TRIBUNE 14/09/2009 à 17h58

Droit d'auteur et Internet : vers la répression graduée

Sophie Boudet-Dalbin | Doctorante en sciences de l'information et de la communication

Si le volet répressif n'apparaît pas comme une fin en soi, il demeure un moyen de dissuasion des internautes adeptes du téléchargement illégal. Le système de riposte graduée doit décourager l'internaute lambda de pirater. Lawrence Lessig parle de « principle of bovinity ». Tout comme les vaches n'essaient pas de sortir des minuscules enclos de fils électriques, la majorité des gens ne luttera pas contre les restrictions sur Internet, si dérisoires soient-elles.

Hadopi 1.0 : débuts difficiles

Plutôt que des procès pour l'exemple avec pour seul effet de détruire l'image de marque des majors, la riposte graduée apparaît plus adaptée pour frapper de façon plus légère mais systématique. Lʼindustrie américaine attend de la France des premiers pas officiels afin dʼouvrir la voie à des solutions graduées ailleurs dans le monde. Déjà proposé en 2006 avec la loi DADVSI, le système de riposte graduée cède la place aux peines de prisons.

Trois ans après, le niveau du piratage semble devenir de plus en plus « sexy » et les ventes de CD et DVD continuent de chuter. La riposte graduée refait surface avec le projet de loi Hadopi, issu des accords Olivennes de novembre 2007. Un accord prévoit la mise en place dʼune autorité administrative chargée de superviser la lutte contre le piratage et en contrepartie la fin des DRM et lʼalignement de la sortie des films en VOD sur celle des DVD.

Le projet de loi Hadopi instaure une procédure en trois temps : message électronique adressé à lʼabonné, seconde recommandation sous forme de lettre de recommandation, puis sanction avec suspension de lʼabonnement pour 2 mois à 1 an. La politique des radars automatiques sur la route, appliquée au P2P.

Hadopi 2.0 : utopies et désillusions

Sʼen suit une bataille politique, qui se solde en juin 2009 par une censure partielle du Conseil constitutionnel, qui rappelle que le pouvoir de sanction ne peut incomber qu'au juge et que le principe de présomption d'innocence doit prévaloir.

Par ailleurs, les critiques dénoncent une loi liberticide, qui va à lʼencontre du principe de neutralité du Net du Parlement européen. En outre, Hadopi apparaît techniquement inapplicable, facilement contournable et déjà obsolète avec notamment lʼévolution incessante du cryptage, des réseaux privés virtuels, et lʼadresse IP qui
ne constituant pas une preuve suffisante.

Le gouvernement opte alors pour la promulgation des cinq articles non censurés et la loi Hadopi 2 sera à nouveau soumis au vote à lʼAssemblée nationale le 15 septembre 2009.

Lʼaprès Hadopi : la vérité est ailleurs...

Le discours du gouvernement français révèle des zones dʼombre. LʼUFC-Que Choisir rappelle lʼorigine douteuse des chiffres cités par Christine Albanel lors de la première lecture du projet de loi : un milliard de fichiers piratés.

Un chiffre impressionnant qui sʼappuie sur une étude du cabinet GfK comportant des failles. Le responsable explique que pour une telle étude, il est fait appel à la mémoire de lʼintéressé, et pour compenser le fait que les interviewés minimisent souvent le poids réel du téléchargement, les résultats sont extrapolés et multipliés par douze...

Lʼassociation sʼinterroge par ailleurs sur le fait de citer des expériences étrangères de pays qui nʼont jamais mis en place la riposte graduée. Car tous les pays dʼabord séduits par la mise en place dʼun tel système ont peu à peu abandonné lʼidée.

Le but premier du projet de loi, de lutter contre un manque à gagner des ayants droit, est également remis en cause. Comme le montre maitre Eolas, avocat au barreau de Paris et auteur d'un blog juridique, la loi est contraire à lʼintérêt des artistes qui ne pourront pas demander réparation de leur préjudice et doivent sacrifier leur rémunération à leur soif de répression.

Lʼenjeu semble aller au delà du simple affrontement entre adeptes dʼun état de droit et libertaires. Les pressions pour la modification de la législation du droit dʼauteur semblent être le résultat dʼun affrontement entre puissances industrielles et commerciales : D

  • dʼun côté, les industries culturelles et médiatiques dont le modèle économique repose sur la production de contenus attrayants pour le public ;
  • face à elles, les industries des télécommunications, de lʼinformation et dʼInternet qui récoltent tous les fruits du boom du réseau.

La riposte graduée renouerait donc avec le fantasme dʼune police du net dévouée aux majors. Reste à voir si la législation peut et va réussir à encourager lʼoffre légale tout en préservant innovation technologique et libertés individuelles.

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  • dahubahu
    • Posté à 18h15 le 14/09/2009

    encore du n importe quoi internet ne nuit nullement aux artistes il faut le comparer a un outils de communication gratuit voilà j ai lacher le mot qui fâche GRATUIT

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 18h23 le 14/09/2009
    • Internaute
      non connue

    Au nom du « principle of bovinity », je me souviens de l'époque rigolote des décodeurs pirates Canal +.
    Dès l'interdit créé, et l'envie d'illicite émulée par le fameux cryptage publicitaire (csssssss), à peu près tous les bureaux d'études d'électronique ont sorti leur version. C'était un défi technique, largement relevé.
    Le bœuf a plus d'un tour dans son sac...

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 09h09 le 15/09/2009
    • Internaute
      Littéral

    Cet article est une bonne synthèse de l'absurdité du discours qui justifie hadopi.

    Nous le résumerons par ces données, même en tenant compte des études à charge contre les échanges de fichiers numériques dont le contenu est soumis au droit d'auteur, on arrive, à peine, à justifier 5 % de «  manque à gagner  »

    Comme il revient moins de 10 % aux auteurs eux-mêmes et aux interprètes sur le prix vendu au détail d'un CD ou d'un DVD on peut se faire une idée de l'impact réel de l'échange illicite de fichiers sous droits par internet.

    En 2005, la contrefaçon industrielle représentait près de 40 % des CD vendus pour le seul secteur de l'édition musicale.

    En 2008, une étude montrait que 30 % des français affirmaient acheter des produits contrefaits et 23 % disaient acquérir des CD et DVD piratés.

    La contrefaçon industrielle représente, environ, 10 % du commerce mondial.

    Cette économie informelle est de loin le problème majeur des industries culturelles et de divertissements, bien avant, le phénomène des échanges de fichiers sur internet.

    En fait, les principaux opérateurs de médias, télévisions et téléphonies mobiles sont les premiers concernés par les échanges de fichiers.

    Les marges énormes que réalisent ces sociétés de l'audiovisuel et de la téléphonie mobile sont très soucieuses de sauvegarder leurs modèles économiques :

    Les télévisions veulent s'assurer l'exclusivité de la diffusion des séries TV américaines qui leur permet de vendre aux annonceurs du temps de publicité à des tarifs records !

    Les opérateurs de téléphonie mobiles veulent continuer les ventes au détail de produits dérivés, des contenus, à des tarifs exorbitants.

    Le président de la république, le gouvernement et l'UMP ne seraient pas fâché de tenter de contrôler mieux l'anarchique circulation des information sur le web.

    Ça, en France aucun élu, ni aucune personnalité politique n'a accepté cette étonnante liberté de produire et de faire circuler très rapidement, en dehors de tout filtrage préalable des informations.

    Décidément le monde numérisé, «  notre  » monde, leur sort par les yeux et les oreilles !

    Français, encore un effort pour être démocrate !

    Quand au droit d'auteur, il n'est absolument pas question de le revoir !
    Le gouvernement canadien doit être fou, il ose consulter tous les citoyens afin de préparer une révision du code de la propriété intellectuelle afin d'adapter le droit aux réalités technologiques.

  • YoshiL7
    • Posté à 20h29 le 14/09/2009

    L'après hadopi... il y a cette commission (ou je ne sais comment on appelle cela) inventée par le roi de France... il a nommé le producteur de Carlita à sa tête(oh la coicindence ! )... pour nous sortir ce qui n'est pas un secret de polichinelle même si cette commision n'a rien dit pour le moment : la taxation des FAI sans contrepartie pour l'internaute en plus de l'hadopi... donc sans offre musicale de qualité (ou alors très limitée en fonction du FAI) et bien évidemment sans droit de redistribution... on y va tout droit... reste qu'au début des années 80, les majors nous la jouait déjà caliméro...1980 - 2009, 29 ans sans avoir essayer de revoir leur modèle qu'elles savaient déjà aller tout dans droit dans le mur... Après Hadopi, viendra Lopsi et les propos d'un Copé ou Guéant ces jours ne sont pas rassurant pour la suite à venir vu qu'internet est la principale source de malheur pour ces gens... Vouloir mettre des régles, des lois sur internet au prétexte de la démocratie, de la liberté pour mieux tenter d'y imposer ses idéos, de prendre en force le controle, cela n'aura pour effet que de rendre internet encore plus anarchique et encore plus difficile à dompter...

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 21h58 le 14/09/2009
    • Internaute
      Littéral

    L'enfumage du ministère de la Culture et du président de la république à propos d'Hadopi :

    de 2004 à 2007 les revenus du téléchargement légal de musique et des jingles de téléphonie mobile sont passés de 8.500.000 € à
    50.800.000 €
    Une augmentation fantastique des revenus numériques des producteurs et des opérateurs qui est dû, en toute logique, à l'accroissement du nombre d'accès haut débit en France.

    Tout de même, une augmentation des revenus de 597 % en 4 ans, ces résultats sont tous simplement excellents  !

    Alors Hadopi, pourquoi ?

    REVENUS NUMÉRIQUES DES ÉDITEURS DE DISQUES
    en Millions d'€

    2004
    total ................................ 8,5
    Téléchargement légal......... 1,9
    Téléphonie mobile............... 6,6

    2005
    Total.............................. 30,7
    Téléchargement légal......... 9,3
    Téléphonie mobile.............21,4

    2006
    Total............................. 43,5
    Téléchargement légal...... 17,1
    Téléphonie mobile........... 26,4

    2007
    Total............................. 50,8
    Téléchargement légal ..... 22,1
    Téléphonie mobile........... 28,7

    Comprend les téléchargements de titres, albums et vidéos en entier et les autres produits musicaux : logos, sonneries, sonneries d'attente téléphoniques...
    Source : SNEP/DEPS
    Statistiques accessibles en ligne sur le site du ministère de la Culture. J'espère que c'est du téléchargement légal.
    Parce que c'était gratuit, c'est louche, d'après vous ?

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 09h56 le 15/09/2009
    • Internaute
      chasseur de gorille

    j'ai lu ké t'part que les ventes française de (parait-il chansons) on baissé de 17%

    si ma couille 2 passe,l'chiffre vas pas changer

    a vot avis pourkoi ?

  • Tyb
    Tyb
    • Posté à 10h48 le 15/09/2009

    « dʼun côté, les industries culturelles et médiatiques dont le modèle économique repose sur la production de contenus attrayants pour le public »

    et oui et quand on casse son propre modèle économique en ne produisant et ne markettant plus que de la soupe faut pas s'étonner...

    après on peut effectivement assimiler les internautes à des vaches, mais les vaches ne mangent malheureusement pas de soupe.

    et vu les déclarations du coté des maisons de disques, on s'aperçoit rapidement que les chèvres ne comprennent rien à internet.

    bye bye messieurs la musique et les revenus des artistes se porteront bien mieux sans vous.

  • Corum Jhaelen Irsei
    • Posté à 12h09 le 15/09/2009

    Je reste sur ma faim par rapport aux questions suivantes :

    - un ami me prete un fichier mp3, je le copie : suis je soumis à Hadopi ?

    - je vais à la médiathèque et je fais une copie d'un dvd d'un film passé 1000 fois à la télé : suis je soumis à Hadopi ?

    -je télécharge une série passée à la télé il y a 30 ans, genre l'Homme qui valait 3 milliards (c'est juste un exemple, du moment qu'elle n'est plus diffusée), (tous les ans depuis 30 ans je paie sagement ma redevance) : suis je soumis à Hadopi ?

    -j'achète lors d'un vide grenier pour un euro un DVD de film (le gars ne me fait pas une facture pour un euro ! ! ), dont je télécharge une copie pour avoir une sauvegarde : suis je soumis à hadopi ?

    -je crée une entreprise qui achète des dvd à un euro dans des vides greniers, paie les droits de distribution et mets à disposition de ses adhérents les fichiers via internet moyennant une cotisation annuelle : mon adhérent est il soumis à hadopi ?

    Qui sait ?

    • Peureux anonyme
      • Posté à 13h01 le 15/09/2009

      Très bonnes questions.

      On voit se répandre des baladeurs ayant des capacités de stockage qui se mesurent en Gigaoctets, plusieurs dizaines pour les plus puissants. On peut transférer les mp3 de l'un vers l'autre, en transitant éventuellement par un PC.

      Je ne serai pas surpris qu'à terme, ce soit là le moyen le plus important, en volume, pour échanger les mp3. Il n'y a pas d'Internet en cause.

      Que fait le juge ? Il coupe l'Internet à qui ?

      • Sid_Mo
        Sid_Mo répond à Peureux anonyme
        • Posté à 23h51 le 15/09/2009

        De même, pour couper une connexion il faut savoir ce qui s'y passe.

        Actuellement, les uns et les autres possédent des blocs (ou des pans) entiers de collection. Il est pas compliqué, via un peu de logiciel (ou de matériel, aisément trouvable dans le commerce) d'interconnecter avec ses amis sans que l'on puisse « voir » ce qui s'y passe. Certains sites de torrents fonctionnent déjà comme ça avec des systèmes d'invitation et de validation des nouveaux entrants (notion de parrain ou garant). Et ça, les gabelous ne peuvent rien faire contre !

  • Sophie Boudet-Dalbin
    Sophie Boudet-Dalbin
    Auteur(e) de l'article Doctorante en sciences de l' (...)
    • Posté à 13h51 le 15/09/2009
    • Internaute
      Doctorante en sciences de l' (...)

    - un ami me prete un fichier mp3, je le copie : suis je soumis à Hadopi ?
    > Bon alors en fait Hadopi va filtrer les contenus échangés sur Internet, mais pas les emails (pour l'instant du moins…) ou autres réseaux privés virtuels. Donc si ton ami te prête un fichier mp3 en le mettant en ligne sur un réseau d'échange, que tu le télécharges sur ton disque dur, et que les propriétaires de ce morceau (les ayants droit) ont demandé à l'Hadopi de punir ceux qui l'échange illégalement sur Internet, et bien là oui tu pourras recevoir des avertissements ou amendes (on en saura un peu plus d'ici peu…).

    - je vais à la médiathèque et je fais une copie d'un dvd d'un film passé 1000 fois à la télé : suis je soumis à Hadopi ?
    > il s'agit d'une copie privée et tu n'es pas hors la loi. A moins bien sûr que tu numérises le DVD, l'upload sur un réseau d'échange, et que là encore les ayants droit aient averti l'Hadopi.

    -je télécharge une série passée à la télé il y a 30 ans, genre l'Homme qui valait 3 milliards (c'est juste un exemple, du moment qu'elle n'est plus diffusée), (tous les ans depuis 30 ans je paie sagement ma redevance) : suis je soumis à Hadopi ?
    > si la chaîne de TV possède toujours les droits et qu'elle prévient l'Hadopi, oui là encore t'es bon pour un avertissement.

    -j'achète lors d'un vide grenier pour un euro un DVD de film (le gars ne me fait pas une facture pour un euro ! ! ), dont je télécharge une copie pour avoir une sauvegarde : suis je soumis à hadopi ?
    > Le marché de l'occasion est tout à fait légal. Ce qui ne l'est pas par contre c'est le fait que tu va mettre en ligne ce contenu. Là encore, tout est question de savoir si les ayants droit vont laisser passer ça…

    -je crée une entreprise qui achète des dvd à un euro dans des vides greniers, paie les droits de distribution et mets à disposition de ses adhérents les fichiers via internet moyennant une cotisation annuelle : mon adhérent est il soumis à hadopi ?
    > Si tu as déjà reverser les droits aux ayants droit, l'internaute qui télécharge ce contenu légal va au contraire dans le bon sens. Mais tu risques de payer cher pour avoir le droit de proposer en ligne ces films car les ayants droit sont très très frileux quant il s'agit de proposer les films en ligne. D'ailleurs ils croient tous que l'Hadopi va leur changer la vie…

    • egide
      egide répond à Sophie Boudet-Dalbin
      Littéral
      • Posté à 23h29 le 15/09/2009
      • Internaute
        Littéral

      Les technologies de l'information posent des contradictions insurmontables aux juristes, aux magistrats et aux législateurs.

      En particulier l'échange de fichiers numériques par Internet.
      L'échange dès lors qu'il concerne des personnes hors du cadre étroit des relations personnelles privées, contrevient aux droits d'auteurs.

      Dans la mesure ou la reproduction numérique provient d'un fichier acheté légalement sur un support physique ou sur un site de vente en ligne, on devrait pouvoir le dupliquer et même faire valoir l'exception aux droits d'auteur qui tolère la copie pour un usage privé.

      Dans les faits, établir la responsabilité de la diffusion de copies licites reste un problème sans solution.

      Les personnes morales qui offrent des infrastructures informatiques pour permettre les échanges de fichier s'exonèrent de toutes responsabilités au prétexte qu'elles ne sont pour rien dans le fait que les fichiers échangés soient soumis à des restrictions de reproduction et de diffusion et se défaussent sur les utilisateurs de services d'échanges.

      Les ayant-droit n'imaginent même pas une seconde renoncer aux marges que leur procure la vente de ces fichiers sur les supports physiques comme des CD ou des DVD.

      Les sociétés de télévision ne veulent pas que les téléspectateurs potentiels des émissions dont ils se sont assurées l'exclusivité de diffusion puissent échapper aux séquences publicitaires des annonceurs qui ont payé cher l'audience supposée.

      Les distributeurs de détails des supports physiques ne supportent pas la concurrence, légale ou non, des sites de téléchargements payants ou gratuits.

      Les clients ont le sentiment d'être pris pour des vaches à lait et affirment la mauvaise qualité de l'offre.

      Les responsables politiques ont la nette tendance à édicter des mesures qui privilégient les intérêts des principaux acteurs économiques. C'est à dire les producteurs et les diffuseurs multimédias.

      Pendant ce temps là, la concentration des industries de la culture et du divertissement a fortement réduit la diversité de l'offre et favorisent des situations de domination des marchés avec l'inéluctable amoindrissement de la concurrence qui découle de la disparition de nombre d'acteurs tant à la production, qu'à la distribution.

      Si les ventes baissent en volume, les chiffres d'affaires sont à la hausse et les marges restent impressionnantes.

      Cet apparent statu quo n'est que provisoire car les avancées technologiques n'ont pas encore produit leur plein effet sur des marchés.

      Les principaux acteurs peinent à investir pour s'adapter à la nouvelle donne technique en raison des difficultés à organiser des offres en adéquation avec les nouveaux supports et refusent de partager les bénéfices avec les nouveaux partenaires, les opérateurs de réseaux et les industriels du logiciel, devenus pourtant incontournables.

      Ces nouveaux partenaires ont la prétention de tirer de la valeur sur des contenus qu'ils se contentent de transporter et de présenter aux utilisateurs sans vouloir, pour le moment, investir dans la création.

      Google est une exception à cet égard qui a développé un savoir-faire inégalé pour faciliter le passage des contenus des supports analogiques vers des formats numérisés.

      En France l'état d'urgence pour les chaines de valeur de la culture et du divertissement est instauré depuis 1986. Un certain nombre de dispositifs règlementaires ont dressé une sorte de ligne Maginot en défense des entreprises culturelles. C'est du protectionnisme pur et dur. Sans concessions. D'autant plus que des financiers en captent tout l'intérêt : l'assurance de marges très élevés sans craindre la concurrence des nouveaux entrants.

      La bascule protectionniste a eu lieu précisément quand la grande distribution a mis la main sur le pactole de la vente au détail des biens culturels et quand des financiers ont restructuré les secteurs de la production musicale et de l'édition.

      Le principe de maximalisation de la valeur a inféré une recherche d'adéquation de l'offre à la demande pour de simples principes de gestion et de compétence.

      Aucun gestionnaire de la finance et de l'industrie ne sait comment faire une économie par l'offre à part ceux du groupe LVMH et encore !
      Ils tentent en vain, par une communication publicitaire et les recettes classiques du marketing d'adapter la production des contenus à la demande pourtant si versatile et l'absence de prescripteurs de tendances pour le culturel et même pour le divertissement n'arrange rien.

      On voit mal les adolescents suivre les conseils de lecture de Finkelkraut, par exemple et même ceux de Einthoven !

      Voilà que l'ennemi est dans la place : la jeunesse française veut se cultiver et se divertir «  à l'œil  ».
      Ces jeunes personnes sont vraiment ingrates.

      C'est ce bobard énorme que le gouvernement et son tout nouveau ministre de la Culture de l'ouverture et de la tolérance pédagogique tente de nous faire accroire.

      Maudit ! C'est raté ! ? !

      M. Veto avait promis (bis)
      d'faire payer tout Paris ! (bis)

      mais son coup a manqué
      grâce à nos jeunz hackers

      Dansons la hadopi-peul
      Vive le son, vive le son
          (bis)

      Dansons la hadopi-peul
      Vive le son du iphon'  ! (for the benefit of Mr J., Apple ™ )

    • Corum Jhaelen Irsei
      • Posté à 11h02 le 16/09/2009

      Très clair. Merci beaucoup.

      A un détail près :
      -j'achète lors d'un vide grenier pour un euro un DVD de film (le gars ne me fait pas une facture pour un euro ! ! ), dont je télécharge une copie pour avoir une sauvegarde : suis je soumis à hadopi ?
      > Le marché de l'occasion est tout à fait légal. Ce qui ne l'est pas par contre c'est le fait que
      tu va mettre en ligne ce contenu
      . Là encore, tout est question de savoir si les ayants droit vont laisser passer ça…

      Non, je ne le mets pas en ligne, je v ais le chercher (on trouve tout à la S....). Mon telechargement d'une copie de sauvegarde d'un bien que je possède légalement est il légal ou pas ?
      Quid si je revends mon dvd au prochain vide grenier et que j'oublie d'effacer ma copie de sauvegarde ? (je sais c'est tordu, mais pas plus que l'idée Hadopi).

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h57 le 15/09/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Droit d'auteur et Internet : vers que dalle ouais.

    Leurs lois ne servent qu'à leur donner l'impression d'exister, à donner des choses à raconter aux médias, propos qui seront repris par leur audimat, qui part leur droit de vote influent les lois votées... Et c'est reparti pour un tour.

    Le résultat : 20 millions de gens téléchargent illégalement, dix se font chopper, trois passent à la télé. A peine mieux que les probabilités du Loto...
    Et vu le volume de données échangées sur le Net, leur idée me fait penser à un seul flic tout seul, avec un seul ballon tout seul, pour traquer tous les ivrognes sur le périf un samedi soir...

    Il est interdit de fumer des gros joints, mais je fume des gros joints. Il est interdit d'être ivre mort sur la chaussée, mais je continue à être ivre mort. Alors s'il est interdit de télécharger, je me demande bien ce que je vais pouvoir faire...

  • Pr Ourcq
    • Posté à 18h51 le 15/09/2009

    En fait, contrairement à ce que l'on peut penser, la plus part des horribles pirates (pour moi le mot est un peu fort pour des gens qui téléchargent, illégalement certes) sont d'accord pour que les artistes soient rémunérés.

    Le problème c'est que le mode de diffusion actuel par les magasins en ligne (qui ont des catalogues très restreints) ou les magasins physique est à des prix prohibitif.

    On peut aussi ajouter à cela le fait que nombre d'internautes mettent à disposition des oeuvres qui ne sont plus édité par les maisons de disque. De plus, le p2p permet à des artistes non produits de faire connaitre leur oeuvres.

    Je suis donc assez favorable à un système de péage global au niveau des F.A.I. comme le préconise la quadrature du net (Lien).

    Il est a noté que la loi même pas sortie se trouve déjà dépassée par des systèmes comme ceux mis en place par the pirate bay (et ce n'est qu'un exemple).

    Tiens, pendant qu'on y est, la détection de vos téléchargements se fera par un mouchard ce qui pour des principes simples me déplait grandement.

    En conclusion, voila une loi inadaptée, inutile et déconnectée de la réalité.

  • Sid_Mo
    • Posté à 23h44 le 15/09/2009

    Personnellement, ma réponse à cette stupidité est d'une simplicité extraordinaire : le cryptage.

    Dans les faits, sans même posséder beaucoup de bagage technique on peut parfaitement rendre ses flux de données opaques. Ca demande un peu de volonté et de bien savoir ce que l'on veut mais c'est accessible à quiconque.

    Ensuite, pour « Madame Michu », je fais confiance à mes collègues industriels pour sortir d'ici peu un « anonymizer » qui renverra tous les flux d'un réseau vers un VPN qui débouchera... quelque part ! Les infrastructures sont là. On va juste les exploiter un peu mieux.

    Cette tentative désespérée de bloquer les utilisateurs dans un modèle économique obsolète est pathétique. L'acharnement tout autant. Je désespère chaque jour un peu plus de ma classe politique et de leur compréhension des enjeux à venir. Je plussoie aux sombres pronostiques autour de notre TROP grande liberté numérique... Mais bon, c'est vrai, eux, les politiques, ils ne connaissent que MSN et les SMS. Mais je crains qu'ils ne veulent pas savoir qu'il existe bien plus !

    Sauf qu'une fois crypté, je les vois mal venir nous demander ce qu'on fait ! Le sport commence et c'est eux qui vont courrir ! (au fait, la messagerie aussi ça se crypte, de même que tous les outils d'échange instantané - MSN indirectement d'ailleurs ! ).

  • Corum Jhaelen Irsei
    • Posté à 11h06 le 16/09/2009

    Il y a quand meme au fond de ce débat des relens de mal-être assez forts ! !

    Je ressens comme une sorte de lutte contre l'opresseur, qu'on a quand meme choisi et mis en place, si ma mémoire est bonne...

    Liberté : ah oui ?

    Egalité : où ça ?

    Fraternité : hu hu hu

    Désolé pour le troll.

  • noblogo
    • Posté à 20h43 le 16/09/2009
    • Internaute

    En attendant que le Ministre de la Culture reçoive et traite le dossier exposant et prouvant entres autres les piratages dont sont coupables des médias français, une question pratique pour encore et toujours lever le voile sur ce qui se passe en réalité :

    - Comment un graphisme composé sur mon ordinateur, jamais publié mais piraté comme des dizaines d'autres, peut il être exploité par successivement : France2 (Télématin), la chanteuse Izia et une POPmilitante de l'UMP lors de l'université d'été ?

    Que je sache, il n'y a là aucun libertariens menaçant les artistes. Et il ne s'agit pas de téléchargements illégaux mais de piratages purs et durs, de vols et spoliations parfaitement assumés.

    Monsieur Mittérand, arrêtons de se foutre de la gueule du monde ! !

    Arnaud Ragon
    esclave médiatique depuis avril 2005.