Tribune 26/09/2009 à 13h32

Lait : comment on a créé la crise actuelle et la prochaine



Chez un producteur laitier en grève à Saint-André-sur-Vieux-Jonc en septembre 2009 (Robert Pratta/Reuters).

C'est un plan social qui dure depuis quarante ans et se mesure en dizaines de milliers d'emplois détruits chaque année. En France, une exploitation agricole disparaît toutes les vingt minutes. La routine. La « disparition des paysans », maintes fois énoncée, n'est même plus digne d'attention.

La « modernisation » est à ce prix : on dégraisse ! La gestion des crises agricoles consiste donc pour l'essentiel à organiser la sortie du métier d'un nombre toujours plus grand d'agriculteurs, en attendant la prochaine crise et une nouvelle vague de départs.

Dans tout autre secteur d'activité, on jugerait un tel effondrement insoutenable. S'agissant des paysans, pas d'indignation. La faiblesse de la paysannerie fait, paraît-il, la force d'une économie moderne. Ainsi le philosophe Marcel Gauchet se réjouissait-il, en 1990, « de voir s'éteindre l'une des espèces les plus irréductiblement rebelles à l'esprit authentique de la démocratie ». Une fois le paysan disparu, l'entrepreneur agricole pouvait entrer sur la scène de l'histoire. Libre, conquérant et moderne.

On a donc modernisé, sous l'égide conjointe de la Politique agricole commune (PAC), de l'Etat et la puissante FNSEA. On a choisi de « monter dans le train du progrès » et d'en débarquer sans ménagement ceux qui ne tenaient pas la cadence, ces « célébrants niais de la convivialité villageoise » (Gauchet, toujours), réactionnaires patentés et probables handicapés de la compétition globale.

Produire, produire toujours plus

Il fallait produire, produire toujours plus et dans des fermes toujours plus grandes. Le mot d'ordre est toujours d'actualité. Tant pis -tant mieux, même- si les fermes sont moins nombreuses ; tant pis si cette course insensée provoque la chute des cours : on compensera les pertes par l'augmentation des volumes ! Et si les pertes sont trop lourdes, les entrepreneurs dynamiques peuvent espérer le secours de la puissance publique, qui épongera les pertes.

Les génies de la finance priant, pitoyables, les Etats de combler les trous qu'ils ont creusés n'ont rien inventé. Tout aussi fermement convaincus que les traders des vertus de la dérégulation, les mastodontes de l'agriculture officielle connaissent les miracles de l'intervention publique, lorsqu'elle socialise les pertes et laisse les bénéfices privatisés.

C'est ainsi que chaque crise fabrique les conditions de la suivante : l'élimination des producteurs les plus touchés rend possible l'augmentation des capacités de production de ceux qui restent. Toujours plus de volumes, sur des marchés toujours plus saturés. Lorsque les marchés intérieurs n'en peuvent plus, les aides publiques soutiennent l'écoulement à bas prix sur des marchés étrangers, quel qu'en soit le coût pour les producteurs locaux.

Et lorsque cela ne suffit plus, la crise. Colère. Mouvements. Mine contrite du ministre du moment, qui s'affiche compréhensif. Déblocage des « réponses d'urgence » puis aides, forcément, à la « cessation d'activité ». Moins d'exploitations, solution récurrente des règlements de crise, au bénéfice des toujours plus gros, qui rêvent leur ferme en usine, et de l'aval de la filière, transformateurs et distributeurs, dont le chiffre d'affaires monte à mesure que baisse le nombre de producteurs.

La modernisation s'est retournée contre les fermiers

C'est ainsi, depuis des années, que les Commissions départementales d'orientation agricole (CDOA) approuvent l'agrandissement de structures aux montages technico-économiques fragiles. Car, outre qu'elle provoque de lourds dommages environnementaux et sanitaires, cette échappée perpétuelle vers le gigantisme des exploitations a ses revers économiques.

En permanence poussé à l'investissement, contraint de faire plus grand, plus mécanisé, plus intensif, l'entrepreneur agricole voit augmenter ses coûts de production bien plus vite que ses prix de vente. La plupart de ces « entrepreneurs » voulaient de bonne foi le développement, la modernisation, la technique, et s'affranchir de la vieille condition paysanne pour « vivre comme dans les autres métiers ». La modernisation s'est retournée contre eux : les fermes sont plus grandes, mais les fermiers ne sont pas mieux portants.

Trois petites fermes valent mieux qu'une grande, lançait hier la Confédération paysanne. L'histoire rend justice à cette formule. Dans le paysage sinistré de la production laitière, ceux qui s'en sortent sont ceux qui ont construit « à côté » des standards, ont délibérément choisi une autre voie, plus modeste, que celle où poussaient les conseillers et les techniciens officiels : praticiens de l'agriculture durable et pionniers de la bio, longtemps ringardisés en babas-cool nostalgiques et désormais salués pour avoir vu juste.

En revendiquant le maintien des quotas laitiers, c'est-à-dire la maîtrise de la production, les « grévistes du lait » reprennent leurs mots d'ordre. En cela, ce mouvement est l'une des rares bonnes nouvelles des dernières années en agriculture. En se voulant dès son origine une lutte de dimension européenne, elle dément l'idée qu'on pourrait résoudre les problèmes en divisant entre eux les agriculteurs français, allemands, italiens, polonais...

Elle réaffirme l'urgence d'une réforme de la Politique agricole commune, qui renforce les outils de régulation des marchés, favorise l'emploi paysan plutôt que les marges des industries agro-alimentaires, et préserve les ressources naturelles.

Engager sans tarder la transition de notre agriculture

En se révoltant contre la hiérarchie du syndicalisme majoritaire, les grévistes démontrent qu'ils ne sont plus dupes d'un système qui dévore ses propres enfants. Ils rompent, d'une façon encore ténue mais qu'on espère tenace, avec le productivisme et les illusions de grandeur que beaucoup d'entre eux, sans doute, ont hier partagées.

De tout cela, il faudra bien tirer des conclusions. Si l'on veut répondre à cette crise sans créer les conditions des suivantes, il faudra suivre l'accablant constat de Nicolas Hulot : « Le modèle économique dominant n'est plus la solution, mais bien le problème. »

Et engager sans tarder la transition de notre agriculture vers les pratiques portées par ceux et celles qui les premiers ont perçu que la modernisation agricole s'était emballée, causant davantage de dommages que de bien-être. Qui ont montré, sur leurs exploitations, qu'une agriculture tout à la fois économe des ressources, protectrice de l'environnement et créatrice d'emploi et de valeur ajoutée était possible.

Il est encore temps de les écouter, si l'on veut éviter une prochaine crise, plus profonde encore.

François Dufour, syndicaliste paysan
Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie
Mickaël Marie, secrétaire national adjoint des Verts

Photo : chez un producteur laitier en grève à Saint-André-sur-Vieux-Jonc en septembre 2009 (Robert Pratta/Reuters).

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  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 14h44 le 26/09/2009
    • Internaute
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    il faut absolument maintenir une agriculture « paysanne »
    une exploitation qui disparait est un drame pour le pays

    pour mémoire : aux etats unis il y a plus de détenus de droits communs que d'agriculteurs

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 14h55 le 26/09/2009
    • Internaute
      trouveur

    Tribune très intéressante. La modernisation irraisonnée conduit à la déshumanisation. Les exploitations laitières sont un excellent exemple. D'un autre coté, sans adaptation à la demande du marché, sans évolution des techniques, l'entreprise disparaît.
    Les aides de l'état ou de l'europe ne devraient être que passagère. Appliquées uniquement pour faciliter une nécessaire transition vers une situation rentable, une situation durable.
    Les auteurs parlent d'une agriculture économe des ressources, protectrice de l'environnement, créatrice d'emploi, productrice de richesses. Cette bonne gestion ne peut se faire que au sein d'un système européen. Il faut arrêter le dumping international et le formidable gâchis qui en résulte.
    Économie des ressources et protection de l'environnement. Ne pas hésiter à parler bio, mais aussi Ogm. Des Ogm dirigés pour des objectifs « verts » tels que la diminution de l'eau, des engrais azotés, des pesticides. Il faut une véritable collaboration entre les agriculteurs et les chercheurs en biologie moléculaire et en environnement.
    Tout cela est possible, à condition d'arrêter l'obscurantisme, l'inertie, le profit et la vision à court terme.

    • karlM
      karlM répond à Marcantoines
      Précaire
      • Posté à 01h28 le 27/09/2009
      • Internaute
        Précaire

      permaculture, culture bio complémentaire (1Hectares peut nourrir trente familles), petites fermes proche des villes.,,
      Lien

      Laissez les OGM des obsédés du productivisme technoscientifique dans des labos confinés

      • Jeho59
        Jeho59 répond à karlM
        • Posté à 16h52 le 27/09/2009

        La permaculture, la culture biologique peut être une solution. Mais il ne faut pas oublier que l'on doit nourrir tout le monde.

        Les seuls moyens d'y arriver sont de changer de politique mais aussi changer le comportement des consommateurs.

        Changer de politique veut dire de favoriser le prix des produits payer à l'agriculteur. En effet, aujourd'hui la plupart des produits sont hors contrat, soumis au prix du marché et parfois même avec un contrat, les prix sont fixés. Que peut on faire en tant qu'agriculteurs ? Pour vivre, il faut gagner de l'argent. Avoir un contrat est intéressant puisqu'il garantie en principe une rentrée d'argent. Mais les conditions pour obtenir le contrat sont de plus en plus draconiennes, notamment sur les produits de traitement, ou la possibilité d'arroser qui peut être obligatoire pour obtenir le contrat.
        Changer de politique veut dire aussi faire connaitre la situation de l'agriculture. Les médias ne font que survoler le problème et ne montre que dix secondes au JT pour informer. Mais le problème est plus profond, et le consommateur n'est pas mis au courant. Quant j'entends certaines personnes dirent que ce n'est pas normal de gâcher le lait, alors qu'il est déjà assez cher, ce n'est pas anodin. Trop de sociétés font des profits sur les denrées alimentaires. Il ne faut pas oublier que peu de personnes connaissent le goût du « vrai lait », sorti du pis. En effet, les sociétés récoltantes ne livrent pas du lait « complet ». Si le lait le plus vendu en rayon est le demi écrémé, le titre de « lait entier » n'est pas entier. On récupère de la matière grasse pour le beurre, et puis bien d'autre chose pour d'autres produits, produits qui vont donner à l'entreprise de la valeur ajoutée et le plus important des bénéfices. Seulement les agriculteurs n'ont rien de tout cela. Et les industriels vendent les produits à un certain prix, prix leur garantissant assez de bénéfices. Qu'est ce qui leur permet de vendre ces produits sans payer la matière première a sa juste valeur ?

        Le consommateur, quant à lui, n'a pas un comportement anodin. En cherchant les prix les moins chers, ils favorisent la baisse des prix à la production, situation à laquelle le système a répondu par une augmentation de la production. En effet, si les prix baissent, pour obtenir le même chiffre d'affaire, il faut produire plus. Et l'engrenage est vicieux. Seulement à un moment donné, cette équation n'est plus possible, n'en déplaise à certains économistes qui pensent que les légumes, céréales et autres cultures peuvent pousser tous seuls ! ! Il faut réapprendre au consommateur à acheter des produits au juste prix et surtout pas forcément au supermarché mais à de petits producteurs sur les marchés. La qualité coute mais en ayant la qualité, il est possible de dépenser moins et mieux.

        D'autres problèmes peuvent être pointés. Le plus cher en agriculture restent souvent les intrants, avec le travail. Pour réduire les intrants, il faut favoriser les solutions économiques. Un exemple reste les O.G.M.. Bien sûr aujourd'hui la société civile est contre. Mais le problème réside non pas en son innocuité, mais bien dans la façon dont le public perçoit le phénomène. Malheureusement, l'innocuité de ses produits ne sera jamais démontré pour une raison simple : l'arrêt de la recherche en O.G.M. en France. La recherche publique n'est pas faite car le public est contre. Pourtant, elle serait d'une aide certaine. Et permettrait de faire contrepoids à deux ou trois sociétés toute puissante dans ce domaine... Elle pourrait même trouver une solution à certains problèmes.

        L'agriculture a à faire face aujourd'hui à de nombreux défis. Et pour l'instant aucun de ceux ci n'a été relevé par le syndicat majoritaire. Pire, mon père m'a dit un jour que je devais reprendre la ferme. Quand je lui ai dis que cela ne m'intéressait pas vu la conjoncture actuelle, sa réponse fut immédiate : « Et pourtant, si tu travailles correctement, vendre ta production couvre les frais d'exploitation et les aides européennes te permettent d'obtenir un salaire ». Cela fait 50 ans qu'il travaille dans ce métier, il a vu la transition entre le cheval et les tracteurs, les petites fermes de 5 Ha et celle d'aujourd'hui de 100 Ha. Il est passionné par sont travail mais aujourd'hui, il est désabusé. Pour m'avouer que le seul bénéfice que je vais sortir de la ferme est les aides de l'Europe ...

        Un fils d'agriculteur qui cherchent un autre travail

         
        • jean.pierre
          jean.pierre répond à Jeho59
          • Posté à 17h11 le 27/09/2009

          tout a fait d'accord( sauf peut etre pour les ogms : ))) )

          moi j'attends l'ogm qui me permettrait de ne pas ou moins mettre d'azote.............et celui là ils sont pas pressés de le sortir.....pourquoi ?

        1 autres commentaires
  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 15h11 le 26/09/2009
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    c'est le problème est l'hyper « spécialisation ».

    la spécialisation fine, est un outil unique, et il aura du mal cet outil à se réadapter.

    dès qu'un paramètre change, on peut jeter l'outil..

    Les paramètres changent si souvent, le monde évolue si vite, les besoins sont capricieux. Rajoutez là dessus une couche de mondialisation galopante.

    Dans ce genre de métier il faut avoir ceinture et bretelles pour ne pas se retrouver tout nu.

    Le syndrome des 30 glorieuses est encore présent.

    Pour les décideurs, il faut leur faire comprendre qu'une vache n'est pas une machine qui s'arrête de produire en appuyant sur un bouton, et en coupant l'électricité.
    une vache ne commence à produire après un an et demi à peu près, et commence à donner qu'un minimum de lait ..il faut attendre plusieurs années pour qu'elle en donne au maximum..

    c'est vouloir faire de l'industrie, avec de l'animal, du vivant, du biologique ..c'est impossible sur du long terme.

    • jean.pierre
      jean.pierre répond à pablico
      • Posté à 17h14 le 27/09/2009

      l'hérésie du systeme est poussé a son paroxisme avec des vaches laitieres pissant du lait en moyenne.......2 ans ! réformées à 4 ans donc et allant encombrer le marché de la viande !

      comment un eleveur raisonnable peut s'en sortir ?

    • medicago
      medicago répond à pablico
      Plante cultivée
      • Posté à 05h38 le 29/09/2009
      • Internaute
        Plante cultivée

      Le problème, c'est la FNSEA et surtout l'emprise des lobbys céréaliers qui ont réussi entre autres à faire prendre des vessies pour des lanternes en assurant que LA solution,c'était les bio carburants. Cela fait 50 ans que cela dure et ce n'est pas prêt de s'arrêter.La cogestion avec les gouvernements de droite comme de gauche nous a conduit dans une impasse dont je ne vois vraiment comment sortir. que ce soit d'un point de vue économique, environnemental, social, la liste des conséquences désastreuses est très longue, et déborde très largement le « monde paysan » ou ce qu'il en reste. La campagne (terme un tantinet désuet) ressemble de plus en plus aux centre des grandes villes desquels on disparu les commerçants traditionnels pour faire place aux franchisés qui bénéficient de la garantie bancaire de leur franchiseur pour investir dans des fonds de commerce hors de prix. Combien faut il investir dans une exploitation agricole pour espérer obtenir un revenu équivalent aux minima sociaux ?

  • BrunoC
    • Posté à 15h09 le 26/09/2009

    Transposez cet article vers la question des élevages porcins et vous expliquerez pourquoi les chevaux meurent sur les plages de Bretagne, la culture des céréales et vous expliquerez pourquoi les nappes phréatiques contiennent plus de nitrates que d'eau, à la pêche et vous expliquerez pourquoi l'Océan se vide de ses poissons.
    L'agriculture est une activité humaine en prise directe avec la réalité, les effets déplorables du capitalisme s'y font sentir plus fort et plus vite qu'ailleurs.

    Les conservateurs ont l'habitude de dire que la terre ne ment pas. On ne peut pas leur donner tort en l'occurence.

  • jean.pierre
    • Posté à 15h14 le 26/09/2009

    bravo. bel article.

    et la fnsea en ce moment fait du forcing pour récupérer ses billes ( syndicat is money) et ses ouailles en invitant l'apli tant critiquée à sa table......cette greve du lait aura été une thérapie de choc pour les agris atteints du syndrome de stockholm.ces 15 jours de greve auront ouverts les yeux de biens des agriculteurs toutes productions confondues. Une page se tourne

    • DBL8
      DBL8 répond à jean.pierre
      Retraité
      • Posté à 08h40 le 28/09/2009
      • Internaute
        Retraité

      Souhaitons qu'ils (les agriculteurs) ne fassent pas QUE d'ouvrir les yeux mais de mettre en pratique les conclusions !
      Laissez tomber la FNSEA qui ne pense qu'à elle ET au gros agriculteurs, d'ailleurs parmi les dirigeants, combien y a-t-il de petits ?

  • TienTien
    TienTien
    très très sceptique...
    • Posté à 16h48 le 26/09/2009
    • Internaute
      très très sceptique...

    Excellent article, bravo !

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 17h34 le 26/09/2009
    • Internaute
      trouveur

    Vendre du lait en perdant de l'argent.
    C'est totalement absurde. Cela devrait signifier qu'il y a une surproduction de ce produit. Hors c'est faux. Le lait de vache est un produit principal de base dans énormément de consommations courantes.
    Donc ce qui ne va pas, c'est le prix d'achat du lait par les industries agro alimentaires. Elles tirent le prix vers le bas, sans se préoccuper des éleveurs. Avec en plus, une concurrence déloyale entre les éleveurs d'un pays à l'autre selon les charges sociales, les monnaies, le dumping, font que le prix du lait s'effondre.
    La plupart des pays concernés se situent à l'intérieur de la communauté européenne.
    Alors ma question, l'europe sert à quoi ? Ne devrait elle pas avoir un rôle de protection vis à vis des éleveurs européens ? Un rôle régulateur encadrant le prix du lait.
    Ou alors, on aura bientôt des produits laitiers : Made in china ! et des millions de chômeurs en plus.

    • admirateur-
      • Posté à 18h20 le 26/09/2009

      Tout à fait d'accord
      Les éleveurs viennent de suspendre leur mouvement jusqu'au 5 octobre, date à laquelle une commission européenne devrait prendre des mesures ( ? ) ;
      La seule qu'elle puisse prendre raisonnablement serait de garantir le prix de vente minimum aux centrales d'achat souhaité par les éleveurs. C'est la seule garantie pour ne pas continuer à voir disparaître les élevages petits et moyens au bénéfice des élevages industriels ;
      Cette mesure semble assez simple à prendre mais elle se heurte au dogme libéral de l'« Europe ».
      Une fois que l'on aura donné aux éleveurs la possibilité de survivre, on pourra commencer à réfléchir à une « autre agriculture ».
      S'il y a un domaine dans lequel il ne fait pas mettre la charrue avant les bœufs c'est bien celui-là

      • jmax
        jmax répond à admirateur-
        • Posté à 22h19 le 26/09/2009
        • Internaute

        sauf que Entremont, le principal acheteur de lait en France aux producteurs est au bord du dépot de bilan et que si on augmente le prix d'achat aux producteurs, il ira au tapis et plus personne pour acheter le lait. La principale cause de la mévente du lait semble venir de la crise économique et les gens ont beaucoup moins acheté de fromages et autres produits laitiers ce qui explique la crise pour toute la profession.
        lire l'analyse intéressante de Bruxelles qui montre tout l'envers du décor :
        Lien

         
        • admirateur-
          admirateur- répond à jmax
          • Posté à 10h49 le 27/09/2009

          Certes ; j'ai lu l'article ainsi que le débat qui en a suivi. En effet, les acheteurs de lait et autres transformateurs ne sont pas tous d'une santé florissante (je ne plains pas nestlé) mais il semble qu'ils se sont bêtement fié à des modèles de développement mirifique. Aussi bêtement que les banquiers.
          Le producteurs de lait doivent-ils trinquer parce que les transformateurs ont fait des choix industriels et commerciaux stupides.
          Commençons par assurer aux producteurs de quoi vivre car sans eux plus de transformateurs et penchons-nous sur les cas des industriels.
          C'esqt un autre problème qui doit avoir une autre solution : la nationalisation, pourquoi pas ?

        • barbouille
          barbouille répond à jmax
          • Posté à 12h01 le 27/09/2009

          certes mais à 3-4 € le moindre bout de fromage,
          je vois mal comment peuvent faire les ménages.

          Les filières de distribution on tué la poule aux oeufs d'or, et les producteurs de « vrais » fromages. J'écarte complément les truc crémeux infâmes au lait bidouillé et aux souches bactériennes sélectionnées. berk, juste bon pour les hygiénistes.

          • DBL8
            DBL8 répond à barbouille
            Retraité
            • Posté à 08h47 le 28/09/2009
            • Internaute
              Retraité

            Les producteurs de fromages au lait entier ont gagnés (pour une fois le pot de terre...) fasse aux entreprises qui voulaient l'interdire sous prétexte qu'ils étaient dangereux. D'ailleurs ils en refont (fromages au lait entier)

            Ils ne se sont pas cassés les dents, ils ont perdu tout le dentier ! !
            Mais il reste le fait que les fromages vendus sur les marchés locaux doivent avoir des vitrines réfrigérés et ça, ça fait du mal du fait que les petits producteurs ne viennent plus sur les marchés, ils vendent sur le lieu de production, donc, bien moins !

            • jean.pierre
              jean.pierre répond à DBL8
              • Posté à 10h14 le 28/09/2009

              oui tout a fait.

              on essaie par divers procédés de casser le fromage fermier dont celui de faire investir d'énormes sommes, encore une fois.....

              vitrine réfrigérée, véhicule isotherme, laiterie carrelée, interdiction des étageres d'affinage en bois......controles à tout va

              or chaque producteur de fromage sait que la condition siné qua non pour réussir un fromage est un lait propre et riche. si c'est le cas , vous pouvez faire du fromage dans votre cuisine, ou n'importe ou, avec du savoir faire bien sur, ça marchera......et il évoluera favorablement dans le temps

              bien au contraire le froid peut « mater » des fromages loupés jusqu'a leur vente......

        • admirateur-
          admirateur- répond à jmax
          • Posté à 10h52 le 29/09/2009

          Extrait de « Usine nouvelle »
          Lactalis serait sur le point de déposer une offre de reprise globale des activités du groupe fromager Entremont, propriété de la Compagnie nationale de Portefeuille (CNP) du milliardaire belge Albert Frère et de la coopérative bretonne Unicopa. Entremont, en difficulté, avait sollicité il y a plusieurs semaines l'aide du Comité interministériel des restructurations industrielles (Ciri) pour trouver des partenaires.

          Le pauvre Albert Frère, ça ne lui apporte plus assez ? ? ?

          On comprend mieux...

        5 autres commentaires
    • CAUSTICUM
      CAUSTICUM répond à Marcantoines
      désabusé de plus en plus ...
      • Posté à 14h26 le 27/09/2009
      • Internaute
        désabusé de plus en plus ...

       »...les industries agro alimentaires ... tirent le prix vers le bas ... ».
      ––––––––––-
      Certes et l'erreur serait paradoxalement de croire qu'il s'agirait là d'un avantage ; car la baisse des prix permet de justifier globalement le confinement et la stagnation des salaires, ce qui profite in fine aux entreprises et non aux citoyens.

      La concentration extrême de la production entraîne certes la réduction des coûts, mais cette dernière est payée par la stagnation du pouvoir d'achat quand ce n'est par sa régression pour cause de chômage de masse.
      Le phénomène est dans la logique de la mondialisation, qui concentre la production sur certaines zones spécifiques où le produit du commerce est très loin d'être équitablement partagé.

      Autrement dit, la concentration de la production se nourrit de la perte de substance du plus grand nombre

      • DBL8
        DBL8 répond à CAUSTICUM
        Retraité
        • Posté à 08h50 le 28/09/2009
        • Internaute
          Retraité

        Ils (les entreprises) devraient repenser à ce que disait il y a presque 1 siècle, un patron (Ford il me semble) :

        Payer mieux vos ouvriers pour qu'ils puissent acheter et nous produire ! !

    • CAUSTICUM
      CAUSTICUM répond à Marcantoines
      désabusé de plus en plus ...
      • Posté à 14h48 le 27/09/2009
      • Internaute
        désabusé de plus en plus ...

       »...les industries agro alimentaires ... tirent le prix vers le bas ... ».
      ––––––––––-
      ... et l'erreur serait paradoxalement de croire qu'il s'agirait là d'un avantage ; car la baisse des prix permet de justifier globalement le confinement et la stagnation des salaires, ce qui profite in fine aux entreprises et non aux citoyens.

      La concentration extrême de la production entraîne certes la réduction des coûts, mais cette dernière est payée par la stagnation du pouvoir d'achat quand ce n'est par sa régression pour cause de chômage de masse.
      Le phénomène est dans la logique de la mondialisation, qui concentre la production sur certaines zones spécifiques où le produit du commerce est très loin d'être équitablement partagé.

      Autrement dit, la concentration de la production se nourrit de la perte de substance, de la dévitalisation du plus grand nombre

  • Mathieu1
    • Posté à 17h41 le 26/09/2009
    • Internaute
      _

    Très bon article.
    J'espère que le député européen qu'est M. Jadot va essayer de faire bouger les lignes au Parlement !

    Mais je suis un peu pessimiste : l'institut de l'élevage prévoit que l'on va passer de 90 000 exploitations laitières aujourd'hui à 25 000 en 2025.

  • Bebert Cassandre
    • Posté à 17h52 le 26/09/2009

    C'est étrange... Les paysans, à bien y regarder, ont été les apologistes de ce monde qu'ils condamnent aujourd'hui. Qu'ils soient de la FNSEA ou de la confédération paysanne. A la seule différence entre les deux qu'à la « conf » ils se soient rendu compte plus tôt de l'épaisseur du mur contre lequel ils allaient s'écraser.... Peut-être aussi parce qu » ils étaient plus pauvres... Aujourd'hui ils sont condamnés, qu'ils soient à la FNSEA ou à la « conf ». La seule différence entre les deux est que certains le savent déjà (la conf) et les autres l'ignorent encore. L'alimentation planétaire est une affaire trop importante pour la laisser aux mains de paysans

    • jean.pierre
      • Posté à 20h21 le 26/09/2009

      pas LES paysans !

      vous ne savez pas comment ça marche. il faut une volonté de fer pour garder son libre arbitre. tout est fait de a à z pour vous faire rentrer dans le moule.

      vous avez une idée intéressante ? , une petite niche de production ? immédiatement l'idée vous est piquée et remixer à la sauce féfé : filiere-fnsea

      vous devez passer sous leurs fourches caudines ou vous etes marginalisé

      c'est ce qu'ils ont essayé avec l'apli, mais là stupeur ils ont sous estimé le vent de révolte. et a mon avis, ce n'est que le début,beaucoup ont été dépucelés du syndicalisme majoritaire, persuadés qu'ils étaient que la fédé allait les soutenir :

      OUF ! un peu d'air frais !

      • Bebert Cassandre
        • Posté à 21h59 le 26/09/2009

        J'ai déjà vécu cette histoire, il y a presque cinquante ans.Rien n'a changé. Les revendications sont restées les mêmes..Sinon que les revendicateurs de l'époque (Mon père en faisait parti) sont morts depuis belle lurette. Les paysans sont aujourd'hui, dans l'acceptation néo-libérarale, définitivement surnuméraires ! Ne reste que pour eux deux alternatives, le suicide ou l'oubli ! La PAC, qui disparaitra dans les prochaines années ne leur laisse d'autre alternative Les paysans se sont fait baisés. Ils se sont cru intouchables parce qu'ils possédaient la terre. Ils se rendent compte aujourd'hui que cette possession n'était que virtuelle. Relire STEINBECK, (Les raisins de la colère) serait pour eux une bonne alternative avant de se pendre. Ils sauraient au moins pourquoi ils se pendent ! ! ! !

         
        • barbouille
          • Posté à 12h08 le 27/09/2009

          ils ont été victime de leur cupidité, de leur manque de vision en l'avenir. Effectivement , ils se croyait fort car ils possédaient la terre. producteurs, ils pouvaient être autonomes alimentairement, vivre en autarcie, tandis que les gens lambda doivent tout acheter au prix fort.
          Ils ont laissé des technocrates leur voler leur outils de production et le contrôle de leur économie.
          J'ai envie de dire tant pis pour eux, mais je n'ai pas envie d'avoir du lait chinois chez moi ...

          le film est pas mal avec Henri Fonda, plus soft que le livre mais pas mal.

          • jean.pierre
            jean.pierre répond à barbouille
            • Posté à 13h00 le 27/09/2009

            quelle cupidité ?

            le français moyen ne consacre plus que 14% de son budget pour la nourriture. serait il cupide lui aussi ? préférant l'achat du Scénic a une bouffe à son juste prix

            • barbouille
              barbouille répond à jean.pierre
              • Posté à 15h43 le 27/09/2009

              quand la mort d'un confrère est attendu pour acheter ses terres, pour devenir plus gros, et produire plus de merde labellisée PAC, ce n'est pas de la cupidité ?

              Il n'est pas possible de vendre au prix du beurre ce qui n'en est plus. Ils ont pensé que la grande distribution partagerait le gâteau, mais ce n'est pas ce qui se passe dans la cours des financiers où est méprisé celui qui produit.

              • DBL8
                DBL8 répond à barbouille
                Retraité
                • Posté à 08h54 le 28/09/2009
                • Internaute
                  Retraité

                « Ils ont pensé que la grande distribution partagerait le gâteau »

                Les NAÏFS ! ! !
                S'en ai à pleurer tellement ils sont CONS ! !

            • zompti
              zompti répond à jean.pierre
              futur « départ volontaire »
              • Posté à 11h48 le 28/09/2009
              • Internaute
                futur « départ volontaire »

              Ben oui, mais combien de français moyens vivent avec un salaire de merde ? Quand t'a payé le loyer, les factures, les fringues, les trajets boulot, les impôts, il te reste quoi sur un smic ? En pleine saison dans la région de production il faudrait acheter un melon au producteur sur le marché à 1,60€ pièce, ou une salade à 1€ pièce ! Ou un kilo de moules à 4,80€ ? T'appèles ça une bouffe à son juste prix ?

              Dans ce cas que les salaires suivent l'augmentation réelle des prix, car depuis qu'on nous rabache que les prix n'augmentent pas et qu'il n'y a pas d'inflation…
              La France est devenue un pays de smicards avec 17% de la population active (ça a doublé en 10 ans) et au moins autant de personnes qui gagnent à peine plus que le smic. Ne parlons pas des 5 millions de chômeurs + rmistes. Bref toutes ces personnes ne roulent pas forcement en « Scénic » même d'occasion,et n'ont pas pour autant les moyens de payer des fruits et légumes de saisons au prix des « fraises en hiver ».
              J'habite dans une région agricole et viticole (Charentes), durant des années les agriculteurs ont touché des subventions pour arracher la vigne, replanter, touche des indemnités pour le gel, la canicule, la grèle, des aides pour le mais, le tournesol, le colza. Ils mettent à sec les nappes phréatiques et les petits cours d'eau à force d'arrosage : surtout pas d'irrigation sauf si l'Etât finance les installations… C'est simple en 30 ans le profondeur de forrage pour trouver de l'eau est passée de 30 mètres à 300 mètres ! Je ne parle pas du remembrement qui a fait disparaitre tout le boccage (haies, bordures) et favorisé le ruisselement des eaux de pluie et donc les innondations à répétitions sans qu'il n'y ait de pluviométrie forcement exceptionnelles. Tout les conséquences de ces décénies de productivisme forcené à également un coût induit pour la collectivité qui est collossal mais ça on en parle surtout pas. Pendant des décénies, le monde paysan s'est totalement déresponsabilisés des méfait de l'agriculture intensive sur l'environnement. Et ça continue, le nettoyage des plages de Bretagne sera financé par le contribuable ; ça ne résoudra en rien le problème des marées vertes qui viennet s'ajouter aux nappes phréatiques complètement polluées par les exploitations porcines en surnombre depuis des années.

              Si demain je monte le 300ème magasin de chaussures dans ma ville (sous prétexte qu'il faut bien chausser tout le monde, bla, bla bla…) et que je me casse la gueule financièrement, le contribuable européen et français ne va pas me verser des indemnités ad vitam eternam pour continuer de travailler à perte ! C'est quoi ce libéralisme à la française qui tourne à l'assitanat du secteur privé sans aucune contraintes ni comptes à rendre ?

              N'oublions pas que depuis des années, l'agriculture française à fait tout son possible pour empécher les productions européennes d'arriver en France : qui ne se souvient pas des bloquages aux frontières, avec l'argument que l'agriculture françaises se suffit à elle même pour nourrir tous les français et même les autres.

              Il ne faudrait pas oublier non plus que les agriculteurs nous ont fait bouffer sans aucun étât d'âme de la vache folle, du poulet aux hormones ou à la dioxyne, qu'ils ont fermé les yeux et même nié l'irradiation par le nuage de Tchernobyl des primeurs mais aussi des herbages destinées aux vaches à viandes et aux laitières (donc lait et fromages). Et étaient près à nous faire bouffer de l'OGM, après les porc atteint de fièvre porcine dont on nous affirmait à l'époque qu'elle ne se transmettait pas à l'homme…
              Tout ça pour ne pas tuer les fillières ?

              Maintenant que le systèmes tourne en leur défaveur et que le robinet à subvention commence à ce tarir, il n'acceptent plus les règles du jeu et il faudrait pleurer sur leur sort ? Tant qu'ils touchaient aides et subvention, produire à perte depuis des décénies sur le dos du contribuable ne les génait pas !
              Il ne faudrait surtout pas oublier que le monde paysan à voté pendant des décénies pour ceux qui ont mis en place et favorisé ce système de productivisme et d'assistanat, Chirac en tête parmis les défenseurs les plus acharnés de la PAC en faveur de l'agriculture française. ils sont pleinement responsables de leurs choix en matière de politique agricole.

              Enfin qu'elle que soit leur situation actuelle, il est indécent de jetter de la nourriture (lait, fruits, légumes) quand tant de personnes ne mangent pas à leur faim ! Quels que soient les arguments, ça reste simplement inaceptable.

        5 autres commentaires
      • barbouille
        barbouille répond à jean.pierre
        • Posté à 12h16 le 27/09/2009

        « il faut une volonté de fer pour garder son libre arbitre. tout est fait de a à z pour vous faire rentrer dans le moule. »

        plutôt universelle comme phrase

         2 autres commentaires
  • AC-89-
    • Posté à 18h17 le 26/09/2009

    Commençons par dissoudre la FNSEA et le Crédit Agricole, associations de malfaiteurs au service de l'agriculture industrielle.

  • alberte
    • Posté à 18h47 le 26/09/2009

    le problème c » est l » industrialisation des exploitations. Je suis née et je vis dans une région agricole, l » Auvergne. C » est vrai que beaucoup de petits exploitants disparaissent, car on leur a fait croire que à coup de subventions, ils avaient l » avenir devant eux. Malheureusement, c » est faux. la F N S E A est une calamité pour ces petits exploitants, car elle soutient surtout les gros, et en particulier les céréaliers et les camps de concentration pour poulets et cochons elle se fiche comme d » une guigne des autres, on l » a bien vu avec la crise du lait, elle ne s » est manifestée que pour dire q » elle était contre cette grève. Bonjour pour l » éthique syndicale ! !

  • General Subverciòn
    • Posté à 22h02 le 26/09/2009

    En Suisse les paysans producteurs de lait sont dans la rue,pas encore en grève du lait mais c'est pas loin....ce matin ils nous en offraient parce qu'on ne leur permet plus de vivre de leur travail car on prèfère nous faire consommer des saletées trop chères et malsaines parce que c'est plus rentable....franchement,un camembert comme un gruyère shooté aux antibios,on n'en rêve pas vraiment la nuit de manière obcessionelle....ça vaut bien un petit troll en leur faveur :
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    Au moins ils font quelque chose et en plus ils sont sympas comme tous les gens qui ont du mal à gagner leur vie...comme les urbains dont je fais partie....
    En France ou ailleurs,partout ou il reste des vrais paysans,on doit les écouter...faudrait pas que l'espèce disparaisse,sinon ça nous condamne tous à bouffer la merde industrielle que les gros requins de la finance et autres environnemment hautement hérarchisés veulent bien nous octroyer

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 23h17 le 26/09/2009
    • Internaute
      yetiblog.org

    RÉVOLUTION

    Cette crise du lait est un épiphénomène éclatant de la révolution aujourd'hui en cours.

    Il y aura FORCÉMENT un moment où les producteurs laitiers (mais aussi leurs congénères de l'agriculture et tous les petits artisans) se rendront compte que leur activité est désormais condamnée - eux et leurs familles par la même occasion - s'ils persistent à passer par les circuits traditionnels de distribution. Car il n'y a plus aucune chance d'aboutir aujourd'hui à un accord durable et sérieux en la matière.

    La nature ayant horreur du vide, ils chercheront FORCÉMENT d'autres moyens d'écouler leur production. Probablement en se passant purement et simplement des intermédiaires des grandes centrales (j'ai ouï-dire que cela avait déjà commencé, même à faible échelle).

    Et, toujours pour survivre (leur ultime chance), ces nouveaux moyens ils les mettront FORCÉMENT en pratique (par le système des amap, par exemple).

    Ce sera le début de la fin pour ce secteur si essentielle à la survie du système : la grande distribution.

    • paysan.allier
      paysan.allier répond à Le Yéti
      Paysan secrétaire general FDSEA (...)
      • Posté à 09h51 le 27/09/2009
      • Internaute
        Paysan secrétaire general FDSEA (...)

      C'est un très bon papier, je suis responsable FDSEA 03 syndicat indépendant , dont la ligne de conduite n'a rien à voir avec la FNSEA .
      Dans l'Allier avant les quotas en 1983 nous avions 1200 producteurs de lait aujourd'hui avant la crise NOUS RESTIONS 250 ! combien après cette crise là ?
      Nous sommes à 52 suicides de paysans en Rhone Alpe Auvergne , et effectivement aujourd'hui les plus gros exploitants espèrent que crèvent leurs voisins pour s'agrandir encore , il n'y a plus plus de politique des structure , notre syndicat réclame que l'on sorte le dossier agricole de l'OMC afin de le soustraire à la spéculation , pour en confier l'organisation à la FAO ou si vous voulez l » ONU avec des moyens renforcés ( suppression du droit de véto), et aller vers une régulation des productions avec les prévisions de besoin planétaire .
      le système actuel arrive à son terme , il ne s'agit plus de l'aménager ,il faut le transformer pour que l'être humain devienne le but et l'argent l'accessoire et non le contraire comme c'est la cas aujourd'hui .
      D'un point de vue durable il est clair que nous ne traverserons pas les 50 prochaines années comme nous avons traversé ces 5 0 dernières.
      revenons à des prix rémunérateur , avec des soutiens plafonnés et favorisants le maintien et l'émergence d'exploitation à tailles humaines respectueuses de homme et de l'environnement,et, des paysans debouts sur tout le territoire avec un revenu décent , permettant à eux et leur famille de vivre dignement

      Jean Claude Depoil secrétaire général FDSEA 03

    • barbouille
      barbouille répond à Le Yéti
      • Posté à 12h12 le 27/09/2009

      je suis allée cueillir des pommes hier chez un direct chez un producteur : 70 cts le kg. Il m'a expliqué qu'à ce prix, c'était plus intéressant pour eux que de les vendre à la grande distribution que leur achète entre 3 et 10 cts le kg, APRES calibrage.

      Je cherche désépèrement du lait crû dans mon coin.

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 11h24 le 27/09/2009
    • Internaute
      Testeur de temps libre

    J'ai fait partie de ceux qui ont tiré la sonnette d'alarme, au début des années 80, à propos de la pêche où cette « course à l'échalote » de la productivité se traduit conjointement par la destruction des ressources, phénomène difficilement réversible.
    La « gauche », qui prenait alors les commandes de l'état, croyait elle aussi à la dynamique du « déversement » qui pouvait vider une profession de ses acteurs pour les recycler dans un autre secteur économique.
    Elle aussi fut incapable de mesurer qu'elle désertifierait certains territoires au risque de mettre en péril les équilibres socio-économiques, en même temps que la recherche de productivité agricole engendrerait de nouvelles pollutions et une baisse de la qualité des produits.
    Malheureusement, ainsi que le soulignent de nombreux commentaires, les principaux intéressés se firent souvent les complices de ces directives technocratiques, trouvant un intérêt à court terme dans l'élimination de la concurrence.
    Ils n'ont pas hésité, pour ce faire à participer à la destruction de leurs anciens outils collectifs de production/distribution, leurs coopératives, se livrant pieds et mains liées aux multinationales qui leur faisaient miroiter leurs « miroirs aux alouettes ».
    La prochaine étape : sans doute des usines à lait dans lesquelles l'agriculteur « conventionnel » n'aura pas les moyens d'investir et qui seront donc propriété des multinationales ; de préférence, elles seront construites dans des pays à moindre coût de production, dumping social européen oblige.
    Mon voisin François ne me contredira pas, chez nous on dit : « au plus fort la pouque » ! ..
    Et ça s'appelle l'économie libérale...

  • kkadim
    • Posté à 14h12 le 27/09/2009

    est ce qu'on ne confonderait pas « modernisation » avec « industrialisation » ou « mécanisation », par hasard. en quoi l'épandage de centaines de litres de produits chimiques sur la terre est il « moderne » ?

    • jean.pierre
      jean.pierre répond à kkadim
      • Posté à 17h06 le 27/09/2009

      je ne suis pas bien sur pour cet épandage massif de pesticides ou de désherbants, mais manier la binette sur des ha est assez éprouvant ( voir impossible) et le désherbage mécanique une sacrée dextérité.

      comme en tout, c'est la concentration qui fait le poison

  • zazachavez
    • Posté à 20h54 le 28/09/2009

    Message douloureux pour les filles qui se sont faits « installer »
    des prothèses 120D à la place de leur 85A :

    ça ne paie plus et ça va être dur de rembourser ...

     ; -)

    ( c'est juste une petite vengeance ...)

  • PétaouSchnok
    • Posté à 23h28 le 28/09/2009
    • Internaute

    Très bon article, merci.

    Je n'ai malheureusement pas la temps de lire tous les commentaires mais suis-je le seul, ici, à faire une corrélation entre cette crise du lait (où l'on nous dit qu'elle est en grande partie due à une surproduction induite par la baisse des ventes) et une certaine vérité qui fait son chemin que l'adulte ne devrait pas (plus) consommer de lait de vache ?

    Je ne compte plus le nombre de personnels de la santé (médecins, nutritionnistes, osthéo/kyné, dentiste etc.) que j'ai pu lire/entendre dire que l'homme adulte n'a absolument aucun intérêt à continuer à boire du lait de vache un fois sa croissance terminée. Au contraire, il est gras et indigeste. Alors que les bienfaits que l'on (le lobby Lactalis/Lactel et Candia ? ) lui prête se trouvent aisément dans le lait de chèvre (bcp plus sain et digeste) et les divers produits laitiers.
    J'ai moi-mm grandis en buvant en moyenne 1 litre par jour ( ! ), du bon vieux UHT-Demi écrémé, mais j'y ai renoncé il y a qlq années à mon plus grand bonheur. Je ne me prive absolument pas de fromages et yahourts aux laits de vache et de chèvre en revanche, mais zéro carton / bouteille de lait de vache dans mon frigo.