Critique

Afghanistan : un théoricien français derrière l'armée américaine

L'administration Obama (avant elle, celle de Bush) vocalise, comme un mantra : façon martiale « Nous allons changer de stratégie » ou façon humaniste « nous devons gagner le cœur et les esprits ».

Août 2008, juste avant l'annonce de Bush, 90 civils tués dans la province d'Herat. Bombardement.

Mai 2009, juste après l'annonce d'Obama, 100 morts pour la plupart des civils dans la province de Farah. Bombardement.

Le secrétaire d'Etat à la Défense, Robert Gates, en conférence de presse au Pentagone le 2 septembre dernier, déclare aux journalistes :

« Malgré le peu de temps écoulé, nous pouvons affirmer que cela fonctionne. Nous en sommes persuadés et nous pensons que dorénavant nous possédons les ressources et la bonne approche pour commencer à réaliser des progrès. »

La semaine dernière, province de Kunduz, 60 morts dont des civils. Bombardement. Et pourtant… Les plus hauts responsables militaires des Etats-Unis, nous affirment avoir pour livre de chevet depuis de nombreuses années : « Contre-insurrection - Théorie et pratique » du lieutenant-colonel français, David Galula.

Juif, Saint-Cyrien et sinophone

Portrait de l'officier et penseur militaire français David Galula (Wikipedia commons).Ce quasi inconnu (en France) est né à Sfax (Tunisie) en 1919. En 1939, il s'engage et choisit l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. Le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale l'empêche d'arriver au terme de sa scolarité. Il est affecté au Maroc, puis après la défaite, rapatrié à Aix-en-Provence. Juif, Galula est radié des cadres de l'armée en septembre 1941.

Il fuit pour l'Afrique du Nord en juillet 1943 où le général Henri Giraud le réintègre dans l'armée. Dès lors, il participe aux combats jusqu'en 1945. Avec la fin du conflit -et du fait de sa connaissance de la langue chinoise-, il est très rapidement engagé sur le théâtre d'opération d'extrême-Orient, notamment en Chine où la guerre civile fait rage.

Galula est alors l'un des rares officiers occidentaux à voyager en Mandchourie intérieure. Capturé et relâché par les communistes, il est un observateur de la victoire de Mao. Il demeure cinq ans en Chine où il étudie de près l'organisation militaire chinoise et l'idéologie communiste.

Puis c'est la Grèce où en 1949 il devient observateur des Nations unies et assiste cette fois à l'échec de l'insurrection des communistes grecs.

De la guerre d'Algérie à la Rand Corporation

En 1956, l'Algérie. Galula donne sa pleine mesure au sein du 45e bataillon d'infanterie coloniale. Il obtient de remarquables résultats -reconnus par l'Armée- en pacifiant le secteur du Djebel Mimoun, en Grande Kabylie.

Fin 1959, le commandant Galula est envoyé à Norfolk en Virginie, afin de suivre les cours de l'« Armed forces staff college ». De retour en France, il demande son détachement comme « visiting fellow » à Harvard mais, devant le refus de l'Etat-Major, sollicite une disponibilité de trois ans, transformée en mise à la retraite anticipée au grade de lieutenant-colonel.

Retour aux Etats-Unis. En avril 1962, chercheur associé et enseignant à Harvard, on lui propose de travailler à la Rand Corporation (« think tank » américain). L'année suivante, il y publie le bilan de son expérience : « Pacification in Algeria, 1956-1958 » et en 1964 « Counterinsurgency Warfare. Theory and practise ».

Son décès en 1968, l'incompréhension de sa hiérarchie, la publication -en anglais- de ses travaux, expliquent que David Galula soit resté longtemps inconnu dans son pays natal, voire au sein même de la communauté de défense.

Traduit en Français, avec l'assentiment de l'Ecole de guerre

Jaquette de "Contre-insurrection" de David Galula (DR).2008. Son ouvrage sur la contre-insurrection est enfin traduit en Français aux éditions Economica, dans la collection « stratégies et doctrines » co-dirigée par le Général Vincent Desportes, patron du Collège Interarmées de Défense.

Bien qu'il faille replacer ce livre dans son époque -guerre froide, décolonisation, défaite en Indochine, guerre d'Algérie- les principes qu'il énonce demeurent d'actualité. En premier lieu, il estime que la violence massive et indiscriminée est néfaste et qu'elle rend des populations « loyales » attentives à l'idéologie de l'adversaire. Son approche est davantage politique.

Pour casser l'enchaînement provocation / répression, il conseille un traitement humain des prisonniers, un contrôle rigide des frontières, une approche davantage policière que militaire. Cette approche doit être complétée par un maillage serré des populations (en évitant le saupoudrage ou la dilution des forces), la mise en place de responsables politiques locaux pour lesquels l'effet de la corruption ne doit pas être ignoré.

La victoire de la contre-insurrection s'appuie sur le renseignement, la connaissance approfondie de l'adversaire et de sa doctrine, le but principal étant de couper les liens entre population et forces d'insurrection : sortir le poisson cher à Mao hors de l'eau. Pour résumer, l'action à mener doit être civilo-politico-militaire et non exclusivement militaire.

Reconnu aux Etats-Unis, il inspire les stratèges américains

L'ouvrage n'est pas un livre de recettes prêtes à servir. Chaque pays (géographie, populations), chaque situation demande études, adaptations, corrections. Plusieurs facteurs -compte tenu de l'année de rédaction- ne sont pas étudiés : l'importance du phénomène religieux, le développement des outils de communication, l'explosion des trafics d'armes, la recomposition des équilibres planétaires.

Il n'en demeure pas moins que ce document mêle théorie et expérience de terrain et reste l'un des rares ouvrages abordant ce thème en profondeur (avec « La Guerre moderne », du colonel Trinquier dont les méthodes s'opposent parfois à celles de Galula, ou les écrits de Lawrence d'Arabie).

Comme on l'a vu, c'est aux Etats-Unis que David Galula est (re)connu. Le général David Petraeus, auteur (avec Amos et Nagl) d'un ouvrage destiné aux officiers supérieurs et aux commandants de grandes unités, le « Counterinsurgency Field Manual » (FM 3-24), reconnaît avoir puisé en partie son inspiration dans le livre de Galula.
Petraeus -ancien commandant en chef en Irak- est depuis octobre 2008 à la tête du Central Command (CentCom) et par là superviseur de deux guerres contre-insurrectionnelles (avec Odierno en Irak et McChrystal en Afghanistan).

C'est ce même Petraeus qui a préfacé l'édition française du livre de Galula, n'hésitant pas à écrire :

« Tout comme le “ De la guerre ” de Clausewitz, cet ouvrage est à la fois une réflexion philosophique sur la nature de la guerre et un précis de doctrine. » (Préface- VIII).

Sans vouloir devenir facilement acide, il faut quand même noter que dans cette préface, Petraeus écrit aussi (P. XII) :

« La victoire sur l'insurrection requiert la coordination de multiples lignes d'opérations ayant pour objectifs non seulement la destruction ou la capture des insurgés et la formation des forces indigènes […] mais aussi le renforcement de la capacité à gouverner du pouvoir local, l'amélioration de l'environnement économique et la garantie pour tous d'un accès à l'eau courante et à l'électricité. »

A l'aune de ces deux biens indispensables -eau et électricité- la guerre en Irak n'est pas donc pas achevée et celle d'Afghanistan ne fait que commencer. On comprend mieux l'urgence qu'il y a pour l'administration étatsunienne de souhaiter « gagner les cœurs et les esprits ».

► Contre-insurrection - Théorie et pratique - David Galula - Economica - 2008 - 215p., 49€.

Illustration : portrait de l'officier et penseur militaire français David Galula (Wikipedia commons).

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Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

22H18 | 08/09/2009 | Permalien

Saquez cet ahuri. Les afghans sont des résistants

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/29/resistance-n%E2%80%99est-pas-…

Il vont l'emporter, en finale, sur tous ces experts occidentaux foireux.
Paul Laurendeau

Portrait de Liger

De Liger

liger.amsud.net | 22H32 | 08/09/2009 | Permalien

On aurait pu aussi leur vendre notre ligne Maginot, aux Ricains.

Portrait de Jyscall

à Liger Portrait de Liger De Jyscall

Apprenti biologiste | 18H57 | 09/09/2009 | Permalien

A moibns que je ne me trompe, cette ligne si ridiculisée par l'enseignement actuel devait à l'origine se poursuivre aussi le long de la frontière belge. De ce fait elle aurait été plus efficace, efficace tout court même.

Mais c'est à cause du pacifisme acharné de cette époque (cf accords de Munich pour ne citer qu'eux) que sa construction fut interrompue. Bien entendu, on ne critique jamais les pacifiques.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 06H52 | 09/09/2009 | Permalien

nous devons gagner le cœur et les esprits

Portrait de mauser

De mauser

07H20 | 09/09/2009 | Permalien

Découvrir Gallula à cette dâte ! ! !
Au fait relisez Larcheroy Trinquier ou les cahiers du centre de la doctrine de l'armée française .
Pour Ligier la ligne Maginot a parfaitement rempli son rôle en Algérie c'était la ligne Maurice
Pour Ysengrimus OUI les afghans sont des résistats mais tous les combatant en Astan ne sont pas afghan ni même patchounes.
Ici de toute façon ce n'est pour l'instant qu'une question de vocabulaire les US ne savent pas jouer au grand jeu.
Si pour gagner vous pensez à un dien bien phu ne rêvez pas le marteau de thor écrase tout où il veut et comme il veut
Une défaite politique oui elle est certaines sauf que les russes reviennent dans le jeu

Portrait de Chamaco

à mauser Portrait de mauser De Chamaco (auteur)

Dans l'ombre | 09H10 | 09/09/2009 | Permalien

Il n'est pas question de « découvrir » Galula mais de tenter d'expliquer les sources d'inspiration stratégiques des armées présentes en Afghanistan.

la ligne Morice (du nom du ministre de la défense André Morice) ne peut être comparée en termes de construction à Maginot.

Portrait de mauser

à Chamaco Portrait de Chamaco De mauser

09H43 | 09/09/2009 | Permalien

Pour la diffèrence de construction entre les deux lignes je ne pense pas que vous m'apprendriez grand chose .
C'était en réponse à une vente de la ligne maginot aux amèricains Ils auraient bien eu besoin d'une ligne Maurice.
Au fait une belle inversion s'est glissé dans la bio de Gallula il fait d'abord parti des observateurs en Grèce puis est envoyé en Chine.
Je ne parle pas pour vous mais pour les amèricains étonnant cette façon de redécouvrir la roue à chaque changement de commandemant
Car les amèricains ne sont pas sans expèriences de la chose et ils ont même combattu victorieusement des rebelles musulman aux Phillipines . Le Marines corps en avait même tiré un manuel et un ovrage de doctrine ….
Dommage que ce fil se termine si rapidement il y avait matière à une belle empoignade

Portrait de jyeden

à Chamaco Portrait de Chamaco De jyeden

khmer vert ( age des caverne, pierr... | 11H40 | 09/09/2009 | Permalien

est ce que la famille morice n'avait pas des intérets dans la construction de cette ligne ?

Portrait de mauser

à Chamaco Portrait de Chamaco De mauser

16H48 | 09/09/2009 | Permalien

Le chieur de service pouvez vous aussi rectifier le prix ce n'est pas 49 euros mais 19 au dos de mon exemplaire

Portrait de spleenlancien

De spleenlancien 78672

manant, de passage sous le soleil. | 07H40 | 09/09/2009 | Permalien

Tant pis pour la redondance avec mon post du 23 08 2009.
Lire les guerres irrégulières de Georges Challiand paru en 2008 chez Folio. il contient de larges extraits de Galula ,de Trinquier et de bien d'autres tels Roger Thompson.

Portrait de Confrère

à spleenlancien Portrait de spleenlancien De Confrère

consoeur | 09H32 | 09/09/2009 | Permalien

Challiand se prénomme Gérard….

Portrait de spleenlancien

à Confrère Portrait de Confrère De spleenlancien 78672

manant, de passage sous le soleil. | 11H01 | 09/09/2009 | Permalien

Oups ! Merci d'avoir rectifié mon erreur.

Portrait de mauser

à spleenlancien Portrait de spleenlancien De mauser

17H46 | 09/09/2009 | Permalien

Vous devriez si ce n'est dèjà fait lier aussi Guérillas du même auteur chez pluriel (hachette littérature) execelent et en plus d'un prix abordable 14.5 € pour plus de 600 pages.

Portrait de Deborah

De Deborah

09H39 | 09/09/2009 | Permalien

Ce que j'aime dans cette histoire, c'est le fameux mot « Pacification »….. D'ailleurs on en voit tous les jours les effets en Afghanistan.

Portrait de mauser

à Deborah Portrait de Deborah De mauser

09H50 | 09/09/2009 | Permalien

Les cimetières sont des endroits remplis de paix . Si vous le désirez remplacez par le mot qui vous dèsirez La réalité elle est simple faire en sorte que le gars en face meurt pour ses idéaux (assez facile) soit le rallier définitivement

Portrait de vaugoubert

à mauser Portrait de mauser De vaugoubert

11H15 | 09/09/2009 | Permalien

Pas évident de rallier quelqu'un.
Mes connaissances en polémologie sont plus que limitées, mais il me semble que la doctrine militaire US qui vise tout de même en premier lieu à limiter autant que faire se peut les pertes dans ses rangs est tout de même un obstacle majeur au ralliement des populations civiles.

Mes connaissances des pratiques de l'armée se limitent aux témoignages des anciens officiers de ma famille : lorsqu'on arrive dans un village où l'on suspecte la présence de troupes adverses, prendre le risque de ne pas balancer de grenades dans les maisons avant d'y entrer pour les fouiller (Indochine, je crois), aller assurer l'accouchement d'une autochtone alors même que l'on a en chemin repoussé une attaque de partisans (Indo aussi, pour un grand-oncle médecin militaire)….

Tout cela n'a pas grand chose à voir avec mon image du jarhead de l'USMC ultra équipé, n'étant jamais sorti de son trou de l'Indiana et ne parlant naturellement pas un traître mot de la langue du pays dans lequel il se trouve. Quand c'est un humain et non un Predator, un A10 ou un Apache qui traitent les cibles.

Cette idée de guerre à distance, profondément asymétrique, me semble s'opposer à la possibilité de rallier les populations. Certes on peut fournir l'accès à l'eau et à l'électricité (ou du Viagra pour se rallier les chefs tribaux), mais le combattant acquiert une image de lâche. Je crois avoir lu ça dans quelques articles.

Portrait de Chamaco

à Deborah Portrait de Deborah De Chamaco (auteur)

Dans l'ombre | 10H57 | 09/09/2009 | Permalien

@ Déborah
Tout n'est que question de présentation, de communication voire de propagande.
Souvenons-nous - par exemple - que pour l'Algérie on a longtemps employé l'expression « événements d'Algérie » avant de parler de guerre. Et les bidasses qui se rendaient là-bas, y allaient pour assurer le « maintien de l'ordre » et faisaient des « opérations de police ».

Portrait de Naradamuni

à Chamaco Portrait de Chamaco De Naradamuni

sans | 15H20 | 09/09/2009 | Permalien

Dans tout conflit le premier combat à remporter n'est-il pas celui, du langage, de la sémantique… ?

Voir dans un autre contexte /

Guerre contre la solidarité…
Charges sociales à la place de taxes sociales.
Allocations chômage plutôt que indemnités de chômage
etc…

La falsification sémantique, qu'imposent les tenants du néolibéralisme guerrier via leurs médias, est digne d'Orwell.

Portrait de vaugoubert

De vaugoubert

10H14 | 09/09/2009 | Permalien

Est-il vraiment intéressant de reprendre « Juif » en intertitre ?
OK, il a été radié des cadres de l'armée française pour ce motif, on peut le rappeler dans le corps de l'article, mais je ne vois pas en quoi ça mérite d'être mis en exergue. C'est un citoyen français de religion juive, c'est tout ! Il n'y a que sous Vichy qu'on lui a reproché sa religion, c'est une part honteuse, abjecte, de notre histoire, mais notre tradition laïque voudrait qu'on se foute totalement de la religion de nos concitoyens tant qu'ils n'en font pas mention, or rien n'indique que ce fût son cas.

Maintenant, en réintroduisant cette donnée dans la description de la doctrine utilisée dans le cadre d'un conflit pouvant être perçu comme Occident vs Islam, est-ce que c'est une maladresse ou bien quelque chose de beaucoup plus douteux ?

Portrait de Chamaco

à vaugoubert Portrait de vaugoubert De Chamaco (auteur)

Dans l'ombre | 10H40 | 09/09/2009 | Permalien

sur le fond je suis de votre avis. Bien que non responsable du titre et des intertitres je les assume dans la mesure où « Juif, Saint-Cyrien, sinophone » sont trois « états » qui ont influencé sa vie à certains moments. Il ne faut pas y chercher autre chose.

Portrait de mauser

à Chamaco Portrait de Chamaco De mauser

10H41 | 09/09/2009 | Permalien

Désolé vous m'avez devancé

Portrait de vaugoubert

à Chamaco Portrait de Chamaco De vaugoubert

10H48 | 09/09/2009 | Permalien

C'est par ailleurs un article intéressant, mais je suis vraiment irrité par ce « Juif » en intertitre.

Il est né dans une famille juive et a été persécuté pour cette raison, mais a choisi Saint Cyr et l'armée, de même qu'il a choisi de devenir sinophone ; ces « états » ne sont pas tout à fait de même nature.

Vous pourriez considérer qu'il a été persécuté, victime, ou que sais-je encore en raison de sa religion et demander à ce que l'on utilise l'un de ces adjectifs plutôt que « Juif »

Parce que ça fait vraiment « Les Juifs contre les Musulmans » au regard du contenu.

Parce que ça en rajoute dans notre climat communautariste détestable, où on monte les uns contre les autres.

Je suis surpris de tomber sur ce genre de chose sur un site dit « de gauche » ou bien alors dois-je en déduire que la personne qui vous relit fait dans « l'antisionisme » et saute sur l'occasion présentée par votre article ?

Portrait de mauser

à vaugoubert Portrait de vaugoubert De mauser

10H41 | 09/09/2009 | Permalien

Bon reprendre en intertitre les croyances d'un officier est assez maladroit mais il faut bien expliquer sa radiation des cadres. D'autant plus qu'il écrit sur des guerres révolutionnaires.
Et ici les sentiments religieux ne sont qu'un instrument.
Certes l'Algérie où il sert possède une dimension religieuse mais à quel niveau assez faible durant le conflit il fallait l'appui des communistes soviétiques.
Maintenant ne vous enfermez pas dans ce genre de débat si l'on parle de guerre. Sur ou sous estimer son adversaire n'est pas une erreur C'est une faute et attacher une qualité ou un défaut à une religion revient à se couper un bras.
Elle doivent être étudiées puis manipulées à l'avantage du plus rusé.

Portrait de vaugoubert

à mauser Portrait de mauser De vaugoubert

10H56 | 09/09/2009 | Permalien

Vous avez raison, mais ma critique ne porte pas sur le contenu de cet article, que je trouve intéressant et où le fait de savoir qu'il a été radié des cadres de l'armée a de l'importance.

Ma critique porte sur le fait d'indiquer la religion d'un homme en intertitre. D'un point de vue journalistique, je n'en comprends pas l'intérêt.

Je précise par ailleurs que j'ai fait une bonne partie de ma scolarité dans une école catholique, même si je ne le suis plus, il n'y a donc aucun communautarisme dans ma question. Ou alors un communautarisme républicain ; )

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 10H42 | 09/09/2009 | Permalien

L'application présumée des thèses de Galula s'est toujours traduite par des échecs (Algérie, Vietnam, notamment -- rappelons-nous l'appui recherché par les Français auprès du bachaga Boualem et du MNA, et les « strategic hamlets » de McNamara), et on se demande bien ce que Petraeus compte en faire aujourd'hui. Il y a des velléités de transformer l'armée US en force intelligente et entretenant des relations pacifiées avec les populations, mais, en fin de compte, c'est toujours la force brute qui prévaut. On le voit bien en Afghanistan.

Le problème de fond est que les forces armées sont inaptes à appliquer ce que souhaitait Galula. Elles sont dépourvues des personnels (techniciens, agronomes, interprètes) indispensables, et jusqu'ici seules des ONG ont fait le type de travail de terrain que préconise Galula, avec des résultats mitigés. Quelle armée est capable de former des centaines de cadres parlant le pachtoun en un temps record, par exemple ? De plus, les adversaires de Petraeus au sein de l'état-major américain ne se privent pas de saboter ses efforts en recourant à la force aveugle. C'est le cas de l'armée de l'air américaine, tout imprégnée qu'elle est de la conviction que seule la technologie « supérieure » de ses forces peut faire la différence, avec ses drones « ciblés », par exemple, qui, en tuant un grand nombre de civils, réduisent à néant les tentatives de contrôle contre-insurrectionnel des populations.

La difficulté est qu'une armée d'occupation est très rarement considérée par les peuples concernés comme une force amie (exception : la FINUL, qui se concentre exclusivement sur le déminage de la frontière israélo-libanaise, avec l'assentiment du Hezbollah. Le problème en Afghanistan (comme en Irak, d'ailleurs) est de nature POLITIQUE, et non pas militaire. Ce ne sont pas les forces déployées par l'OTAN qui pourront résoudre le problème. C'est ce qu'il aurait fallu comprendre dès l'éviction des talibans et d'Al Qaeda d'Afghanistan il y a quelques années. Il s'agissait alors de donner la primeur aux initiatives de développement local. Ca n'a pas été fait, point barre.

Pour cette raison, les préconisations de Petraeus semblent n'être qu'une forme de gesticulation désespérée.

Portrait de Chamaco

à Jaycib Portrait de Jaycib De Chamaco (auteur)

Dans l'ombre | 11H30 | 09/09/2009 | Permalien

c'est bien à « une forme de gesticulation désespérée » à laquelle nous assistons, mais à la manière d'un illusionniste : pendant que l'on regarde sa main gauche il travaille de la main droite.
On n'a pas encore assez parlé de l'arrivée du Général Stanley McChrystal à la tête de l'Afghanistan et de son passé. Ses adjoints, Rodriguez, Michael Flynn et Scott Miller sont aussi des « spécimens »…

« Esquire » le 11 mai 2009 a publié la reprise d'un long article sur McChrystal. Les copains de Rumsfeld ne sont jamais loin.
http://www.esquire.com/features/ESQ0806TERROR_102 ? click=main_sr

Portrait de mauser

à Chamaco Portrait de Chamaco De mauser

16H52 | 09/09/2009 | Permalien

Vous pouriez dèvellopper Je n'ai pas accés à certaines info comme la bio des généreaux US

Portrait de Chamaco

à mauser Portrait de mauser De Chamaco (auteur)

Dans l'ombre | 18H50 | 09/09/2009 | Permalien

McChrystal
ancien patron (2003-2008) du Joint Spécial Opérations Command (JSOC) - commandement des opérations conjointes spéciales - en relation directe avec Cheney et Rumsfeld.
Flynn
directeur du renseignement pour l'état-major interarmes à Washington, avait précédemment servi comme chef du renseignement pour McChrystal dans les opérations obscures du JSOC.
Scott Miller a été choisi comme le commandant en chef de la Cellule de coordination Afghanistan-Pakistan. Alors Capitaine, il avait commandé les troupes de la Delta Force dans le fiasco de « Blackhawk Down » de l'armée américaine à Mogadiscio en Somalie.
David Rodriguez, ancien commandant de la 82e division aéroportée, « protégé » de McChrystal

JSOC - (wiki n'est pas LA référence mais c'est un début)
http://en.wikipedia.org/wiki/Joint_Special_Operations_Command-

Portrait de mauser

à Chamaco Portrait de Chamaco De mauser

08H43 | 10/09/2009 | Permalien

En gros l'on ne change pas une équipe qui perd Les opération spéciales étaient les chouchou de Rumsfeld. Une guerre bien moins chere plus de grosse intendance
Je me demande comment ces hommes vont gèrer une masse de combattants qui doit s'acroitre si Obama suit ses déclarations

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 11H07 | 09/09/2009 | Permalien

Moralité, il faut moins de BAC (bigade anti char) et plus de GI de proximité.

Enfin pas besoin de lire ce libre pour savoir qu'il faut qu'un quart de la population mange dans la main, qu'un autre quart ait peur, l'autre laisse pisser, pour que le dernier quart qui se révolte n'arrive plus à grand chose.

Mais forcément, à jeter des pavés dans la mare, on fait fuir toutes les carpes…

Il faudrait surtout que l'Otan travaille sur sa population, pour qu'elle accepte de voir trois ou quatre fois plus de perte. Du coup, ils pourront envoyer plus d'hommes sur le terrain, ce qui sera bien plus efficace que de balancer des missiles au petit bonheur…

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