
La guerre d'Afghanistan va-t-elle dans le mur ? Le débat est intense alors que 2009 est d'ores et déjà l'année la plus meurtrière depuis le début de l'intervention des armées occidentales en 2001, tant pour les troupes de l'Otan que pour la population civile afghane, sans que la moindre issue militaire ou politique ne soit envisageable à ce stade.
Partir ? Rester ? Changer de stratégie ? Ces questions sont débattues avec force aux Etats-Unis, où la guerre d'Afghanistan est devenue « la guerre d'Obama ». Le président américain y a déjà envoyé 21 000 hommes supplémentaires et se trouve sous pression des chefs militaires pour continuer l'escalade. Dans le New York Times, samedi, un groupe d'anciens responsables du renseignement américain, ayant eu l'expérience de l'Afghanistan, estime que ce serait une « folie ».
Cette escalade est d'autant plus périlleuse que les Américains semblent incapables d'enrayer les dérapages de leurs troupes qui font régulièrement des victimes dans la population civile afghane, provoqant en retour un rejet de cette présence militaire hier libératrice, aujourd'hui occupante.
Dernier en date, un camion citerne détourné par les talibans, dont le bombardement aérien par les Américains a fait des dizaines de victimes, dont des civils. Le recours à une guerre à distance pour limiter les pertes américaines conduit inexorablement à une perte de précision et à de telles actes dont les dégats psychologiques sont immenses.
Quelle stratégie ?
La question de la stratégie est évidemment centrale. Partir immédiatement, comme le demandent certaines voix en Europe ou aux Etats-Unis ? Aucun leader politique occidental ne peut aujourd'hui prendre le risque de « perdre l'Afghanistan ». Ceux-là même qui réclament le départ des troupes de l'Otan seraient sans doute les premiers à les critiquer en cas de retour ineluctable du pouvoir taliban à Kaboul, avec son traitement insupportable des femmes, et le risque de voir l'Afghanistan redevenir une base arrière d'un Al Qaeda triomphant.
Rester ? Mais avec quel objectif ? L'option militaire est vouée à l'échec, il n'y a pas un expert pour la défendre. Et ce que ne sont pas quelques milliers de troupes supplémentaires qui y changeront quelque chose. Au contraire, comme le font remarquer les anciens officiers du renseignement dans le New York Times, c'est la présence de troupes américaines dans les zones pachtounes -l'ethnie majoritaire en Afghanistan, dont sont issus les talibans- qui pose problème.
La nouvelle doctrine à la mode est celle de l'« afghanisation », c'est-à-dire la formation d'une armée afghane capable de prendre le relais des troupes occidentales, assurer la sécurité des villes et combattre l'insurrection en première ligne. Le nouveau patron de l'Otan, le danois Anders Rasmussen (oui, celui qui avait soutenu Bush en Irak…), l'a expliquée en langage otanien au Monde la semaine dernière. Elle rappelle quelques souvenirs…
On peut lire de plus en plus, dans les médias américains, des analogies avec le Vietnam, traumatisme suprême des Etats-Unis : de plus en plus de troupes et de « conseillers », un objectif d'« afghanisation » qui rappelle beaucoup la « vietnamisation » de sinistre mémoire, et l'illusion qu'on peut vaincre une guerilla par les voies militaires. D'autant que cette « afghanisation » repose sur un pouvoir dont le moins qu'on puisse dire est qu'il est peu convaincant et tout aussi corrompu que celui de Saïgon en son temps.
Des élections opaques
L'épisode de l'élection présidentielle afghane laisse à ce propos un goût amer : les élections, vous vous souvenez ? … Le scrutin a eu lieu le 20 août, et on attend toujours le résultat, tandis que commencent à émerger des signes inquiétants de fraude.
Plus grave, l'émissaire américain Richard Holbrooke a dû faire un voyage express à Kaboul au lendemain du vote pour convaincre le président Hamid Karzaï d'accepter qu'il y ait un deuxième tour afin que l'élection soit plus convaincante. Il s'est attiré les foudres du chef de l'Etat afghan qui souhaitait se proclamer vainqueur au plus vite. Depuis, un voile pudique entoure ces élections : on a connu les Occidentaux plus regardants lorsque le voisin iranien votait…
Dans ces conditions, la « réconciliation nationale » mise en avant par Karzaï pendant la campagne électorale semble peu prometteuse, sauf à en faire une pèche aux ralliements à coups de millions de dollars.
Cette impasse afghane est lourde de conséquences. Il n'y a aujourd'hui aucune bonne stratégie sur la table, ni pour sortir d'Afghanistan au plus vite, sauf à accepter les conséquences d'une défaite en rase campagne, ni pour rester avec une chance de succès à la clé.
Les conséquences de l'impasse
Cette impasse risque de plomber progressivement la capacité de Barack Obama à mettre en œuvre son plan de main tendue vis-à-vis du monde musulman, et sa capacité à peser sur la situation catastrophique du Proche-Orient comme il en affiche l'intention.
Le président américain comprend visiblement bien l'enjeu, mais s'est montré incapable jusqu'ici de produire une stratégie convaincante, y compris auprès d'une partie des démocrates qui ne le suivent pas sur le chemin de l'escalade.
Un sondage publié fin août dans The Economist était, de ce point de vue, inquiétant pour Obama -et pour ses alliés occidentaux dont la France :
- à la question « A votre avis les Etats-Unis gagnent-ils la guerre en Afghanistan », 42% des Américains répondent « non » contre seulement 18% qui disent « oui » ;
- à la question « êtes-vous en faveur d'un accroissement des effectifs », 41% disent « non » et 32% « oui » ;
- à la question « Que se se passera-t-il en fin de compte », 65% des Américains répondent « les Etats-Unis se retireront sans avoir gagné », contre seulement 35% qui pensent le contraire, que « les Etats-Unis vont gagner cette guerre ».
Malgré cette grande majorité de sceptiques ou d'opposants, 49% des Américains pensent que les Etats-Unis n'ont pas eu tort d'intervenir en 2001, contre 31% qui le pensent. C'est donc bien la stratégie, pas le principe de cette guerre qui est en cause. Et l'antécédent du Vietnam montre que si le « front arrière » flanche, la guerre est perdue.
Sérénité française : pas de débat
Cette impasse et ces doutes ne gènent pas trop Nicolas Sarkozy pour le moment, qui a réussi à évacuer tout débat sur l'Afghanistan, malgré la présence de 2900 soldats français en Afghanistan, la seule vraie guerre dans laquelle soit aujourd'hui engagée l'armée française (qui vient d'enregistrer son trente-et-unième mort). On voit même l'apparition dans la classe politique et les médias (Le Monde, Libération…) d'un nouveau dogme à la « Tina » : « There Is No Alternative », il n'y a pas d'alternative.
Nicolas Sarkozy en a donné un bel exemple, à sa manière habituelle, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris fin août :
« Imaginons ce que signifierait le départ de la France ou des alliés : la constitution d'un véritable Etat terroriste, à côté du Pakistan qui a l'arme nucléaire et compte près de 200 millions d'habitants. Est-ce cela que le monde veut ? En tout cas, ce n'est pas ce que veut la France.
Bien sûr, qu'il y a bien des choses à changer, à faire évoluer, bien des problèmes. Mais les valeurs de la France la conduisent à aider les gens qui veulent la dignité de la femme, qui veulent la liberté et qui cheminent, si douloureusement quand on connaît ce pays, vers cet objectif. On n'a pas le droit d'être faible face à la menace. »
Lorsqu'il a accepté la demande pressante de l'administration Bush de renforcer le contingent français, en 2008, Nicolas Sarkozy avait posé une condition : la définition d'une nouvelle stratégie. De nouvelle stratégie il n'y eut pas, mais de renforts oui : l'Otan était sous la menace d'une lâchage canadien et avait besoin de troupes fraiches. Dans sa stratégie de retour dans le commandement militaire intégré de l'Otan, Nicolas Sarkozy a voulu montrer que la France « tenait son rang ».
Dix-huit mois plus tard, la guerre s'est encore plus enlisée, avec des talibans plus audacieux et plus actifs que jamais depuis 2001, des morts civils et militaires en nombre croissant, et un pouvoir central à Kaboul toujours aussi peu crédible. Sauf à choisir la politique de l'autruche avec un réveil douloureux à la clé, on voit mal comment la ligne « il n'y a pas d'alternative » peut être tenue encore très longtemps. Il y a urgence, au contraire, à trouver une stratégie de sortie honorable.
Photo : un soldat américain patrouille à Khan Neshin en Afghanistan le 6 septembre 2009 (Goran Tomasevic/Reuters).




















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De Le Yéti
yetiblog.org | 21H46 | 06/09/2009 |
LA MORALE CONTRE LA « DÉMOCRATIE »
« La guerre d'Afghanistan va-t-elle dans le mur ? »
Bien sûr que non ! Elle y est déjà, dans le mur. Du moins pour les forces d'occupations occidentales.
Avez-vous remarqué que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, AUCUNE des nombreuses interventions extérieures de nos « forces du Bien » n'a débouché sur le moindre succès ?
Au pire, elles se font virer (Viet-Nam, Somalie, Algérie…). Au mieux, elles s'enlisent lamentablement sans jamais atteindre le moindre de leurs objectifs (Irak, Liban, Gaza, Afghanistan…)
Qu'ont-elles « réussi » en Afghanistan, sinon à justifier l'action des Talibans, à renforcer leur influence, et à se faire copieusement détester des populations qu'elles se vantaient de protéger ?
Le problème aujourd'hui, c'est que malgré les discours fumeux de leurs dirigeants, ce sont les puissances occidentales qui sont les oppresseurs, les « méchants », aux yeux de la majorité des populations de la planète. À tord ?
Toujours est-il que ces imbéciles arrogants sont bel et bien en train de prendre la pâtée. Après tout, peut-être y a-t-il parfois une Morale à la grande histoire humaine…
De emmanuel81
| 23H10 | 06/09/2009 |
De l'article : « La nouvelle doctrine à la mode est celle de l'“afghanisation”, c'est-à-dire la formation d'une armée afghane capable de prendre le relais des troupes occidentales »
C'est plus qu'une simple mode, c'est au coeur de la doctrine américaine en matière de contre-insurrection. Cela fait un bon moment que les troupes de l'OTAN associent l'armée afghane à un maximum d'opérations, et encore plus longtemps que les occidentaux forment des policiers et des soldats sur place. C'est une condition nécessaire à la victoire dans une guerre de ce type.
Quand on dit « victoire » en Afghanistan, il faut bien rappeler que ce n'est pas la même chose qu'en Algérie. Il ne s'agit pas de conserver une colonie en dépit du cours de l'histoire. Il s'agit d'installer un régime amical dans un Etat corrompu et perturbé par la guérilla. Et ça, c'est quelque chose que nous avons souvent réussi par le passé, que ce soit la France en Afrique ou les Etats-Unis en Amérique Latine. Bien sûr, le contexte est beaucoup plus tendu en Afghanistan, mais il faut quand même remettre les choses à leur place.
La doctrine TINA a pour premier fondement le défaitisme des décideurs et des populations qui se crispent en ne pensant qu'aux échecs passés. Je me souviens avoir vu Hervé Morin sur Canal l'année dernière. Ardisson lui disait en substance Afghanistan = Algérie, vous savez bien qu'on ne peut pas gagner cette guerre. Et le ministre de la défense, au lieu de le contredire et d'argumenter, a lâchement répondu en langue de bois, lui expliquant qu'on était là-bas parce qu'on pouvait pas faire autrement et il a tout mis sur le dos des Américains. Si même le ministre de la défense n'a pas le courage de dire publiquement qu'on peut gagner la guerre, alors, effectivement, on est mal partis.
À mon avis, si un jour on perd cette guerre, c'est d'abord parce qu'on n'aura pas eu envie de la gagner. Peut-être, finalement, qu'on n'a simplement pas envie de faire la guerre, que ce soit en Afghanistan ou ailleurs. Mais il faudrait qu'on se le dise clairement, qu'on soit ouvertement pacifistes, qu'on devienne un pays neutre, plutôt que d'y aller une fois de temps en temps en traînant des pieds, en se disant que c'est perdu d'avance. Parce que là, ça coûte cher et ça fait des drames humains…
De Atlantis
Etudiant apolitique | 23H34 | 06/09/2009 |
Je serais à priori contre la guerre en Afghanistan.
Mais partir maintenant, après ravagé le pays, serait de la folie. Le gouvernement afghan ne pourrait jamais tenir tête face aux talibans, et vu la proximité avec le Pakistan, disposant de la bombe nucléaire, mieux voudrait s'assurer soit d'avoir éradiqué Al quaida et les talibans, ou au moins de laisser une armée nationale aguerrie et capable de faire face aux attaques de guérilla.
Et que le commandement de l'OTAN tente de stopper ses bavures, qui sont sans doute la meilleure opportunité d'engagement dans la guérilla.
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 02H56 | 07/09/2009 |
La question c'est ou on va en partant de ce nouveau ground zero.
Je ne serais pas surpris de voir debarquer d'autres problemes a l'horizon. Du style on fait une croix sur la democratie et on laisse s'installer un regime plus dur. Certes maffieux, mais capable de tenir plus ou moins la baraque.
Et peu a peu, les Occidentaux s'eclipsent sur la pointe des pieds, en prenant soin de refermer la porte derriere eux et de signer quelques contrats
http://blogules.blogspot.com/2009/09/kaboul-zero.html
De Anastaze
☺ | 06H50 | 07/09/2009 |
« Rester ? Mais avec quel objectif ? L'option militaire est vouée à l'échec, il n'y a pas un expert pour la défendre. »
Pour l'objectif, il y aurait bien celui de gagner la guerre froide, il nous reste tout de même la Corée du Nord et Cuba (vive le blocus ! ). Le problème de TINA, c'est que quand il n'y a pas d'alternative, d'alternatives il n'y a.
Pourtant, avec sa défense de la femmafghane, Sarkozy n'était pas revenu au haut commandement de l'OTAN les mains vides, car il offrait une infinité d'alternatives. Il y a aussi la défense des gays afghans, des divorcés afghans, des famille mono et homo parentales afghanes, la lutte contre la grippe A afghane, contre les racailles dans les banlieues afghanes, la violence dans les écoles maternelles afghanes, les sans papiers afghans, les fraudeurs à la sécu afghane, contre les traders afghans, les chasseurs de bébés phoques afghans et surtout la taxe carbone afghane !
Depuis 1991, quiconque participe à un conflit hérité de guerre froide, se tire une balle dans le pied et quoiqu'il fasse joue contre son camp.
De brazz
10H31 | 07/09/2009 |
La question à se poser c'est pourquoi en est on arrivés là. C'est à dire, pourquoi se trouve t on devant un pays en décomposition permanente, au main des chefs de guerre qui changent de camp et d'alliances au grè de leurs intérêts et de la corruption, la religion n'étant que le cache sexe d'une anarchie tribale.
Il faut quand même rappeler que l'on n'a pas toujours eu cette situation, que dans les années 70 c'était notre destination préférée (je parle de ceux qui ont fait la route) et que l'on était bien accueillis, qu'il y avait des écoles et que les femmes n'étaient pas toutes voilées. Pour être honnête et complet, il faut dire aussi qu'au marché on pouvait trouver toutes les armes qu'on voulait, elles étaient fabriquées à l'époque par de simples artisans avec des moyens dérisoires, grâce aux rails de chemin de fer volés disait la rumeur, mais voilà. Un pays de contraste, mais qui tenait debout.
Durant 40 ans, loin de l'instabilité d'aujourd'hui, il y a eu un dirigeant, le roi Mohammed Zaher Chah, qui a su faire progresser son pays, lui a évité d'entrer dans la seconde guerre mondiale, a voulu surement aller trop vite (jusqu'au point d'établir non pas une démocratie, mais une royauté parlementaire inspirée par le modèle gaulliste ! ) Il y avait même des partis, une opposition (y compris communiste) et ça a fonctionné une dizaine d'années.
Mais le pays n'était pas encore réellement prêt, surtout ceux qui y perdaient et ceux qui voulaient tirer les marrons du feu (on était dans la guerre froide) dans ce nouveau système, les tribus étaient toujours toutes puissantes et le roi fut détroné avec l'aide des soviétiques. Et ainsi, le pays passa de sa neutralité à l'influence soviétique, et ainsi commencèrent plus de 40 ans de guerres que l'on connait encore.
Tout ceci, pour dire que faire remonter le bordel d'aujourd'hui à l'intervention de 2001 c'est voir l'histoire avec des oeillières, ce qui ne diminue pas la responsabilité des américains, ni celle des russes d'ailleurs. La guerre froide a fait partout des dégats, surtout et presque exclusivement chez les autres…
Mais ce n'est pas d'aujourd'hui que l'Afghanistan subit les pressions de ses voisins, pakistanais, russes, etc ou des anglais ou des russes. Ni qu'on constate (la période Zaher Chah est une exception) une forte tendance à l'agitation, au coup d'état et les assassinats.
Simplement, il faut constater que, jusqu'alors, il avait toujours retrouvé un équilibre, précaire certes, mais réel. Les afghans arrivaient au final à trouver une solution (jusqu'à la prochaine fois…). L'intervention étrangère sur leur sol, que ce soit des russes à la Brejnev, des islamistes télécommandés par les pakistanais (voire la CIA ! ) ou les américains de Bush et l'OTAN…, a créé une nouvelle situation et introduit d'autres facteurs de déséquilibre, peut être même à plus long terme.
Mais, pas plus que les tentatives anglaises précédentes, ces invasions ou occupations temporaires, n'ont jamais connu une autre issue qu'un abandon final lamentable et donc l'échec de ces politiques. Les interventionnistes sont trop arrogants et surs d'eux mêmes, ils savent envahir mais pas aider (et non imposer) à changer les choses, socialement et économiquement. En effet, quoi qu'ils prétendent, ce n'est pas leur problème. Mais bien leur cause d'échec, car les soit disant délivrés ne les supportent plus…
C'est pourquoi, et quelque soient les considérations sur les droits de l'homme, le sort des femmes, l'éducation, etc la seule voie raisonnable et pragmatique, c'est de les laisser faire tout seuls, de les laisser évoluer à leur rythme en prenant le temps qu'il faudra, et avec toutes les bavures qui arriveront. Les évolutions des peuples ne peuvent venir que d'eux mêmes et jamais imposées. Le droit d'ingérence à la Kouchner ou la lutte contre l'axe du mal à la Bush, etc sont des impasses totales et sanglantes. Cela ne vaut d'ailleurs pas que pour l'Afghanistan mais pour toute la planète. Aussi bien, la plupart du temps, ces nobles déclarations recouvrent en fait de sombres calculs d'intérêt. Et on n'a pas vu l'OTAN se déployer contre Pinochet (marionnette de la CIA…).
De Chamaco
Dans l'ombre | 13H18 | 07/09/2009 |
« […] son traitement insupportable des femmes, et le risque de voir l'Afghanistan redevenir une base arrière d'un Al Qaeda triomphant. »
Si la coalition ne retient / brandit que ce danger, pourquoi n'avoir pas envahi l'Arabie Saoudite ? Il est bien d'autres objectifs plus « juteux » - me semble-t-il - qui motivent les envahisseurs de l'Afghanistan.
Parler de « vietnamisation » du conflit est, je pense, une facilité et un contresens, sauf si l'on s'en tient aux apparences : construction d'une armée, mise en place d'un gouvernement fantoche (comme disait « Victor Charlie »). Mais c'est oublier la géographie, les ethnies présentes, l'organisation tribale et/ou clanique de la société, les seigneurs locaux. Quelle idéologie cimente et fédère les opposants ? A-t-on déterminé l'existence d'un état-major comme celui que dirigeait Vo Nguyen Giap ?
En revanche si l'on évoque l'extension de la guerre aux pays avoisinants cela peut sembler être comparable au conflit du Vietnam. Mais n'est-ce pas le propre de tout conflit conduit par les Etats-Unis ? Là, il déborde sur le Pakistan, l'Ouzbekistan, le Tadjikistan… Il y a également la difficulté à contrôler les axes de ravitaillement et cette constance qui vise à enfermer les GI's dans des bases où finalement ils apparaissent comme des assiégés qui sortent parfois en patrouille (cf. Irak même schéma).
De dmz
expat | 14H16 | 07/09/2009 |
La presence de troupes en Afghanistan, c'est la solution qui cree le probleme. Et les pretextes, les valeurs morales dont se servent NOS dirigeants pour la justifier doivent bien faire rire les talibans. Quant au paysan afghan, il n'en a rien a faire. Il est trop occupe a cultiver des champs de pavot pour nourrir sa famille. Il cultiverait bien autre chose, mais ce n'est pas avec ce que rapporte les cultures vivrieres cultivees dans le cadre d'une agriculture vivriere qu'il remplira le ventre de ses enfants. Les talibans payent bien pour le pavot. C'est qu'il doit y avoir de la demande quelque part. Il n'a rien contre les bons sentiments, mais il faut bien de l'argent pour envoyer l'aine a l'ecole pour qu'il n'ait pas a retourner la terre sous le soleil.
On veut democratiser l'afghanistan ? Tres bien, je suis pour. Mais je ne vois pas comment on va y parvenir sans prendre des mesures qui changent la donne economique du pays et qui fassent en sorte que les cultures vivrieres soient rentables afin de couper les vivres aux talibans et la dependance de la population a leur egard. Le jour ou nos dirigeants metteront en oeuvre des mesures efficaces pour reduire la consommation de drogue, ou qu'ils proposeront des aides specifiques a certaines cultures au lieu de laisser le commerce mondial en decider du cours, on ira sans doute dans la bonne direction. Ces mesures auraient un cout certes, mais combien ca coute, l'entretien de 64500 soldats (chiffre avril 2009) ?
De charlik
employé | 01H28 | 08/09/2009 |
Il suffit pourtant de se débarasser de Karzai, de se mettre d'accord avec les Pashtuns et de se replier au Pakistan… D'accord, Al Qaeda criera victoire, so what ? Les musulmans ne les suivront pas, l'islam salafiste politique est une impasse et un echec. Je suis sur que les Afghans en ont également marre des talibans et qu'ils les laisseront pas s'emparer du pouvoir. Qu'ils se fassent une vraie constitution clanique, bien complexe, fidèle à leurs origines, pas une theocratie ou un présidentialisme. Le Pakistan c'est un autre paire de manches, mais c'est le meme deal : l