe de contact international, qui craignait que ce pays ne bascule dans la violence ? Avec ce qui s'est passé au Niger (l'affaire de la Constitution) et en Mauritanie (le coup d'Etat), ce n'est pas sûr qu'il puisse ramener Dadis à l'ordre. L'imbroglio politique, né des intentions du chef de la junte, montre jusqu'à quel point le changement n'est peut-être pas pour demain.




















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De b4bou1
Etudiant | 14H13 | 29/09/2009 |
Sékou Touré avais déclaré au général De Gaule en 1958 « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l'esclavage ». Pour les guinéens au final ça restera la pauvreté dans l'esclavage…
De houps
Jeune-faignant | 17H05 | 29/09/2009 |
Le 27 janvier 2007, à Conakri, eu lieu une grande manifestation pacifiste pour l'amélioration des conditions de vie et contre le pouvoir dictatoriale en place représenté par Lansana Conté.
Ce jour là l'armée tira.
Le bilan fut estimé à 150 morts en une journée, pendant les 4 mois suivant le drame l'armée assassinera environ 150 personnes, toutes pacifistes.
Après enquête, on découvrait que la France et d'autres pays européens vendaient des armes au régime Guinéen.
Bon, c'était il y a 2 ans, personne ne s'était passionné pour cette affaire ; maintenant que ça recommence, y a t il moyen d'interpeller l'opinion publique ?
De amilcar
peureux célèbre | 18H15 | 29/09/2009 |
malheureusement, que voulez-vous qu'elle y comprenne l'opinion publique ?
la situation est assez complexe, un problème général de droit pour les pays en voie de développement, c'est le manque d'une clause d'impunité, les hommes de pouvoir, outre qu'ils deviennent rapidement des voleurs et des assassins, sont aussi très peureux et habitués au luxe, dadis a déjà commis assez de crimes pour avoir d'ores et déjà peur d'être jugé et emprisonné, voire pire, en cas de sortie du pouvoir, il est déjà en quelque sorte condamné au pouvoir, comme hypothèse haute parce que
parmi les hommes providentiels il en est malheureusement aussi aux petits pieds et à la carrure étroite, tout le monde le regrette y compris les principaux intéressés, dont l'avenir de certains n'est pour le moins pas assuré, il vaut mieux être au pouvoir que mort, ou mort, ou mort au pouvoir, tu vois ce que je veux dire
donc, notre héros, risque fort de se faire butter pour se voir ou ne plus se voir remplacé par un clone, et ainsi de suite, jusqu'à ce que les rivalités ethniques viennent mettre une cerise sur le chaos.
donc que dire à l'opinion publique internationale ? donnez une issue de sortie honorable à dadis, et l'onu refait le fichier électoral et contrôle le déroulement d'élections, libres, justes, transparentes, il suffit donc de trouver une sortie pour dadis, s'il n'est pas d'accord je ne lui donne pas 3 semaines, il me semble déjà prêt à accepter n'importe quoi
et n'oublions pas que la guinée bissau voisine a organisé des élections propres en 60 jours
ceci dit pour tenir l'opinion publique internationale parfaitement informée, dans tous ces pays l'armée pose problème, que faire faire à l'armée ? très étonnante question, comment occuper l'armée, comment la payer aussi, la faire bouffer, et organiser le sport pour les gosses quoi, tout ça pour dire que je ne sais vraiment pas quoi dire, ça pue, the situation is NOT under control.
De milou83
neant | 19H55 | 29/09/2009 |
j'entendu parlé de junte militaire toute la journé. et la france suspend sa coopération militaire avec ce pays detenu pars cette junte.
je croit q'un pays detenu part une junte militaire ne devrait jamais etre soutenu a quelque niveau que se soit ou( tres encadré)
donc erreur de la france ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !