Coup de coeur

Trois mois de Frédéric Mitterrand dans le texte : du pur bonheur

Alors que le ministre reprend ce mardi le débat sur Hadopi, Rue89 fait le florilège de ses déclarations les plus poétiques.

Frédéric Mitterrand à l'université d'été de l'UMP à Seignosse, le 5 septembre (Audrey Cerdan/Rue89)

D'un point de vue formel, ce n'est pas sans déplaisir que l'on retrouvera Frédéric Mitterrand à l'Assemblée pour la reprise du débat sur l'Hadopi. Depuis le mois de juin, les formidables saillies du nouveau ministre de la Culture et de la Communication détonnent dans un gouvernement davantage accoutumé aux piètres dérives langagières. Florilège.

Le tour de France à la télé : « Le camp du drap d'or du sport »

Frédéric Mitterrand n'aime pas que l'on insiste sur son côté « bonsoiiiir », hérité d'une carrière télévisuelle entre paillettes et têtes couronnées. A un journaliste de TF1 qui l'interrogeait la semaine dernière sur son côté « lyrisme et mélopées », le ministre a répondu qu'il n'était ni l'un, ni l'autre. Il suffit pourtant de ne pas l'interrompre lorsqu'il parle pour le voir s'enflammer.

Le 18 juillet, c'est au silence de Gérard Holtz que l'on doit cette déclaration d'amour démesurée au Tour de France :

« Le Tour de France c'est à la fois l'histoire et la géographie.

La géographie parce qu'à travers le périple du tour de France, on visite la France, le fait qu'il passe par des départementales fait qu'on passe par des régions où la nature est totalement vierge ou préservée et puis on découvre quelques unes des plus belles villes de France, où on a l'habitude de passer trop vite et là … »

Lancé, il ne s'arrête plus :

« C'est un exemple formidable de technique et de logistique ce que réalisent toutes les télévisions, mais notamment et surtout les télévisions publiques…

C'est une performance incroyable ! C'est un village de toile ! C'est le camp du drap d'or du sport qui se déplace sans cesse, d'étape en étape ! » (Voir la vidéo)


Michael Jackson, « incroyablement sexy »

Le ministre de la Culture est traditionnellement le nécrologue du gouvernement. Pour son entrée en fonction, Frédéric Mitterrand a eu à faire face à la déferlante Michael Jackson pour lequel il avait visiblement une immense admiration. Dans les colonnes de Paris Match, il pleure la tragédie de « Peter Pan » :

« J'ai assisté à un de ses concerts au Parc des Princes, il y a une dizaine d'années. Il était incroyablement sexy.

Celui de ses clips que je préfère est “Bad”, ce mélange d'adolescent potache qui met les mains sur sa braguette et d'adolescent romanesque…

Quand je vois cette émotion qui nous secoue tous, je m'interroge : qu'est-ce que Michael Jackson a fait de nous, et qu'avons-nous fait de lui ? »

Sur Europe1, son discours n'est pas moins laudateur sur cette première « star universelle » :

« On a tous un peu de Michael Jackson en nous. »

Tous, sauf les sénateurs, dont il a observé sur RTL qu'ils « dansaient moins bien que Michael Jackson ».

Sarkozy et moi

Frédéric Mitterrand ne craint rien. Ni les coups, ni les médisances. Mais l'idée de se faire engueuler par Nicolas Sarkozy, il l'admet, ça l'a légèrement inquiété.

En juin, tout à son enthousiasme, le ministre de la Culture a révélé sa nomination avant même l'annonce officielle du remaniement. Mais finalement, Nicolas Sarkozy ne lui a rien dit :

« Ce fut pire que s'il avait décroché son téléphone. (…) J'ai eu l'impression que le vent du boulet n'était pas passé loin. Un truc comme ça avec Jospin et j'aurais été viré. En tout cas, ça m'a servi de leçon. »

Passé près du pire, l'écrivain-réalisateur-acteur-animateur, « acteur culturel » aime-t-il à dire, n'a de cesse d'encenser le Président, un homme intelligent et surtout… gentil. Au Parisien, il confie aimer sa « nouvelle vie », bien s'entendre avec Nicolas Sarkozy qui se montre « très gentil » avec lui.

Cette relation parfaite ne souffrira d'aucun désaccord a promis le ministre. Considérant comme Jean-Pierre Chevènement qu'un ministre ferme sa gueule ou démissionne, il a précisé avoir fait voeu de silence.

Mais si Frédéric Mitterrand affiche une infinie dévotion au président de la République, il est capable d'égratigner -avec élégance- ceux qu'il n'aime pas.

Aux rumeurs annonçant l'arrivée de Frédéric Lefebvre comme secrétaire d'Etat à la Culture, il a répété sur RTL être le ministre de la Culture « et » de la Communication :

« Je n'ai pas besoin de secrétaire d'Etat à la Communication. Si
le Président souhaite que j'aie quelqu'un pour m'épauler dans le
travail considérable que cela représente, je sais qu'il choisira
quelqu'un avec qui je m'entendrai. » (Voir la vidéo)


Autre objet de sa mésestime : Jack Lang. Au mois de juin, lors d'un entretien avec l'hebdomadaire VSD, Frédéric Mitterrand ne dément pas des propos rapportés par une amie ; il aurait accepté le poste « ne serait-ce que pour voir la tête de Jack Lang devant son poste de télévision ».

Photo : Frédéric Mitterrand à l'université d'été de l'UMP à Seignosse, le 5 septembre (Audrey Cerdan/Rue89)

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7 commentaires sélectionnés

Portrait de pablico

De pablico

18H49 | 14/09/2009 | Permalien

on ne s'en lasse pas, toujours la formule choc, déroutante, à contre pied, mais poétique..

il n'ennuie jamais, il surprend toujours.(pour l'instant)

les autres, dès de début de la phrase, on peut en deviner la fin plus ou moins bateau… lui non..

les autres sont verbeux pour être verbeux. Lui, son « verbage » mitraille, claque, il est plein d'images. (pour l'instant, mais cela va-til durer ? )

notez bien, je ne parle, et n'aime que de la forme, je me garderai bien de parler du fond.

Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, pierr... | 18H45 | 14/09/2009 | Permalien

j'adore la fin

des histoires de grandes coquettes

Dieu, que ces gens là sont loin de la réalité des (vrais) gens ! ! ! !

Portrait de eden-saga.com

De eden-saga.com

webmestre | 19H25 | 14/09/2009 | Permalien

Mythe errant n'amasse pas mousse.

Portrait de Spiripotain

De Spiripotain

dilettante | 19H39 | 14/09/2009 | Permalien

Le problème, avec ce gars, c'est qu'on avait déjà une belle palanquée de traîtres avec Besson, Bockel, Amara ou Hirsch. Ce n'étaient que des traîtres idéologiques, des mangeurs de soupe un peu minables. Fredo, lui, place la barre au plus haut. C'est un traître « de sang » si l'on peut dire. Il trahit non ses idées, qui ont toujours été de droite, mais sa famille. Il assassine son oncle post-mortem et en fait un show de cabaret.
La dignité (si on peut encore écrire ce mot sous Sarko Ier) aurait été de rester en retrait, par principe, quelles que soient ses idées politiques ou son goût du pouvoir juste parce que Mitterand était son oncle.
Ca, ça aurait eu de la gueule.

Portrait de Chimulus

De Chimulus

Dessinateur de presse | 20H40 | 14/09/2009 | Permalien

Portrait de muji

De muji

français | 20H49 | 14/09/2009 | Permalien

Mitterrand, c'est le fou du Roy.
Par contre, Hortefeux, c'est la grosse cavalerie.

Portrait de affreuxjojo

De affreuxjojo

21H28 | 14/09/2009 | Permalien

C'est exactement ça, il est excellent, mais il s'est trompé de siècle.

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