Christian Poveda, un photographe et réalisateur français qui s'apprêtait à sortir en France le 30 septembre un documentaire exceptionnel sur les gangs du Salvador, a été assassiné dans la nuit de mercredi à jeudi au nord de la capitale salvadorienne. Une fin tragique pour un homme qui s'était fortement engagé dans la réalité sociale violente de ce pays d'Amérique centrale, et se réjouissait de faire connaître au public français cette facette méconnue de la société salvadorienne.
Son film, « La Vida Loca », est une plongée aux images extraordinaires dans la vie de ces gangs surtout connus pour leurs tatouages spectaculaires, les « maras », avec leurs liens de solidarité mais aussi l'extrême violence de leurs courtes vies. (voir la bande annonce)
Le corps de Christian Poveda a été retrouvé dans une voiture, une balle dans la tête. Une véritable exécution, et, selon son ami, Alain Mingam, ancien photographe très impliqué dans la préparation de la sortie de « La Vida Loca » en France, il y avait eu récemment « tensions » et « menaces », que le réalisateur français gérait « avec sérénité ». Il lui avait encore parlé mercredi sur le réseau Skype. Effondré, Alain Mingam a confié jeudi matin à Rue89 :
« Christian n'était pas inquiet outre mesure jusqu'à récemment. Mais son flm a été diffusé sur Canal+Espagne, et des copies pirates circulaient au Salvador, vendues à un euro pièce. Certains gangs l'ont alors accusé de faire du business sur leur dos, mais les chefs avaient calmé le jeu. »
Alain Mingam ne comprend pas ce qui s'est passé :
« Il jouissait dans ce milieu d'une véritable reconnaissance, et les gangs lui avaient parfois demandé de servir de médiateur. Même le président du Salvador le consultait sur la manière d'avancer sur ce dossier. C'était un homme animé par l'amour de l'Amérique latine où il avait fait sa vie, et par la défense des plus pauvres. »
Le président du Salvador, Mauricio Funes, un ancien journaliste issu de la gauche salvadorienne, s'est dit « dévasté » par l'assassinat du documentariste. Le chef de l'Etat avait vu le film et avait été très touché, et s'était entretenu avec Christian Poveda de la manière de faire baisser la violence, à la fois entre les gangs eux-mêmes, souvent liés aux trafics de drogue, mais aussi avec les forces de l'ordre et avec des paramilitaires, héritage du passé troublé de ce pays d'Amérique centrale.
Christian Poveda, qui avait 54 ans, était un homme chaleureux et engagé. Je l'avais rencontré à Saint Malo l'an dernier, au Festival Etonnants Voyageurs, alors qu'il travaillait depuis des années sur son documentaire, auquel il consacrait une énergie sans limites. La sortie du film dans 130 salles à travers la France, un sort royal pour un documentaire sur un sujet de société étranger, était l'aboutissement de ses efforts.
Il sera mort avant de connaître le bonheur de cette reconnaissance dans son pays d'origine. Mais cela n'empêchera pas les Français de découvrir la réalité culturelle et sociale des « Maras », mais aussi la personnalité de l'homme qui avait su gagner leur confiance au point d'introduire sa caméra au coeur de la vie de ces hommes et de ces femmes qui savent, tous, que la mort par balles est leur plus sûr destin.



















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De le soudanais
ici et là | 12H28 | 03/09/2009 |
De belles photos sur les Maras dans le Polka de ce mois ci… J'étais encore en train de les regarder il y a quelques jours…
TOutes mes condoléances à ses amis et sa famille, le monde a besoin de témoins pour montrer un peu aux gens ce qui s'y passe…
De orange
13H47 | 03/09/2009 |
paix à ton âme et total respect !
Ca fout vraiment les boules.
Merci à rue89 pour lui et sa famille et pour nous aussi.
De frapadingue
assis sur ma chaise | 14H52 | 03/09/2009 |
une autre interview
http://www.dailymotion.com/video/x7lmh1_fsat-281108-copains-marielaure-a…
et un lien qui traite de ce sujet , un reportage quasi identique fait par des americains en 2006 et primé lors d un festival
http://www.hijosdelaguerra.com/hijos.html
De TienTien
Navigateur et rêveur | 16H13 | 03/09/2009 |
Chapeau bas à la mémoire de Christian Poveda.
Je ne connaissais pas et vais m'empresser de corriger cette lacune.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 20H15 | 03/09/2009 |
histoires triste
De Nekrobastard
médecin à Lunéville | 20H19 | 03/09/2009 |
Y un problème quand meme !
c est toujours quand un type extraordinaire meurt qu on decouvre son existence…..
Comme quoi les « médias d information » sont vraiment à la ramasse…..
De Francis-Hervé_Lévitte
Penseur en soldes | 22H35 | 03/09/2009 |
Putain, c'est horrible.
De la pelirroja
globetrotteuse | 02H08 | 04/09/2009 |
D'une tragédie à l'autre : une nuit d'octobre 2007, le fils aîné de l'actuel président de El Salvador Mauricio Funes (à l'époque candidat du FMLN), étudiant en photographie, est sauvagement agressé sur le Pont des Arts à Paris. Il meurt à l'hôpital une semaine plus tard. Son agresseur et assassin a été jugé et condamné en mai dernier. Le Président Funes a fait le déplacement jusqu'en France pour témoigner au procès, et a pleuré à la barre, moins d'une semaine avant sa prise de fonctions historique (c'est la première fois que la gauche arrive au pouvoir au Salvador). Toutes mes condoléances aux proches de Christian Poveda (que je n'ai pas eu la chance de rencontrer pendant mon séjour au Salvador) et au Président Funes, près de deux ans après la mort tragique de son fils, qui a quitté le pays le plus violent d'Amérique Latine pour rencontrer la barbarie en plein cœur de Paris.