Enquête

« Farewell » : les secrets de l'affaire d'espionnage du siècle

Guillaume Canet (Pierre) et Emir Kusturica (Grigoriev) dans "L'Affaire Farewell" de Christian Carion (DR).

lesinfos.gifLe film « L'Affaire Farewell », de Christian Carion, sort sur les écrans le 23 septembre. Il s'inspire -librement- de l'histoire bien réelle du colonel Vladimir Ippolitovitch Vetrov, alias « Farewell », nom de code de la meilleure « taupe » que les services de renseignement occidentaux aient jamais eue au sein du KGB, leur homologue soviétique. (voir la bande-annonce)


Révélée initialement par Thierry Wolton en 1986 dans son livre « Le KGB en France » (Grasset), l'affaire « Farewell » a fait couler beaucoup d'encre, avec nombre de rumeurs et de théories du complot. Tout le voile n'est pas encore levé sur cette histoire à multiples facettes, qui a eu un impact énorme sur les relations transatlantiques et sur le bras de fer entre l'Est et l'Ouest.

A l'occasion de la sortie du film, un nouveau livre très vivant et bien documenté, signé de Sergueï Kostine et Eric Raynaud (scénariste du film), « Adieu Farewell » (Robert Laffont), est publié ces jours-ci.

A partir de ces écrits et sur la base d'autres témoignages méconnus, il est possible aujourd'hui de révéler quelques secrets de cette opération exceptionnelle, menée par les services français, en lien avec la CIA.

L'un de ces témoignages clé est celui, crucial, de l'ancien agent traitant de « Farewell », militaire français qui fut, sur le terrain et sous le pseudonyme de « Monsieur Paul », au contact direct de Vetrov durant presque une année à Moscou et qui a toujours, depuis lors, cultivé la discrétion. « PF » -ce sont ses initiales- , aujourd'hui à la retraite, m'a confié qu'il souhaitait rester dans l'ombre, même si nom est apparu ici et là.

Mais son récit, nous allons le découvrir, a été récemment mis en ligne sur le site de l'Association des anciens des services spéciaux de la défense nationale, dont il est membre. Avec d'autres sources récentes, il permet de mieux comprendre le contexte, le déroulement et les conséquences de « l'affaire Farewell ». Et de rétablir quelques vérités.

Un petit résumé de l'affaire Farewell

Pour commencer, mieux vaut résumer l'histoire. Officier de renseignement modèle progressivement désillusionné par le système soviétique, Vetrov (interprété dans le film par Emir Kusturica) prit contact début 1981 avec des amis français de Thomson-CSF, qu'il avait connus dans les années 60 à Paris, afin de livrer des documents à la DST, service de contre-espionnage français.

Dans un premier temps, un des ingénieurs de Thomson (interprété par Guillaume Canet), du nom de Xavier Amiel (voir son interview vidéo ci-dessous), assuma les premiers rendez-vous à Moscou, avant de laisser la place, en mai 1981, à un professionnel du renseignement, « PF », attaché militaire adjoint à l'ambassade de France à Moscou. Au total, près de 4000 documents soviétiques furent transmis à la DST. Grâce à cette taupe au sein du KGB, les Français découvrirent des pans entiers du dispositif de pillage scientifique et technologique des Soviétiques à l'Ouest.

Le président François Mitterrand en informa le président Ronald Reagan lors du sommet d'Ottawa en juillet 1981. La CIA et la DST travaillèrent sur l'ensemble des informations collectées, découvrant les faiblesses technologiques de l'URSS, dont ils surent tirer parti.

« Farewell » disparut un jour de février 1982 à Moscou, arrêté pour une affaire de meurtre d'un milicien et de tentative d'assassinat de sa maîtresse. Condamné à douze ans de goulag, Vetrov ne fut démasqué qu'en 1983 comme « traître », après l'expulsion par François Mitterrand de 47 « diplomates » russes en poste à Paris. « Farewell » fut exécuté.


Voilà pour planter le décor. Mais rentrons maintenant dans les secrets de cette histoire.

Une paranoïa aiguë du KGB et de l'URSS, qui croyait à une guerre nucléaire

Le contexte, d'abord, est beaucoup plus tendu qu'on ne le croit. Au début des années 1980, la Guerre froide bat son plein. L'URSS a envahi l'Afghanistan et la Pologne est sous tension. A Moscou, les dirigeants soviétiques vieillissants voient arriver l'élection de l'ultra-républicain Ronald Reagan à la Maison-Blanche comme un vrai danger. D'après le livre référence de l'historien Christopher Andrew et de Vassili Mitrokhine, « Le KGB contre l'Ouest » (Fayard), le Premier secrétaire du Parti communiste, Leonid Brejnev, prononce en mai 1981 au KGB un discours secret dénonçant la politique de Reagan comme « une menace sérieuse ».

Son successeur Youri Andropov, issu du KGB, décide fin 1981 une opération prioritaire de renseignement, baptisée « RYAN », afin de tout savoir sur une présumée future attaque nucléaire américaine contre l'URSS, jugée imminente. Les agents du KGB dans le monde doivent alimenter, dans le sens souhaité, cette paranoïa galopante.

Il est probable que le colonel Vetrov, de plus en plus frustré professionnellement au sein de la direction T (renseignement scientifique et technique) du KGB où il travaillait, ait été choqué par ces directives secrètes, qu'il ait craint sérieusement le déclenchement d'une guerre nucléaire.

Cela a sans doute pesé dans sa décision de donner des informations aux Français, si l'on en croit l'ex-agent traitant de Vetrov, dans son témoignage :

« Là où est [Vetrov], il ressent parfaitement l'ambiance de guerre qui envahit la population, mais surtout la classe dirigeante ; il sait que la doctrine soviétique envisage l'emploi normal de l'arme atomique. Il connaît la capacité de riposte occidentale. Il comprend, par les papiers qu'il traite, que la Nomenklatura essaye de reprendre l'avantage ; des joueurs d'échec. »

Lire sur la page suivante : « Le “traitement” de Vetrov par les services français : la DST n'opère pas seule » et « Une manipulation des Soviétiques ou des Américains ? Thèse invraisemblable »

30 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 11H22 | 18/09/2009 | Permalien

Il y a eu deux patrons de la DST sur ce coup : Marcel Chalet au début de l'affaire, remplacé par Yves Bonnet en 1982.
Avec, peut-être, une « déperdition » entre le début de l'affaire et l'expulsion.
Quant aux « diplomates », ils n'étaient pas « russes », mais « soviétiques » (originaires d'URSS). Et parmi eux, quarante étaient officiellement des diplomates, d'autres étaient officiellement des journalistes, et le reste je ne sais plus.

De savoir que Emir Kustarica et Guillaume Canet y sont en binôme, il n'y a pas de doute, c'est surement du bon, que dis-je, du très bon.

A ne pas louper, surtout que ce ratage russe reste encore une honte pour eux.

http://allainjulesblog.blogspot.com/

Portrait de Bad Time For Human Kind

De Bad Time For Human Kind

Chieur Public | 11H49 | 18/09/2009 | Permalien

« Elles ont notamment laissé le KGB dérober des logiciels américains préalablement piégés, qui ont fini par provoquer des dégâts majeurs en URSS, par exemple en faisant exploser un gazoduc soviétique… . »

J'aimerais bien savoir comment on fait péter un gazoduc avec un logiciel !

Portrait de Corti

à Bad Time For Human Kind Portrait de Bad Time For Human Kind De Corti

Onaniste Otaku | 12H13 | 18/09/2009 | Permalien

Si le gazoduc possède des valves commandés par un logiciel, ça ne me semble pas impossibles si ?

Il suffit d'en ouvrir une, de fermer l'autre, de laisser le gaz s'accumuler et avec la pression… BOUM !

Après, je reconnais que je n'ai aucune connaissance sur le fonctionnement d'un gazoduc, mais cette solution ne me semble pas aberrante en soi. Après, comment le logiciel piégé a pu se connecter au centre de gestion des gazoducs, c'est autre chose : )

Portrait de SlyTheSly

à Bad Time For Human Kind Portrait de Bad Time For Human Kind De SlyTheSly

Testeur jeux videos (QA) - Antony (... | 12H16 | 18/09/2009 | Permalien

j'y connais rien, mais j'imagine :
Le logiciel dit « la pression n'est pas trop forte, vous pouver augmenter », quand la réalité est « ça va péter si on pousse à peine plus fort »…et paf, pastèque.

ça doit être un poil puis subtile cela dit, mais c'est un exemple : p

(un peu de la même manière, un logiciel peut faire crasher un avion, en quelque sorte)

Portrait de Azza

à Bad Time For Human Kind Portrait de Bad Time For Human Kind De Azza

Ingénieur en informatique scientifi... | 13H01 | 18/09/2009 | Permalien

Autre exemple, le crash du vol 501 d'ariane etait du a un bug informatique :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_501_d%27Ariane_5

La perte d'un vaisseau d'exploration de Mars par la Nasa a lui aussi ete la consequence d'un bug informatique (du a une incompatibilite entre deux modules logiciels, l'un utilisant le syteme metrique d'unite et l'autre le system imperial (pouces, pieds, livres etc…)

Portrait de Iv

à Bad Time For Human Kind Portrait de Bad Time For Human Kind De Iv

Roboticien utopiste | 14H26 | 18/09/2009 | Permalien

Je peux en tous cas certifier que cette anecdote est mentionnée dans les cours sur la sécurité informatique et qu'elle est assez connue. Il n'est pas très difficile d'imaginer comment un capteur de pression ou une electrovanne peuvent provoquer des dommages conséquents.

Portrait de Bad Time For Human Kind

à Iv Portrait de Iv De Bad Time For Human Kind

Chieur Public | 14H56 | 18/09/2009 | Permalien

Heureusement qu'on ne mise pas sur le tout électronique quand il s'agit de sécurité !

Portrait de Iv

à Bad Time For Human Kind Portrait de Bad Time For Human Kind De Iv

Roboticien utopiste | 15H32 | 18/09/2009 | Permalien

Difficile sur le net de dire s'il s'agit de second degré ou non, alors je réponds sérieusement, tout en appréciant l'ironie s'il y en a !

Il y a des équipements de pipeline de la meme importance de nos jours qui sont reliés à internet. Il y en a même qui le sont via une liaison sans fil non cryptée.

Ceci dit, correctement conçue, la sécurité reposant sur l'électronique peut être bien plus fiable qu'une sécurité mécanique. Les serrures en sont un bon exemple : les serrures mécaniques en France sont à 95% vulnérables aux bump keys alors qu'un dispositif électronique correctement conçu n'est pas violable sans dégradation.

Portrait de Bad Time For Human Kind

à Iv Portrait de Iv De Bad Time For Human Kind

Chieur Public | 16H47 | 18/09/2009 | Permalien

Il y a en effet un poil d'ironie, mais a peine ; )

Une vanne a une meilleure fiabilité qu'une électrovanne…

Un clapet aussi face à un pressostat…

Après on cumule dans les process à risques, entre sécurités mécaniques, électriques et électroniques ; quitte a les doubler voir les tripler. Bien sur pour tout ce qui est commande à distance et accès sécurisé on passe par l'électronique, mais c'est un peu de l'asservissement de confort ! L'électronique à l'ancienne tiens mieux dans des conditions climatiques extrêmes que les cartes modernes type CMS…

Portrait de nidieunimaître

à Bad Time For Human Kind Portrait de Bad Time For Human Kind De nidieunimaître

04H43 | 19/09/2009 | Permalien

oui encore faut-il prendre en compte les données isiométriques qui dévient d'un poil pubien les variations de Henschell, à l'origine d'un certain nombre d'interactions incontrôlées qui vont du grattage de fion au lâcher de pets dans la stratosphère. Tout ceci est clairement développé dans le livre de Yadukiri Kyemoizi : « Ma femme hurle de rire en me voyant rentrer à la maison »

Portrait de Corti

De Corti

Onaniste Otaku | 12H14 | 18/09/2009 | Permalien

Au fait, le lien contenu dans la phrase :

► Lire sur la page suivante : « Le “traitement” de Vetrov par les services français : la DST n'opère pas seule » et « Une manipulation des Soviétiques ou des Américains ? Thèse invraisemblable »

ne fonctionne pas. Par contre, les numéros de page en bas sont fonctionnels.

Portrait de Vincent Nouzille

De Vincent Nouzille (auteur)

Journaliste et écrivain | 12H45 | 18/09/2009 | Permalien

En ce qui concerne le logiciel piégé, il s'agissait d'un logiciel de contrôle des vannes et des jauges pour les gazoducs. Les Américains orientèrent discrètement les espions du KGB vers une société canadienne de logiciels et les laissèrent voler ce software piégé. Installé sur un gazoduc en Sibérie, il fonctionna normalement quelques temps. Puis il fit monter la pression dans le pipeline, provoquant une explosion. D'autres opérations de ce type furent montées par la CIA, le Pentagone et la Maison Blanche afin de miner l'économie soviétique.
Vincent Nouzille

Portrait de Bad Time For Human Kind

à Vincent Nouzille Portrait de Vincent Nouzille De Bad Time For Human Kind

Chieur Public | 14H24 | 18/09/2009 | Permalien

Cela voudrait dire qu'ils n'avaient aucune sécurité mécanique type clapet… Conception à la russe ! ; )

J'espère qu'ils ne leur ont pas fait le coup dans le domaine du nucléaire, j'ai des doutes sur tchernobyl maintenant !

Portrait de infiltré_

De infiltré_

ex étudiant...... | 13H48 | 18/09/2009 | Permalien

Histoire intéressante. Article agréable à lire.

Ca ressemble à l'opération soviétique puis russe concernant Robert Philip Hanssen aux USA qui a lui aussi balancé des noms de taupes, des informations technologiques et des information sur l'organisation d'une partie de la sécurité US aux GRU et KGB/FSB.

Enfin, il y en a à la pelle ce type d'histoires. dans un sens ou dans l'autre.
Je ne comprends pas pourquoi être étonné que ce type d'affaire alimente des théories et non pas« théories du complot » (expression vide de sens, cf : définition du terme complot).

Cette histoire est bien le résultat d'un complot puisqu'elle suppose l'intervention de plusieurs personnes agissant contre une institution ou une autre personne.

Il y a donc bien des théories. Il arrive souvent que même les dirigeants les mieux informés ne sachent pas avec CERTITUDE toutes la vérité sur un évènement et donc se contentent de ce qui est certain ainsi que des gains et pertes potentiels de l'affaire et des possibles implications.

Autre constat : comme souvent en occident on pavoise sur une opération qui a -peut-être- contribué à faire tomber l'URSS et des croc-en-jambe fait à l'autre ; pourtant diverses ramifications sont toujours là et la communauté du renseignement Russe a elle aussi ses taupe dans les pièces feutrées de l'occident mais n'en parle pas.

L'Histoire continue son chemin

Portrait de tweesty

De tweesty

Né 1jour ferié | 14H09 | 18/09/2009 | Permalien

Ce n'est pas dans les habitudes de la DST de récompenser pour « services rendus » mais là, le planter comme ça, c'est pas joli-joli…
Ca m'a quand même donné envie de voir le film.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 15H02 | 18/09/2009 | Permalien

Excellent, on croirait voir le Cardinal du Kremlin de Clancy !

Par contre, Mitterand a quand même pas expulsé les espions russes avant que sa taupe soit grillée quand même ? Cela irait à l'encontre d'une règle d'or de l'espionnage : toujours faire comme si on ne savait pas (ou du moins faire comme si on savait par un autre moyen).

Et j'aime bien le coup du panier au marché. Certes, c'est pas hi-tech, mais ça ne veut pas forcément dire que ça n'est pas efficace. Je ne sais pas depuis combien de temps se pratique l'échange de serviette au pied d'un table de café, mais c'est toujours aussi discret.

Portrait de Némehzis

à Keldan Portrait de Keldan De Némehzis

17H32 | 18/09/2009 | Permalien

Il semblerait que Mitterrand et la DST aient fait une erreur dramatique en 1983 : lorsque l'ambassadeur soviétique fut convoqué à L'Elysée, on lui présenta la liste des noms fournis par Farewell. Or, tragique bévue, il s'agissait d'une photocopie effectuée par Farewell lui-même ; dès lors, sachant pertinemment où se trouvait cette liste et qui y avait accès, les Soviétiques avaient fini par établir l'origine des fuites…
Concernant Reagan, il est notable que Mitterrand ne l'a informé qu'en juillet 1981, soit deux mois après son élection et cinq mois après le début de l'affaire elle-même. En réalité, Reagan était déjà au courant, la DST ayant travaillé et communiqué avec la CIA : il a attendu que Mitterrand lui confie ce secret déjà connu pour s'assurer de la loyauté de la France à l'égard du camp occidental. Quand Mitterrand en fut informé en 1982, il refusa de croire que Reagan avait joué l'étonnement… Pourtant, l'entourloupe était évidente !

Portrait de chengyang

à Némehzis Portrait de Némehzis De chengyang

21H32 | 18/09/2009 | Permalien

Intéressant : vos sources ?

Portrait de GastonLagaffe

De GastonLagaffe

flâneur | 17H02 | 18/09/2009 | Permalien

merci pour cet excellent article !

juste un ptit truc :
les liens de bas page pour passer d'une page à une autre ne fonctionnent pas.

Portrait de GSR

De GSR

Lycéen | 19H04 | 18/09/2009 | Permalien

Les liens ne marchent pas. Bon article mais arrêtez de mettre seulement la moitié et de donner des liens, puis des liens et encore des liens. Ca casse le rythme et faut charger 36 pages.

Portrait de Vincent Nouzille

De Vincent Nouzille (auteur)

Journaliste et écrivain | 19H03 | 18/09/2009 | Permalien

Keldan, Nemehzis a raison : Mitterrand a effectivement expulsé 47 « diplomates » soviétiques en 1983, sur la base d'une liste fournie par Farewell, avant que celui-ci soit démasqué. Le document montré par le ministre des affaires étrangères Claude Cheysson à l'ambassadeur d'URSS à Paris venait bien de la taupe de la DST au sein du KGB. Il est probable que cela a conduit les Soviétiques à chercher cette « taupe ». Mais il est aussi probable qu'il avait déjà des indices sur ce sujet avant.
Sur Reagan, il semble qu'il n'était pas au courant en juillet 1981 lorsque MItterrand lui en a parlé même si certains de ses proches e la CIA avaient déjà quelques infos. C'est surtout à partir d'un rendez-vous secret entre Marcel Chalet (patron de la DST) et Georges Bush (père) en août 1981 que la Maison Blanche a pris conscience de l'ampleur de cette opération et que la CIA a pu travailler sur les documents.
VN

PS : une vidéo sur cette enquête à voir sur lesinfos.com

http://www.lesinfos.com/nouzille/2009/09/18/les-secrets-de-laffaire-fare…

Portrait de Spiripotain

De Spiripotain

dilettante | 22H31 | 18/09/2009 | Permalien

Le triste dans cette histoire, c'est la façon dont les services français ont été incapables, encore une fois, d'assurer une porte de sortie à leur taupe. Il s'est passé la même chose en ex-tchékoslovaquie et ça a fini pareil, avec une balle dans la nuque.
Que l'on soit assez fauchés pour ne pas rétribuer les taupes correctement est une chose, que l'on soit assez fauchés pour ne pas traiter leurs renseignements à la vitesse voulue en est une autre mais qu'on les laisse tomber est indigne.

Portrait de SuperAlAmAs

De SuperAlAmAs

homo sapiens sapiens qui sait qu'il... | 22H54 | 18/09/2009 | Permalien

Poutine parle à Sarkozy…

Poutine : « Oh Sarko, Allumes tes phares ! »
Sarko : « Well ! »

Portrait de L-imprecateur

De L-imprecateur

citoyen du monde | 00H23 | 19/09/2009 | Permalien

« PF » etait le commandant Patrick Ferrand, Arretez vos pudeurs de jeune fille, son nom est partout sur internet…

Portrait de V.B.

à L-imprecateur Portrait de L-imprecateur De V.B.

Doctorant | 08H26 | 22/09/2009 | Permalien

Et alors ? Si l'intéressé n'a pas envie que son nom soit répété à chaque fois que l'on parle de l'affaire - ce qui ne va pas manquer d'arriver ces prochaines semaines - c'est son droit non ?

Portrait de daniel burdan

De daniel burdan

retraité | 13H15 | 19/09/2009 | Permalien

Ancien du service recrutement et manipulation de sources humaines à la division anti-terroriste de la DST, ce qui est dit dans cet article va contre toutes les regles ultra-securitaires des services dits speciaux…..

Chaque source humaine ou technique, possede un pseudonyme. Sa véritable identitée n'est connue que de son « traitant », du chef de service de se dernier…..L'identitée compléte est enfermée dans un double coffre fort « securisé »………

Si le chef de l'état, le President de la Republique, voir le 1er Ministre, sont destinataires des « renseignements sensibles », ils ne recoivent que des « notes blanches » directement des mains du prefet direteur de la DST.

Mais on ne donne jamais l'identitée de nos « honnorables correspondants » surtout pas à un PAYS AUSSI ALLIE SOIT-IL……..

C'est à mourrir de rire………….

Portrait de Vincent Nouzille

à daniel burdan Portrait de daniel burdan De Vincent Nouzille (auteur)

Journaliste et écrivain | 17H07 | 19/09/2009 | Permalien

Cher Daniel,
Je ne mets en doute ni votre expérience ni les règles sécuritaires des services spéciaux dont vous parlez. Mais le contenu de mon article est strictement véridique, basé sur de multiples sources. Dans le cas de Farewell, sa vraie identité n'était connue, en vérité, que d'un nombre très restreint de personnes, en l'occurrence son agent traitant (qui témoigne dans cet article) ainsi que quelques pontes de la DST (dont les directeurs successifs, Marcel Chalet - voir ses mémoires « les visiteurs de l'ombre » où il parle longuement de l'affaire Farewell sans donner son identité - et Yves Bonnet. Mitterrand n'a pas donné l'identité de Farewell à Reagan, tout simplement parce qu'il ne devait pas la connaître, mais il parlait de cette opération en cours par la DST. Puis, au second semestre 1981, les documents transmis par Farewell ont été envoyés à la CIA. Et lorsque Vetrov a disparu en février 1982 à Moscou, les Français ont fini par obtenir des nouvelles de leur taupe grâce aux Américains, ce qui signifie que ces derniers connaissaient alors son nom à ce moment là. Depuis lors, les années ont passé, via plusieurs livres, articles et reportages, le vrai nom de Farewell, le colonel Vladimir Vetrov, est apparu. Les témoignages et écrits abondent maintenant sur cette histoire, effectivement hors du commun.
Cordialement
VN

Portrait de daniel burdan

à Vincent Nouzille Portrait de Vincent Nouzille De daniel burdan

retraité | 15H37 | 20/09/2009 | Permalien

Cher Vincent,

Je ne cherche pas à mettre en doute votre article.

Neanmoins, avouez qu'il faudra une sacrée dose de courage pour consentir maintenant a collaborer avec les « services français ».

Les USA ont des strutures extrêmements pointues, pour non seulement protéger leurs sources, mais également pour les exfiltrer et les « noyer » dans la population americaine.

Dans cette affaire, il y a eu des fuites impardonnables qui ont couté la vie à la source, certainement d'une « taupe » française ou americaine.

La mascarade des coups de bouteilles sur sa maitresse, et l'assassinat du milicien….Et un parfait montage du KGB pour égarer les soupscons des services de l'ouest……….

Cordialement

Burdan

NB : La FRANCE est un des seul pays du monde Occidental à ne pas avoir de « COMMISSION PARLEMENTAIRE SUR LES SERVICES SECRETS »………..Comme c'est curieux.

Portrait de montux

De montux

etudiant | 08H17 | 20/09/2009 | Permalien

Pour en revenir au film, normalement s'etait un célèbre acteur russe qui devait jouer Vetrov mais après la pression de l'ambassadeur russe, il refusa quelque jours seulement avant le début du tournage. D'ailleur ce tournage n'a pas été réalisé a Moscou mais en Ukraine car l'equipe du film n'a pas eu l autorisation de filmer a Moscou. Pourquoi ? car le ministre de la culture russe fut l'un des « diplomates » qui fut renvoyer par mitterrand en 1983. De plus il a fait pression pour que le film ne sorte jamais en Russie.

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