
Face à la grippe A c'est ceinture ET bretelles. Au point que le discours des autorités françaises a quelque chose de peu lisible. Pour éviter la propagation de l'épidémie, il faudrait que l'on se fasse tous vacciner, puisque le vaccin n'est pas dangeureux… mais pour les plus fragiles, on a prévu un vaccin vraiment sans risques.
Alors que deux premiers vaccins (Pandemrix, de l'Anglais GlaxoSmithKline, et Focetria, du suisse Novartis) viennent d'être approuvés par l'Agence européenne du médicament, le troisième producteur, le Français Sanofi-Pasteur, a pris un peu de retard.
C'est à lui qu'a été commandé un vaccin « sans adjuvants » (des additifs censés renforcer l'action du vaccin), 800 000 doses réservées aux populations à risque (femmes enceintes et personnes immunodéprimées).
Le gouvernement a fait peu de publicité sur ces vaccins spécifiques, qui pourraient n'être pas assez nombreux en stock si toutes les populations concernées souhaitaient se faire piquer.
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot, elle, s'échine à faire la promotion des adjuvants, ces additifs qui renforcent l'action du vaccin. Il y a une semaine au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, elle déclarait :
« Je m'en réfère aux meilleurs épidémiologistes, infectiologues, virologues aussi bien de l'Organisation mondiale de la Santé, des instances européennes et de nos professionnels de santé (…) Ils signalent que l'immunité avec adjuvants est meilleure ».
Tout en disant aussi que :
« Par mesure de précaution, en attendant que les procédures de vérifications soient faites, nous proposerons aux femmes enceintes ou aux personnes immuno-déprimées des vaccins sans adjuvant. »
Que disent les « meilleurs spécialistes » ?
L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) vient de publier toute une série d'avis qui se veulent des plus rassurants. Les deux adjuvants des premiers vaccins qui arrivent sur le marché dans trois semaines, le MF59 et AS03, contiennent bien du squalène :
« Mis en cause après que des anticorps anti-squalène ont été retrouvés chez des vétérans américains de la guerre du Golfe atteints d'un syndrome spécifique ».
Mais, selon la fiche de l'Afssaps, une étude publiée dans la revue Vaccines en 2009 a conclu « à une absence de causalité entre le syndrome et la présence de ces anticorps. » Là encore, la prudence risque de ne pas suffire dit aussi l'Afssaps :
« En tout état de cause, le dispositif de surveillance des effets des vaccins pandémiques H1N1 qui est mis en place et sera opérationnel dès le début de la vaccination permettra de suivre régulièrement et attentivement le profil de sécurité de chacun de ces vaccins et d'analyser rapidement si nécessaire tout signal. »
Comment savoir si le squalène est dangereux ou pas ?
Ecoutons encore ce que dit l'Afssaps à propos du squalène : cette « substance lipidique présente notamment dans les aliments » n'aurait aucune toxicité particulière selon les études pré-cliniques réalisées chez plusieurs espèces animales et chez l'homme, seules des « réactions locales au point d'injection de type rougeur et douleur ».
Mais si l'on retrouve les trois avis du Haut Conseil de la Santé Publique rendus en juillet dernier, on voit que les experts ont plus de doutes sur l'innocuité des adjuvants. Le Comité de lutte contre la grippe, composé de nombreux experts, a écrit le 8 juillet dernier :
« Concernant les adjuvants de type émulsion lipidique, il est impératif d'insister sur l'absence de données de tolérance à long terme lors de l'utilisation de cette classe d'adjuvant, notamment en cas de vaccination de masse.
La perspective d'utiliser dans ces conditions un vaccin contenant un adjuvant stimulant fortement l'immunité chez des sujets dont le système immunitaire est en pleine maturation ou modifié n'est pas sans soulever de nombreuses questions et doit être étudiée. »
Téléchargez HSCP_adjuvants_080709.pdf
Photo : recherche hautement médiatique sur la grippe H1N1 à Baltimore, Maryland, le 3 septembre (Jonathan Ernst/Reuters)



















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De jma14
14H00 | 28/09/2009 |
« Par mesure de précaution, en attendant que les procédures de vérifications soient faites » Alors si, je comprends bien le vaccin avec adjuvant est meilleur, mais par mesure de précaution et en attendant une vérification ! prenons des vaccins sans adjuvant ! ! ! ! !
Mais les vaccins avec adjuvant sont déjà dans les rayons.
Attendez je ne comprends plus la chronologie, on ne doit pas vérifier avant d'inoculer ?
J'en profite pour dire qu'ils sont en train de nous faire Tchernobyl à l'envers. Des journalistes nous ont annoncé la semaine dernière que la France était plus infectée que les autres pays Européen ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! C'est un virus super dangereux, il controle chaque carte d'indentité avant d'attaquer et il en veut terriblement aux Français. Uune vengeance peut-être, un différend historique ?
Prochains épisodes dans tous nos journaux télévisés.
De Laurien
...des villes et des champs | 14H24 | 28/09/2009 |
Encore merci à vous madame la journaliste pour continuer d'essayer de nous donner des éléments pour espérer y voir clair dans ce foutoir de précipitation médiatico-comercialo-sanitaire.
Quelques questions :
°)On entend plus parler de l'hydroxyde d'aluminium dont la toxicité a été mise en cause lors des précédentes campagnes de vaccination obligatoire contre l'hépatite B (pour le personnel soignant). Est-il présent dans ceux contre la grippe (influenza et AH1N1)
°)Vous parlez dans votre article de trois instances (si je comprends bien) qui seraient capable de discerner l'utilité, la nécessité, l'efficacité et l'innocuité de la vaccination contre la grippe.
Il y a donc l'Afssaps, dont on comprends la partisanerie depuis quelques temps, ce qui nuit à une certaine objectivité.
Il y a le Haut Conseil de la Santé Publique, qui, à la lecture des extraits que vous proposez dans votre article, semble plus…moins…enfin pas totalement dans le ton général. (Le Comité de lutte contre la grippe en est-il une déclinaison ? )
Est-il possible de connaître les principales personnalités qui figurent dans ces instances ? Les liens que ces différentes instances -en tant qu'entité et par les personnes qui les composent- entretiennent avec le gouvernement et par conséquent avec l'industrie pharmaceutique, et ou dans quelle mesure sont-elles soumises au grand dirigisme de l'OMS ?
Peut-être pour un prochain article ?
En tous les cas, merci encore.
A lire, l'annexe 2 des recommandations du Comité de lutte contre la grippe du 12 aout 2009, « la liste des populations à risque de complications lors d'infections par des virus grippaux »
http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Fiche_utilisation_Tamiflu_en_ex…
De Chris.A
Ni pour,ni contre,bien au contraire | 16H31 | 28/09/2009 |
Vous pourriez commencer par ceci ( bien que ne lisant jamais 20mins, toute information peut se révéler utile ) :
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/24/roselyne-bac…
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/22/marc-girard-…
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/25/expose-de-da…
Extrait :
» Le passé peut créer des relations et des obligations durables, il dote les élus d'un carnet d'adresses qui peut les amener à mélanger intérêt général et intérêts particuliers, et c'est la raison pour laquelle ils doivent être d'une parfaite transparence là-dessus. Or c'est précisément cette transparence qui manque. D'autant plus qu'il ne semble pas s'agir d'une simple omission, mais de l'effacement d'un intervalle de 20 ans d'activité - de 1969 à 1989 - pour l'industrie pharmaceutique ; ils disparaissent purement et simplement du CV de Roselyne Bachelot, pendant près de 10 ans. «