Sur le terrain 11/09/2009 à 12h00

En Inde, la hausse du prix du sucre laisse un goût amer



Du Kheer, un dessert au riz proposé à l'extérieur de la mosquée de Jammu en Inde, au début du Ramadan (Mukesh Gupta/Reuters).


(De Delhi) En Inde, les fêtes religieuses s'accompagnent généralement d'une consommation effrénée de pâtisseries et autres sucreries. Mais cette année, à l'approche de la saison des festivals, les consommateurs doivent faire face à une flambée sans précédent du prix du sucre.

Dans quelques semaines aura lieu le festival bengali de Durga Puja, qui consacre pendant neuf jours la déesse Durga. Fin septembre, les musulmans fêteront la fin du Ramadan, puis en octobre, les hindouistes célèbreront Diwali, la fête des lumières. Autant d'événements religieux au cours desquels les Indiens de toutes confessions échangent pâtisseries et mets traditionnels. Mais cette année, les sucreries auront le goût amer de la crise.

Derrière son comptoir de gâteaux luxuriants, Harsh Gupta, responsable d'un magasin Nathu's Sweet [l'une des plus grandes chaînes de pâtisseries du pays, ndlr] à New Delhi, s'inquiète :

« Un kilo de sucre coûtait 28 roupies il y a deux mois. Désormais, il en vaut 35. Malgré l'augmentation de nos prix et la diversification de nos grossistes, nous ne parvenons pas à faire face à la flambée des cours. »

D'autant que les experts s'attendent à ce que le tarif atteigne les 40 roupies d'ici quelques mois. Une catastrophe nationale pour l'Inde, premier consommateur de sucre au monde et deuxième producteur.

Les raisons sont essentiellement structurelles. Pour le professeur Shahid Ashraf, directeur du département d'Economie de l'université Jamia Millia Islamia à New Delhi, la faiblesse de la production locale est le problème majeur :

« Les fermiers se sont détournés de la canne à sucre, car d'autres cultures comme le riz, la farine ou les oléagineux sont bien plus rentables. Celles-ci demandent en effet moins de temps pour arriver à maturité, et moins d'eau. »

La crise, latente ces dernières années, a pris une ampleur inédite en 2009 en raison de la mousson désastreuse. Alors que l'eau de pluie constitue la principale source d'irrigation des cultures, les précipitations recensées fin août ne représentent que les deux-tiers des étés précédents. Aussi, la saison sucrière (de septembre 2008 à septembre 2009) accuse une baisse de 40 % par rapport à l'année dernière.

En Inde, le mécontentement est partagé par l'ensemble de la population, des fermiers aux consommateurs, en passant par les grossistes et les fabricants de pâtisseries. Pour contenir l'inflation, le gouvernement indien a pris plusieurs mesures. Les grossistes ont interdiction de stocker du sucre au-delà de 15 jours et, à compter du mois d'octobre, le prix minimum de vente garanti pour les achats gouvernementaux sera probablement revu à la hausse, afin d'inciter les fermiers à planter davantage de canne à sucre. A l'occasion des festivals religieux, les foyers sous le seuil de pauvreté devraient enfin recevoir gracieusement deux kilos de sucre via le système de distribution public.

Mais selon le Parti Communiste Indien (Marxiste), le gouvernement n'a qu'une vision à court terme du problème et ne cible pas les vrais responsables. Les grandes compagnies sucrières ne sont pas touchées par les restrictions imposées par Delhi, souligne en effet le magazine Tehelka. Elles auraient même profité des exemptions de taxe sur les importations en vigueur jusqu'à septembre 2008 pour stocker du sucre qu'elles revendent aujourd'hui à des prix avantageux.

Dans ce contexte, les Indiens n'ont plus, selon les communistes, qu'à se comporter comme s'ils étaient diabétiques. Pas évident dans un pays où la boisson nationale, le chai, compte parmi les plus sucrées du monde...

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Photo : du Kheer, un dessert au riz proposé à l'extérieur de la mosquée de Jammu en Inde, le 23 août 2009, au début du Ramadan (Mukesh Gupta/Reuters).

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  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 14h13 le 11/09/2009
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    la stévia pousse partout, mais elle n'a que le goût du sucre pas ses qualités.

    mais c'est interdit chez nous.. lobbys des sucriers et des pharmacies du faux sucre oblige.

    Aspartame, xylitol, saccharine… tout du chimique comme édulcorants.

    à notre santé ! ! chin chin..

    • vol19
      vol19 répond à pablico
      • Posté à 20h28 le 11/09/2009
      • Internaute

      La stévia se trouve facilement dans les magasins bio dans les grandes villes en France. J'en ai trouvé facilement contrairement aux informations sur internet.

      C'est très cher 5/7 euros les 50 grammes, et c'est assez mauvais avec un espèce de goût de foin amer, et assez peu sucrant.
      Du coup, je préfère l'aspartame qui rend probablement sénile précocément à ce que l'on dit.
      Je ne pense pas que la Stévia soit une solution de substitution pour le sucre indien... Le fructose ?

       
      • pablico
        pablico répond à vol19
        Sudoku et Nord de face
        • Posté à 23h54 le 11/09/2009
        • Internaute
          Sudoku et Nord de face

        il faut de la stévia fraiche... c'est plus sucré que le sucre.. ça pousse chez moi.. ça soit pousser dans n'importe quel pot l'été.

        même la verveine sèche à un gout de foin..

        • vol19
          vol19 répond à pablico
          • Posté à 15h37 le 12/09/2009
          • Internaute

          La verveine séchée a surtout... le goût de verveine, j'en bois très souvent.C'est meilleur que la stévia en poudre que j'ai acheté.
          Jamais essayé la stevia en plante fraiche.

          Pour répondre au post d'après, l'aspartam pourquoi ? ... parceque le sucre, glucose est supposé m'être interdit.
          J'ai une nutritionniste qui pense qu'il vaut mieux se déshabituer au goût sucré tout simplement en n'en consommant jamais... que le sucre ne sert à rien... Au moins comme çà le problème serait réglé.

      • Manu de la bas
        Manu de la bas répond à vol19
        • Posté à 12h31 le 12/09/2009

        ASPARTAM ? ? ?
        ce bel édulcorant artificiel ? ? ?
        Je ne vais pas rentrer dans le débat du « c'est bien » ou du « ça détruit »... mais je trouve que c'est dommage de remplacer le sucre naturel, pas un produit artificiel !
        De plus tu parles de magasin bio, tu dois avoir des tendance qd même ? ? ?
        alors si c'est pour finir avec de l'artificiel ... pô bien ! ! !

        La solution pour les indiens est comme partout ! ! ! Difficile !
        Les cultures subissent des intempéries, les prix montent, y'a un surstock, les prix baissent ...
        par contre l'article montre bien la plus value faite par les grosses entreprises sucrières qui ont pû stocker leur sucre le temps que les prix soient au plus haut ...

        Soyez heureux ! ! pour le moment pas de canne à sucre OGM ... c'est resté à l'hybride entre 2 variétés ...

      3 autres commentaires
  • Chele
    • Posté à 05h19 le 13/09/2009
    • Internaute

    Est-il possible de cultiver la betterave en Inde ?
    Est-ce que ça coûterait plus cher ou moins cher à transformer ?
    Est-ce que ça résisterait mieux aux intempéries du fait que ça pousse sous la terre ?

  • LaurentPassicousset
    LaurentPassicousset
    Journaliste
    • Posté à 13h28 le 11/09/2009
    • Journaliste
      Journaliste

    « (...) Aussi, la saison sucrière (de septembre 2008 à septembre 2009) accuse une baisse de 40 % par rapport à l'année dernière (...) »
    QUESTION : QUELLE EST EN TONNES LA PRODUCTION INDIENNE ANNUELLE ? ET LA CONSOMMATION ?

    LP

  • Le.conformisme-art.de.la.soumission.au.plus.fort
    • Posté à 13h46 le 11/09/2009
    • Internaute

    Je sens que lorsque nous serons 9 Milliards de terrien nous allons bien « rire » dans les années 2050

    On continuera à spéculer sur les matières premières agricoles comme l'année dernière puisque le « système » va continuer de perdurer. C'est à dire laisser les navires (céréalier, etc et ça marche pour le pétrole aussi) tourner au large des côtes pour laisser monter les prix et / ou du à une mauvaise production suite à une mauvaise météo.... et des grâce à des gens assis dans des fauteuils confortables devant des écrans qui leur permettent de gagner beaucoup de bonus, sans aucun effort....

    Grâce aux états qui se sont désengager des sites de stockage qui coutent de l'argent et qui ne sont plus en rapport aujourd'hui entre la production et les consommateurs.
    ( ces sites permettait de réguler les variations des prix)

    Bons « rires » à tous

    • Saheyus
      • Posté à 13h51 le 11/09/2009

      Euh, en 2050, y aura plus de pétrole depuis une bonne décennie. On sera même dans une grosse crise d'approvisionnement en uranium.

      Certaines choses touchent à leur fin, et on n'y peut rien, même avec toute la mauvaise volonté du monde.

      • Le.conformisme-art.de.la.soumission.au.plus.fort
        • Posté à 13h56 le 11/09/2009
        • Internaute

        Il restera encore du pétrole, mais hors de prix pour la plupart de la population, moi compris...

         
        • Saheyus
          • Posté à 14h53 le 11/09/2009

          Au niveau de prix que ça atteindra, et considérant l'évolution à la baisse des énergies renouvelables, le pétrole n'existera plus commercialement parlant. Et même en terme de quantité, si la consommation continue à être tirée à la hausse, on peut se poser des questions.
          Les réserves « prouvées » de pétrole varient énormément d'une année sur l'autre. -12% une année, +37% l'année suivante, sans qu'aucun gisement d'ampleur aie été découvert. Ces données ne sont pas fiables.

          Mais oui, peut-être qu'en 2050 une petite fraction de la population pourra peut-être encore se payer du pétrole. A moins que cela ne soit réservé au transport de marchandise.
          On verra bien...

          • Le.conformisme-art.de.la.soumission.au.plus.fort
            • Posté à 18h00 le 11/09/2009
            • Internaute

            Le pétrole n'étant pas ma tasse de thé (Darjeeling), le fond du problème reste bien l'ajustement des matières premières comestibles disponibles qui permettront à la population mondiale de se nourrir, et aux acteurs financier de ce marché de continuer à s'en mettre plein les poches sur le dos des plus pauvres (mais aussi des plus riches, mais eux ont les moyens de payer.......) puisque le système financier est resté en place....

        2 autres commentaires
  • Saheyus
    • Posté à 13h49 le 11/09/2009

    Encore un très bon article sur l'Inde.

    Sur le sujet lui-même, je suis un peu partagé. Si les Indiens consomment vraiment tant de sucre, il serait peut-être bon pour leur santé de se modérer un peu. Et peut-être peut-on espérer que la culture du sucre revienne en Inde, si les prix sont assez intéressants ?
    Cependant, si les grandes compagnies ont effectivement manœuvré pour tirer les prix à la hausse, c'est très, très mauvais...

    • neomaniacs
      neomaniacs répond à Saheyus
      (Informaticien)
      • Posté à 14h25 le 11/09/2009
      • Internaute
        (Informaticien)

      Salut, la question n'est pas de se modérer, mais elle est traditionnelle.

      Pour certains indiens musulmans, c'est la période du ramadan.
      Pour d'autres, c'est la célébration de Durga.

      Pendant ces périodes, tu consommes forcément des plats de fêtes.

      Les indiens mangent énormément sucré-salé, et également en mélangeant les plats sucrés et les plats salés en alternance.

      Pour cette raison, la hausse du prix du sucre est réellement une catastrophe car culturellement, ils ne peuvent pas subvenir à une tradition séculaire en raison d'un prix de sucre trop élevé.

      C'est un peu comme si en France, tu ne pouvais plus te payer ton fois gras parce qu'il aurait trop augmenté, alors que tu le faisais de génération en génération. Sauf qu'ici le sucre est un ingrédient principal.

      ++

      • Saheyus
        Saheyus répond à neomaniacs
        • Posté à 15h00 le 11/09/2009

        Je n'ai jamais aimé le foie gras...
        Qui est d'ailleurs une abomination si l'on considère le traitement que subissent les oies.

        En fait, je suis un peu anti-traditionaliste sur les bords. Je comprends bien l'importance que ça peut avoir pour certaines personnes, mais les traditions, ce ne sont jamais que des habitudes qui s'auto-justifient. Séculaire ou pas, je m'en moque un peu. La vraie question est : cela apporte-t-il du bien-être ?
        Aussi, tout ce que je sais, c'est que ne pas pouvoir se procurer quelque chose dont a envie, uniquement par manque d'argent, ce sera toujours une mauvaise chose.

         
        • Schatje
          Schatje répond à Saheyus
          • Posté à 15h14 le 12/09/2009

          Bonjour,
          Dire que c'est un mal pour un bien parce que les indiens mangent trop de sucre parce que c'est mauvais pour la santé... je trouve ça un peu dérangeant. Surtout quand on parle de l'Inde et pas d'un pays occidental.
          Être contre les traditions, OK quand elles sont obscurantistes et à l'encontre des libertés d'autrui (en encore c'est une question de jugement arbitraire), mais sinon ... rompre avec ces traditions c'est aussi rompre avec sa culture et son identité.

        1 autres commentaires
    • adrak
      adrak répond à Saheyus
      • Posté à 19h50 le 11/09/2009
      • Internaute

      Le Chaï très sucré (qu'on boit à longueur de journée) compense le fait que les repas traditionnels le sont peu. Exemple d'un menu-type en Inde du Nord :
      - petit-déjeuner : paratha aux pommes de terre (il s'agit de galette de blé cuites sur une plaque de fer avec du ghee, du beurre clarifié)
      - déjeuner et dîner : riz (ou chapatis - galettes de blé sans matière grasse cette fois) avec du Dal (à base de lentilles), éventuellement agrémenté de légumes frits et d'anchar (pickle à base de légumes/fruits vinaigrés),
      - voire un curry de poulet ou de mouton chez les non-végétariens (qui en ont les moyens).
      - pas de dessert, on ne s'éternise pas à table.

      Les trois fêtes mentionnées sont parmi les plus importantes de l'année. Il n'est pas étonnant qu'on se fasse plaisir et qu'on offre des pâtisseries à ceux auxquels on veut montrer qu'ils comptent, etc.

      Toutefois, il est vrai que dans la classe aisée et moyenne, des habitudes de consommation de junk food sont en pleine augmentation. Les enfants consomment plusieurs fois par jours des chips et des sucreries (devant la télé qui leur assène des pubs les encourageant allègrement dans ce sens). Une bonne partie de ces enfants sont obèses, ainsi que leurs mères parfois. Femmes au foyer peu actives, elles ont des employés de maison pour faire les courses et les tâches ménagères. J'imagine que pour ces classes, les sucreries ont un poids marginal dans le budget familial, et la hausse du prix ne va pas modifier leurs (mauvaises) habitudes.

      Sur l'évolution des habitudes alimentaires, je vous signale cet excellent article de Djoh : Lien

      Par ailleurs, cela fait plusieurs mois (avant même la mousson) que les autorités s'inquiètent de la hausse du prix des aliments de base, notamment les légumes.

      • jyeden
        jyeden répond à adrak
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 17h08 le 12/09/2009
        • Internaute
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        quand j'ai été en inde j'ai bouffé du riz, du riz et du riz
        (avec un peu de dal) et des chapatis
        quand tu prends du riz au mouton tu as 30g de chèvre émincé

        mais vu la gueule de la viande au marché il vaut mieux se contenter du riz

  • SuperAlAmAs-
    • Posté à 14h20 le 11/09/2009

    « Un kilo de sucre coûtait 28 roupies il y a deux mois. Désormais, il en vaut 35. Malgré l'augmentation de nos prix et la diversification de nos grossistes, nous ne parvenons pas à faire face à la flambée des cours. »

    Pourrait on avoir une comparaison en euro svp...

    • adrak
      adrak répond à SuperAlAmAs-
      • Posté à 20h58 le 11/09/2009
      • Internaute

      l'Euro n'arrête pas de monter par rapport à la roupie. Aujourd'hui,
      35 Roupies = 50 centimes
      28 Rs = 40 cts

      D'après une étude récente de la Banque Mondiale, 42% de la population indienne vit avec moins de 1,25 $ par jour.

  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 23h17 le 11/09/2009
    • Internaute
      écolo antipathique

    Il y a quelques entreprises sucrières qui touchent assez de subventions européennes pour sauver l'Inde...
    (souvenez-vous : Lien)