La compression du son, c'est bon pour la musique
Entouré de haut-parleurs géants diffusant en boucle le même morceau de musique classique, j'ai fini par me sentir comme Alex dans « Orange mécanique », forcé d'écouter « la Neuvième de Ludwig Van ».
Pourtant, l'objectif du test à l'aveugle organisé par MusiClassics jeudi dans un studio parisien n'était pas de lobotomiser le cerveau des cobayes invités. Au contraire, il s'agissait de l'entrainer à percevoir les différences de qualité de formats de compression utilisés par les sites de téléchargement de musique.
Pour chacun des quatre extraits de musique classique choisis, six versions étaient diffusées aléatoirement : cinq technologies différentes et le « master », le fichier son originel. (Voir la vidéo)
Mais pour donner une note sur 10 à chacune de ces versions, il faut être capable de déceler une différence entre elles ! Et dès le premier morceau, un extrait de la 3e étude symphonique op. 13 de Robert Schumann, je sens que ce sera une gageure.
En fait, je suis vite complètement perdu. Avec moi, des blogueurs spécialistes de musique, dont Romain Sulpice (MyGoodZik), Laurent Belando (Rocktrotteur.com) et Frédéric Neff (Viva Musica). Ils semblent avoir l'oreille plus fine et commencent à griffonner les notes (sur 10) attribuées à chaque morceau.
On dirait que ça criaille un peu dans les aigus, non ?
En fermant les yeux, ce n'est pas mieux : mon esprit divague, je peine à me concentrer sur le son. Petit espoir au deuxième extrait (un passage de l'opéra « Didon et Enée », de Purcell) : on dirait que dans certaines versions, ça criaille un peu dans les aigus, ou que les basses manquent parfois de profondeur.
Autopersuasion ? A force d'entendre et de ré-entendre chacune des six variantes de la symphonie n°8 de Mahler, la troisième oeuvre testée, j'arrive à dégager un classement qui me semble cohérent.
Mais sur le dernier morceau, le concerto pour violon et cordes n°1 de Mendelssohn, mes esgourdes saturent, je me rends compte que je ne suis plus capable de distinguer un stradivarius sorti du studio d'un crincrin enregistré sur un dictaphone.
Le MP3 classé bon dernier… juste après la version non compressée !
Une fois le test terminé, je donne mes quatre séries de notes. Et le verdict tombe : globalement, j'ai préféré la musique compressée plutôt que la « source », la version non altérée.
Je ne suis pas le seul : sur l'ensemble des douze testeurs (dont la claveciniste Claude Nadeau et le fondateur du label Saphir productions Pierre Dyens), le « master » arrive en moyenne en avant-dernière position du classement. Soit juste avant le MP3, format qui a sonné un peu creux à la plupart des oreilles ce soir-là, même en version 320 kbps :
- WMA 320
- AAC 320 (ces deux technologies obtenant des notes très proches)
- AAC 192
- WMA 192
- Source
- MP3 320 (loin derrière)
Pour les non technophiles : l'AAC est le format utilisé par Apple pour son service de téléchargement de musique iTunes, le WMA est promu par Microsoft, et le MP3 un mode de compression plus ancien mais encore très utilisé (Rue89 s'en sert par exemple pour les sons intégrés aux articles).
Jean-Hugues Allard, cofondateur de MusiClassics, explique que parmi les sujets testés, même les plus exigeants, prêts à se payer un équipement dernier cri pour écouter leurs oeuvres préférées, se sont fait prendre, et n'ont pas donné la meilleure note au son sorti direct du studio.
Chaque format de compression donne au son une tonalité différente
Samer Roumieh, l'autre cofondateur, a une explication convaincante : chaque technique de compression donne une « tonalité », une « couleur » propre à la musique.
Par exemple, ceux qui aiment un son « plus brillant », « plus mat », « plus chaud » ou « plus froid » seront attirés par l'une des compressions en lice, la privilégiant aux autres… et à la source, trop neutre pour être douce à leurs oreilles.
Reste que les différences sont de toute façon très difficiles à déceler, ce que reconnaissaient les participants à l'expérience, habitués aux débats entre initiés sur la perte de qualité de la musique depuis l'avènement du téléchargement : « Avec ces résultats, on va faire pleurer du troll », s'amusait un blogueur.
MusiClassics propose aux internautes de se livrer au même exercice, cette fois en téléchargeant les extraits et les diffusant sur leur propre équipement : surprises en perspective pour les amoureux du bon son.
► Mis à jour le 16/9 à 15h30. Lien vers le jeu-test de MusiClassics.
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à Yann Guégan
De Vatin François
human being | 08H58 | 15/09/2009 |
« Comme précisé plus haut, on parle de “ compression de débit ”, pas de “ compression dynamique ”, donc rien à voir (sauf erreur de ma part) avec ce que recouvre la “ loudness war ”. »
Oui GRAVE erreur puisqu'il vous explique ce que vous ne voulez pas comprendre : les compressions de format induisent des interprétations du son du « master » : il faut réduire l'information, donc il y a des algorithmes qui sont prévus pour réinterpréter le son lors de sa relecture. D'un côté on taille ce qu'on estime inutile, de l'autre on reconstruit selon sa propre esthétique.
Du coup on a des changement d'égualisation, cad des aigus, des basses ect…et de rapport signal sur bruit : tout cela c'est de la dynamique !
Et l'exemple du classique est très intéressant puisque justement c'est le genre où le rapport signal sur bruit est le plus grand : cad que l'écart entre les sons les plus faibles et les plus forts est le plus important, proche du réel. De plus en classique, la restitution des timbres est très importante. D'où la question qui se pose sur la compression de cette musique…
Je pense qu'on « peut » tout à fait utiliser ces compressions, mais que la priorité c'est la MUSIQUE !
De Galad
Etudiant | 12H57 | 14/09/2009 |
A mon avis les objectifs de ce test ne sont pas les bons. Le but ne devrait pas être d'avoir le meilleur son possible, mais d'avoir le son le plus fidèle à l'original (au master donc). Si le master est considéré comme moins bon c'est que les formats compressés altèrent l'original.
Il aurait également été bien d'avoir des formats sans perte (flac, wma et aac lossless) et du vorbis.
à Galad
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 13H00 | 14/09/2009 |
Il aurait également été bien d'avoir des formats sans perte (flac, wma et aac lossless) et du vorbis.
Euh… Je vois pas bien l'intérêt ? Par définition, les formats sans perte reproduisent un son strictement identique à la source (c'est même pour ça qu'on les appelle « sans perte »). Ou alors pour leurrer les cobayes ? : -)
à Yann Guégan
De monOpinion
13H23 | 14/09/2009 |
C'est vrai que pour le lossless une différenciation « à l'oreille » est inutile. Il suffit simplement de décompresser le son au format brut, et de comparer bit à bit pour se faire une idée de la « qualité » du lossless.
Sinon un simple calcul d'un delta entre l'original et du format compressé permet de se faire une idée objective de la qualité de la compression. Généralement ce genre d'étude n'a pas grand intérêt, si ce n'est de réduire à néant certaines idées reçue concernant tel ou tel format de compression, en présentant des résultats absurdes comme c'est le cas ici (l'original est moins bon que le format compressé). Cependant le protocole de test est mauvais, à mon sens. Il aurait été plus judicieux de comparer, un format de compression avec l'original (tout en sachant que l'on peut comparer l'original avec l'original), et ce de manière répétée afin de se faire une idée de l'effet placebo.
De jck
13H36 | 14/09/2009 |
Il aurait du vous faire écouter 5 fois l'original ; )
Je suis sûr qu'il y'aurait eu autant de débats enflammés sur des différences supposées.
à Galad
De shillom
13H21 | 14/09/2009 |
Pour ma part, je pense plutôt le but du test était de déterminer quel format passait le mieux pour l'auditeur lambda, afin de ne pas proposer de trop gros fichiers inutilement sur le site en question.
à shillom
De Vatin François
human being | 09H02 | 15/09/2009 |
Le titre : « La compression du son, c'est bon pour la musique »
Donc son but devrait être de démontrer que les compromis valent mieux que le travail qui a été fait en studio et au mastering. C'est un abus journalistique….
à Vatin François
De shillom
12H33 | 15/09/2009 |
Le titre est ironique, et n'est pas choisi par l'auteur si j'ai bien compris : )
à shillom
De Vatin François
human being | 14H23 | 15/09/2009 |
OK…
De Le Mitterand
JP Morgan = menace contre la democr... | 13H03 | 14/09/2009 |
surprenant de voir le WMA 192 devant le MP3 320.
on regretera l absence de format libre .ogg
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 13H11 | 14/09/2009 |
ça me fait penser à un test qui a été fait à il y a déjà quelques temps à l'entré d'un concert de musique classique.
Une personne faisait écouter (avec un casque) un air dirigé par Rieu, et bien beaucoup trouvait ça bien jusqu'au moment où ils leurs étaient dit qui dirigeait, là ça devenait presque de la merde.
Il y en a même eu un qui a arraché le casque et est parti en colère, mais avant c'était bien.
Comme quoi …
De Ignatus Reilly
Divided by zero | 13H12 | 14/09/2009 |
Est-ce que ce test a une quelconque valeur scientifique ? Parceque le protocole me paraît un peu léger…
à Ignatus Reilly
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 13H22 | 14/09/2009 |
Quel protocole aurait-il fallu suivre selon vous ?
à Yann Guégan
De Ignatus Reilly
Divided by zero | 13H56 | 14/09/2009 |
Je ne suis pas un scientifique mais il me semble que l'on introduit systématiquement dans ce genres de tests à l'aveugle des éléments dont les cobayes ne sont pas au fait (placébos pour les tests médicamenteux etc). Le panel aussi me semble assez réduit pour que les résultats soient significatifs… Tout ça pour dire que cela aurait été plus instructif si ce test avait été pensé par des gens dont c'est le métier.
à Yann Guégan
De monOpinion
13H56 | 14/09/2009 |
Déjà les bases : double aveugle, échantillon représentatif, blouse blanche, etc.
à monOpinion
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 15H53 | 14/09/2009 |
Rappelons que chacun pourra reproduire cette expérience chez lui dans quelques jours, puisque MusiClassics va le proposer à tous les internautes. Avec son propre matériel, avec ou sans blouse blanche : -)
« Double aveugle » : concrètement, comment procéder ?
« Echantillon représentatif » : pour un test de son, est-il utile de sélectionner un quota d'ouvriers ou un quota de femmes ? Un critère d'âge est-il plus pertinent ?
De youpilpleut
13H13 | 14/09/2009 |
Que la source arrive avant derrière en moyenne c'est une information très pauvre car même en ayant des résultats completement aléatoires on pourrait quand meme calculer des moyennes et arriver à des conclusions un peu hatives.
Il faut également rajouter que la source est la plus fidèle à la source selon toute vraisemblance c'est à dire à l'enregistrement originel. Dès lors toute différence avec la source se base sur des notions d'agrément à l'oreille et non de fidélité. On peut imaginer un algorithme de compression qui ait pour seul but l'agrément auditif, en laissant de coté la fidélité. Celui ci aurait certainement eu les meilleures notes !
On pourrait donc renverser complêtement les résultats de ce test en considérant que le mp3 ayant eu des notes proches de la source il est le format le plus proche de celle ci et donc la meilleure compression.
C'est pourquoi il il existe le test ABX qui est la référence en matière d'évaluation de différences auditives. On ne cherche pas à classer des algorithmes mais on cherche à déceler des différences par rapport à la référence (la source) : on fait écouter le format compressé (A), puis la source (B), puis enfin l'un des deux sans que l'auditeur ne sache lequel (X). S'il arrive à déterminer qui est X de façon probante, alors il existe une différence significative entre les deux et la compression est donc sensible.
à youpilpleut
De jgo
14H06 | 14/09/2009 |
La méthodologie utilisée n'est certainement pas bonne. Pour ma part, j'ai souvent eu à faire des choix de matériel (micros, enceintes, amplis, …) et je me suis rapidement aperçu que mon petit cerveau ne pouvait pas faire un choix au delà de trois propositions. Et encore ! Sur 3, j'en éliminais rapidement un, faisais un choix entre les deux autres et je recommençais un autre jour en conservant le lauréat. D'accord, j'ai mis 2 ans pour me décider sur mes enceintes et j'ai usé bien des vendeurs à qui je demandais un lecteur et un ampli précis. Je me déplaçais avec ma bande magnétique, etc.
Un samedi, à 18 heures, l'ampli avec lequel je travaillais se met à fumer. En catastrophe, je cours au magasin proche et je fais confiance au vendeur pour un ampli « avec un très beau son ». Grave faute d'inattention : je ne voulais pas d'un « beau son » mais simplement d'un ampli qui amplifie. Point barre. Heureusement, le lundi, le vendeur m'a repris la bête !
Ce n'est pas un hasard si dans les studios il y a plusieurs systèmes d'écoute (ne serait-ce que la « grosse écoute » et la « petite écoute ».
De D en haut on voit loin - d en bas on voit mieux
artiste | 13H13 | 14/09/2009 |
Le jours ou l industrie proposera un son véritablement HD et que n'importe qui pourra le reconnaître au moindre son, a ce moment la on pourra revendre de la musique….
à D en haut on voit loin - d en bas on voit mieux
De Yann Guégan
(auteur)
Rue89 | 13H24 | 14/09/2009 |
C'est un peu plus compliqué que ça, c'est tout l'intérêt de l'expérience, qui remet en cause quelques certitudes.
De Gotch
13H23 | 14/09/2009 |
Pour avoir dans ma jeunesse beaucoup écouté de musique chez des revendeurs spécialisés, je sais que les hauts-parleurs jouent énormément sur le résultat. Il se peut fort bien que ceux utilisés dans le test compensaient des défauts liés aux formats présentés, et désavantageaient le son d'origine.
Un exemple : il y a 20 à 30 ans, les enceintes de chez Cabasse, matériel français connu, avaient tendance à exagérer certains contrastes, face à des baffles de chez JM Lab beaucoup plus neutres. Je parle de matériels anciens, les productions actuelles n'ont certainement pas les mêmes équilibres.
Autre facteur de différence importante (si, si) : les platines de reproductions, et en particulier les cellules de lecture avec les tailles de diamants qui différaient. Je peux vous assurer que les différences n'étaient pas négligeables. Dans le numérique, la reconversion en analogique pour l'attaque des hauts-parleurs a aussi beaucoup d'importance.
Voilà pourquoi, selon moi, il serait sans doute indiqué de ré-étalonner les oreilles avec le son direct (le vrai, celui de quelqu'un jouant d'un instrument devant vous) avant de procéder à ces essais somme toute très subjectifs. Et vous verrez que si l'on procède ainsi, les résultats seront complètement différents. C'est incroyable comme ce fameux son direct, s'il est auditionné après des morceaux enregistrés, paraîtra terne, et de toute façon très différent.
à Gotch
De saintgui
14H18 | 14/09/2009 |
Très juste : il y a d'énormes différences entre les convertisseurs numérique/analogique. La qualité de ce que vous écouterez dépend affreusement de cet élément.
Faites le test : sur un même système de diffusion (de bonne qualité) écoutez le même fichier lu depuis différents « lecteurs ». Vous serez peut-être surpris.
à Gotch
De Zu
www.jcarretero.eu | 17H46 | 14/09/2009 |
C'est vrai que le son peut changer radicalement en fonction du système d'écoute. Comme il peut changer radicalement en fonction de votre durée d'écoute, de votre niveau de fatigue, de votre taux d'alcool ou de THC (ou autre substances) dans le sang, en bref en fonction de votre état d'esprit (et de corps) au moment de l'écoute. C'est toute la difficulté pour un ingé son. Il m'est arrivé de bosser une journée entière sur un morceau et d'en être satisfait à la fin, puis de revenir le lendemain et de devoir tout recommencer, ou encore d'en être satisfait sur mes enceintes mais de le trouver nul sur un autre système. Un vrai casse-tête…
A vrai dire, un son « neutre » n'existe pas, puisque même en direct, tout dépend de l'acoustique du lieu. Mettez le même musicien jouant le même morceau dans votre salle de bain et dans votre jardin, et le son n'aura rien à voir. De plus, sans sonorisation et si plusieurs musiciens jouent en même temps, la place de chacun des musiciens dans l'espace, ainsi que votre place par rapport au groupe joueront énormément dans votre perception du son. C'est d'ailleurs pour cette raison que les premiers mixages de concerts, avant l'invention de la sonorisation, se faisaient en déplaçant les musiciens les uns par rapport aux autres, d'où les places attribués à chaque ensemble d'instruments dans un orchestre classique.
Et tout le monde ici a l'air de parler de son non compressé en parlant du morceau original. C'est presque vrai pour de la musique classique, qui reste la plus « pure » (je précise tout de suite que je ne suis pas un « puriste » ! ! ) et la moins compressée, mais pour tout autre type de musique, la plus-part des instruments, ainsi que les voix, sont compressés dès la prise de son, et les morceaux finalisés resubissent une compression en masterisation finale. C'est certes une compression qui n'a rien à voir avec une compression de type mp3, mais enfin tout ça pour dire qu'à peu près tout ce qu'on écoute est compressé à un moment ou à un autre.
à Gotch
De puresonic
Contempteur irascible | 18H34 | 14/09/2009 |
D'accord avec vous sur l'infuence de la chaîne de diffusion
(enceintes, préampli, ampli) par contre je doute que le son direct
paraisse terne par rapport à un enregistrement.
A moins d'être équipé d'un système audio flatteur et déséquilibré.
Le but pour un amateur de musique éclairé étant de régler son
système audio de maière à retrouver une expérience du son naturel la plus juste possible
à puresonic
De Gotch
06H54 | 15/09/2009 |
Il est exact que de nombreux facteurs entrent en ligne de compte, y compris l'instrument d'origine.
Je prends l'exemple d'une musique d'orgue, « la messe pour les paroisses », de François Couperin. Écoutez-la jouée sur les orgues de Notre Dame de Paris, et puis sur celles de Saint Pierre de Poitiers. Les secondes, dont les maintenances ont respecté l'instrument Clicquot d'origine, sont contemporaines de Couperin. Le résultat est très différent, plus brillant, plus spectaculaire, plus plaisant à Paris, plus intime à Poitiers. Malgré son aspect un peu plus « terne », le son de Poitiers est certainement plus en accord avec ce qu'en attendait l'auteur.
De Mr. Useless
observateur désabusé | 13H35 | 14/09/2009 |
Article très intéressant, et qui a le mérite de briser quelues idées reçues…
Maintenant la question que je me pose est la suivante… y a-t'il une cohérence à ces résultats ? ou, dit autrement, quel est l'écart-type ?
De Désabusé
desabuse.blogspot.com | 13H35 | 14/09/2009 |
Quid des formats libres comme ogg-vorbis. Là on ne parle que de formats proprios.
De Gastlag
flâneur | 15H08 | 14/09/2009 |
C'est vrai que c'est bien dommage que le format Ogg n'ai pas été testé. L'argument qui dit que c'est parce qu'ils voulaient tester les formats utilisés par les plateformes d'écoute légales, ça fait un peu serpent qui se mord la queue. Si on ignore l'Ogg il ne sera pas utilisé par les plateformes légales et donc on l'ignorera.
Tester l'ogg n'aurait pas couté plus cher et n'aurait pas pris beaucoup plus de temps, vraiment dommage.
D'ailleurs dailymotion est en train de tester sa plateforme en utilisant les formats ogg théora (vidéo) et ogg vorbis (son) :
http://openvideo.dailymotion.com/fr
(vous ne pourrez pas y accéder pleinement si vous utilisez Internet Explorer parce que ce navigateur refuse d'utiliser les standards libres du web. En gros il tend à tuer le web, merci Micro$oft. Donc utilisez Firefox ou Opéra, par exemple)
De boboétie
13H36 | 14/09/2009 |
[Examinons] « » cette faculté qui est fondamentale et qu'on oppose à tort à l'intelligence, dont elle est, au contraire, la véritable puissance motrice : je veux parler de la sensibilité. Si la sensibilité de l'homme moderne se trouve fortement compromise par les conditions actuelles de sa vie, et si l'avenir semble promettre à cette sensibilité un traitement de plus en plus sévère, nous serons en droit de penser que l'intelligence souffrira profondément de l'altération de la sensibilité. Mais comment se produit cette altération ?
Notre monde moderne est tout occupé de l'exploitation toujours plus efficace, plus approfondie des énergies nouvelles. Non seulement il les recherche et les dépense, pour satisfaire aux nécessités éternelles de la vie, mais les prodigue, et il s'excite à les prodiguer au point de créer de toutes pièces des besoins inédits (et même que l'on n'eût jamais imaginés), à partir des moyens de contenter ces besoins qui n'existaient pas. Tout se passe dans notre état de civilisation industrielle comme si, ayant inventé quelque substance, on inventait d'après ses propriétés une maladie qu'elle guérisse, une soif qu'elle puisse apaiser, une douleur qu'elle abolisse. On nous inocule donc, pour des fins d'enrichissement, des goûts et des désirs qui n'ont pas de racines dans notre vie physiologique profonde, mais qui résultent d'excitations psychiques ou sensorielles délibérément infligées. L'homme moderne s'enivre de dissipation. Abus de vitesse, abus de lumière, abus de toniques, de stupéfiants, d'excitants… Abus de fréquence dans les impressions ; abus de diversité ; abus de résonance ; abus de facilités ; abus de merveilles ; abus de ces prodigieux moyens de déclenchement, par l'artifice desquels d'immenses effets sont mis sous le doigt d'un enfant. Toute vie actuelle est inséparable de ces abus. Notre système organique, soumis de plus en plus à des expériences mécaniques, physiques et chimiques toujours nouvelles, se comporte, à l'égard de ces puissances et de ces rythmes qu'on lui inflige, à peu près comme il le fait à l'égard d'une intoxication insidieuse. Il s'accommode à son poison, il l'exige bientôt. Il en trouve chaque jour la dose insuffisante.
L'oeil, à l'époque de Ronsard, se contentait d'une chandelle – si ce n'est d'une mèche trempée dans l'huile ; les érudits de ce temps-là, qui travaillaient volontiers la nuit, lisaient (et quels grimoires ! ), écrivaient sans difficulté, à quelque lueur mouvante et misérable. L'oeil, aujourd'hui, réclame vingt, cinquante, cent bougies. L'oreille exige toutes les puissances de l'orchestre, tolère les dissonances les plus féroces, s'accoutume au tonnerre des camions, aux sifflements, aux grincements, aux ronflements des machines, et parfois les veut retrouver dans la musique des concerts.
Quant à notre sens le plus central, ce sens intime de la distance entre le désir et la possession de son objet, qui n'est autre que le sens de la durée, ce sentiment du temps, qui se contentait jadis de la vitesse de la course des chevaux, il trouve aujourd'hui que les rapides sont bien lents, et que les messages électriques le font mourir de langueur. Enfin, les évènements eux-mêmes sont réclamés comme une nourriture jamais assez relevée. S'il n'y a point, le matin, quelque grand malheur dans le monde, nous sentons un certain vide : « Il n'y a rien, aujourd'hui, dans les journaux ! », disons-nous. Nous voilà pris sur le fait, nous sommes tous empoisonnés. Je suis donc fondé à dire qu'il existe pour nous une sorte d'intoxication par l'énergie, comme il y a une intoxication par la hâte, et une autre par la dimension.
Les enfants trouvent qu'un navire n'est jamais assez gros, une voiture ou un avion jamais assez vite, et l'idée de la supériorité absolue de la grandeur quantitative, idée dont la naïveté et la grossièreté sont évidentes (je l'espère), est l'une des plus caractéristiques de l'espèce humaine moderne. » »
Variété (essais quasi politiques) de Paul VALERY.
Là, j'ai l'impression d'être franchement passéiste…
De Oskari Frösèn
Monsieur | 13H39 | 14/09/2009 |
Plus 10 000 avec youpilpleut. Même si le test ABX n'est pas la panacée, c'est toujours nettement mieux que votre truc là. Il y a tellement de paramètres qui ne sont pas pris en compte que la conclusion ne vaut pas grand chose pour rester mesuré. Conditions d'écoutes, matériel d'écoutes, conditions d'enregistrements etc etc.
Quant à : « Par exemple, ceux qui aiment un son “ plus brillant ”, “ plus mat ”, “ plus chaud ” ou “ plus froid ” seront attirés par l'une des compressions en lice, la privilégiant aux autres… et à la source, trop neutre pour être douce à leurs oreilles »
Là j'avoue, chapeau hein ! Une source trop neutre, j'avais jamais lu ça encore : ) Et « trop neutre pour être douce » c'est un petit peu la cerise sur le gâteau, miam. Et pour les couleurs des compressions, hmm hmm.