« On va parler de ces élections allemandes », prévenait Benoît Hamon dimanche soir, dès les prémices de résultats connus. Dans un entretien accordé ce lundi à Rue89, le porte-parole du PS décrypte les leçons à tirer de la défaite des socialistes en Allemagne pour son parti et pour toute la gauche française :
« Je trouve que ce serait une erreur grave qu'au Parti socialiste ou que du côté d'un certain nombre de nos partenaires, on répète l'erreur des sociaux-démocrates allemands, qui a été de refuser le rassemblement de la gauche. » (Voir la vidéo)
« Voilà où mène la division à gauche », conclut Benoît Hamon après les législatives allemandes, qui ont vu le SPD s'effondrer (23%, -11% par rapport à 2005), permettant à Angela Merkel et à la CDU (33,4%) de constituer une coalition de centre-droit avec les libéraux du FDP (14,7%), en lieu et place des sociaux-démocrates.
Cette « erreur » du SPD, ce serait son « refus de dialoguer, de construire un programme commun et de gouverner avec une autre composante de la gauche », le parti Die Linke, qui est passé de 8,7% en 2005 à 12,6% dimanche. Selon le porte-parole du PS, « il n'y a pas d'autre analyse possible » :
« Cette division-là (…) produit un résultat qui est l'affaiblissement général de la gauche, parce que même si le Linke monte, le SPD descend tellement (…) que le total gauche fond. »
« Une forme d'oukase vient de la gauche radicale »
Pour que pareille issue ne se répète pas en France, Benoît Hamon plaide pour la réconciliation de la gauche de la gauche avec le PS. Il s'agace quand il entend, comme à la Fête de l'Humanité, que « ces deux gauches sont irréconciliables sur le plan programmatique ».
Il affirme, qu'a contrario de l'exemple allemand, le problème ne provient pas en France des socialistes, mais d'une « partie du NPA » (Olivier Besancenot refuse de participer à des exécutifs régionaux socialistes) et de « l'essentiel du Parti de Gauche » (Jean-Luc Mélenchon rejète toute alliance avec le PS) :
« Quand on regarde la situation française, vient de la gauche radicale une forme d'oukase qui veuille que le dialogue ou toute forme de gouvernement avec le Parti socialiste est impossible. (…)
Ça relève de la stratégie de candidats à la présidentielle que de dire qu'il y a une frontière étanche sur le plan programmatique. » (Voir la vidéo)
« Je m'opposerai à des alliances avec le MoDem »
Reste que c'est avec les partenaires de gauche, « du NPA au PRG », que le porte-parole du PS entend discuter. Il ne « croit pas du tout » à « une gauche qui va du NPA au MoDem ». Il referme la porte entrouverte au MoDem par Martine Aubry à l'université d'été du PS : « Je m'opposerai à cette stratégie-là. » Et de marteler :
« Partout où la force locomotive de la gauche, en l'occurrence souvent le Parti social-démocrate ou le Parti socialiste, a modifié son schéma d'alliances et s'est tourné vers la droite, il a perdu les élections et il a immédiatement fait fondre la gauche. »
Une gauche dans laquelle Benoît Hamon inclut évidemment les Verts, tout en restant pour le moment beaucoup plus prudent concernant le mouvement Europe Ecologie dans son ensemble, dont le leader Daniel Cohn-Bendit s'est dit favorable à une alliance avec le MoDem :
« Si les Verts, qui est un parti politique de la gauche, se transforme en lobby écolo, en direction de tous les pouvoirs, je trouve qu'ils perdent en qualité d'engagement et de valeur ajoutée. » (Voir la vidéo)




















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De Corsaire_Sanglot
étudiant | 17H27 | 28/09/2009 |
les socialistes allemands se sont pris une branlée parce qu'ils agissent depuis quatre ans en accord avec Merkel et votent des réformes anti-sociales. Faut pas s'étonner qu'ils n'apparaissent plus crédibles aux yeux des allemands…
http://glob.bargeo.fr/fr/actualite/politique/douche-froide-pour-la-gauch…
De Green-Sky
Citoyen social-démocrate à Paris | 17H36 | 28/09/2009 |
Je me demande si l'erreur de la gauche européenne n'est pas, justement, d'avoir abandonné l'Europe. La gauche européenne, c'est en fait un ensemble de gauches agissant chacune dans son pays, et reproduisant dans chaque pays les mêmes débats et discussions stériles entre une gauche socialiste/social-démocrate réformiste, une gauche écologiste et une ultra-gauche. Ce faisant, elle a laissé l'idéal européen aux conservateurs, ce qui lui pose un problème de pertinence pour exercer le pouvoir.
Qu'on en juge : en 1997, la gauche contrôlait 13 des 15 gouvernements des Etats de l'Union européenne. Depuis hier, la droite contrôle 22 des 27 gouvernements des Etats membres.
La voix du succès, pour la gauche européenne, serait de se réapproprier l'idéal européen pour se donner les moyens, avec l'Europe, de changer la réalité (encore faut-il pour cela accepter cette réalité, ce qui passe par une approche pragmatique et non par des plans « sur la comète » de révolution qui probablement ne mèneront à rien). On n'arrivera à rien de nouveau par des débats « nationaux ».
De Commandant Bubulle
17H56 | 28/09/2009 |
La peur de faire le rassemblement à gauche peut être due à la volonté d'obtenir un consensus en ralliant les électeurs centristes.
Les élections de 2007, montrent que cette stratégie peut ne pas être payante : face à une candidate socialiste qui courtisa les votes modérés du centre, c'est le candidat de l'UMP qui emporta l'election.
Cette échec peut être expliqué par la déception des classes populaires : des mesures trop modérées peuvent laisser croire que les socialistes se contentent de vouloir préserver la situation actuelle, ce qui les expose à être qualifiés de conservateurs par les politiciens de l'UMP.
Ainsi, face à une droite décomplexée, il faudrait que les socialistes devinssent les représentants d'une gauche qui n'a pas peur d'elle-même.
De Liger
liger.amsud.net | 19H15 | 28/09/2009 |
Bon alors, on discute de la gauche ? OK.
Pour que les choses soient claires, rêver d'un grand parti à gauche comparable à l'UMP est très naïf. Parce que la gauche est justement hostile aux hégémonies.
Mais si c'est sa faiblesse, du point de vue de la communication, elle a une force que la droite n'a pas : les idées, l'imagination, la capacité à penser autre chose.
Or les idées sont aujourd'hui à la base, pas chez les dirigeants. La première mesure à prendre est donc de laisser ses idées remonter.
Ensuite, il y a toujours eu plusieurs gauches, parce que la gauche rassemble demain, après-demain, et les décennies à suivre.
Il ne faut donc pas s'inquiéter si certains groupes ne réclament pas les même projets.
Sauf que si l'on veut remettre la machine en marche, il faut que toutes ses composantes forment une chaine, et dans une confiance suffisante pour que les plus à gauche sachent que leurs idées ne viendront peut-être pas dans 3 ans, mais dans 10, ou 15, ou 20.
Toute la gauche est capable de comprendre ça, mais à condition d'être rassurée sur le fait que le PS tire leurs idées, à un rythme lent mais régulier, et jamais perturbé par les sirènes du centre.
Le problème de la gauche, ce n'est pas la désunion, mais la méfiance généralisée envers celui qui est plus à droite ou plus à gauche.
Celui ou celle qui redonnera la confiance devra avoir des idées claires sur ce qu'on peut faire, « ici et maintenant », et ce qu'on pourra faire, demain et ailleurs.