A débattre 08/09/2009 à 13h13

Clearstream : Sarkozy a-t-il laissé la « machination » s'emballer ?

Julien Martin | Ex-Rue89

Un extrait du procès-verbal de Charles Pasqua alimente la thèse selon laquelle Nicolas Sarkozy en savait plus qu’il ne l’admet.



Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy à Paris en jun 2009 (Francois Mori/Reuters).

En attendant que le procès en correctionnelle débute le 21 septembre, l’affaire Clearstream continue de connaître ses développements multiples hors des prétoires. Le Parisien publie ce mardi un extrait du procès-verbal de Charles Pasqua, qui remonte au 25 septembre 2006.

L’ancien ministre de l’Intérieur est entendu dans le bureau des juges en qualité de partie civile. Comme nombre de personnalités, son nom figure dans les faux listings des comptes de la chambre de compensation luxembourgeoise. Au cours de son audition, il évoque le cas de Nicolas Sarkozy, qui apparaît également à deux reprises dans ces listes :

« Il m’avait indiqué qu’il savait qu’une machination était montée contre lui. (...) A cette époque-là, je n’avais pas entendu parler de Clearstream et lui n’a pas prononcé ce nom. Mais il avait l’air très sûr de lui quant à la fiabilité de l’information qu’il avait eue selon laquelle il faisait l’objet d’une machination. (....)

Je ne peux pas préciser davantage la date à laquelle j’ai eu cette conversation, mais c’était forcément avant que la presse ne se fasse l’écho du fait que son nom était cité sur ces listes Clearstream.

Ce devait être lors du premier trimestre de l’année 2004, puisque je me souviens que lors de cet entretien, j’exerçais encore les fonctions de conseiller général des Hauts-de-Seine, où Nicolas Sarkozy m’a succédé fin mars ou début avril 2004. »

« Le jeu de secret, c’était de monter une cabale contre Nicolas Sarkozy »

Là réside une des clés du procès à venir. Un procès qui devra établir qui a falsifié les listings et qui en a donné l’ordre. Le JDD a écrit ce dimanche que l’informaticien Imad Lahoud avait confié aux juges le 9 décembre dernier, dans une procédure parallèle à l’affaire Clearstream, avoir lui-même procédé à cette falsification « en février ou mars 2004 », « à la demande de Jean-Louis Gergorin », ex-dirigeant d’EADS, et « sous la connaissance de Dominique de Villepin », ministre des Affaires étrangères puis ministre de l’Intérieur :

« Le jeu de secret, c’était de monter une cabale contre Nicolas Sarkozy. C’est ce que m’a expliqué Jean-Louis Gergorin quand il m’a demandé de rajouter les noms de Nagy et Bocsa. Il m’a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu’il fallait à tout prix l’écarter. En faisant cela, je contribuais à écarter Nicolas Sarkozy.

Je savais que Jean-Louis Gergorin était en contact avec Dominique de Villepin et que la cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin. »

« Premier trimestre de l’année 2004 », selon Charles Pasqua ; « février ou mars 2004 », pour Imad Lahoud. Les deux dates correspondent. Reste à savoir si Nicolas Sarkozy évoquait bien l’affaire Clearstream, lui qui a toujours affirmé qu’il avait appris dans la presse que son nom figurait dans les listings falsifiés de Clearstream.

« Les magistrats ne pousseront pas davantage leurs investigations »

Le procès devra donc répondre aussi à cette question : Nicolas Sarkozy a-t-il laissé sciemment prospérer ce qu’il appellait alors une « machination » pour ensuite mieux contre-attaquer, se sachant innocent ? Ce qui réduirait considérablement la portée du préjudice qu’il dit avoir subi.

Dans l’enquête qu’il vient de publier, « Une histoire de fous » (Seuil), le journaliste Frédéric Charpier évoquait déjà à la fois ce procès-verbal de Charles Pasqua et cette déposition d’Imad Lahoud. Il affirmait à propos de Nicolas Sarkozy :

« A moins de mettre en doute la parole de Charles Pasqua, une question brûle les lèvres : quels bruits précisément lui sont parvenus et par quel canal ? Pourrait-il s’agir de la future affaire Clearstream ? On l’ignore même si on peut raisonnablement l’envisager. »

« Les magistrats ne pousseront pas davantage leurs investigations et ne chercheront pas à vérifier la réalité des propos de Charles Pasqua », écrit Le Parisien. Nul doute que cette piste devrait réapparaître devant le tribunal correctionnel.

Photo : Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy à Paris en juin 2009 (Francois Mori/Reuters).

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  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 14h12 le 08/09/2009
    • Internaute 10208
      http://www.dessins-tox.com
  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h53 le 08/09/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    De l’affaire ClearStream, voilà ce que dit (entre autre chose) dans une interview,..
    ° l’ancien Patron des RG, Yves Bertrand...viré dare-dare par Sarkosy :

    « Pour moi, toutes les hypothèses sont recevables. Compte tenu des éléments dont je dispose, mon intime conviction est que Nicolas Sarkosy a été avisé de cette affaire plus tôt qu’on ne l’a dit. »

    - Ou encore,
    « C’était là une manipulation grossière visant précisément à faire porter le chapeau aux Chiraquiens. Je me suis d’ailleurs dit que cela ne pouvait venir que d’eux, tellement cela aurait été énorme » !

    - ce qui laisse supposer que la supposée victime du complot ne serait peut-être pas très loin d’être coupable elle même d’avoir orchestré cette perverse machination...

    ° Juste un coup à tuer dans l’oeuf toute velleité de Dominique de Villepin, de se présenter contre elle aux présidentielles !

    Ma - P100