a debattre 28/09/2009 à 18h20

Les partis pirates européens ont-ils vraiment un avenir ?

François Krug | Journaliste Rue89

En Allemagne, le Parti pirate a obtenu 2% des voix aux élections. En France, les mouvements rivaux s'unifient et pour la première fois, un candidat s'est présenté à une législative partielle. Et en Suède, les pirates ont déjà leur député européen. Mais en se politisant, les partisans d'un Internet sans contraintes risquent-ils de perdre une partie de leurs idéaux ?

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Percée électorale en Allemagne

C'est une des surprises des élections allemandes de dimanche. Moins frappante que le score historiquement bas du SPD, mais tout de même : le Piratenpartei a obtenu 2% des voix aux législatives. Pas de quoi obtenir un siège, mais assez pour donner un signal.

La formation n'avait obtenu que 0,9% des voix aux européennes. Cette fois-ci, il a atteint 3% dans certaines grandes villes. Et il a séduit les jeunes électeurs : selon les sondages, il aurait récolté 13% des voix chez ceux qui votaient pour la première fois.

« Les pirates doivent remercier la CDU », explique le Spiegel. Au nom de la sécurité nationale, le ministre de l'Intérieur défendait l'utilisation de logiciels espions pour des perquisitions en ligne dans les ordinateurs. Et au nom de la lutte contre la pédophilie, la ministre de la Famille avait dressé une liste de sites interdits. Deux menaces, selon le Piratenpartei, pour la liberté des internautes.

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Unification en France

En France, la situation se clarifie. Jeudi, le Parti pirate français annonçait sa disparition, quelques mois après sa création par un étudiant de Sciences Po. Ce groupuscule appelle sa soixantaine de membres à rejoindre le Parti pirate, qui s'est lui-même réconcilié avec les dissidents du Parti pirate canal historique.

Comme en Allemagne, les pirates français ont décidé de sortir du virtuel et de se lancer en politique. Le 20 septembre, un étudiant en informatique de 23 ans obtenait 2,1% au premier tour d'une législative partielle dans les Yvelines. L'objectif, maintenant : les régionales de 2010.

Comme en Allemagne également, le gouvernement fournit de nombreux arguments de campagne. La loi Hadopi, évidemment, mais aussi la loi Loppsi sur la sécurité intérieure, qui doit renforcer la surveillance du net, ou la méfiance à l'égard d'Internet entretenue par certains hommes politiques.

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Un député européen en Suède

Les pirates allemands et français ont un modèle : le Piratpartiet suédois. Aux européennes de juin, il a réuni 7% des voix et réussi à envoyer son président, Christian Engström, au Parlement européen.

Son succès a accompagné celui du site Pirate Bay, une référence mondiale pour l'échange de fichiers. Il reflète désormais l'inquiétude des internautes : après des années de tolérance relative, les créateurs de Pirate Bay ont été condamnés, le site a été revendu et la Suède a elle aussi adopté une loi anti-piratage.

Le phénomène est révélateur, mais pour séduire davantage d'électeurs et peser vraiment, les partis politiques devront sans doute faire des choix. Au risque de se transformer en partis traditionnels.

Alors, les internautes ont-ils besoin de leur propre parti politique ? Le collectif La Quadrature du Net, un des principaux opposants à la loi Hadopi, ne le pense pas. « La question des libertés individuelles dans l'environnement numérique est transversale à tous les partis », nous avait expliqué son porte-parole Jérémie Zimmermann.

Autre interrogation : le piratage est-il de droite ou de gauche ? « Nous ne sommes pas dans un clivage droite-gauche », nous avait assuré le créateur du Parti pirate français. Au Parlement européen, le Suédois Christian Engström a néanmoins choisi de rejoindre le groupe des Verts.

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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 18h49 le 28/09/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    Personnellement, je trouve que le parti pirate est une très bonne idée. Beaucoup de jeunes (et moins jeunes) ne se retrouvent dans aucun parti politique et cherchent à défendre leur liberté, dont le web fait partie.
    Les partis politiques sont bien trop timorés et cherchent à mettre des barrières pour restreindre la liberté d'expression sous des tas de prétextes, lutte contre la criminalité, contre la pédophilie etc.
    Si les pirates prennent de l'importance, il faudra bien que les partis traditionnels prennent en compte la volonté de faire du net une plate forme de liberté.

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 18h50 le 28/09/2009
    • Internaute
      promeneur écoutant

    Il y a quelques années, les hiérarques du PS ou de la Droite expliquaient qu'un parti écologiste n'avaient pas de raison d'être puisqu'il n'avait pas de projet politique global et qu'il se limitait aux questions d'environnement. On voit aujourd'hui que cette analyse était fausse. Les Verts oint un projet politique général parce que les questions d'environnement sont devenues centrales et qu'elles impliquent des changements économiques, sociaux et politiques qui concernent tous les aspects de la société.
    Il en est de même pour les pirates dont on peut, à cet instant, juger la revendication très limitée (liberté d'échange sur internet). A mon sens, cette exigence de liberté et de respect de l'intimité, débordera bientôt le champ d'internet pour concerner tous les aspects de la vie sociale. C'est une revendication complexe, à la fois libertaire et consommatrice, qui peut ébranler beaucoup de vieilleries capitalistes. La galions de l'Empire feraient bien de sa méfier de ces pirates !

  • guyome
    • Posté à 19h42 le 28/09/2009
    • Internaute

    Objectivement, à la fois militant politique et pro-logiciel/internet libre, j'ai du mal a comprendre les partis pirates.
    Perso, j'ai l'impression d'un vote nombriliste ( mes problèmes à moi ) légèrement égo-centrique ( chacun son parti ) et assez éloigné des assos ( type FDN, la quadrature du net, etc ), peu coûteux ( télécharger, c'est quand même loin du coûts des engagements écologiste ) et peu innovateur (on copie tous le parti pirate suédois. Prkoi un parti d'ailleurs ? ). J'ai l'impression d'être vachement dur avec un courant qui devrai m'être sympathique.
    Et puis,ça fait encore un parti plutôt blanc, masculin et de la classe moyen et petit bourgeoisie. Rien de bien neuf, si ce n'est sont jeunnisme.

    Désolé.

  • Tyrian
    Tyrian répond à guyome
    • Posté à 20h56 le 28/09/2009

    Les partis pirates ne s'occupent pas que des questions de téléchargements. Il s'axe aussi sur la neutralité du net, une refonte de l'économie associé à l'esprit (et c'est un vaste boulot, touchant aux brevets, aux arts, à l'informatique... Tout ou presque en sommes), le respect de la démocratie (soucie de transparences des institutions) et la protection de la vie privée. Et j'en ai probablement oublié. De manière général, tout ce qui touche à la communication. Or celle-ci à une place centrale de nos jours.