Dette et déficits : l'Etat sourd aux alertes de la Cour des comptes

Philippe Seguin, président de la Cour des Comptes, avec l'ex-président Jacques Chirac (Patrick Kovarik/Reuters)
Explosion de la dette publique, manque de contrôle des marchés financiers, menaces sur les finances des collectivités locales : quand la Cour des comptes lance l'alerte, l'Etat l'écoute rarement. Parle-t-elle dans le désert ? Eco89 a interrogé Christian Babusiaux, président de la première chambre de la Cour des comptes. Celle qui est chargée, justement, de contrôler le travail de Bercy.
Une dette bientôt égale au PIB
C'est la principale inquiétude de la Cour des comptes, mais apparemment pas celle de l'Etat. Cette année, la dette publique devrait atteindre 1 500 milliards d'euros, presque 80% du PIB. Et selon Christian Babusiaux, elle représentera même « très vite » 100% du PIB.
Pour la Cour des comptes, la crise économique n'excuse pas tout. Face à l'explosion de la dette et du déficit, elle préconise des mesures radicales. Philippe Séguin juge ainsi inévitable une hausse des prélèvements sociaux.
Mais avec des propositions aussi impopulaires, la Cour des comptes croit-elle vraiment qu'elle sera entendue ? (Voir la vidéo)
Les limites de l'aide aux banques
L'Etat devait-il vraiment verser en urgence près de 120 milliards d'euros aux banques ? Oui, assure la Cour des comptes. Mais dans un rapport publié mi-juin, elle émettait de fortes réserves sur un des volets du plan : les entrées au capital des banques.
L'Etat a accepté d'être privé de droit de vote, donc d'influence directe. Autre concession : lorsqu'elles rachèteront ses actions, les banques ne lui verseront pas plus de 120% du prix initial. Le cours boursier des banques étant reparti à la hausse, c'est bien moins que ce que peuvent espérer les actionnaires ordinaires.
La Cour des comptes va-t-elle assez loin sur la moralisation du système ? Christian Babusiaux défend son indépendance à l'égard des lobbies financiers, mais il estime que les magistrats de la Cour ne doivent pas « se comporter comme des ayatollahs ». (Voir la vidéo)
Un « code de bonne conduite » pour les banquiers
La crise a aussi fait vaciller les collectivités locales, rattrapées par des investissements douteux et des prêts toxiques. L'Etat a même envisagé, l'hiver dernier, un plan de sauvetage pour éviter des cessations de paiement.
Faut-il encadrer les investissements des collectivités locales, comme le suggérait un trader sur Eco89 ? Pour Christian Babusiaux, les élus locaux « ne pouvaient pas réellement comprendre » les investissements qu'on leur proposait. Selon lui, donc, c'est d'abord les banques qu'il faut encadrer, avec « un code de bonne conduite ».
« Un code de bonne conduite » qui ne bouleverserait pas pour autant les règles du jeu. Trop d'entraves nuirait à la compétitivité des banques françaises, estime Christian Babusiaux. L'Etat devrait donc se contenter de son « pouvoir d'incitation et de surveillance ». (Voir la vidéo)
François Krug et David Servenay
Photo : Philippe Seguin, président de la Cour des Comptes, avec l'ex-président Jacques Chirac (Patrick Kovarik/Reuters)
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Le marché autant que possible, (...)
Le marché autant que possible, (...)
« Dette et déficits : l'Etat sourd aux alertes de la Cour des comptes »
► C'est le problème de l'infantilisme de l'électorat français,
dont on peut lire de nombreuses expressions dans les commentaires ici même :
Être attiré par les saveurs d'un assistanat présenté avec moult guimauve.
Chaque fois qu'un gouvernement français a essayé de serrer les boulons et d'apporter un peu de raison dans sa gestion, il s'est fait ramasser aux élections, au bénéfices des démagogiques :
Résultat, même si un gouvernement est persuadé de la gabegie de certaines réformes, il est obligé de les adopter, afin d'empècher une opposition promettant encore plus de gabegie, de trop tirer profit de sa démagogie..
On en est réduits à une démocratie faisant voter les enfants pour savoir s'ils préfèrent pour leur repas, des frites ou des légumes.




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