Dans une interview à Nice-Matin, Claude Allègre s'en prend à Nicolas Hulot. Retour sur ses polémiques favorites.

Est-ce pour convaincre Nicolas Sarkozy qu'il a bien fait de ne pas le nommer ministre ou au contraire pour se venger ? Claude Allègre se lâche ce dimanche, dans une interview à Nice-Matin, contre la taxe carbone, contre les théories sur le réchauffement climatique, et contre Nicolas Hulot.
Ce dernier, dont le film « Le Syndrome du Titanic », sort le 6 octobre, a droit à la salve la plus nourrie.
« Nicolas Hulot est un imbécile, vous pouvez l'écrire. C'est une honte qu'il soit devenu le gourou de l'écologie. Il envoie les gens rouler à vélo et lui, fait ses affaires en hélicoptère. »
La taxe carbone est décrite comme un « gadget injuste et inutile » :
« La France est la seule à l'instaurer. Aujourd'hui 100 euros, 1 000 euros dans quelques années. Vous savez, l'essence chère, les familles connaissent déjà. »
L'ancien ministre de l'Education reprend enfin son combat favori contre ceux qui, suivant l'immense majorité des scientifiques, attribuent le réchauffement climatique aux émissions de gaz carbonique. Il s'agit là, selon lui, d'une « vaste plaisanterie » dont les promoteurs apportent des « réponses simplistes à un système complexe et prétendent prédire le climat dans cent ans, alors qu'on a du mal à obtenir une météo fiable à plus de trois jours ».
Une mise en cause à laquelle le journaliste scientifique de Libération Sylvestre Huet avait répondu point par point en 2006.
Spécialiste de la provocation, Claude Allègre s'était fait connaître comme ministre de l'Education du gouvernement de Lionel Jospin avec son fameux « il faut dégraisser le mammouth ».
Contre l'écologie non-productive
Dans une période plus apaisée, il publiait le 17 juillet dernier une tribune dans Libération annonçant la création d'une Fondation pour l'écologie productive. Il s'en prend dans cet article aux tenants d'une écologie non-productive incarnée par « le livre de Nicolas Hulot “le Pacte écologique” aussi bien que le programme des Verts ».
Il oppose à cette « écologie dénonciatrice et punitive, qui ne voit l'écologie que comme l'annonce de catastrophes, la multiplication de taxes, des interdictions diverses et, l'arrêt du progrès » sa conception d'une « écologie de la création, de l'invention, du dépassement, de la réparation qui débouche sur la croissance économique en même temps que l'établissement d'une certaine harmonie entre l'homme et la nature ».
Il donne comme exemple, pour illustrer sa démarche :
- l'énergie nucléaire, avec le développement de technologies permettant de détruire « les déchets à vie longue » ;
- les OGM permettant d'en finir avec les pesticides, insecticides et engrais ;
- le contrôle du gaz carbonique avec, plutôt que la fixation de « quotas théoriques », des innovations permettant la mise en œuvre de technologies alternatives.
Une argumentation plus propice au débat que celle consistant à traiter ses contradicteurs d'imbéciles, mais peut-être moins efficace pour se faire remarquer.
Addendum 28/09/009 à 13h : Nicolas Hulot répond ce lundi matin à Claude Allègre sur Europe 1 : « Quand quelqu'un s'oppose tout seul à des milliers de scientifiques sur les changements climatiques dont on sait que ça occasionne 300 000 morts par an. (…) Je me dis simplement que l'injure et le mensonge ne remplace pas la vérité scientifique. »
Photo : Claude Allègre en 2007 (Benoit Tessier/Reuters).



















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De Laurent-Weppe
17H32 | 27/09/2009 |
La sortie d'Allègre m'a rappelé qu'à un moment, le camp des « Le-changement-climatique-est-une-intox-gauchiste » aux USA avait violemment attaqué le professeur Stephen Chu l'accusant d'être un dangereux activiste du changement climatique global. Outre le fait que le dénommé Chu est l'actuel secrétaire d'état à l'Énergie de l'administration Obama (mais le cas Allègre le prouve, diriger un ministère n'est pas preuve d'excellence), Chu est Prix Nobel de physique et est loin d'en être le seul lauréat a s'inquiéter de l'influence humaine sur le réchauffement climatique.
En prenant pour cible Nicolas Hulot, Allègre se montre plus fin (mais peut-être moins courageux) que ses semblables d'outre-atlantique : il choisi une cible qu'il peut toiser du haut de son statut de scientifique plutôt que de choisir parmi les centaines de scientifiques qui ont un point de vue à l'opposé du sien mais face auxquels il ne peut pas se permettre d'adopter la même posture, sous peine de se couvrir de ridicule et de paraître incomparablement plus arrogant et sectaires que les cibles de ses imprécations.
De muji
français | 20H34 | 27/09/2009 |
Je m'étonne qu'il y ait toujours des journalistes pour s'intéresser à Allègre ? Qu'a-t-il d'intéressant à nous dire ? Pas grand chose, à part de ramer à contre-courant… Triste bonhomme au patronyme trompeur.
De Philou18
ancien typographe | 20H34 | 27/09/2009 |
on peut ne pas aimer du tout Mr Allegre, et , pourtant être d'accord avec lui concernant Mr Hulot. En effet, lors de certains reportages dans la vallée merveilleuse du Rift, par exemple, on l'a vu utiliser des engins russes hyper-polluants Antonov, et hélicos MIG, ce qui nous avait révolté à l'époque. Quand à la composition chimique des produits cosmétiques sponsorisés par une marque du nom d'une émission et d'un ville de Patagonie…..je ne vous dis pas….à pantin, pantin et demi….
De lilialbazar
travailleure sociale à Toulouse | 22H20 | 27/09/2009 |
je me faisais la même remarque, allègre toujours vivant ;
d'un côté ça me manque ses remarques éternelles : « mais j'étais le ^premier à le dire et le seul à l'époque » au sujet de tout et de n'importe quoi. le plus hilarant c'est lorsqu'il était ministre de l'éducation. alors là, quelle honte pour tous les profs. j'en avais mal pour eux.
De caramellec
enseignant | 22H53 | 27/09/2009 |
Allègre ne nie pas le réchauffement, mais réfute la solidité de la plupart des prévisions en vogue sur les conséquences qu'il va avoir. Franchement, certains de ces nouveaux curés de l'Apocalypse me donnent bien envie de rejoindre son camp. En tout cas, sur l'EN, il a dit pas mal de choses plutôt justes, même s'il n'est pas prof, dommage finalement qu'il les dise si mal (quoique « mammouth » c'était pas mal trouvé).
De Pr Ourcq
Rien du toutiste | 00H45 | 28/09/2009 |
Bon, règle élémentaire du débat politique, ou autre, quand on veut pas s'embêter à débattre sur le fond : attaquer l'autre sur sa crédibilité. Bon, c'est pas sérieux, ça fait un peu puéril, voir cour de récré, mais qu'est-ce que ça marche ! ! !
Maintenant, si on s'intéresse à Allègre du point de vue des idées :
1)Nucléaire
Les déchets laissés aux générations futures sur plusieurs siècles. On y ajoute le fait qu'on a déjà perdu la localisation de sites d'enfouissement. Aucune civilisation n'a tenu aussi longtemps que beaucoup de déchets. Le risque d'accident et le réchauffement de ce qui refroidit les réacteur, c'est à dire des fleuves ou des rivières (le débat est toujours vif sur le fait que cela soit négligeable pour l'écho système)
2) OGM
Pourquoi pas des OGM, on crée des espèces de par croisement « naturels » donc pourquoi pas par ingénierie génétique ? Oui mais en serre uniquement (et c'est bien le point de vue des faucheurs d'OGM). Pourquoi ? A l'époque des recherches sur les OGM, on pensait un gène=une protéine. On c'est aperçu que c'était plus compliqué que cela : plusieurs gènes peuvent intervenir pour une protéine ainsi que des facteurs environnementaux. De plus, la législation sur le biologique fait que l'on s'accorde moins de temps pour tester les produits biologiques que chimiques. Le pesticide produit par le maîs Monsanto a des effets néfastes sur le foie des rats. Il n'aurait pas été commercialisé (certainement) en tant que produit chimique.
3) Gaz carbonique
Bon, on ne compte plus les propos d'allègre sur le réchauffement climatique. Il joue sur une chose très simple : oui nous ne sommes pas sûr scientifiquement de l'effet serre par rapport au CO2. Cela n'est pas une vérité scientifique. Faut savoir une chose sur les sciences : on met beaucoup de temps entre l'émission d'une théorie et sa vérification. Enstein était déjà mort que la théorie de la relativité restreinte n'était pas vérifié (donc pas de preuve). Je ne pense pas que la théorie de la relativité généralisée soit vérifiée actuellement. Cela ne nous empêche pas de les utiliser allègrement. Pour la théorie dominante sur le réchauffement climatique, on a juste de plus en plus et de plus en plus vite d'éléments nous amenant à penser qu'elle est vrai. Alors principe de précaution ou pas principe de précaution ?