Ramadan : ces Marocains qui veulent être libres de ne pas jeûner
Ce samedi, Rue89 publiait un article de Global Voices qui résumait les réactions des blogueurs marocains après l'interpellation de militants coupables d'avoir rompu le jeûne en public à Mohammedia le 13 septembre. Alors que le ramadan s'achève ce dimanche, Ghalia Slaoui revient sur les motivations et l'organisation de ce nouveau mouvement.
(De Rabat) Créé sur Facebook il y a quelques semaines au Maroc, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali) a décidé de briser un tabou et d'en faire un exemple de militantisme pour les libertés individuelles, en organisant le « dé-jeûner » du ramadan qui lui vaut ses ennuis avec la justice marocaine.
A l'origine du mouvement, deux jeunes femmes : Zineb El Rhazoui, 27 ans, journaliste, et Ibtissam Lachgar, psychologue. Elles écrivent dans leur manifeste :
« Au Maroc, plus que dans d'autres Etats, la défense de nos libertés individuelles est une nécessité. Abus de pouvoir, inquisition socioreligieuse, intolérance, textes de loi abusifs étouffent nos libertés fondamentales. D'où l'importance d'un Mouvement alternatif pour les libertés individuelles. »
Zineb El Rhazoui n'a pas le profil lisse et superficiel que lui brosse aujourd'hui la presse marocaine. Elle a enseigné la méthodologie de l'écrit et de la recherche à l'Université française d'Egypte, et l'arabe classique à des étudiants militaires de Saint-Cyr en stage de formation au Caire.
Elle devrait défendre dans quelques semaines à l'EHESSS de Paris un mémoire de master de sociologie des religions sur l'évangélisation au Maroc.
Une communauté qui se mobllise régulièrement pour les libertés publiques
Dimanche 13 septembre, en fin de matinée, Zineb El Rhazoui et Ibtissam Lachgar sont dans le train navette qui relie Casablanca à la capitale, Rabat, avec un petit groupe de jeunes gens d'extractions sociales diverses, ralliés au mouvement grâce à l'exceptionnel buzz créé sur les sites communautaires et les blogs tenus par des activistes progressistes.
La même communauté qualifiée au mieux d » « idéaliste », au pire de « nihiliste », qui, à chaque poussée de fièvre sécuritaire au Maroc, se mobilise sur Internet pour faire entendre la voix de ceux qu'on appelle souvent au Maroc les « modernistes ».
A l'orée des années 2000, au balbutiement de cette vague contestataire, certains d'entre eux étaient déjà en première ligne pour l'organisation d'une manifestation à Rabat soutenant le projet de la réforme de la Moudawana, le code de la famille, alors que les islamistes et les conservateurs faisaient une démonstration de force dans les artères de Casablanca pour faire capoter le projet.
Ils utiliseront la puissance de la communication virale pour faire connaître le sort ubuesque de Fouad Mourtada, embastillé pour avoir crée un pastiche du profil du prince Moulay Rachid, le frère du roi, sur Facebook.
Plus récemment, ils ont eu l'idée de constituer le groupe des 9%, en référence à la frange des déçus du système révélés par le sondage sur la popularité du roi qui aura valu cet été la destruction de 100 000 exemplaires des magazines TelQuel et Nichane. [A ce sujet, voir dans les commentaires sélectionnés ci-dessous une mise au point d'un des initiateurs du groupe des 9%, ndlr]
Des manifestants armés de sandwiches
Par petites grappes, les membres du collectif Mali se donnent rendez-vous à la gare ferroviaire de Mohammedia, leur point de ralliement avant de se diriger vers une zone dégagée, à l'extérieur de la ville, leur objectif clameront-ils était de rompre le jeune « dans un espace non clos, mais dans une relative discrétion », l'action n'étant pas de le faire de manière ostentatoire.
Leur mot d'ordre essentiel étant avant tout de « protester contre l'ingérence dans la vie privée et pour la liberté de ne pas jeûner ramadan ».
Les manifestants munis de leurs sandwichs voulaient casser la croûte lors d'un happening dans une petite forêt de Mohammedia et non dans le hall de la gare comme la prétendu la presse.
Une centaine de policiers et de militaires (« 100 policiers contre 10 sandwichs », titrera non sans malice le quotidien madrilène El Mundo), étaient amassés à leur descente de train. Une autre membre du Mali dans les colonnes du quotidien espagnol :
« Notre objectif était de dire que nous sommes marocains, nous n'observons pas le jeûne, mais nous avons le droit d'exister. Chaque année, il y a des arrestations et des lynchages publics de non-jeûneurs, alors que la constitution marocaine garantit la liberté de culte. »
Des dizaines d'arrestations moins médiatiques que l'opération du Mali
La presse fera d'ailleurs état en effet de dizaines d'arrestations lors de ce Ramadan pour non-observation du jeûne en public, assorties de condamnation à la prison ferme. Des jugements expéditifs qui n'ont pas eu le même écho médiatique que celui suscité par le Mali.
Les mandats d'amener délivrés par le parquet à la police judiciaire s'appuient sur l'article 222 du code pénal marocain qui stipule que tout individu notoirement connu pour son appartenance à l'islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le ramadan est passible de un à six mois d'emprisonnement et d'une amende.
Une disposition légale jugée contraire aux normes internationales en matière de libertés individuelles comme l'ont rappelé avec insistance les organisations de défenses des droits de l'homme.
D'ailleurs, rappellent des ténors du barreau comme le bâtonnier Abderrahim Jamaï qui devrait prendre la défense des membres du Mali en cas de procès, cet article de loi ne peut servir de base juridique aux poursuites, les personnes interpellées n'ont en définitive pas rompu le jeûne en public.
Ils ne peuvent pas être valablement condamnés pour un supposé délit d'intention. Selon l'avocat :
« Nous sommes encore une fois face à une décision arbitraire, car l'infraction supposée n'a pas été commise ».
L'inadequation des textes avec la réalité sociale
Au-delà des débats juridiques, l'affaire met en exergue une réalité bien plus pesante : l'inadéquation des textes de loi avec une réalité sociale en pleine effervescence, confrontée à la mondialisation des mœurs et des idées. Si l'Islam est la religion d'Etat, la question de la liberté de culte dont la Constitution garantit le respect est de nouveau battue en brèche. « Il y a un problème de clarification à ce niveau » explique Me Jamaï :
« la liberté de culte dont se prévaut le MALI est en phase avec une conception évidente du droit au libre arbitre. Or, sur le plan politique, la religion d'Etat éteint le droit à l'autodétermination de chacun, ce qui est contraire aux libertés fondamentales ».
Là où le débat d'idées est nécessaire et où la réflexion devrait être admise, l'interdit est érigé au nom de la notion évasive de « communauté » et de « majorité écrasante » comme s'en défendent les islamistes où les conservateurs.
Pour Zineb El Rhazoui, la jeune journaliste à l'origine de ce mouvement, « l'islam existe depuis des siècles et n'a pas besoin des islamistes pour le défendre », et d'ajouter :
« Il ne sera nullement ébranlé par des personnes qui ont fait le choix, pour des raisons qui leurs sont propres, de ne pas observer une prescription religieuse.
Si nous permettons aux forces de l'obscurantisme de faire la loi dans notre société, chaque femme non voilée, chaque personne qui ne fait pas la prière ou qui boit de l'alcool pourra craindre les représailles des radicaux.
Nul n'est à l'abri du passage à l'acte d'un fanatique, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous exprimer librement et de militer pour le Maroc que nous rêvons : un Maroc tolérant, libre et pluriel. »
Dans une interview accordée en août à Libération, l'islamologue laïc Abdelwahab Meddeb souligne que, dans de nombreuses sociétés, et notamment au Maroc, le jeûne a tendance à devenir un phénomène social, plus qu'un exercice spirituel.
La liberté de pratiquer, ou de ne pas pratiquer
Les membres du Mali adhèrent à ce point de vue :
« Nous pensons que chacun doit avoir la liberté de pratiquer sa religion en son âme et conscience. Ceux qui souhaitent jeûner doivent pouvoir le faire sans contrainte, où qu'ils soient dans le monde.
Ce que nous dénonçons, c'est la stigmatisation des dé-jeûneurs et leur pénalisation du point de vue de la loi. Dans notre activité du dimanche dernier, il y avait des jeûneurs parmi nous, qui soutenaient le droit des dé-jeûneurs à exister librement, sans hypocrisie ».
La question dépasse aussi le seul cadre du débat sur les libertés individuelles, socle essentiel de la modernité d'une société. Elle interpelle sur les fondamentaux du contrat social avec la monarchie qui tire évidemment sa légitimité première de la notion de Commanderie des Croyants.
Si ce lien est très largement accepté, il ne l'est pas seulement dans sa lecture culturelle, symbolique ou identitaire. La sacralité telle que définie par la constitution marocaine impose un dogme que le régime a, à l'évidence, de grandes difficultés à synthétiser avec la modernité.
Un état de fait qui transpire dans les relations chaotiques du pouvoir avec la presse, les ONG et la frange progressiste de la société civile qui déminent depuis des années les lignes rouges imposées.
Ghalia Slaoui
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De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 13H04 | 20/09/2009 |
Très intéressant. Mais vous auriez pu titrer aussi « Ces Français qui veulent être libres de ne pas jeûner », car dans certains quartiers, gare aux élèves d'origine maghrébine qui oseraient fréquenter la cantine pendant le ramadan ! Une petite fille a d'ailleurs été agressée physiquement parce qu'elle mangeait son goûter dans la cour de récréation pendant la période de jeûne, alors que d'après son nom et son aspect physique, elle aurait dû, selon les petits caïds de l'école, faire le ramadan…
Ceci bien entendu, à l'école laïque.
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De palmer
passant | 14H51 | 20/09/2009 |
Tout à fait d'accord avec votre remarque de bon sens.
Pour prolonger cette réflexion, il me semble indispensable de défendre les libertés individuelles ET, on ne le souligne pas assez, les « libertés collectives ».
A ce sujet il est urgent d'examiner les nœuds idéologiques dans lesquels se sont empêtrées des organisations politiques françaises qui se prétendent de Gauche (PC, PS, etc.) mais qui, à force de dérapages démagogiques, sont progressivement tombées dans des attitudes morales et philosophiques complètement réactionnaires.
Depuis des décennies des municipalités de gauche servent des menus musulmans dans les cantines scolaires des écoles publiques. Pourquoi cette concession à un Ordre mystique et pas pour les végétariens par exemple ?
Tel quotidien « communiste » autrefois pourfendeur de l'obscurantisme religieux (il y a très longtemps c'est vrai) se met à faire l'éloge du travailleur héroïque soumis au ramadan.
Etc.…
Autant de preuves de cet opportunisme politicien qui atteste de l'incapacité de la Gauche française à œuvrer pour l'émancipation collective. Voilà peut-être pourquoi aujourd'hui on n'ose plus revendiquer que des libertés individuelles. En une trentaine d'années, la Gauche a désappris combien, dans l'Histoire, les institutions religieuses ont joué un rôle essentiel pour le maintien ou l'instauration des dictatures.
L'exemple du militantisme de Zineb et Ibtissam devrait réveiller la conscience des gens épris de liberté ici et là-bas et, s'il n'est pas déjà trop tard, servir de leçon à la Gauche française en soutane et nijab.
à palmer
De ESTEVE
17H41 | 20/09/2009 |
Déconnez pas ! Offrir le choix à des gamins à la cantine entre deux plats quand l'un des deux est du porc, ce n'est pas une atteinte à la laïcité, ni de l'opportunisme politique ! C'est l'intérêt des gosses qui prime… Et ça fait presque cinquante ans que ça existe dans les cantines scolaires. De la même façon, on servait autrefois du poisson le vendredi, quand « faire maigre » voulait encore dire quelque chose pour les catholiques.
A force de vous échauffer la bile inutilement, vous oubliez l'essentiel !
à ESTEVE
De palmer
passant | 17H58 | 20/09/2009 |
« Offrir le choix à des gamins à la cantine entre deux plats quand l'un des deux est du porc, ce n'est pas une atteinte à la laïcité, ni de l'opportunisme politique ! C'est l'intérêt des gosses qui prime… »
« L'intérêt… » . Quelle instance (médicale, pédagogique, …) détermine l'intérêt ?
Et pour vous, c'est quoi « l'essentiel » ?
Ça n'est pas suffisant d'avoir une opinion ; il faut aussi argumenter. C'est ce qu'on apprenait jadis à l'école laïque.
PS. Merci pour ma bile, ça va.
à palmer
De ESTEVE
10H22 | 21/09/2009 |
« l'intérêt » des enfants est défini soit par le personnel enseignant qui gère la cantine scolaire, soit par les élus pour la cantine municipale ; et l'intérêt des gosses, c'est d'avoir de quoi manger, surtout à une époque où le repas de la cantine est le seul consistant dans certaines familles. C'est ça, pour moi, l'essentiel.
Vous n'allez pas soumettre au chantage (« tu bouffes du cochon ou tu n'as rien à bouffer ! ») des gosses de 5 ou 15 ans - peu importe - pour leur faire rentrer dans le crâne que les interdits alimentaires imposés par la religion, qu'elle soit juive, musulmane, ou jadis catholique, sont absurdes. On fait bien des menus spéciaux pour les gosses allergiques, et parfois même pour les végétariens, non ?
Personnellement, je préfère me battre contre « l'infâme », comme disait Voltaire, que de punir ceux qui en sont déjà les premières victimes !
à ESTEVE
De palmer
passant | 17H58 | 20/09/2009 |
« Offrir le choix à des gamins à la cantine entre deux plats quand l'un des deux est du porc, ce n'est pas une atteinte à la laïcité, ni de l'opportunisme politique ! C'est l'intérêt des gosses qui prime… »
« L'intérêt… » . Quelle instance (médicale, pédagogique, …) détermine l'intérêt ?
Et pour vous, c'est quoi « l'essentiel » ?
Ça n'est pas suffisant d'avoir une opinion ; il faut aussi argumenter. C'est ce qu'on apprenait jadis à l'école laïque.
PS. Merci pour ma bile, ça va.
à palmer
De sharrukkin
ici | 17H47 | 20/09/2009 |
La laicité c'est pour l'ecole ,la cantine etant payante encore heureux que les enfants puissent manger ! ! !
« les libertés individuel » sauf pour les musulmans ca c'est vraiment le genre de reflexions de racistes de bas etages….
sinon felicitation pour ces courageux marocains
à sharrukkin
De palmer
passant | 17H59 | 20/09/2009 |
? …
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De ben1212
Marrakech | 02H38 | 21/09/2009 |
Bonjour
>>Béatrice
Je suis tout à fait d'accord avec toi que vivant en France, on doit accepter les lois du pays. Mais, je suis tout fait opposer à l'idée que ces marocains veulent donner des jeunes marocains(d'ailleurs ils étaient que six d'après la presse donc ils représentent pas les jeunes marocains) . Ils peuvent faire ce qu'ils veulent chez eux ou dans les restaurants mais ils doivent respecter les 99,99% des marocains qui font le ramadan. C'est bizarre de faire passer en France une loi qui interdit aux femmes de porter le hijab (voile) à l« écoles et d'essayer même de l'interdire en public sachant que rien ne vous touche si l'autre cache ou dévoile ses cheveux. si vous trouver que la france a le droit d'interdire le port de voile à l'école alors le Maroc à le droit d'interdire de ne pas faire le ramadan en public( en privée on peut faire ce qu'on veut)
à ben1212
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 12H36 | 21/09/2009 |
Sauf que la constitution marocaine garantit prétendument la liberté de culte : interdire de rompre le jeûne - en public ou en privé - c'est donc anticonstitutionnel. La liberté de culte, c'est la liberté d'être adepte de la religion de son choix ou d'aucune. Les Marocains qui jeûnent doivent respecter ceux qui ne jeûnent pas : c'est aussi simple que ça.
Ce que vous dites concernant le hidjab en France est totalement faux, et correspond bien à la propagande islamiste répandue dans les pays musulmans.
A l'école de la République, TOUS les signes religieux ostensibles sont interdits - ce qui veut dire qu'on peut porter de petits bijoux (croix, médaille, étoile de Davis, main de Fatima…) sans problème, mais rien d'ostensible. Les fonctionnaires de l'Etat sont dans le même cas, car ils sont soumis à une obligation de neutralité : pas de signe religieux ni politique ostensible.
Dans les lieux publics, aucun problème avec le voile, ni avec la soutane, ni avec la kippa ou les papillottes, pas plus qu'avec les robes de moines bouddhistes. La question de l'interdiction qui est posée en France en ce moment ne concerne pas le hidjab mais le voile intégral : celui qui cache même les yeux. Car 1) ce sont de véritables prisons portatives qui proclament l'état d'asservissement des femmes qui le portent et 2) ça pose des problèmes de sécurité dans la vie quotidienne : impossible à l'école de rendre un enfant à un fantôme voilé jusqu'aux yeux qui pourrait parfaitement ne pas être la mère, impossible d'effectuer une opération bancaire pour la même raison ni même de pénétrer dans une banque, etc…
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Tokani
Oldmole | 06H58 | 21/09/2009 |
Et oui Béatrice….
Sauf erreur de ma part les prescriptions coraniques sur le jeûne ne s'impose qu'aux Musulmans.
Donc une solution simple que comme chez nous lorsque l'on est plus en accord avec sa Foi ,o n la quitte Librement….
Mais ouille en Islam ça se complique car alors on risque la peine de mort….
à Tokani
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 12H41 | 21/09/2009 |
« Sauf erreur de ma part les prescriptions coraniques sur le jeûne ne s'impose qu'aux Musulmans. »
Bien sûr, mais comme toutes les prescriptions religieuses dans un pays laïc, elles doivent être librement consenties par ceux qui choisissent de s'y soumettre - ou pas. Il est donc parfaitement inadmissible que l'Education Nationale ferme les yeux sur le véritable totalitarisme qui existe dans les écoles de certains quartiers, où les élèves classifiés comme « devant être musulmans » par les autres musulmans sont OBLIGES de jeûner.
J'ai une amie (française) d'origine marocaine, très typée, qui s'est fait agresser physiquement par une bande de gamins dans une cité parce qu'elle fumait une cigarette à un arrêt de bus pendant le ramadan ! En France ! C'est une honte.
De spleenlancien
manant, de passage sous le soleil. | 13H42 | 20/09/2009 |
Comment ne pas faire le paralélle avec l'affaire du Chevalier de La Barre ?
Vous êtes vraiment filles des Lumières .dans votre combat pour la liberté de conscience dans un pays où le Roi est Commandeur des Croyants.
Chapeau bas Mesdames !
De mamane
Ingénieur | 13H30 | 20/09/2009 |
La religion n'est qu'un prétexte. Il ne s'agit pas de liberté de pratiquer ou non(la liberté de conscience est granti en Islam), mais de liberté public (que des états font tout pour qu'elle soit limitée)
accuse la religion, c'est avant tout ne pas accuser les politiciens et leurs petites mains qui sont les véritables acteurs des loi liberticides
mais je suppose qu'il est plus facile d'accuse le Coran que le Roi n'est ce pas ?
à mamane
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 16H19 | 20/09/2009 |
« (la liberté de conscience est granti en Islam) »
Sans blague ! Pas de délit de blasphème ni de crime d'apostasie, donc ?
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De mamane
Ingénieur | 19H03 | 20/09/2009 |
« Nulle contrainte en religion »
renseignez vous un minimum, avec des sources fiables, avant de parlez d'un sujet.
à mamane
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 12H43 | 21/09/2009 |
C'est très joli : dans le coran on trouve tout et le contraire de tout. Alors on a d'une part la célèbre et hypocrite phrase que vous citez, mais juste à côté le délit de blasphème et le crime d'apostasie, plus l'injonction de tuer les « infidèles »…
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H12 | 21/09/2009 |
Hé , pssst , Beatrice :
BOUH !
à Numerosix
De Compte supprimé le 4 janvier 3
| 16H13 | 21/09/2009 |
Si dans ton monde - que tu as défini toi-même comme un monde de cons - on veut bien s'aplatir devant les obscurantistes de tous poils, ne vous gênez pas. Mais souffrez que l'opium du peuple fasse ricaner quelques esprits éclairés et insoumis.
Rappelle vite tes potes beaufs pour qu'ils nazent ce message là aussi, et qu'ils topent la réponse « cinglante » que tu ne manqueras pas de me faire.
PS : Une petite citation - « Le truc c'est de mépriser le harceleur. Il finira par se lasser et ira s'occuper d'un autre qui à (SIC) plus le profil d'une victime .. »
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H49 | 21/09/2009 |
Pourquoi (SIC) ?
à Numerosix
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 02H12 | 22/09/2009 |
Ya gourance , c'est SIM, et il est mortu.
à Charles Mouloud
De Pas–glop
pas glop du tout | 04H08 | 22/09/2009 |
Oui, ma Sim carte est foutue… mais comment tu sais ca toi ?
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Pas–glop
pas glop du tout | 12H10 | 22/09/2009 |
Tu sais Bea, c'est vraiment pas nous qui nazons les coms… on se demande encore qui c'est d'ailleurs. Il y a quelques nazeurs compulsifs multicomptes, c'est clair, mais ca n'explique pas des nazages intensifs a + de 50 votes. A mon avis, il y a d'autres allumes qui jouent aux boules, donc ne te prends pas la tete, hein, tu peux nous reprocher beaucoup de choses (la deconnerie, l'inculture crasse, la provoq a 2 balle, la vue courte du gauchisse ennamoure, notre complaisance pour les voileurs et les voilees) ; mais tu ne peux pas nous accuser de ce petit jeu idiot. Quand nous avons quelque chose a dire, nous le disions (parce que maintenant, on ne vient plus que sur la pointe des pieds, pour pas deranger les gens serieux qui se prennent le chou caillou hibou genou avec les sujets imposes du bac de democratie neo ou socio liberale). Je te jure que j'ai meme plusieurs fois tope certains de tes commentaires. Certes je le regrette depuis, mais comme ca, sur un moment de passion eructive, on ne controle pas toujours le click impromptu de la souris sauvage.
PS : je ne t'ai pas vue a la soiree de rue 69… dommage….
à Compte supprimé le 4 janvier 3
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 07H52 | 23/09/2009 |
De IbnKafka
bloggeur marocain | 14H22 | 20/09/2009 |
Article intéressant, dont je viens de découvrir qu'il émane de l'hebdo francophone marocain Le Temps avant d'être rediffusé par Rue89 - une excellente initiative au demeurant.
Une remarque factuelle tout d'abord : Le MALI et le groupe dit des 9% sont deux groupes de militants distincts créés a plusieurs semaines voire mois de distance - il me semble ainsi que la création du MALI en tant que groupe sur Facebook date de quelques mois (mai ou juin 2009 ? ), alors que le groupe dit des 9% date de la censure du sondage sur les dix années de règne réalisé pour les magazines marocains Tel Quel & Nichane ainsi que pour Le Monde, début août 2009.
D'autre part, alors que le MALI semble s'être donné une ou deux porte-paroles, le groupe des 9% est protéiforme & spontané et n'a absolument aucune hiérarchie interne ou statut formel. Ainsi, si j'ai initié le groupe Facebook des 9% (pour rappel, le sondage interdit au Maroc indiquait que 9% des personnes interrogées estimaient que le bilan des dix années du règne du Roi Mohammed VI était négatif ou n'exprimaient pas d'avis là-dessus), je ne représente que moi-même, et chacun des militants s'étant reconnus dans les 9% a sans doute sa propre vision et appréciation de l'action du MALI - de nombreuses personnes s'étant retrouvés dans le combat pour la liberté d'expression du groupe des 9% se retrouvent également dans le combat des militant-e-s du MALI, mais d'autres, dont je suis, ont une autre appréciation des choses.
Il faut également souligner un point qui me semble personnellement important : jusqu'à ce jour, le MALI semble limiter sa perception des libertés individuelles aux seules interdictions d'inspiration religieuse, notamment l'interdiction faite aux musulmans de manger en public durant le ramadan. Je n'ai ainsi pas eu vent de leur réaction à l'interdiction du sondage royal, ou à d'autres violations des libertés publiques au Maroc ces derniers mois. Le groupe des 9% a un champ d'intervention plus large, me semble-t-il, ne se limitant pas aux seules questions touchant à l'islam. Ces questions, pour importantes qu'elles puissent être, sont très, très loin d'épuiser la question des libertés publiques au Maroc.
De ESTEVE
14H30 | 20/09/2009 |
l'article 222 du code pénal marocain qui stipule que tout individu notoirement connu pour son appartenance à l'islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le ramadan est passible de un à six mois d'emprisonnement et d'une amende.
Voilà bien l'hypocrisie de la loi : au Maroc, il suffit de ne pas être « notoirement connu » comme juif marocain pour être OBLIGATOIREMENT et JURIDIQUEMENT considéré comme musulman, avec les conséquences qui s'ensuivent : obligation de respecter, en public du moins, le Ramadan, sous peine de prison ; interdiction de se déclarer chrétien, bouddhiste, ou libre-penseur, sous peine de prison pour crime d'apostasie. N.B. Ce n'est pas propre au Maroc, c'est la même chose dans tous les pays qui ont une religion d'Etat (l'Islam en l'occurrence, mais jadis, dans le royaume de France, c'était le catholicisme).
Que les lecteurs qui prétendent que la religion est accessoire dans cette affaire nous expliquent ce qu'ils font de la liberté de conscience !
« Dieu, la Patrie, le Roi » : cette sainte trinité, au Maroc, est la limite des libertés des citoyens !
à ESTEVE
De IbnKafka
bloggeur marocain | 16H22 | 20/09/2009 |
Esteve : l'apostasie, c'est-à-dire le fait pour un musulman d'abjurer sa foi et de se convertir à une autre religion ou d'affirmer son athéisme, n'est pas punissable en droit pénal marocain.
Le prosélytisme l'est dans les conditions édictées à l'article 220 alinéa 2 du Code pénal : « est puni de la même peine [emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 200 à 500 dirhams] quiconque emploie des moyens de séduction dans le but d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d'enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats ».
à IbnKafka
De ESTEVE
17H17 | 20/09/2009 |
Je veux bien… je ne suis pas juriste. Mais j'ai connu le cas, dans les années 90, du fils d'un collègue marocain (je vivais et travaillais à CASA) qui avait été embastillé pour avoir déclaré sur une radio « périphérique » qu'il s'était converti au christianisme. Peut-être était-ce l'article 220 alinéa 2 sur le prosélytisme qui avait été invoqué (il visait surtout à l'origine les ordres religieux de l'époque coloniale, mais il est à géométrie variable, non ? )… Franchement, qu'est-ce que ça change au résultat ?
J'ai entendu aussi Hassan II dans un discours dire qu'aucun musulman ne pouvait admettre l'apostasie, ce qui semblait à l'époque une évidence pour tout le monde au Maroc. Franchement, qu'est-ce qui a changé depuis 20 ans ?
Et je m'abstiendrai de faire quelque commentaire que ce soit sur l'indépendance de la justice marocaine (il y a assez à faire en ce moment avec la française ! )
à ESTEVE
De IbnKafka
bloggeur marocain | 18H00 | 20/09/2009 |
Effectivement Esteve, le problème est plutôt à chercher parmi les magistrats censés appliquer la loi. Les textes en vigueur ne sont pas forcément si graves que ça - et encore - le problème principal, est l'application indigente et biaisée qu'en font les juges. Les Marocains qui s'intéressent à la question de l'indépendance de la justice envient ( ! ) les magistrats égyptiens et pakistanais, également en exercice dans des régimes autoritaires, mais réputés pour leur indépendance relative vis-à-vis du pouvoir politique - dans ces deux pays, magistrats et avocats sont les fers de lance de la contestation du pouvoir autocratique. Le Maroc en est hélas très loin - peut-être lui aurait-il fallu être colonisé par le Royaume-Uni pour avoir une magistrature plus indépendante…
De blablablaetblablabli
patati et patata | 16H59 | 20/09/2009 |
Le pire c'est en Algérie la bas il ne vaut meme pas y penser à déjeuner c'est à l'arme lourde qu'ils vont les attaquer.
Le salafisme wahabite c'est tellement incrusté dans la société algérienne qu'ils se rendent meme pas compte ,ils parlent de respect alors que dans la cellule familiale les freres prennent leurs soeur pour des bonniches le père idem ,le mépris qu'ils vouent à la gente féminine est considérable,et le code de la famille viens entériner tout ça.
D'ailleurs quand l'homme décéde sa femme n'a pas le droit de se marier et si l'épouse viens à décédé l'homme lui si il pouvait prendre toutes les femmes en brochettes il le ferait est autorisé, voir meme conseillé de le faire,en fait en ce qui concene la femme les musulmans voient le mal là ou il n y pas.